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Les jugements moraux sur l'infidélité et l'adultère

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oO0

le samedi 09 mai 2009 à 17h51

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Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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titane

le samedi 09 mai 2009 à 17h58

le jugement n'a pas sa place dans l'amour... l'amour n'a pas de modèle, il est enfant de bohême, ni n'a pas de loi... aucun "relief" pour le jugement...

Pour toi Sam :

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titane

le samedi 09 mai 2009 à 17h58

Le jugement…

On dit que l’amour est une affaire de goût et de séduction… pourtant on dit aussi que l’amour rend aveugle… ben alors ? il est où le discernement de l’autre la dedans ?.. et puis dans nos sociétés et cultures construites autour de conventions, de tabous et de modèles on nous demande toujours d’évaluer nos amours, nos couples, nos vies sociales et sexuelles… que sais-je encore…

Discerner… juger… apprécier… le jugement semble partout dans nos relations affectives… ils doivent nous inspirer, nous guider, sans compter sur les jugements des autres sur notre propre couple et vies affectives !

Peut-on aimer et juger ? Le jugement et l’amour sont-ils compatibles ?... Peut-on juger avant d’aimer ou peut-on aimer avant de juger ? Doit-on juger pour aimer ou aimer pour juger ? Peut-on aimer sans juger ou juger sans aimer ?...

Ce réflexe de juger reste bien présent en nous. Comme un besoin tapi dans notre être… un goût de jugement dernier chrétien? La peur d’être jugé ou de se juger soi-même ? La peur existentielle de se juger au moment de la mort ?...

Il parait que lorsque la vie défile devant nos yeux avant de mourir et bien justement on ne ressentirait pas ce "jugement"... et oui… ceux qui sont revenu de ce genre d’expérience nous disent avoir revécu leur vie à 360 degrés... avec « objectivité »... ou plutôt en ressentant l'ensemble des émotions générées autour d'eux.

Revivre sa vie sans "juger"… comme si il nous fallait nous débarrasser de nos jugements aveuglant pour partir plus léger et se fondre dans cet Amour Infini, cette lumière de diamant…

Prendre enfin conscience de la futilité de nos jugements tout en partageant, avec cette compassion illimitée, toute la panoplie des émotions que nos actes ont engendrés chez les autres… ressentir leurs émotions comme ils les ont vécues, sans juger, mais avec un discernement juste… la Vision Juste de Bouddha ? Si mourir s'est redevenir substance de cet Amour Inconditionnel il nous faudrait au préalable déposer nos jugements au seuil de la mort pour pouvoir nous y fondre. Attention ! Pas seulement déposer nos jugements comme ça, encore faut-il s’en défaire pour enfin pardonner à soi et aux autres … pour se rapprocher de cet Amour Miséricordieux louangé par l’Islam !

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titane

le samedi 09 mai 2009 à 17h58

Et bien justement, que nous disent réellement toutes ces religions et spiritualités à ce sujet ?

Le bouddhisme semble nous demander de juger avec cette « vision juste » en se libérant de l’attachement, de nos illusions et croyances et de la colère. Car ils produisent en nous de faux jugements. Juger revient alors à voir avec discernement les motivations profondes de l’autre, des choses et des évènements… de voir juste.

Le taoïsme nous rappelle qu’il est essentiel de respecter la complexité des êtres, des choses et des évènements… d’appréhender « l’écologie » de la vie et ses « écosystèmes »… comprendre la place et le rôle de chacun… Le jugement est aveugle s’il nie le mystère et la complexité. Nos opinions nous rendent aveugles et nous empêchent d’apprécier les choses, les êtres et les évènements pour ce qu’ils sont.

Le judaïsme nous rappelle que tout dans l’homme est « pré jugé »… qu’il faut savoir tout remettre en cause, en s’inspirant du mystère des textes sacrés, car rien ne prend une forme définitive ou un sens unique et fini.

Le christianisme nous commande de ne pas juger pour ne pas être jugé à son tour. Seul l’amour peut sonder les cœurs et les reins… que celui qui n’a jamais péché lance la première pierre… l’amour est le seul juge… celui qui pardonne tout…

L’Islam développe de façon infinie cette caractéristique de l’amour : le pardon. La patience et l’indulgence exigent de ne pas juger autrui… le non jugement est nécessaire à la clémence et à la compassion… et au pardon ! Le non jugement est non seulement nécessaire pour se rapprocher le plus possible de l’Amour Inconditionnel, mais aussi pour se libérer de ses propres tensions internes : l’indulgence et la patience nous apaisent la conscience… nous détendent et nous aident à lâcher prise.

