Je poste pas beaucoup mais comme ton émotion me touche beaucoup, je vais faire un effort. :)
Pour commencer, j'ai la vague impression (ptet à tort) que tu vois les pa comme des gens te ressortant des définitions de bouquins, certes très bien écrits, mais que ça te dit pas tellement ce que dois faire.
Personnellement, je n'ai pas "appris" (j'aime pas ce mot dans cette phrase mais bon, allons-y alonzo) le polyamour dans un bouquin. Je n'ai pas lu un truc en me disant, tienstienstiens, intéressant ça, je pourrai vivre comme ça, quel mode de vie sympathique... Je précise que je ne juge pas ceux pour qui ça s'est passé ainsi hein, je parle que de mon xp et je pense que j'aurai préféré moi aussi cette méthode, elle est largement plus douce que celle que j'ai eu à vivre. Bref.
Ca fait 4/5 ans que je sais que je suis poly. Oui, j'ai lu un bouquin sur le polyamour (celui de Françoise) mais je ne l'ai fait que très récemment (genre je l'ai fini il y a deux/trois semaines) parce que tout le monde me le citait et que je comprenais pas les références. C'est vrai que c'est un bon bouquin et que je comprends qu'on puisse le citer, même si je partage pas le même point de vue sur absolument tout (bon ça c'est rarement pour tout le monde de toute façons).
Avant ma longue relation, je donnais comme à peu près chacun dans ce monde judéo-chrétien ici-bas dans ce qu'on appelle "la monogamie sérielle". Un jour, j'ai quitté un de mes copains pour un autre (en vrai c'est très rare, je quitte pas les gens c'est plutôt l'inverse). C'était pourtant un copain que j'aimai, et poly qui plus est (même si à l'époque, je n'avais pas de mots à mettre la dessus) mais voilà, c'est pas dans les bonnes petites mœurs de la société.
Pendant ma longue relation, j'ai eu des amants, que j'ai aimé profondément, avec autant d'intensité que mon "officiel". Et ce dernier l'a découvert et il y a eu une crise. Au final, il sera resté avec moi parce-qu'il m'aimait trop pour me quitter. Mais j'ai du choisir entre deux personnes (oui, à ce moment là ne subsistai plus qu'un seul amant de "concret", je trouve pas le mot pour dire que c'était pas juste platonique) que j'aimai, et c'est un choix que personne ne devrai avoir à faire. J'ai du renier ce que j'étais aussi.
J'aurai adoré qu'il fasse comme toi. Qu'il y ait un site, où il puisse poser des questions. Je ne pense pas que toi-même tu réalise ce que ta démarche représente. Je vois quelqu'un qui est bouleversé, mais qui arrive quand même à prendre assez de recul sur soi pour venir poser des questions, qui cherche à comprendre. C'est juste bien.
Jusqu'à ce qu'un ami me parle de pa il y a quelques années, je pensai que j'avais quelque chose qui clochait, que j'étais juste bonne à enfermer (mais sérieusement, c'est pas une expression en l'air). Que j'étais ptet schizo, je sais pas. Mettre des mots dessus, savoir que je n'étais pas seule, ça m'a beaucoup rassuré. Mais ma longue relation ne comprenai pas ça, et je doute qu'il veuille vraiment le comprendre.
Maintenant, je ne suis plus avec lui, et ça m'a fait très mal. Ça me fait encore mal. Mais quoiqu'il se passe, la relation que j'avais avec lui est morte. Comme la tienne. C'est pour ça que tu vis les étapes du deuil ( fr.wikipedia.org/wiki/Deuil ). Parce que c'en est un. Même si tu continue avec ta femme, qu'un jour, vous parvenez à avoir une relation polyamoureuse saine et équilibrée (pour le meilleur des cas), la relation d'exclusivité que tu avais avec elle est morte. Elle ne reviendra plus. Et si tu n'es pas déjà en train de la passer, tu vas la vivre l'étape de déni. Ou tu pensera que j'ai tort et que vous, vous pouvez revenir comme avant, quand vous n'étiez que deux. Que tu peux parvenir à marchander et la faire devenir exclusive pour toi. Et ptet même que tu y parviendrai. Ma longue relation y est parvenu avec moi. Mais tu ne vivra plus qu'avec une ombre, quelqu'un d'heureux avec toi parce qu'il t'aime assez pour aller contre sa nature mais pas tout à fait. Pas entier. Et je suis sûre que tu l'aime assez pour lui éviter ça.
