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Alerte drama : couple poly/mono, souffrances et questionnements

Monogamie
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Églantine (invité)

le samedi 09 septembre 2017 à 13h31

Bonjour à tous,

Je ne sais pas trop à quoi m'attendre en venant ici... Pas que je pense qu'il n'en resortira rien d'intéressant, mais plutôt parce qu'il n'y a pas de bonne solution pour ma situation. C'est comme si ce n'était qu'un gigantesque pari, tout est incertain, il peut arriver le meilleur comme le pire - quoique le pire devienne récurrent jusqu'ici, tout de même.

Je suis vraisemblablement dans le cas d'un couple monogame - polyamoureux. Malheureusement pour moi, le versant monogame, c'est moi.

Je préviens par avance que ce qui suit est un pavé. Et complexe, là-dessus.
Vraiment hein, j'suis pas modeste genre j'ai fait 40 lignes en disant ça.

J'ai vu que certain•ne•s préféraient partager leurs expériences par mail ou mp, n'étant pas inscrite, voici mon mail : [e-mail, cliquer pour voir l'adresse]

Quelques éclaircissements sur ma personne, avant de résumer la situation.

Je suis demi-sexuelle et demi-romantique. Dans le sens où pour moi, le principe de relation intime et amoureuse avec quelqu'un est très sensible, compliqué, long à construire, souvent passivement douloureux, car il a une sorte de "coût de base". On pourrait me dire que je n'ai qu'à rester toute seule, ce serait moins compliqué pour tout le monde. Et c'est déjà quelque chose que je me dis d'ailleurs, ahah, mais j'ai indiqué "demi", pas de bol.

Si je ne recherche pas la proximité, qu'elle soit émotionnelle et/ou physique, j'y aspire tout de même dans l'absolu.
J'imagine que je subis ma monogamie par la force des choses, mais je tiens à affirmer que je suis en accord philosophique avec ça tout de même.
Je dis que je la subis dans le sens où je suis dans l'incapacité de faire autrement, si jamais la question se posait, si jamais le besoin s'en faisait sentir. Je n'ai pas cette disponibilité et cette capacité émotionnelle. Une relation amoureuse me demande déjà trop.

Que ce soit par rapport à mon orientation sexuelle annoncée plus haut, déjà : je n'ai jamais ressenti, jusqu'ici dans ma vie, d'attirance physique pour quelqu'un et je n'ai eu aucune démarche romantique/séduction/volonté-d'aller-plus-loin-quelconque pour quiconque, ça ne m'intéresse pas. Mes amitiés mettent cinq plombes et demi à se construire, mais elles sont fortes, vives, durables. Peu nombreuses également, le pluriel est audacieux, le nombre est de un, et deux demis. Waw, il y a foule. Les demis car en construction justement (ça ne fait que 2 et 4 ans, après tout, soyons sérieux enfin, ce serait encore un peu rapide... hein ? associable vous dîtes ? Mais non, mais non.).
En général, je vois peu mes ami•e•s. Une fois tous les un ou deux mois en moyenne, pendant au moins une semaine. Je voyage souvent, et ne suis en général pas dans les mêmes villes qu'eux quand je suis en France. Toujours est-il que je discute très régulièrement avec eux, avec parfois des pauses. Je suis très platonique en général, je n'aime pas qu'on me touche, ou difficilement. Je ne suis proche physiquement que de ma seule amie fille (un câlin de temps en temps, parfois on se prend la main en marchant, un peu comme les enfants le font parfois, en y pensant), et encore, ça ne s'étend que sur les 3 dernières années de nos 7 ans d'amitié. Après c'est relativement fluide, tout ça, ça se fait juste avec le temps, ça évolue.
Mais anyway, si je blablate sur tout ça c'est vraiment pour que vous ayez un aperçu du truc, parce que, forcément, vous le voyez venir le mélo-drama qui éclate bien sa race de l'infini, on ne va pas se mentir. Hein. Bon.

Bref en résumé, il me faut (ahah, vous aviez cru que j'avais fini sur ce point hein?): une amitié dépourvue d'intérêts, même brève, il me faut une connaissance profonde de la personne si ça saute à la case suivante (j'entends proximité romantique, car il n'y a rien de romantique dans mes amitiés, c'est de l'amour, mais genre fraternel on va dire, mais on s'en ballek, personne n'est d'accord avec les classifications t'façon donc osef, moi j'vis ça comme ça), et j'entends "dénuée d'intérêts" car toute démarche de séduction, en premier lieu, me saoule. La poudre aux yeux, ça ne m'intéresse pas, je trouve ça super bizarre dans la plupart des cas... On se présente sous notre meilleur jour un peu manipuleusement pour convaincre la personne qu'être avec elle, c'est une bonne idée ? Enfin bon, c'est pas une critique pour autant... Moi, il me faut du temps, voilà tout. Ensuite donc, la proximité romantique en question qui est choisie à un moment (genre ça se pose pas comme ça, je dois choisir, c'est pas automatique), et si jamais ça se passe effectivement bien, que c'est respectueux, positif, avec des horizons communs, des projets, que je suis amoureuse etc., là seulement une proximité physique et intime, et un désir qui se développe pour l'autre ; avant ça, je ne ressens pas d'attirance, il faut que je sois" amoureuse".
Et c'est aussi parce que l'intimité physique avec quelqu'un, ça me défonce simplement la gueule par défaut. Donc il me faut un niveau de confiance de ouf guedin, et du temps. On va dire que c'est dù à une bonne base hypersensible et traumatique, parce que si la vie était toujours drôle, ça se saurait. Mais voilà, pour l'instant c'est comme ça. Et oui du coup, je suis le genre à pleurer comme une madeleine après l'orgasme, c'est juste too much, je craque, comme ça, sans que ce soit super grave no panic plz (vive l'hypersensibilité, donc).
Fatalement, je souffre souvent sans raisons intrinsèquent à la relation que je partage, juste parce que j'ai l'impression que ça équivaut à m'ouvrir comme une huître en permanence. Ou donner mes tripes à quelqu'un, et vous reconnaîtrez que c'est un peu bizarre de se retrouver avec les tripes de quelqu'un dans les mains.

