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Un peu, beaucoup perdu... Ma femme veut une relation poly

Témoignage
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brigant01

le jeudi 20 avril 2017 à 17h01

Bonjour à tous,

j'ai découvert ce site il y a quelques semaines, et je parcours depuis les discussions à la recherche de réponses afin de comprendre et de réussir à survivre au tremblement de terre qui secoue depuis plusieurs mois mon couple.

Je suis en couple avec ma femme depuis 14 ans. Nous avons 2 magnifiques enfants et nous sommes très heureux, très amoureux et très très complices.
Comme beaucoup de couples, nous avons eu un passage un peu à vide avec l'arrivée des enfants, mais nous avons toujours été très proches, voire fusionnels.

Nous avons construit notre couple et notre famille sur un mode fusion : toujours ensemble (en plus nous sommes profs...), à tout partager , à tout se dire, tout le temps.
Nous nous épanouissions pleinement dans ce schéma.

Et puis il y a quelques mois, ma femme m'a dit qu'un collègue qu'elle estimait énormément semblait lui tourner autour. Elle ne savait pas quoi faire...
Ma femme est une très belle femme, mais son histoire personnelle fait qu'elle manque beaucoup de confiance en elle en tant que femme. Alors quand cet homme a commencé à lui tourner autour, j'ai vu un impact fort sur elle: elle était très contente.

Nous avons parlé, et me disant qu'elle n'avait aucun sentiment pour lui, je lui ai dit qu'elle pouvait fleurter, se laisser dragouiller...

J'avoue que tout cela a eu un impact très fort (et positif) sur notre intimité : en tant que femme, elle commençait à s'épanouir.

Mais à force de jouer, elle s'est prise au jeu et est tombée amoureuse de cet homme.

Je vous passe certains épisodes, sinon ce serait trop long.

Mais aujourd'hui elle a compris qu'elle souhaite se construire une bulle, un espace de liberté dans lequel elle peut évoluer seule, sans moi
Je l'ai bien entendu compris et laissé faire : depuis plusieurs mois elle sort avec des ami(e)s en soirée, à construit un cercle dans lequel je ne rentre pas

Mais elle a compris aussi qu'elle veut plus, et qu'elle souhaite vivre cette liberté dans sa féminité
En clair, elle veut pouvoir avoir cet homme comme amant.

Mais elle m'aime , il n'a jamais été question qu'elle me quitte, je suis l'homme avec lequel elle veut continuer à construire sa vie.

Seulement voilà, je souffre.
Beaucoup , énormément.
Ce passage d'un mode mono fusionnel à poly est très douloureux pour moi, car je ne ressens pas le besoin personnellement d'avoir une autre amoureuse.

J'ai été jusqu'à rencontrer cet homme pour parler franchement. C'est un homme bien, qui est lui même en couple en phase de passage mono vers poly et qui est très amoureux de ma femme

Je suis largué avec tout cela.
J'ai dit à ma femme que par amour je ne m'opposerai à rien, et que je lui laissais le choix.
Mais elle me connait mieux que personne, et sait que je risque de péter un câble si je souffre de trop, et qu'alors je risque de tout casser.

Nous avons tous des peurs, la mienne n'est pas, n'est plus que ma femme me quitte. Elle a réussi à me rassurer la dessus.
Il est au niveau de notre intimité.
J'ai une histoire de vie qui fait que jusqu'à récemment je me sentais mal dans ma masculinité.

J'ai été voir une psychologue, et après un travail sur moi pendant plusieurs mois, et grâce au soutien de ma femme j'ai dépassé cela.
Mais mes démons ne sont pas loin, et l'idée que ma femme soit dans les bras d'un autre homme, qu'il puisse lui donner plus de plaisir que moi est une chose qui m'est totalement insupportable.

Mon esprit n'arrive pas à gérer cela.

Ma femme le sait et hésite donc à se lancer avec cet autre homme par peur de me voir trop souffrir, et de craquer.

