Il y a quelques semaines, on avait échangé avec Sam au sujet de ce livre. Mon avis tranché sur le message véhiculé par cet opuscule l'a peut-être découragé d'en parler ici; quoi qu'il en soit, en faisant de l'ordre, je retrouve le bouquin en question.
Et j'ai envie de solliciter les avis divers, car tout ce que j'y ai trouvé, c'est non pas la joie de voir son partenaire se ressourcer et vivre sa vie (librésie / compersion et Cie), mais une espèce de sublimation malsaine et auto-centrée par procuration, si j'ose dire.
De l'ordre du martyr en chemin de croix, de l'arrangement avec soi-même pour ne pas faire un constat d'échec, du "Plus de la même chose, il suffit d'insister" de Watzalvick (dans "Faites votre malheur vous-même") : quand quelque chose ne marche pas, histoire de ne pas trop souffrir, il est nécessaire de continuer de la même manière, comme justification de ce qu'on a choisi de faire jusqu'alors, histoire de rester en sécurité. C'est d'ailleurs le jugement le plus indulgent que je puisse formuler à l'égard du livre, et du sentiment que j'ai vis-à-vis de la démarche de cette femme : une étape (j'espère!) dans la croissance de l'être.
C'est très loin de ma philosophie personnelle, qui me dit plutôt que chacun a sa propre vie à développer, sans occulter ses intérêts, sans se centrer sur un être qui tôt ou tard probablement, trouvera cet univers étouffant. Ce n'est ni la première ni la dernière femme qui se met à l'ombre d'un homme pour récolter des miettes de soleil... ou se met au service du projet de l'autre en s'oubliant en route. Et qui au pire se fait poser au carrefour suivant comme l'encombrant fan non-nourricier de la relation qu'elle est devenue.
Le quotidien d'une muse, c'est à choix ou en cumulé, d'être belle pour nourrir le désir, d'être intendante et nounou pour se nourrir de tâches supposées affriolantes pour la paire de chromosomes XX... et j'en passe et des meilleures.
Ce que je dis ici est valable aussi pour n'importe quel couple où l'un des deux laisse l'autre aller en quête du viatique qui nourrira l'un par effet direct, et l'autre par osmose et manque de différenciation. Si le deuxième désapprend à se nourrir seul, ce n'est plus de la loyauté, mais une espèce de toile d'araignée qui se tisse peu à peu.
Je voudrais reprendre ici le fil de cette réflexion, à cause des choses qu'on a posées dans d'autres topincs sur la jalousie, le fait d'entretenir la passion, etc.