Ceci dit, j'exagère, on ne dirait pas comme ça, j'admets, mais je suis pas si chiante à vivre, et par ailleurs, j'ai longtemps été sacrificielle (maintenant non, c'est fini, je progresse aussi dans la vie, hein, rien n'est immuable) alors en fait, la recette pour me pécho, c'était juste tomber follement amoureux de moi suite à une période de discussions/découvertes, éprouver de la souffrance face à la non-réciprocité (ou juste une réciprocité tardive), me le faire savoir, attendre une semaine, et pouf, trop de culpabilité aidant, je cède. Mais olala, comment oses-tu faire souffrir quelqu'un, espèce de sale frigide émotionnelle ?

J'ai pas pu vivre ça (ma vision optimale des étapes que j'ai décrit) parce que on (je suis comprise dans ce "on", en grande partie hein, ça reste "on" quand même parce que la personne dont il va être question bien plus bas est loin de m'avoir respecté aussi) ne m'a pas laissé cette possibilité, pour l'instant. Mes relations amoureuses ont toujours été assez longues, 3 ans et 2 ans pour celle en cours (en fin, plutôt, ah ah ah, trop d'espoir en moi ça fait peur), donc voilà, forcément, bah y en a eu que deux. Et puis je suis jeune, aussi, j'ai même pas 20 ans, donc fatalement, j'ai commencé tôt, mais pas à 13 ans non plus, faut pas déconner !

Bon, à 14, ok, j'avoue. Avec quelqu'un de 21 ans en plus, trop spé' !
Mais il m'aimait, enfin, j'allais pas le laisser sur le carreau ! *SBAF*
Je redis que la maltraitance passive vis-à-vis de moi est terminée, on se calme. Merci à ma relation actuelle pour m'avoir tellement apporté de souffrance que j'ai dû me créer un instinct de survie ! Yeah, joie ! :D

Je redis aussi que je développe des sentiments sincères par la suite quand même, hein. Dire oui à quelqu'un alors qu'on veut pas être avec, c'est pas vraiment ma définition du respect (et je suis maintenant assez hardcore avec le respect et la responsabilité de son influence sur les autres, donc ça va peut-être revenir quand j'en viendrai enfin au fait), donc forcément y avait des affinités. Disons juste que ça ne prenait pas assez de temps pour moi, et que ça a créé beaucoup de malêtre.

Après cette période, cette première relation a été très douce et positive. On s'est quitté au bout de 3 ans, à l'amiable, et pas tellement dans le désamour, parce que j'étais très très très déprimée (ma vie est cool, je vous dis) et que le fait de n'avoir pas pu me construire identitairement sans le prisme de "je dois lui plaire" me pesait (oui bon, j'avais pas encore déconstruit le sacrifice à l'époque, mais au moins je m'en rendais compte), je n'arrivais plus à rien, plus à me confier, plus à ne pas faire semblant pour pas craquer comme une dinde (c'est pas très gentil pour les dindes), le fait qu'on me touche, qu'on m'aime, ça devenait insupportable, trop de choses à régler avec moi-même, trop de choses à gérer dans ma vie, et toute cette saturation m'a mené à prendre la décision.

Non, on ne sort pas les violons tout de suite.
Et oui, j'arrête mon délire, c'est pas non plus une tragédie grecque, heureusement. Comme quoi, j'ai encore de quoi relativiser.
Oui oui, j'avance j'avance, ce que vous êtes pressé•ée•s !

Et par ailleurs, en plus de cette orientation sexuelle et romantique pratique pour vivre les choses à la cool, je suis relativement folle. Je suis schizophrène bipolaire borderline. Bouuh, ça fait peur.
Relativement stable, quand même, mais voilà. J'entends des voix, et j'ai des psychoses et des hallus quand ça va pas. J'ai une visualisation de moi-même assez fragmentée. Maintenant le seul problème c'est la forte instabilité émotionnelle en cas de grosse souffrance (borderline) qui me donne envie de sauter par la fenêtre, de me découper un bras ou de me frapper très fort (cette dernière chose se produisant régulièrement, parce que je reconnais que le reste, c'est quand même un peu excessif, mais passons), les périodes où je suis passivement plus fragile ou dépressive (merci la bipolarité, j'suis très marrante et hyperactive dans l'autre phase, mais ça c'est plutôt cool, j'ai de la chance de pas être attaché à l'idée d'investir en bourse, comme ça j'ai pas de dettes, mais par contre ça arrive que je me blesse parce que je n'arrive pas à me restreindre dans mon entraînement sportif, et du coup, là, ça fait 6 mois que j'ai un genou en réparation, donc ça n'aide pas pour le reste ; ou alors que je fasse un méga-jump dans la phase dépressive parce que je vais au bout de mes limites et que je m'épuise en faisant trop de trucs). Et enfin, j'ai un rapport merdique avec moi-même, ça va mieux, mais y a encore du chemin (schizophrénie quand tu nous tiens), j'ai toujours, parfois, un rapport raide avec ma personne. Avec la perception de ma personne, de mon influence, du monde, plus précisément. Bref.