Mais je l'aime et je veux pouvoir lui donner cet espace dont elle a besoin, car j'ai compris que c'était une chose profondément ancrée en elle.

Bref, je suis perdu et je ne sais pas comment dépasser cela, comment dépasser cette peur, cette souffrance.

Peut être que certains parmi vous auront vécu sensiblement la même chose et pourront me dire comment ils/elles ont réussi à traverser cela.

Dans l'attente de vous lire
Bien chaleureusement

Brigant

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homme_partit

le jeudi 20 avril 2017 à 17h24

Bonjour.

En premier lieu, ce n'est pas parce que ta femme a des sentiments pour un autre qu'elle est poly amoureuse.

brigant01
J'ai dit à ma femme que par amour je ne m'opposerai à rien, et que je lui laissais le choix.

Seulement, cette volonté ne va que dans un sens.
Doit-on tout accepter par amour?

brigant01
Mais je l'aime et je veux pouvoir lui donner cet espace dont elle a besoin, car j'ai compris que c'était une chose profondément ancrée en elle.

Profondément ancré? mais cela est récent tout de même.
Tu veux lui laisser un espace mais jusqu'où?

brigant01
Bref, je suis perdu et je ne sais pas comment dépasser cela, comment dépasser cette peur, cette souffrance.

Dépasser cela n'est pas facile et demande du temps. Je pense que cette différence de timing est un danger: pour toi ta femme ira trop vite et inversement pour elle.
Il vous faut communiquer et qu'elle te laisse du temps, qu'elle vous laisse du temps.
Il ne faut surtout pas, à mon sens, que tu caches tes souffrances et que tu veuilles te perdre dans le but de vouloir ce qui est bien pour elle.

Dans une telle relation, il n'est pas évident de voir ce que l'autre offre à son officiel, transformant ce passage en crise de couple.

brigant01
Peut être que certains parmi vous auront vécu sensiblement la même chose et pourront me dire comment ils/elles ont réussi à traverser cela.


Traverser cela se fait de différente façon : acceptation du poly, renoncement du poly, séparation, ...
Chaque histoire est différente, mais cela génère beaucoup d'incompréhension, d'incertitude et de souffrances.

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bonheur

le jeudi 20 avril 2017 à 17h39

J'approuve la franchise de ta femme, brigant01, ainsi qu'à ta philosophie devant ce qui est souvent un tremblement de terre (tempête, ou autre dénomination illustrant la situation).

Comme l'indique homme_partit, il ne faut pas t'oublier non plus.

L'amour et la souffrance sont intimement liés, ça c'est un constat que beaucoup ont pu faire. Après il y a les limites et les équilibres. Dans le polyamour c'est essentiel. Déjà, elle est amoureuse d'un homme bien qui accepte la communication y compris avec toi.

Peut être devrais tu lire sur le sujet. Il existe différents ouvrages sur le polyamour. Personnellement je recommande en premier les trois livres de Yves-Alexandre Thalmann : "vertus du polyamour" ; "les 10 plus gros mensonges sur l'amour et la vie de couple" ; "garder intact le plaisir d'être ensemble". Il existe aussi "aimer plusieurs hommes" et "guide des amours plurielles" de Françoise Simpère ; "la salope éthique" de Dossie Easton et Janet W. Hardy (à tendance poly-libertinage) ; "Fragments d'un discours polyamoureux de Magali Costet-Calysto et enfin le petit roman de l'humaniste Marc Vella "le funambule du ciel" (parfait pour comprendre les notions d'équilibre)

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Jvalin (invité)

le jeudi 20 avril 2017 à 17h51

Bienvenu au club, je me reconnais bien dans cette histoire. J'ai aussi eu énormément de mal, et en ai encore parfois aujourd'hui, à laisser partir ma femme. Parfois, comme aujourd'hui, où elle troque une soirée avec moi pour une soirée avec son copain au dernier moment, j'ai besoin de puiser dans mes réserves de courage.