Quand j'y repense, j'aurai du discuter, poser des questions, "choquer". J'aurai du les confronter tous les deux, je sais pas. Mais je n'aurai jamais du choisir. Mais à l'époque, y'avais pas de sites pour m'aider ou l'aider lui ou aider mon amant.
C'est vraiment bien que tu demande de l'aide ici.
La société a parfois des règles tout bonnement stupides, car obsolètes ou ignorantes. Et certaines doivent juste être transgressées, c'est ainsi qu'une société peut avancer. Oui. Aujourd'hui, dans notre société occidentale, c'est vrai, la règle est au couple. Et quand tu la transgresse, tu as à en subir les conséquences.
Par exemple, certains ici commencent malgré eux je pense à dénigrer un peu ta femme. Si tu as beaucoup de courage en venant poser des questions, malgré le choc, malgré la colère, elle en a aussi, tu peux me croire. Il en faut de la force mentale, de nos jours, pour avouer ce genre de chose, quitte à devoir affronter les mauvais regards, le rejet et le bannissement direct, etc. Oser transgresser une règle contraignante car non adaptée à la plupart (mais que la plupart gobe sans sourciller, parce-que voilà "c'est comme ça et pas autrement") et ce, "publiquement", c'est quelque chose d'éprouvant aussi. Dans ce cas précis, c'est encore plus dur à faire pour les femmes car le jugement qu'on reçoit derrière est bien moins laxiste que pour les hommes.
Aujourd'hui, (ça aura été le point positif de ma rupture) je peux assumer mon polyamour. Mes amoureux sont poly et ils comprennent mieux, c'est vrai. J'ai un peu l'impression des fois que j'ai un peu de cette tranquillité et de cette sérénité, auxquelles j'aspire depuis si longtemps et que je mérite, parce que tout le monde a le droit d'être heureux et/ou de chercher à l'être, même moi. En plus, la société m'a fait tellement de mal, maintenant c'est un peu comme si j'étais immunisée (Si elle est pas contente, elle peut aller se faire foutre, je lui demande, moi, comment elle coupe son fromage ? Elle pouvait aller se faire foutre avant mais ça me touchai beaucoup plus, maintenant, j'en ai plus rien à carrer, la vie est courte hein...)
En plus, ils sont prévenus dès le départ, donc les relations sont plus saines. Pour en arriver là, j'en ai fait du chemin. Je me retourne et je me demande comment j'ai fait pour affronter la douleur entre autre. Et ça a mis du temps, et ça en mettra encore, avant que j'arrête de vouloir pleurer quand je repense à ma longue relation (arrêterai-je un jour?).
Ce n'est pas quelque chose sur laquelle tu as un contrôle, tu le sais bien. Prends ton temps. C'est le seul remède à ta douleur.
Quant à répondre à ta question sur l'échangisme, je me sentirai presque vexée que tu puisse confondre des poly, comme je le suis, avec des échangistes, mais je ne t'en tiendrai pas rigueur, vu la tornade dans laquelle tu te trouve.
Deux couples d'échangistes vont s'échanger leur conjoint-e-s. Il peut y avoir de l'amour, ou pas. Mais il y a volonté d'échanger, et il y a implicitement une idée de personne objet. Si je rencontre un couple d'amis (poly ou non) quand je suis avec mon amoureux, si je peux plaisanter sur le sujet, ça me viendrai en vrai pas à l'idée d'échanger les partenaires. Je commande pas le fait de tomber amoureuse d'une personne, mais je couche qu'avec celles qui me plaisent. Je n'ai pas de volonté d'échanger mes amoureux (en plus voilà, ils font ce qu'ils veulent), ça me percuterai même pas l'esprit.
Si certains s'épanouissent dans l'échangisme, tant mieux. Mais je sais que si par exemple, je me retrouvai dans une soirée clés (le classique de l'échangisme), je me sentirai hyper mal à l'aise et je partirai (même si je blague beaucoup là dessus aussi).
Désolée pour ce long pamphlet, j'écris vraiment comme ça vient, je devrai regarder ça de plus prêt un jour. Ou pas. :)