L'ultime problème étant les psychoses. J'ai des psychoses physiques assez impressionnantes, c'est comme des espèces de phobies matérialisées, de la souffrance en boîte qui coule sur le carrelage.
Donc typiquement, quand mon compagnon actuel (le fameux) m'a trompé en défonçant quelqu'un de fragile par la même occasion juste pour satisfaire un besoin de faire du blanc et un ego trop low, dû au fait de ne pas savoir faire autrement que fuir sa vie et étant donc dans l'incapacité de rendre heureuse la personne qu'il aime (je crois que c'est moi), bah patatra. Rien à voir avec le polyamour, cette histoire, c'était juste de la merde histoire de rendre la situation encore plus compliquée. Juste histoire que je sois bien achevée, quoi, parce que le contexte, c'était un an de négligence, de maladresse, de manipulation involontaire, de maltraitance, pour sa part, et d'attentes, de désillusion, d'épuisement émotionnel, de vie entre parenthèses, pour la mienne.

Je ne dis pas qu'il a tous les torts, que c'est le méchant pas beau, hein, je le blâme pas vraiment finalement, c'est même pas la question du tout, et la vie c'est dure pour tout le monde. Y a des explications, et il était capable de peu, et j'étais trop naïve à croire ce qu'il me disait alors que je voyais bien qu'il se perdait grave. Donc il m'a pas respecté, il a fait le con en bousillant à la fois ultimement ma confiance et la cohérence de ses discours et de ses choix par rapport à moi, et la pauvre nana qui est passée par là au même moment, et vis-à-vis de qui, jusqu'à tard, il a cru faire la meilleure chose, alors qu'il faisait la pire. S'arranger avec la réalité, c'est son fort. Et je précise que c'est pas que moi qui ai cette analyse, hein, c'est en discutant avec lui que je l'ai construite. Donc ne criez pas à la persécution ou au blâme abusif. C'est vraiment pas ça... Non...

Il s'en est voulu énormément et ça a amené une remise en question très large qui a fait plaisir à voir. Un mal pour un bien, j'imagine. M'enfin on remarquera quand même que je me retrouve toujours dans la position de la bonne poire, il va vraiment falloir que ça change par ailleurs et que je bosse sur cette récurrence, je ne veux plus vivre tout ça, plus jamais.

Et donc les psychoses (souvenez-vous, j'étais partie sur ça) : après cette événement tragique, je voyais des tâches noires partout sur son corps, à l'endroit où j'imaginais qu'il ait été touché, et pareillement pour la fille en question (que je connaissais et dont j'ai pu découvrir l'immense culpabilité vis-à-vis de moi, étant donné qu'elle m'aimait beaucoup et qu'elle nourrissait l'envie d'être amie avec moi, chose que j'ai appris après tout ça du coup ; elle a pas été aussi douce avec lui après coup, c'était plutôt insultes et accusations légitimes, en plus du fait qu'elle ne pouvait plus avoir accès à mon amitié à cause de lui, m'enfin bon, je m'étale, elle a des problème aussi en bref, et il a fait une espèce d'abus de faiblesse involontaire, nul, idiot et pas mal intentionné, cette fille faisant tout pour dire ses problèmes affectifs après "enchantée" pour que les gens soient au courant et puisse faire gaffe, donc elle prévient en plus) quand j'ai été amenée à la croiser par hasard dans la rue (la chance... cet aspect incroyable de ma vie).

Je voyais des tâches noires sur mon corps aux endroits où il me touchait. Je faisais des transferts délirants vis-à-vis de cette fille, je me rêvais elle, je me voyais elle, je me percevais elle pendant les premières fois qu'on a essayé de se rafistoler. Dans le sens où ce n'était pas moi qu'il touchait, ce n'était pas mes sensations, c'étaient les siennes. J'avais tout un imaginaire, des images, par rapport à ce qu'il s'était passé.
Bref, gros gros bad destructeur.

Je ne suis donc pas vraiment aidée par mon cerveau qui est fichu bizarrement. Et j'y travaille sur tout ça, hein... C'est juste que ça n'aide pas. Ça sort de moi, je perds les pédales, je suis juste trop triste, trop en souffrance, trop un truc, et ça me crée des hantises de ce type.

Contexte :

On s'est rencontré. Paf, il est tombé raide amoureux de moi après quelques mois de discussions. Il a été intrusif et interventionniste dans ma vie pour que je sois disponible à céder à ses avances et que j'y cède finalement à force d'assauts. Il avait trop les boules de me laisser filer, il voulait absolument construire avec moi, et c'était pas mal intentionné, il voyait un truc pour nous, c'était fort dans sa tête. Mais voilà, ça commence bien.
Pendant les 6 premiers mois de notre relation, les thèmes ont été la guérison de ça, le développement de mes sentiments et choisir cette relation pour ne plus la subir, croire en ses sentiments, car il était un peu brut et parfois pas très au fait de ce qu'il se passait dans la réalité en terme de considération, donc moi j'étais persuadée qu'il s'en fichait un peu en fait, j'étais juste un coup d'un mois ou deux, ça allait lui passer vite, sauf que non, c'était plutôt tout le contraire ; et par ailleurs, quitter l'énorme dépression personnelle correspondant à cette période de ma vie et passer mon bac. Joie.