Je sais que je me répète d'un sujet à l'autre, mais quand on est convaincu que quelque chose est juste (ici le polyamour) il faut s'attendre à devoir faire preuve de courage pour le réaliser. Et du courage, on en a toujours plus que ce qu'on croit.

Notre histoire personnelle nous pousse à être jaloux, las, etc, donc c'est plus dur pour les uns que pour les autres. Mais la différence se fait entre ceux qui renoncent et ceux qui tiennent bon. Il faut un certain esprit de sacrifice, c'est certain, mais pour renoncer à un droit qu'on n'a pas, qui est de contrôler la vie de quelqu'un d'autre.

La solution que j'ai trouvée, outre le psy, le soutien moral, le travail sur soi : faire pareil de mon côté ! Résultat, j'ai trois fois plus de copines qu'elle a de copains. La différence c'est qu'elle est amoureuse, tandis que moi... Mais il est inutile de rechercher une symétrie. C'est chacun pour soi, dans le sens : on a des besoins différents, on créé chacun notre propre "bulle". Sans être absolument satisfait (c'est impossible, je crois, de toute façon, mais il faut toujours essayer d'améliorer le truc) je ne me suis jamais senti aussi comblé.

Allez, force et honneur.

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Rose claire (invité)

le jeudi 20 avril 2017 à 18h54

Il faut que ta femme soit patiente et t'offre également une contre partie. A vous de trouver ce qu'elle pourrait te donner en retour, car si il n y a que toi qui fait des efforts, c'est la crise assurée

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bonheur

le jeudi 20 avril 2017 à 20h02

D'après ce que j'ai lu, la femme de Brigant01 a déjà fait beaucoup : honnêteté, franchise, communication la plus saine et sereine possible, l'acceptation que les hommes de son coeur se rencontrent...

Concevoir les affaires de sentiments comme un troc ? Le donnant-donnant, en terme amoureux, j'ai toujours tiqué avec cela. offrir à Brigant01 des opportunités nouvelles, à l'identique ou différentes, reste du domaine de l'équité et là je suis pour. Par contre, nul n'est tenu de s'y conformer et d'après ce que j'ai lu, c'est le cas.

Après, je confirme, le temps peut être un allié. Brigant01 indique cette durée en plusieurs mois... donc un peu tôt, mais pas du tout récent non plus. Comment sa femme peut-elle faire des efforts si elle pense avoir fait le maximum ? Aussi, c'est à Brigant01 de réfléchir à cela !

Mes propos ne remettent pas en cause ceux de Rose Claire, mais donner l'impression, car je l'ai personnellement compris ainsi, c'est qu'il faut marquer des points, le même nombre, pour arriver à un équilibre. J'ai peur que ce soit plus compliqué que cela.

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homme_partit

le jeudi 20 avril 2017 à 21h23

bonheur, le polyamour génère une vraie perte d'équilibre du couple, dans le sens où les repères de l'un ne correspondent plus à ceux de l'autre.

Accepter dans un sens induit donc une acceptation dans l'autre sens, du moins c'est ainsi que j'interprète les propos de Rose Claire, mais tout cela n'est que théorie car comme tu le dis, cela ressemble à un troc sentimental.

Dans la réalité, si monsieur accepte le pole de sa femme, que va t-il en retirer?

Si personne n'appartient à personne, madame peut donc faire ce quelle désire, mais monsieur également.

Personnellement, je crois que le travail d'acceptation reste difficile tout en demandant du temps. La personne poly doit donc prendre sur elle afin de laisser faire ce travail et ce malgré l'empressement de vivre son autre relation.

Je me suis souvent interrogé sur ce que j'avais à gagner à laisser ma femme vivre son poly. Mais peut-on parler de bénéfice, de bien être lorsque une situation prend une direction que l'on ne souhaitait pas?

bonheur
Comment sa femme peut-elle faire des efforts si elle pense avoir fait le maximum ? Aussi, c'est à Brigant01 de réfléchir à cela !

Et si brigant était également à son maximum? Pourquoi serait-ce au mono de se remettre en question?
J'entends bien que l'on ne choisit pas d'être poly, mais le mono ne choisit pas le poly de sa partenaire non plus.