Avec tout ça on se rend compte que le jugement juste ou le non jugement est avant tout une question d’hygiène personnelle et de capacité d’aimer… les spiritualités nous demandent toutes de procéder à un changement de perspective : prendre davantage conscience de ce que l’on ressent et moins de ce que l’on pense, voit, touche, mesure, goûte ! Car si le jugement semble figer la réalité, le ressenti laisse la place au dialogue et à la créativité… aux possibles… à la création !

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titane

le samedi 09 mai 2009 à 17h59

Nietzsche disait : « de soi on est trop proche ; des autres trop loin »… on ne peut véritablement et équitablement se juger soi-même et juger autrui. Ce sont en fait nos émotions ou impulsions qui nous poussent à juger : notre colère, notre douleur, notre tristesse, notre irritation… ou notre excitation, notre désir… alors qu’elles ne sont véritablement que des « énergies » passagères qui nous traversent un instant… reconnaissons les et laissons les passer nous recommande le sage.

Le jugement ne serait alors rien d’autre qu’un fait, une anecdote… dès qu’on lui donne une valeur sociale ou morale on tombe dans le jugement de valeur qui lui aussi n’aura qu’un temps.

Nous sommes tous des « amis » (je l’aime) ou des « ennemis » (je ne l’aime pas) les uns des autres et de façon si changeante… si bien que ces étiquettes ne veulent plus dire grand-chose.

Mais alors d’où vient ce réflexe de juger ? Dès notre plus tendre enfance nous exprimons nos jugements par nos grimaces, nos pleurs et nos sourires… Nous nous construisons sur nos jugements et ceux que l’on nous inculque. Peut-être que je jugement « juste » doit rester une simple expression du ressenti, une simple différenciation de l’un face à l’autre… tout en restant lucide et vigilant sur sa non-valeur objective et absolue. « Je suis différent car je ressens différemment » mais personne n’est « mieux » qu’un autre, personne n’est « moins bien » qu’un autre et personne n’est « comme » un autre…

Un simple jeu de mots ? Je ne crois pas. Un autre angle de vue, un autre regard sur soi, l’autre et le monde. Une opportunité réelle et vraie d’élargir son cercle affectif : tout le monde devient « aimable » !

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titane

le samedi 09 mai 2009 à 18h00

Après le jugement, viennent le ressentiment et la culpabilité... les deux moteurs du désamour !!

Mais ça c'est un autre épisode !! Si vous êtes sages !!

Bonne nuit les petits...

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LuLutine

le dimanche 10 mai 2009 à 15h40

Pour ma part je pense que je ne porterais pas un "jugement moral" sur un adultère (j'aurais tendance à dire "chacun fait ce qu'il veut, ça le regarde").

Cela dit, quelqu'un qui me trompe, dans le sens "ne pas respecter ses engagements envers moi", sachant que ces engagements sont en général librement pris - et cela concerne les relations amoureuses et sexuelles comme n'importe quel autre sujet - je disais donc quelqu'un qui me trompe (me ment, en fait !), il ne faudra pas qu'il s'étonne que je lui en veuille (dans un premier temps) puis éventuellement que je prenne mes distances (en général à ce moment-là je n'ai plus de ressentiment, je cherche seulement à me protéger d'une situation qui ne me convient pas et me ferait souffrir à nouveau).

Ce ressentiment ne vient pas d'un "jugement" sur ce que la personne a fait (ou pas fait). Il vient du fait que je fais confiance à quelqu'un et qu'en ne respectant pas un engagement (librement pris je le rappelle), la personne m'a blessée.

Tout cela pour dire (parce que je l'ai vu et vécu, malheureusement) que les réactions d'éloignement suite à un adultère - ou à n'importe quelle infidélité, dans le sens non-respect d'un engagement - ne doivent pas toujours être prises comme contenant un jugement de valeur.

Il est arrivé que quelqu'un me dise "tu me juges" alors qu'en fait, j'avais seulement choisi de prendre mes distances par rapport à cette personne parce que son comportement (que je ne jugeais pas et dont j'avais compris qu'il ne changerait pas) me faisait souffrir. Je lui expliquais seulement pourquoi moi, ça ne me convenait pas, je ne lui interdisais pas d'agir ainsi, j'ai juste exprimé le souhait de ne plus se fréquenter...et c'est mon droit.