On a toujours eu énormément de projets, d'envies communes, de visions accordées des choses, etc.
Il m'avait fait miroiter un nombre incroyable de trucs : tel voyage, tel projet, telle expérience, etc.
Sauf qu'il avait une année de fac à finir, durant l'année suivant l'obtention de mon bac. On a emménagé ensemble. Et là il y a eu l'enfer que j'ai décrit plus haut. La fac, c'était dur, ça lui prenait tout le cerveau, toute sa disponibilité, toute sa capacité à être présent dans sa tête, à se remettre en question, à évoluer, à me considérer. J'avais des études en parallèle que j'ai dû lâcher, parce que, les réalisant chez nous, j'avais besoin d'un espace propre. Et je passais ma vie a rangé cet appart parce qu'il était incapable de l'entretenir, étant du genre bordelique, je ne pouvais pas passer une semaine sans m'épuiser à la tâche. Il y a eu une accumulation énorme de fatigue, de p'tites choses incroyablement agaçante du quotidien, de maladresses, de négligences, d'irrespect ordinaire, l'attente qu'il finisse cette année, en permanence réactualisée par les discours qu'il me tenait dès que j'exprimais fatigue et souffrance, que je ne voulais pas vivre ça, mais que ok, d'accord, je dois juste tenir, le problème c'est la fac, la fac, la fac, après ce sera super, on fera notre vie, ce sera beau,
ok, je te fais confiance si tu me dis de le faire, d'accord, d'accord, je te crois, etc.
Mais qu'en attendant, la souffrance me faisait trop vriller pour que je puisse continuer de mener ma vie. Moi qui fais en permanence plein de choses, je me suis retrouvée à être en hibernation, en isolement, car quand je vais mal à ce point, je suis incapable de sortir dans la rue. Une relation me demandant tellement de base, que ça se passe de cette façon, dans ce contexte si récemment sensible, avec la tête bourré de trucs cool au futur, mes impressions de ne pas être à la hauteur, car craquages et blocages de plus en plus récurrents, c'était horrible.
Les seules choses un peu positives que j'en retire, ce sont mes nouvelles capacités à m'affirmer, à dire ce que je pense, à me respecter en me sacrifiant le moins en possible, et le soutien que j'ai été pour lui, dans le sens où sans moi, il n'aurait pas tenu...
Même si du coup, je garde aussi la sensation d'avoir été utilisée surtout après ce qui suit... mais bon c'est comme ça, la victimisation ça ne mène pas très loin. Faut accepter, toujours.

La première chose qu'il a fait après ses exams, alors que j'étais partie un mois chez ma mère pour me ressaisir un peu (j'étais à la limite du bout) et pour revenir quand tout serait enfin fini, que l'on puisse enfin vivre cette vie promise, nos rêves, nos convictions militantes, nos envies, notre voyage, etc. c'est me tromper, pendant que je n'étais pas là. J'ai décrit ça plus haut, je la refais pas.

Ce qui m'a saigné à mort, en ça, c'est surtout toute la période après. J'avais déjà parlé de cette éventualité là avec lui, parce que j'en avais peur, et j'avais fixé la marche à suivre avec lui pour que ça ne m'abîme pas de trop : ne pas me toucher après ça, ne pas me mentir ni entretenir notre intimité comme si de rien n'était, et ce juste pendant un mois, que j'ai la possibilité d'épurer toutes mes fragilités. Il n'a rien fait de cela, il m'a menti, n'a pas respecté ce mois de répit pour m'épargner les psychoses fulgurantes, et il n'a pas quitté l'égoïsme avant deux semaines, pendant lesquelles j'ai dû batailler pour lui faire prendre conscience de son rapport consumériste aux gens et à la vie, ses double discours, etc. Et on y est parvenu, à sa lucidité, à ce qu'il admette, à sa remise en question. Mais ça a épuisé mon empathie et mon amour à un point. Et je n'arrivais pas à en tirer quelque chose. J'avais toujours eu des choses à tirer de ce qui m'arrivait, des choses à faire évoluer. Et là, tous les gens concernés par la situation m'ont juste fait comprendre que je n'avais rien à me reprocher, que j'avais pris ça au mieux, que j'avais été géniale, forte, compréhensive, incroyablement empathique, patiente, aidante. Qu'il fallait que je me sorte tous ces "et si j'avais mieux fait ça, et si, et si, si j'avais été plus comme ci, il n'aurait peut-être pas fait ça, c'est parce que je ne suis pas assez ça, j'aurais dû faire ci" de ma tête, que j'avais pas à ressasser ça, que j'étais la seule à avoir le droit d'oublier parce que j'avais rien de bon à en tirer si ce n'est de la souffrance. J'étais comme... ouais, super, mais ça me suffit pas de me dire que c'est juste les gens qui déconnent, comment je fais pour que ça n'arrive pas, qu'est-ce que j'ai raté, pourquoi cette irresponsabilité immature, ça vient d'où ?

Cela m'a laissée en conflit avec la réalité, avec une sensation comme... gratuite d'injustice. Il ne me l'a même pas dit directement, c'est moi qui, excédée et vaincue, et comme je voyais bien que quelque chose déconnait avant même que je revienne de chez ma mère, lui ai posé la question. Ce fut sûrement un summum de souffrance dans ma vie. Je n'ai jamais pleuré comme ça, si longtemps. Cassure, désillusion. J'avais cru que c'était plus évolué que ça, qu'il était con sur certains trucs, ok, mais pas à ce point, que ce genre de trucs, c'était des enfantillages, qu'on aspirait à plus que cela. Jusqu'au bout j'ai voulu croire que ce n'était pas ça. Mais non. Fallait bien une belle cerise sur ce beau gâteau de merde.

Durant cette période, je suis tombée dans les pommes, j'ai fait beaucoup de malaises, j'ai régulièrement vomi pendant plusieurs jours, je n'arrivais pas à m'alimenter, j'avais des raisonnements en spirale, je ressassais, culpabilisais de ressasser, donc m'en voulais de ne pas réussir à passer à autre chose, me traitais comme une merde, donc souffrais plus, donc ressassais plus, etc. Et ça conflictait encore plus "tout ça pour ça, vraiment ? c'est pas possible... Ça peut pas nous être arrivé, tout ça... Non... C'est pas possible... C'est une mauvaise blague, c'est tout" bref : dissonance.

Il a réactualisé tous ses choix par rapport à moi, s'est longuement excusé pour tout.
Il veut que j'ai une place considérable dans sa vie, il veut construire avec moi, il m'aime incroyablement, je suis une personne incroyable, il veut prendre soin de moi, que je sois heureuse, etc. etc. etc...