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Jvalin (invité)

le jeudi 20 avril 2017 à 23h04

Ouais heu je pense que la monogamie comme le polyamour sont tous les deux des choix, la différence réside en ce que la monogamie est présupposée par le fonctionnement de la société. Quand un monogame doit renoncer à une relation avec quelqu'un d'autre, c'est aussi un sacrifice. Il semble plus facile, pourtant rien n'est moins sûr. Il advient que beaucoup de couples monogames finissent par se tromper et se mentir, ou renoncer dans la douleur à des aventures. On s'arrange comme on peut, ce n'est pas moi qui vais jeter la pierre.
Le fait de s'arranger pour mettre en place un autre mode de vie que celui-là correspond à un choix. Et je ne crois absolument pas que le polyamour soit "le fait de pouvoir aimer plusieurs personnes", car une telle chose peut arriver à tout le monde, mais bien le fait d'ouvrir les membres du couples à plusieurs relations, ce qui est une convention différente de la monogamie.

Mais du coup je suis d'accord qu'une relation avec quelqu'un implique quand même une sorte de contrat, et lorsqu'on veut changer les termes du contrat, c'est la relation elle-même qui est remise en question. Rien de plus normal.

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bonheur

le jeudi 20 avril 2017 à 23h12

Je suis tout à fait d'accord avec toi, homme_partit. On ne choisi pas. On continue notre vie de couple dans une dynamique commune avec une évolution individualisée. Si le temps ne peut encourager cela et si chacun-e ne peut évoluer autrement sans dynamique commune, alors il faut savoir tirer sa révérence. J'ai été bien placée pour savoir que la transition mono-poly génère une perte d'équilibre. C'est pour cette raison que le temps est nécessaire. La personne poly prend généralement sur elle et certainement beaucoup plus qu'on peut l'imaginer, car ça se solde souvent par une rupture de l'autre lien. L'attitude de la tierce personne a également son importance. Ne pas oublier que la personne poly se doit de maintenir dans la tempête une double perte d'équilibre, celui de la situation initiale et celui qui devrait s'instaurer dans la nouvelle relation. Comme je l'ai indiqué, c'est compliqué.

Ce n'est pas au mono ou au poly à se remettre en question, c'est encore une fois une dynamique commune avec chacun-e une évolution individualisée. C'est donc au deux à se remettre en question. Et oui, le mono n'a rien demandé, en tout cas pas que sa-son partenaire de vie devienne poly... sauf que ça arrive. D'ailleurs, comme tu l'indiques, le ou la poly ne choisi pas non plus... c'est ainsi. Les limites doivent se correspondre, en inférieur pour l'élément poly et en maximum pour l'élément mono.

Après, évidemment, on faire dans le dos et demander pardon le jour où l'on est découvert... Après, on peut aussi fermer ses yeux et son coeur et rester dans le rang comme un gentil.... Après, on peut divorcer car la situation ne nous convient plus... Aussi, on peut essayer d'être bien dans son coeur, bien tout court et faire preuve de qualités afin de concilier et soutenir soi, son partenaire de base, son nouvel amour... Tous les possibles existent.

Homme_partit, jamais je ne minimiserai ce que vivent les polyacceptants, jamais.

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bonheur

le jeudi 20 avril 2017 à 23h25

Jvalin
Le fait de s'arranger pour mettre en place un autre mode de vie que celui-là correspond à un choix. Et je ne crois absolument pas que le polyamour soit "le fait de pouvoir aimer plusieurs personnes", car une telle chose peut arriver à tout le monde, mais bien le fait d'ouvrir les membres du couples à plusieurs relations, ce qui est une convention différente de la monogamie.

