Pas de chance Hortense, c'est encore une fille qui va répondre :-) ... Mais, je dis oui, bien vu.
Alors maintenant, soit, mettons que c'est pas le besoin de la majorité des messieurs de verbaliser en général peut-être, et aussi peut-être sur ce thème particulier; mais leur vécu évidemment, en tant que fille j'en suis curieuse. Comment on apprend ça, alors là... mes pensées du coup se tournent vers ces premières années de vie où un poupon passe des pleurs au gazouillis, puis à la parole. C'est souvent une femme qui est là, et ça cause et ça cause; les moments où on sent que quelque chose qu'on raconte capte l'attention du gigoteur et le fait tenir tranquille 5 sec', le temps de poser les scratches du pampers et de parer ainsi au jet doré qui atterrit sur la blouse, c'est "Victoire et pomme de terre-heuh, et vous m'entendez bien bien bien", sur l'air de la fameuse chanson. On cause; pour détourner l'attention aussi, donc, vous avez compris.
D'où ma tendance à harceler les hommes qui me font la grâce de communiquer avec moi, surtout en privé; merci à vous bande de courageux, je dois pas être reposante, hein dis Toi, et Toi, et Toi... je peux être hargneuse quand tu ne comprends pas pourquoi je te dis ça et ça. Ben y'a pas de raison; je le fais parce que je te donne un petit bout du jour que je vis, c'est un petit plaisir en soi. Bâillonnez-moi, et je meurs d'inanition, je suis un être social et je noue des liens en parlant, blahblahblah, en faisant rire, hahhahhah, en transformant la carabistouille et le désespoir en complicité.
Parler c'est le sel de la vie avec les autres, mon gros bonheur c'est d'échanger sur le quotidien, la grosse peine du jour ou la mélancolie devant les grandes questions métaphysiques, les petites jubilations aussi, les grandes itou; même si ça paraît des conneries, oui, on en parle, même les ongles cassés ça peut juste faire horriblement mal et échanger des considérations de bas étage prépare pour les moments où c'est le gros blues qui tache méchant. Un espèce de toile élastique pour rattraper les bleus à l'âme qui ont envie d'enjamber le parapet, un truc de long terme qui permet d'encaisser les chocs, zut, je suis en train de "faire la femme qui cause", là.
Bon, à Bohwaz : étale, étale... je salue ton discours, que tu fasses du troisième degré, ou que tu découvres réellement comme c'est marrant de raconter le combat avec la machine à laver qui fait exprès de rendre l'âme en pleine crise de chichi des trois gamins, et autres bêtises du quotidien comme les boules de poussière-poils de chat (chez moi on appelle ça les minons - et le minon c'est aussi le chat... une de mes patientes aux soins à dom' me disait d'un air coquin et féroce qu'elle avait signé à la SPA : elle touchait pas aux minons...).
Avec mes copines, quand on se raconte ça, c'est aussi pour se faire rire; quand le réel est ce qu'il est, que faire sinon le raconter avec verve et cynisme, histoire d'en rigoler...
Message modifié par son auteur il y a 2 ans.