Depuis, on se reconstruit comme on peut, mais c'est dur. Très. Le désamour a commencé à s'installer pour ma part. J'ai dû partir chez mes ami•e•s souvent, voyager, faire du sport comme avant, me remettre en mouvement, quitter le morbide, redevenir ce que je suis, et pas une personne écrasée par la souffrance, la désillusion, l'insatisfaction et l'habitude d'être en incapacité. Je voulais tout épurer, encore, toujours, parce que je reste une bonne poire naïve, pour pouvoir encore laisser une chance, pour pouvoir essayer notre belle vie pleine d'amour. Insister jusqu'au bout du truc.

Et le polyamour dans tout ça ?

Bien avant qu'on se connaisse, ça lui trottait déjà dans la tête. Il avait toujours eu cette curiosité là. Ses deux relations précédentes étaient libres (bon pour la dernière c'était pas si simple, et il a beaucoup morflé, et on s'est rendu agréablement compte qu'il avait reproduit à peu près le même truc que ce qu'il avait subi, en terme de négligences et de fuite, mais avec moi, qui suis censée être la nana qu'il aime si fort, ça c'était cool comme fatalité aussi). Mais en pratique, c'étaient des relations monogame de fait. Dans le sens où il n'a jamais, jamais expérimenté le polyamour, malgré le contexte favorable pour et toutes ses réflexions/questions par rapport à ça. Vis-à-vis de moi, dès le début, c'était convenu exclusif, c'était nous, nos projets, un jour peut-être on se posera la question, mais pas de pressions. J'ai toujours été angoissée par rapport à ça, mais me concentrais toujours sur ce qu'il me martelait, fallait pas que je m'inquiète.

La connerie a remis ça sur la table, parce que depuis sa dernière relation avant moi, justement, il avait en fait passer sa vie à dériver sans s'en rendre compte, qu'il avait plein de merde et de fuite dans la tête.

J'ai donc remis en cause son polyamour, qui était juste égoïste, consumériste, fantasmé, et presque sexiste. Je lui ai dit que c'était pas comme ça que ça marchait. Le principal problème c'est pas le système de relation, ce sont les biais des gens et/ou les pressions sociétales qui mènent à ces biais. Il parlait régulièrement aux gens en présentant le polyamour comme étant la solution ultime alors que non ! C'est pas le sujet, pas le problème. Le système de relation, ça regarde les gens, c'est leur choix, qu'ils feront dans un second temps. Parler du polyamour comme le système optimal pour tout le monde, LA bonne façon de vivre ses relations et c'est tout, c'est juste complètement passer à côté des problèmes de la plupart des gens à mener rien qu'une relation monogame saine, et que ça ne fait que mener des gens à faire plus de mal à plus de gens à la fois, lui le premier. Savoir que ça existe, c'est bien, y réfléchir, c'est bien, mais une solution aux dysfonctionnements malsains ? Bah non. Faut corriger ces dysfonctionnements avant de songer au système qui convient, avant de faire des choix qui impliquent d'autres gens, s'ils s'avèrent qu'on est malsain avec les gens qu'on aime.
Et j'ai fini sur un parallèle que je résumerais par cette métaphore : à force de passer ton temps à faire des plans sur la comète avec des fantasmes par miliers, et de déserter ta vie, tu finis juste par atterrir à côté de tes pompes.

Sauf que sa conclusion à tout ça, globalement, c'était : "Je suis d'accord avec toi. Il faut que je me concentre sur mon présent, sur ma vie, sur mes choix, donc toi, on se posera cette question quand on y sera confronté. Je t'aime. Je préfère vivre le polyamour avec toi que sans toi, et s'il s'avère que le polyamour n'est pas possible, c'est toujours avec toi que je veux vivre."
Sauf que moi (comme quoi, parfois on entend et on laisse entendre bien ce qui nous arrange...) j'ai compris : "Je préfère vivre avec toi qu'expérimenter le polyamour, si tu ne peux pas, j'y renonce."
Alors que non. Pas du tout. Ce qu'il a voulu dire, c'est qu'il était quand même question que ça évolue, mais que si ça prend du temps, c'était pas grave, et que si finalement, le polyamour se révélait impossible pour lui pour x ou y raison, c'était avec moi que ça allait se finir. Mais, il est question que ça évolue et je serai contrainte de tendre vers ça.

Et comme une conne, j'ai basé les 4 mois de reconstructions qui ont suivi sur ça, j'avais cru qu'il m'avait dit qu'il considérait le fait d'y renoncer... Et c'était déjà tellement dur sans cette préoccupation...
Et ça vient, hier, de ressortir.
On vient de passer deux semaines assez éprouvantes en terme de reconstruction, genre plutôt ratées. Et il venait de me proposer plein de projets, de nouvelles stratégies pour que ça aille mieux, qu'on allait finir par y arriver, qu'il fallait pas que je lâche l'affaire, que je garde confiance, etc. Projets que j'ai accepté et dans lesquels j'ai commencé à me projeter...
Et presque par hasard, ça revient sur le tapis, et je me rends compte de la méprise.
Ça m'a juste tout niqué, encore. C'est à m'en arracher le cœur, j'ai juste trop souffert pour être résiliente à ça, surtout avec, encore, toutes les belles choses qui semblent ne pas être si loin que ça, mais qui ne sont jamais là finalement...
On a parlé toute la journée... J'ai beaucoup trop pleuré, lui aussi, alors qu'habituellement il pleure très rarement. C'est tellement... dommage, tout ça...

