Ah, MetaZet... Tu te poses les mêmes questions que moi, à ce que je vois.
C'est un sujet que je creuse depuis plusieurs années maintenant (certains membres du forum se souviendront des pages et des pages de discussion sur un autre site sur le sujet de l'exclusivité sexuelle... ;-).
Quelques éléments de réponse, issus de toutes ces réflexions, lectures, partages d'avis et expériences personnelles.
Oui, le sexe fait une différence essentielle. Pourquoi ? Là, je crois que l'on peut parler de notre nature. Nous sommes des mammifères à reproduction sexué. Le sexe, c'est donc la reproduction, l'avenir de nos gènes, notre opportunité de faire vivre ceux-ci au-delà de notre brève existence. Bref, une forme d'immortalité génétique (eh ouais !). Alors, forcément, c'est important. C'est même autour de cet enjeu que tourne la vie de tous les animaux, non ?
La fait de considérer le sexe comme une activité de plaisir et sociale, sans reproduction, c'est un truc vraiment nouveau. Et quasiment réservé aux êtres humains (en tout cas au degré où nous le pratiquons).
Mais, aussi étonnant et évolué que soit notre cerveau qui nous permet toutes sortes de comportements qui nous écartent de notre nature de "simple mammifère", notre programmation de base n'a pas été effacée pour autant.
Voilà pourquoi le sexe est quelque chose de tellement puissant chez la plupart d'entre nous et voilà pourquoi il change (inconsciemment) la donne.
Voilà notamment pourquoi on tolérera généralement mieux un conjoint qui passe des heures avec ses amis (surtout si ceux-ci sont du même sexe, auquel cas la notion de compétition n'entre pas en jeu) qu'avec un(e) amant(e).
D'autre part, les relations amicales ne sont généralement pas constituées d'un projet commun réclamant une très forte implication en temps, à l'inverse de la vie de couple (qui est souvent associée à un logement commun, à un partage des ressources et à la conception et l'éducation d'enfants).
Bien sûr, il y a des exceptions, mais ces exceptions sont généralement celles qui peuvent poser problèmes ("tu passes plus de temps avec ton copain Machin qu'avec moi, ta femme").
Enfin, je crois que dans le couple monogame il y a aussi une sorte de garantie, de pacte d'entraide, de notion de "relation prioritaire" (même si on peut enrober ça sous un vocabulaire moins technique et plus romantique).
Il est généralement admis et attendu que la relation de couple est plus importante que le reste, que si un choix doit être fait, c'est celle-ci qui l'emporte.
La relation poly, elle, peut faire vaciller cet accord, surtout si rien n'est explicitement dit. Ca peut faire peur, cette idée de "quand il/elle est avec l'autre, c'est une partie de sa vie où je ne compte plus, où je n'ai plus priorité".
Enfin, et malgré tous nos désirs utopiques, nous devons admettre que les êtres humains ne sont pas de purs esprits ni des êtres profondément logiques. Il y a toujours deux versants de la chose : la partie intellectuelle et la partie émotionnelle.
Et il faut avouer que celle-ci est très puissante, même si l'on en comprend pas toujours les mécanismes.
La preuve : nombreux sont les polys intellectuellement convaincus à ressentir malgré tout de la jalousie (une émotion face à laquelle nous ne sommes pas tous égaux, en partie en fonction de notre éducation et de nos convictions mais aussi, je crois, à un niveau génétique).
Bref, parfois, il n'y a pas d'explication plus satisfaisante que : "quand je t'imagine dans les bras de quelqu'un d'autre, ça me fait horriblement mal et je ne veux/peux pas tolérer cette douleur".
Les raisonnements les plus subtils et les plus raisonnables peuvent-ils lutter contre ça ? J'en doute de plus en plus...
C.T.
Message modifié par son auteur il y a 3 ans.