ERIC_48
La dernière phrase de Lulutine peut aider Anna plus particulièrement. Si quelqu'un lui reproche de ne pas avoir tout dit, elle pourra surement trouver chez les autres des non-dits à bien mettre en évidence pour montrer qu'elle est comme tout le monde (qu'elle a caché sa différence comme chacun est tenté de le faire).
Hmmmm... j'aimerai dire que je trouve dangereux d'ouvrir un tel terrain à caractère potentiellement conflictuel mais en fait j'approuve... en partie !
Plutôt que de mettre les gens devant leurs "non dits" ou mensonges, on peut les amener à se poser des question sur leurs propres contradictions.
Je l'ai fait en tant que tierce personne lorsqu'un couple d'amis éreintait une de nos amie commune qui avait trouvé un complément de bonheur dans une relation extra conjugale.
alors que les jugements (lourdement et méchamment négatifs) fusaient, je me suis senti l'envie de remettre les choses en place.
Mes deux interlocuteurs vivant dans le mensonge d'une relation de couple sans extra, je me retins de les acculer à leur mensonge commun d'une vie de mono idéale.
Mais je les ai mis devant le fait accompli de MA façon de vivre la relation amoureuse - qu'ils ignoraient alors.
Après leur avoir expliqué mes amours plurales, comment me jugeaient-ils ?
La discussion fut longue, pas trop mouvementée, et permit d'exposer ma façon de vivre l'Amour et les relations aux autres, y compris celles régies par le simple désir charnel.
Derrière les questions trainaient la gène et l'envie : en porte à faux entre leurs jugements, leurs "dérobades" devant leurs désirs d'extra et le fait de me découvrir bien différent de celui qu'ils me croyaient être.
M'utiliser comme miroir afin de mettre en lumière leurs contradictions eut un effet assez positif. Cela n'a rien ôté à leur amitié, mais les a amené à plus de tolérance.
Je n'aime pas jouer les accoucheurs, mais ce jour là, je n'en pouvais plus de les voir salir cette amie et , finalement, mon "coming-out" de poly eut des effets bien au delà de mes attentes.
Et s'ils se mentent toujours l'un l'autre, ça leur aura enlevé une grosse part de culpabilité, et le besoin de la projeter sur autrui.