Et il y a plein de choses que je ne comprends pas...
Ou que je fais peut-être semblant de ne pas comprendre, je ne sais pas, parce que je n'accepte pas tout... Toutes ces souffrances mutuelles, ces ratés, ces échecs. Je veux trop que ça marche pour ça, peut-être... C'est juste tellement dommage, tellement triste...

C'est un aspect quasi-absent de sa vie, en pratique, c'est juste dans sa tête de temps en temps. Il n'a ni rencontré quelqu'un qui lui inspire ça jusqu'ici, en presque 6 ans, ni envie de le chercher suffisamment pour le provoquer. En quoi est-ce si problématique, alors que si je ne propose pas le compromis de la limite, c'est comme s'il n'allait rien se passer pendant des années encore, parce qu'on aura de toute façon trop de trucs à vivre avant de laisser la place à ça si la question se pose encore..?
En prennant en compte la totalité du contexte, mes difficultés de merde, notamment psy, à laquelle j'ai une influence déjà énorme pour en diminuer les conséquences ; je suis fonctionnelle ! Je suis juste parfois terriblement fragile, hypersensible par rapport à plein de choses, en psychoses, etc. Je suis endurante et dure au mal pourtant.
Mais il y a tout le passif.

Avant je n'étais pas comme ça, je me souviens. J'étais dans l'idée que l'autre faisait bien ce qu'il voulait tant que j'étais pas mêlée à ça, que ça rentrait pas en compétition avec les projets qu'on a décidé ensemble, que ça ne mettait pas notre relation en danger, puisqu'elle est convenue comme prioritaire du fait de ce qu'on construit. Dans l'idée que moi ça ne m'arrive pas, mais c'est pas pour autant que l'autre n'a pas le droit, du coup.
Après y a un côté où dans ma précédente relation, la personne était monogame aussi, donc peut-être que c'est juste parce que j'y suis réellement confrontée maintenant... Mais j'ai l'impression quand même que ca s'est développé à force de blessures et d'atteintes à l'amour et à la confiance. Que maintenant j'ai juste trop peur, je suis trop méfiante. Car n'oublions pas la première partie de ce post... Quitte à choisir, je préfère être seule si je dois subir ce niveau de souffrance là, c'est déjà suffisamment dur passivement... J'ai pas besoin de quelqu'un, moi, dans l'idée... Et je me retrouve coincée dans un truc tellement tortueux...

Et je me dis que y a plein de gens qui ne vivent pas un truc si incompatible... Je ne sais pas, je ne vois pas d'issues. Ma souffance est devenue trop impressionnante. Je suis malheureuse. Alors je n'arrive pas à évaluer. C'est quelque chose qui changera ? C'est trop sensible ? Dès que je me visualise l'éventualité d'une organisation logistique, d'une compétition, un ordre de priorité, et tout l'aspect sexuel qui sera tellement intense à gérer pour moi... Tant mes psychoses me mènent à avoir des impressions de contamination, presque. D'intrusions dans mon intimité si fragile.
C'est complètement irrationnelle dans l'idée, je sais bien ! Je dis pas que c'est de la contamination, je dis que j'en ressens, que j'en perçois ! Donc qu'en réalité, c'est bien évidemment faux, je n'ai pas ce jugement par ailleurs ! Et ça n'a rien à voir avec moi, évidemment...
Mais cette idée d'aller-retour, de navettes entre plusieurs personnes, c'est comme si on amenait en moi des choses que je ne voulais pas, qui n'ont rien à voir avec moi... J'ai comme un concept de mémoire des corps, de mémoire des lieux, dans la tête... C'est complètement con...
Et c'était pas à ce point, avant...

Pour l'organisation logistique, je vois pas en quoi mon problème prévaloit sur le sien, et inversement. Ce n'est pas un problème en soi, mais je ne veux pas être confronté à une impossibilité et à un rejet, alors même que quand on se dit "là on est pas là, on va aller faire ça là avec machin et machine", c'est pas un problème. Y a déjà une organisation logistique en soi, mais... Si ça entre en compétition, si ça se passe mal ? J'ai trop peur.
J'ai trop peur de me comparer. J'veux pas être liée aux autres relations, pas rencontrer, pas croiser. Pire, me retrouver à trois dans la même pièce, trop malaisant... J'aurais l'impression d'être dans un harem, et qui est avec qui dans les faits ? J'ai pas envie d'un câlin groupé, je préférerais m'effacer et les laisser tous les deux... Je suis pas plus légitime qu'une autre... Mais j'ai pas la légitimité de ma place non plus... Alors ça fait juste double peine.

Et le truc aussi, c'est qu'il ne pratique pas le polyamour dans les faits, que s'il le pratique, ce sera dans longtemps, alors pourquoi refuser le compromis d'une proximité physique avec quelqu'un, pour me protéger un peu de ce que ça me fait, en attendant que, peut-être, j'évolue là-dessus ? Alors qu'il veut bien attendre très longtemps ? Pourquoi alors que tout ce qui semble le préoccuper, c'est notre relation ? Que lorsqu'il y a cette forme de restriction, il y pense tout le temps, il a peur de me faire souffrir, alors que personne ne l'intéresse, et que s'il n'y a pas la restriction, il y pense pas et ça ne se passe pas ? La restriction fait planer un danger sur nous, je veux bien le comprendre, parce qu'il y a un truc qui fait objectivement souffrir. Mais je pense que ça arrivera bien un jour, c'est un peu suicidaire de compter sur le peu de chances que ça n'arrive pas. En quoi est-ce que c'est moins un danger ? C'est du danger pour tout le monde, c'est tout, c'est juste trop compliqué...

Alors voilà, c'est l'impasse, ça y est. J'ai engagé sérieusement la rupture. C'est horriblement triste. Reste cette impression qu'on se quitterait pour rien.

Et je tiens à anticiper les questions qui semblent revenir dans les deux-trois sujets similaires...