Je ne me reconnais pas du tout dans cette équation ou alors j'ai mal compris. La vie, les rencontres, ce que nous ressentons fait ma vie et là-dedans, il n'y a pas eu de conventions, juste des évidences et la reconnaissance de certitudes intérieures. La gestion des bouleversements s'est faite d'elle-même, non sans souffrance, non sans aléas difficiles parfois encore aujourd'hui. Pour ma part, le titre d'un livre que l'on m'a conseillé résume bien ce bouleversement : "Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en n'a qu'une"... enfin dans mon cas quand j'ai réalisé qu'il n'en n'avait qu'une. Je n'ai jamais eu peur de perdre la mienne, mais celle des gens que j'aime, j'ai des difficultés. Comme quoi, un chamboulement tient parfois a pas grand chose. Il m'a fallu l'espace de rien pour être transformée.

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Jvalin (invité)

le jeudi 20 avril 2017 à 23h40

Je ne vois pas en quoi réside notre désaccord, si ce n'est que ça fonctionne comme une "révélation" pour certains parce qu'ils tombent amoureux, tandis que pour d'autres, il s'agit d'un choix conscient au préalable.

Dans tous les cas la remise en question du modèle mono est légitime, mais, du coup, déstabilisant. En même temps, je n'ai pas connu de relation stable en ce qu'elle est définitive, il faut toujours bosser pour rester ensemble, et parfois effectivement il y a des gros événements qui ébranlent les certitudes.

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bonheur

le vendredi 21 avril 2017 à 11h19

Ce n'est en effet pas un désaccord mais le fait que je ne me reconnaisse pas. Pour la femme à Brigant01, ça sonne plutôt comme une révélation, une découverte.

Cette remise en question sera d'autant plus difficile, car la situation de départ n'envisageait pas, justement, une telle perturbation.Il faut déjà faire son deuil de la situation initiale et ce qu'elle engendrait de satisfactions. Si on interroge mon mari a ce sujet, il indiquera qu'il préférait avant (la situation lui convenait), mais que je suis plus heureuse maintenant, plus vivante (la situation me convient mieux). Il convient que finalement, l'entité que nous formons s'en sort unie et que sans sa compersion, notre couple aurait éclaté depuis déjà quelques années... et ça, ça nous convient à tous les deux.

Ce fil de discussion est destiné à apporter à Brigant01, alors si cela lui apporte, ces différents points de vue, alors c'est nickel !

J'ajouterai tout de même que maintenant que je vis à coeur ouvert, maintenant que j'ai déconstruit et reconstruit, aucun retour en arrière envisagé. Je continue à évoluer, à me questionner, me positionner, mais pas dans un retour en arrière.

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homme_partit

le vendredi 21 avril 2017 à 13h13

Bonjour.

bonheur
Pour la femme à Brigant01, ça sonne plutôt comme une révélation, une découverte.

La découverte est pour les deux, mais avec des ressentis différents.

bonheur
Cette remise en question sera d'autant plus difficile, car la situation de départ n'envisageait pas, justement, une telle perturbation.Il faut déjà faire son deuil de la situation initiale et ce qu'elle engendrait de satisfactions.

Du côté du mono, le deuil à faire sera soit vers l'acceptation, soit vers la séparation. Du côté poly, le but est de déconstruire le couple d'avant pour le rebâtir différemment.

bonheur
Si on interroge mon mari a ce sujet, il indiquera qu'il préférait avant (la situation lui convenait), mais que je suis plus heureuse maintenant, plus vivante (la situation me convient mieux). Il convient que finalement, l'entité que nous formons s'en sort unie et que sans sa compersion, notre couple aurait éclaté depuis déjà quelques années... et ça, ça nous convient à tous les deux.

A lire ceci, j'aurai tendance à dire que ton bonheur s'est construit sur celui de ton mari et non avec, c'est juste mon analyse, pas un jugement.
Maintenant, si cela vous convient, si chacun trouve le vrai bonheur et la sérénité dans cette relation, je vous souhaite que cela dure.

bonheur
J'ajouterai tout de même que maintenant que je vis à coeur ouvert, maintenant que j'ai déconstruit et reconstruit, aucun retour en arrière envisagé. Je continue à évoluer, à me questionner, me positionner, mais pas dans un retour en arrière.