Juger en revanche, je n'aurais pas trouvé cela justifié (ni de ma part, ni de la sienne d'ailleurs car paradoxalement cette personne ne s'est pas privée de me juger, ne serait-ce qu'en jugeant que je la jugeais bien que j'aie affirmé le contraire !).

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titane

le dimanche 10 mai 2009 à 20h39

On dit bien la même chose: le droitd'avoir du ressenti lorsque le comportement de l'autre est décevant ou "menaçant"... le ressenti est légitime et n'est pas un jugement..

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LuLutine

le dimanche 10 mai 2009 à 21h24

Yep !

Certains n'arrivent pas à faire la différence entre le ressenti et le jugement...et l'an dernier j'ai passé deux mois à expliquer à un "ami" (qui n'en est plus) mon *ressenti* et il l'a pris pour un jugement....c'est très énervant ;-)

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(compte clôturé)

le dimanche 10 mai 2009 à 22h14

Hé hé, ça me rappelle une autre discussion pour différencier "fait", "sentiment" et "opinion"; et ne pas prendre l'un pour l'autre... Pas piquée des hannetons, la discussion.

Il y a toujours des mauvaises volontés pour demander aigrement si "y'a pas plus compliqué en magasin", alors que c'est tellement évident.

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titane

le lundi 11 mai 2009 à 09h20

Cette évidence relève de l'expérience... plus que de la raison qui elle est bien plus limitée qu'on le pense... la raison est notre sixième sens tout aussi biaisié que notre odorat ou goût...

Il faut se laisser éprouver ces différences pour trouver cela évident... les "communicateurs" savent pourtant faire la différence puisqu'ils utilisent ces trois registres pour nous bombarder avec leur pubs...

Lulutine, je sais que c'est frustrant voire énervant lorsque l'autre interprète notre ressenti comme un jugement... je crois qu'il s'agit davantage d'une projection de son propre jugement ou peur de jugement... tu ne peux rien faire contre ça... c'est son problème malheureusement et heureusement... que cela est enclenché un désamour... c'est donnage... mais c'est là aussi que se loge la liberté et la spontanéité...

Les "gens heureux", les "gens libres"... les "gens qui aiment spontanément énervent car nous renvoient à nos propres contradictions, névroses... alors, on aurait tendance à les crucifier... pour avoir la "paix"...

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LuLutine

le lundi 11 mai 2009 à 13h14

"je crois qu'il s'agit davantage d'une projection de son propre jugement ou peur de jugement"

J'en suis tout-à-fait persuadée.
Notamment, c'est parce qu'il passe son temps à porter des jugements sur les autres qu'il est persuadé que les autres font pareil avec lui...

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oO0

le mardi 12 mai 2009 à 02h02

...

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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oO0

le mardi 12 mai 2009 à 02h19

...

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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titane

le mardi 12 mai 2009 à 09h48

Merci Sam !... pour tes précisions sur l'art de juger et sur le rappel de l'importance du contexte... en effet il est important de réapprendre à juger les faits et non les personnes... l'amour multiple multiplierait nos opportunités de le réapprendre...

Le contexte, en effet, c'est justement de ce constat mal exprimé (pour la part) que je revendique une ouverture une flexibilité: il peut y avoir de "bonnes raisons" ou des "raisons justes" pour APPARAÎTRE relativement et temporairement infidèle ou adultère... si l'on considère ces deux notions comme des configurations particulières de relations amoureuses... ce qui me paraît inutile serait de les condamner de façon péremptoire sans essayer de "comprendre"...

Des configuration "incomfortables" sont parfois la seule opportunité d'aimer... faut-il placer le confort au dessus de l'amour ? ou aimer au delà de l'inconfort ?

Un autre piège du "jugement" est de camoufler, comme l'explique si bien Nietzsche, des peurs, des angoisses, des "possession" égoïstes... parfois le "jaloux" peut avoir un pan entier de la morale pour lui ! Et peux ainsi tuer au nom de l'amour !... le crime passionnel a longtemps été "légal" et reste encore "légitime" dans de trop nombreuses cultures et sociétés... et souvent en faveur du mâle ! ce qui est louche, n'est-ce pas ?

Au risque d'en énerver plus d'un ou une je crois que l'on peut réfléchir à ces deux phrases:

Ne regarde pas tes péchés mais ta foi : tes motivations profondes et leur contexte...
Que celui qui n'a jamais péché jette la première pierre...