Je ne suis pas jalouse et possessive, j'ai juste l'impression d'être une grosse conne qui suffit pas, qui n'apporte pas assez de choses, qui suis moins bien que les autres. Mais je ne veux pas être tout pour lui, non plus, et je ne le suis pas, c'est normal de ne pas l'être. On est à la fois indépendants, c'est souvent qu'on fait nos choses chacun de notre côté, mais fusionnels quand même, surtout lui en fait.

Et voilà...
Avec tout ça, je suis devenue amère.
Il a choisi d'aller vers moi en connaissance de causes. Il savait mes problèmes, savait ce que ça impliquait, mais n'a rien mesuré.
Je suis amère d'avoir été embarquée là-dedans pour que ça se finisse comme ça. Alors qu'il y avait toutes les choses qu'il m'a dites sur la table. Ça m'a tellement coûté de choses, de ma personne. Ça ne devrait pas faire ça normalement... Il est catastrophé que notre relation nous ait rendus si malheureux, qu'il aurait au moins voulu réussir à me rendre un peu plus heureuse, que j'ai au moins droit à un peu de positif dans ma vie... Il est désolé de la négligence dont il a fait preuve, que je me retrouve à vivre ça alors "que je ne le mérite pas", que c'est pas des choses qu'il aurait dû me faire subir, que c'était pas l'idée de base, que si je pars, il aura énormément de mal à s'en remettre, que... Il me dit tant d'autres choses...

Il n'est même pas sûr que le polyamour lui plaira. Il veut juste garder la possibilité d'avoir cette expérience, cette expérimentation. Mais ça me semble un peu dérisoire vu tout ce qu'il semble vouloir et espérer de nous. Alors qu'il est prêt à attendre longtemps s'il faut, pourquoi est-ce si compliqué d'être dans l'idée que c'est quand même peu cher payé de se limiter à une non-proximité physique qui n'arrive pas anyway, pour tout ce qu'il veut vivre et construire avec moi, pour tout ce que je semble représenter ?
Le problème c'est que je suis définitive, je le comprends. Je souffre, j'ai peur, alors, comme une phobie, je refuse l'idée de m'y confronter. Mais l'expérience nous dit, et il me connaît un peu quand même, que j'ai été amené a beaucoup évolué sur certaines choses qui me faisaient peur, avec le temps, parce que je nourris une volonté de progresser...

Mais...
Je tends à décider de cette rupture quand même...
Je...
J'ai l'impression que ça reste trop dure comme relation, indépendamment de ça. Y a des choses, on est trop différent. Je suis très intègre, il compense, il fuit souvent. On est pas sensible sur les mêmes choses. On accorde pas la même valeur aux mêmes choses. Il a trop pris l'habitude d'être négligent avec moi, et moi de souffrir avec lui. Je sais ce que je veux, mais je ne sais pas si je veux que ça se passe avec lui. Il ne sait pas ce qu'il veut, mais il sait qu'il veut que ça se passe avec moi.
Encore tellement de déconstrucrions/reconstructions en vue... On la vivra jamais notre idylle si ça continue, le présent reste le présent, même si le futur peut être beau...
Et je n'ai pas à souffrir comme ça d'une relation, je peux aussi n'accepter que quelqu'un un peu plus comme moi...
Mais tellement de choses vont me manquer de lui... Personne n'est interchangeable, cette personne est ce qu'elle est, et unique, et je ne retrouverai nulle part ce que j'en aime. On va tous crever à la fin, ça ne vaut donc rien ?

Et j'ai tellement peur de le recroiser après une rupture. C'est certain que l'amour nous rattrapera... Je ne veux pas que le regret nous rattrape en permanence en ayant la possibilité d'observer ce que l'on devient, ce que l'on fait, ce que l'on construit... Alors qu'on voulait que ça se passe ensemble... Pire que l'agonie que l'on connaît actuellement, je ne veux pas connaître l'entre-deux et les aller-retour (on se remet
ensemble, puis on se requitte, puis on se remet ensemble...). On fréquente les mêmes lieux, les mêmes gens, mais c'est moi qui me retirerais... Ayant été en isolement du fait d'être mal à cause de tout ce qu'on a traversé, il a pris de l'avance sur les lieux militants qu'on fréquente... Il est plus légitime d'y vivre que moi... Encore un truc que je vais perdre à cause de cette histoire... Je dois revoir tous mes projets personnels... Et tant pis à la rigueur, je préfère qu'il soit heureux là où il est, je m'arrangerai...

Mais donc voilà, un gigantesque pari, je disais.
On reste ensemble, ça peut continuer d'être horrible, ou ça peut enfin être super bien, mais une ombre plane... Peut-être que ça n'arrivera jamais, peut-être que ça arrivera...
Je romps, au risque de passer à côté de quelque chose, de regretter longtemps, d'entrer en dépression, bader sur le fait que ma vie ne fait plus trop de sens, que j'ai perdu tellement de temps, tellement de moi-même, pour rien. Qu'au final, j'évolue sur cela de mon côté, qu'au final, il ne connaisse jamais le polyamour. Qu'on se quitte pour rien.
Ou que j'arriverai mieux à devenir ce que je veux devenir, plus de place pour faire ma vie, moins de souffrance, que je ne serai plus plombée par tout ça, et que je réussirai à faire mon deuil (un peu indépendamment de la rupture d'ailleurs), que je rencontrerai plein de gens, qu'il y aura bien quelqu'un avec qui je connaîtrais ce que je cherche dans le lot...

Quelle horreur que ces ruptures encore dans l'amour.

Je ne sais pas.

Merci de votre attention, j'ai vraiment abusé sur la longueur.
Je redonne mon mail : [e-mail, cliquer pour voir l'adresse]

Bonne journée.