Et si un jour ton mari te demande de revenir mono, qu'il a assez vécu ton poly pour avoir droit à cela, que répondrais-tu?

Si le poly est une forme de vie intéressante et tentante, je pense que c'est la manière d'y arriver qui est le plus destructeur.
Aujourd'hui avec le recul que j'ai, à lire, à découvrir, à comprendre le poly, même si ce n'est pas pour tout le monde, il est possible que mon mariage n'aurait pas explosé avec de la patience et de l'honnêteté.
Lorsque la question du poly est abordée alors que l'autre relation est déjà en place, il est difficile de débattre d'une évolution imposée.

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bonheur

le vendredi 21 avril 2017 à 13h42

homme_partit
A lire ceci, j'aurai tendance à dire que ton bonheur s'est construit sur celui de ton mari et non avec, c'est juste mon analyse, pas un jugement.
Maintenant, si cela vous convient, si chacun trouve le vrai bonheur et la sérénité dans cette relation, je vous souhaite que cela dure.

Je dirai plutôt que nous avons chacun reconstruit de notre côté en concertation. Quand je parle de dynamique commune, cela n'implique pas que l'évolution se fera de la même façon que l'autre, au contraire. Il y a eu une désolidarisation mais on a toujours fait bloc. Je dirai plutôt dans notre cas que c'est mon mari qui a construit son bonheur à partir du mien.

homme_partit
Et si un jour ton mari te demande de revenir mono, qu'il a assez vécu ton poly pour avoir droit à cela, que répondrais-tu?

C'est arrivé une fois. Mon "non" a été catégorique et depuis, la question n'a plus été abordé. Après, cela fait plusieurs mois que je n'ai aucune autre relation que celle de notre couple. Donc la situation peut s'imposer d'elle-même.

homme_partit
Lorsque la question du poly est abordée alors que l'autre relation est déjà en place, il est difficile de débattre d'une évolution imposée.

Je suis entièrement d'accord sur ce point. La justesse du moment où l'on doit indiquer "attention" est important. Il y a une différence entre dire "je suis amoureuse et je tiens à créer un lien en dehors de notre couple" et dire "j'entretiens depuis un certain temps une relation amoureuse en dehors de notre couple, et il faudra faire avec". Evidemment, la création d'une dynamique commune sera compromise, ou du moins nettement plus difficile, dans le second cas.

Dans notre couple, la notion de sacrifice n'a eu qu'une courte période d'existence. Mon mari se réalise aujourd'hui dans de nouvelles passions (je participe à ma façon) et je l'y encourage sans trop m'en mêler. D'ailleurs, l'une de ses principale nouvelle passion m'a amené à faire récemment une sublime rencontre. Comme quoi...

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brigant01

le vendredi 21 avril 2017 à 14h22

Bonjour à tous,

merci pour vos différents retours.

Et oui "Bonheur", tout cela m'apporte de nombreux points de vue très intéressant et m'aide à me faire le mien... :-)

Il va m'être difficile de revenir sur tout ce qui a été dit, mais oui, "homme_partit", tu as raison chaque histoire est unique, et non on ne peut pas tout accepter par amour, même s'il est immense.

Après en vous lisant, je pense que la seule solution peut venir d'un équilibre, d'une forme de réciprocité.
Ma femme est dans une phase de transition, à laquelle je n'étais pas préparé....
Si elle veut avancer, et que je décide de la laisser faire, il y a forcément un côté sacrifice 'transitoire' de ma part, mais qui ne pourra pas durer.
Je ne peux pas m'oublier.

"Jvalin" , tu touches un point qui me semble aussi essentiel dans cette phase que je traverse : le courage.
Il va m'en falloir beaucoup, et je pense que c'est cela qui me permettra de traverser tout cela.

Mais si je fais tout cela, c'est aussi pour ma famille et mes enfants, pour éviter que tout n'explose (une fois encore, mon histoire de vie m'impacte fortement et me pousse à vouloir préserver ce schéma familial.)