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Romy

le dimanche 17 janvier 2010 à 22h55

J'adore cette citation de Fernando Savater (Éthique à l'usage de mon fils, 1994)

« Et si on te dit que les plaisirs sont «  égoïstes», car il y a toujours quelqu'un qui souffre pendant que tu jouis, tu peux répondre que, s'il est bon d'aider l'autre à ne plus souffrir, il est malsain d'éprouver le remords de ne pas souffrir au même moment ou de ne pas jouir de la manière souhaitée par l'autre. Comprendre la souffrance de celui qui souffre et essayer d'y remédier implique uniquement le désir que l'autre jouisse aussi, pas la honte de jouir soi-même.»

Et Titane, que penses-tu de cette phrase:

Je suis pour que l'amour extra conjugual reste un péché, sinon où est le plaisir?

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titane

le dimanche 17 janvier 2010 à 23h46

je ne prends pas mon pied dans le péché... je peux comprendre que se sentir dans le péché puisse interdire le plaisir... sinon c'est de la perversion ou de la pathologie... pédophilie, viol...

Ceci dit, je partage le point de vue de Fernando Savater... ce n'est ni la honte, ni la culpabilité qui me motiverait... par contre l'éventualité du plaisir et encore mieux du plaisir partagé me parait suffisant pour légitimer bien des "péchés"... j'irai au delà du plaisir: le bonheur.

Je retiens facilement mon plaisir pour avoir le bonheur d'en donner...

j'avite en effet de juger ceux qui s'aiment... indépendament de comment ils s'aiment...

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titane

le dimanche 17 janvier 2010 à 23h48

je suis un peu intimidé par ta demande... pourquoi moi?

J'avoue que je ne me souvenais pas de ce fil... mais j'ai souvent et longtemps combattu ces jugements hâtifs de l'adultère et du soit-disant "mensonge"...

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Romy

le lundi 18 janvier 2010 à 00h06

Titane ou les autres...Mais je t'ai demandé à toi parce que tu nous avais demandé de réfléchir à ces deux phrases:
«  Ne regarde pas tes péchés mais ta foi : tes motivations profondes et leur contexte...
Que celui qui n'a jamais péché jette la première pierre... »

Quant à moi, je crois qu'on a du plaisir à commettre ce que les autres considèrent comme un péché, mais pas nous. C'est chouette de faire ce qui est interdit quand on considère que l'action est légitime. Sinon, si on a conscience que c'est mal, et que selon notre éthique c'est effectivement mal et péché, le plaisir n'est pas un vrai plaisir selon moi. Mais certains ont plaisir à se sentir coupables.

Quant à moi, la vraie infidélité est de rester avec quelqu'un quand on ne l'aime plus, c'est d'abandonner l'autre, de devenir étranger tout en restant dans la relation, sans rien dire. Je crois qu'il y a des cas où tout simplement, c'est impossible de dire la vérité à son conjoint parce que ce serait la fin d'une relation. Dans ce cas, il importe davantage d'être responsable, et chercher à ne pas faire de mal à l'autre. Donc rester discret et ne pas se faire prendre. Dans un roman que j'ai lu récemment (C'est pas moi je l'jure), une maman dit à son fils: «  c'est mal de mentir, mais c'est pire de mal mentir!»

Pas très polyamoureux comme réflexion, j'en conviens. Mais je crois que dans certaines situations, cela vaut mieux que de renoncer à ses désirs et mourir à petits feux...

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titane

le lundi 18 janvier 2010 à 09h13

"Quant à moi, la vraie infidélité est de rester avec quelqu'un quand on ne l'aime plus"... merci encore !! C'est exactement ce que je crois et ressens... Un amour qui se termine peut être triste mais voilà c'est comme ça... mais faire croire qu'il existe encore est le pire des mensonge à soi et envers l'autre.. l'engagement, le respect et la promesse nous poussent à ce genre de mensonge car par ego on préfèrerait être "loyal" "respectueux"et "responsable" dans le mensonge qe d'être vrai ! C'est pour cela que je me méfie énormément de ses mots.

Si on aime sincèrement, on respecte librement, on devient "responsabe" gratuitement de ses actes et de ses dire, et notre envie et notre désir spontanés sont les plus belles "promesses"...

Par contre ne pas parler de nos autres amours tout en continuant à aimer, je ne vois pas de problème "éthique", juste un problème de confort.

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