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Dohan

le dimanche 10 septembre 2017 à 19h20

Hello hello ! :-)

Je préfère répondre ici afin de pouvoir intégrer d'autres personnes au débat. On est jamais de trop à pouvoir conjuguer nos réflexions.

J'ai lu intégralement ton très long post (et oui !). Comme tu écris très bien, j'ai été au bout. Et je vais te dire clairement le fond de ma pensée, sans te connaitre, mais sans te juger aussi. Cela dit, tu sembles dotée d'une très grande intelligence qui fait plaisir à lire.

Je pense que tes problèmes "psy" ne sont que des facteurs aggravant de ton mal-être, mais que finalement, toute personne "normale" ressentirait une profonde souffrance, voir insupportable, à l'idée d'être trahis, que l'on soit poly-amoureux ou pas. J'aime même l'impression que tu génères une forme de culpabilité à souffrir, comme si les trahisons de ton (ex)copain étaient initiées par ta faute. Arrête ça !

Je n'ai pas compris dans quelle mesure ton (ex)copain était poly-amoureux. Ce n'est pas du poly-amour, puisque dans ce terme il y avant tout le terme "amour". Il a juste envie de coucher avec plusieurs personnes, dont celle avec qui il partage sa vie (toi) et avec qui il a conclut qu'il n'y aurait pas d'à côté. Contrat qu'il a complètement rompu, il semblerait.

De ton côté, tu envisages une relation amoureuse exclusive de corps et d'esprit, et tu ne peux tolérer qu'il aille voir ailleurs. Tu es comme ça, c'est tout. Tu n'as pas à te justifier.

Vous n'avez donc pas la même vision du couple (cela dit en passant, nous n'avons pas évoqué sa réaction potentielle dans le cas où toi aussi tu aurais une aventure hors couple).

Ta souffrance est légitime. Il n'a pas respecter votre contrat moral. Et au moment où tu commences une légère remontée, il t'envoie en plein visage qu'il envisage tout de même de rencontrer d'autres personnes dans un futur plus ou moins proche. Nouveau coup de couteau dans le coeur. Il n'est pas très "sensible" aux souffrances par lesquelles tu es passée pour coup, ni à ton état "psy" sur lequel tu travailles beaucoup.

Je pense que les options sont assez simples :

- Soit tu acceptes ses besoins de créer un couple libre. Cela peut même tout à fait faire partie de votre équilibre. Une relation exclusive de coeur, mais pas de corps. A vous de voir si vous partagez vos expériences respectives par la discussion ou la rencontre.

- Soit tu refuses une relation libre et dans ce cas, tu le quittes, tu te prépares à quelques mois de dépression intense (au vu de ton profil "psy") et tu comptes sur le temps qui, de toutes manières, cicatrise toutes les blessures, même celles qu'on n'imagine impossible à refermer.

Tu n'as pas trop de choix de toutes manières, mais il est clair que tu ne peux pas continuer comme ça. Fait confiance au temps, vraiment, et tiens-toi loin des personnes nocives.

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bidibidibidi

le lundi 11 septembre 2017 à 15h41

J'ai aussi tout lu (on a une médaille ?).

Personnellement, je serai assez expéditif : Pourquoi tu veux rester avec lui ?

Tout ce dont tu parles est souffrance. Tu en arrives à ne même plus pouvoir sortir de chez toi. Tu arrêtes tes études. Tu en perds limite tes relations sociales.
Une seule de ces raisons m'aurait fait m'enfuir depuis longtemps. Et toi, tu te focalises sur le polyamour qui est juste une goutte dans un océan. Pour moi, faut arrêter de te prendre la tête. Le but des relations amoureuses, c'est de nous rendre heureux. On vit tellement mieux seul que mal accompagné.

Après, la question, c'est comment fais tu pour te mettre dans de telles situations. Ca, c'est intéressant. C'est la réponse à cette question qui conditionnera si tu as perdu deux ans de ta vie ou s'ils ont aidé à construire tes prochaines relations.

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alinea7

le lundi 11 septembre 2017 à 22h20

Bonjour,

j'ai lu ton message avec attention, il me parle parce que je partage certains ressentis vis à vis de la difficulté à établir des relations et l'hypersensibilité qui en découle lorsque ça arrive.

A te lire j'ai l'impression qu'aimer est une souffrance continuelle. Tu devrais peut-être explorer ce qui se passe en toi à ce moment là pour l'apprivoiser.

J'ai du mal à me faire une idée de votre couple donc je te demande pardon si je tombe complètement à côté de la plaque.
Je me demande si tu te laisses suffisamment exister dans cette relation. A oublier tes besoins et envies pour faire passer ceux et celles de ton partenaire en premier, tu disparais derrière lui. Il faut deux personnes pour faire un couple.
Ton partenaire demande-t-il les efforts que tu fais pour lui ?
J'ai l'impression que tu fais beaucoup d'aménagements dans ta vie pour son confort (pas sa survie, on ne meurt pas de manque de ménage, d'ailleurs si tu lâchais prise là dessus il finirait par se prendre en charge). Et il se peut que cela crée un déséquilibre dans votre relation.
S'il se sent trop investi par toi, pour lui, dépasser ta limite est peut-être une façon de remettre une distance entre vous qui lui convient mieux.

Si tu prenais plus de place dans votre relation, si tu maintenais un chemin de vie plus proche de celui que tu aurais si tu étais célibataire, est-ce qu'il aurait l'impression que tu l'aimes moins ? Et toi ?

Je dis ça sans nécessairement souhaiter que vous restiez en couple, c'est ton/votre décision. Si je te pose ces questions c'est parce que ton histoire t'appartient comme ton évolution personnelle, qui pourra avoir des retombées sur ta présente mais aussi tes futures relations.

Bon courage en tout cas dans cette période difficile.

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