S'il y a une chose qui m'apparaît de plus en plus évidente, c'est que chacun créé son propre modèle au fur et à mesure des événements qu'il vit et qu'on a tous des besoins différents. Il y a une panoplie de situations possibles. En ce sens, Françoise Simpère dit tout lorsqu'elle affirme qu'il ne faut rien croire de ce qu'on n'a pas expérimenté nous mêmes. Je cherche souvent à me faire confirmer que ce que je ressens est juste (j'ai mes propres préjugés et ce n'est pas toujours facile d'assumer). Mais mon expérience et mes besoins me sont propres...donc c'est à moi d'en juger.
Je ne peux donc parler que de moi ! Je suis mariée depuis 15 ans. Notre relation a débutée comme une relation monogame, bien que j'ai toujours su que j'aurais un jour envie d'autres hommes et que cela ne signifierait pas nécessairement la fin de mon amour pour mon mari. J'ai eu un autre amour qui a dû se terminer car je ne connaissais pas le polyamour et je ne pouvais assumer le fait d'aimer deux hommes. Mon mari n'aurait probablement pas accepté à l'époque. Ironiquement, quleques années plus tard, mon mari a rencontré quelqu'un. Et c'est à ce moment que nous avons découvert le polyamour. Donc à la base, il y avait une relation monogame.
Je considère mon mari comme mon âme soeur. C'est ma base, mon point d'ancrage. C'est effectivement un amour fusionnel, il n'y a pas de doute. Vie de famille traditionnelle (quoique sa copine a habité avec nous pendant 1 an!), rythme de vie quotidien, pas énormément d'amis. Nous avons aussi exploré le « libertinage». Mais pour moi, la beauté du polyamour reste dans la possibilité. Renoncer à cette idée qu'une fois qu'on a découvert l'âme soeur, que tout est fini. Plus de désir, plus de rencontres jouissives et épanouissantes, plus de premiers baisers. Je me considère comblée, tout à fait, avec mon mari. Mais pourquoi renoncer à d'autres amitiés et d'autres amours ? C'est ce que j'appelle de la gourmandise. Mais je n'ai pas rencontré quelqu'un qui pourrait prendre la place du plat principal. Donc pour ma part, il y a effectivement une hierarchie. Sauf que cette hierarchie, je ne veux pas la mettre en oeuvre. Si je dois choisir, si on me force à choisir, comme dans le film « Le Choix de Sophie», c'est certain que je choisirai mon mari. Mais tant qu'on ne me demande pas de choisir, il y a de la place pour tout le monde.
La durée dans le temps de ma relation avec lui, les expériences vécues ensemble, les enfants, l'amour au quotidien, tout ça c'est particulier à lui et moi. Pour le moment, je ne peux imaginer que quelqu'un pourrait créer les mêmes liens avec moi car je devrais recommencer ma vie...