Mais je ne peux pas m'oublier
Un gros travail sur moi m'attend pour trouver ce que je veux.
Il faut que je me cherche en moi et que je me redéfinisse, et il va falloir que ma femme accepte ce que je trouverai.... et que nous réussissions à trouver un équilibre qui nous permettre de nous épanouir chacun de notre côté et ensemble

Un long chemin s'annonce...

Bien chaleureusement

Brigant

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Jvalin (invité)

le vendredi 21 avril 2017 à 14h49

Encore une fois je me reconnais dans ce que tu dis et je pense que tu es sur la bonne voie. Ne lâche rien.

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bonheur

le vendredi 21 avril 2017 à 15h08

Heureuse de te lire Brigant,

J'ignore si ça peut aider ton couple dans son évolution et dans votre recherche de bonheur individuel comme commun. Voici le passage d'un livre que je termine. Le titre "petit traité de vie intérieure" l'auteur Frédéric Lenoir (pages 167 à 170 épilogue)

"Au terme de ce parcours philosophique et spirituel, loin de conclure, je voudrais apporter quelques précisions qui me semblent essentielles quant au bonheur. En voulant montrer que le bonheur relève de la vie intérieure et du travail sur soi bien plus que des biens extérieurs, on pourrait penser que je soutien qu'être heureux est le fruit d'un long effort de connaissance de soi, de purification des passions et d'acquisition des vertus. Cela est à la fois vrai et faux. Faux, parce que le bonheur relève d'abord et avant tout des dispositions naturelles de chacun. Un dérèglement hormonal peut rendre le bonheur presque inaccessible et un tempérament optimiste et enjoué dispose à être heureux bien mieux que toute quête de sagesse. C'est ce qu'exprime fort bien Arthur Schopenhauer dans ses Aphorismes sur la sagesse dans la vie "Notre bonheur dépend de ce nous sommes, de notre individualité, alors qu'en général on ne tient compte que de ce nous avons ou de ce que nous représentons. Mais le sort peut s'améliorer, et celui qui possède la richesse intérieure ne lui réclamera pas grand-chose ; mais un benêt reste un benêt et un lourdaud reste un lourdaud pour l'éternité, fussent-ils entourés de houris au paradis. C'est pourquoi le bonheur suprême est la personnalité" dit Goethe [...]. Car la chose essentielle pour le bien-être de l'individu est manifestement ce qui se passe à l'intérieur de lui-même. C'est là, en effet, que réside son bien-être ou son malaise qui est le résultat de ce qu'il ressent, veut, pense. Avec le même environnement, chacun vit dans un autre monde ; les mêmes évènements du dehors affectent chacun fort différemment" Certains individus ont la chance de naître avec dispositions qui les rendront beaucoup plus aptes au bonheur que d'autres. C'est d'ailleurs ce que dit explicitement l'étymologie grecque du mot bonheur (eudaimonia) : "avoir un bon daîmon", ce qu'on traduirait en termes contemporains par "avoir une bonne étoile". Vrai, cependant, parce que pour ceux qui ont un tempérament moins disposé au bonheur ou qui ont eu un vécu douloureux dans l'enfance, le travail sur soi permet de guérir des blessures et de comprendre certaines clés de sagesse qui aident à vivre. C'est ce que j'ai expliqué par rapport à mon propre parcours : j'ai un tempérament plutôt heureux, mais le bonheur m'a été longtemps difficilement accessible du fait de certaines blessures douloureuses. Un travail philosophique, psychologique et spirituel m'a aidé à me connaître, à comprendre mes difficultés et à les résoudre en grande partie. comme je le disais dans le prologue de ce livre, ma vie est aujourd'hui plus harmonieuse que dans le passé grâce à cette quête de sagesse. Mais cette quête me paraît aussi utile à tous, quelle que soit notre sensibilité, parce que la connaissance et la maîtrise de soi, la relation juste et aimante aux autres, permettent d'accéder à une sérénité plus stable et plus durable que la simple émotion passagère. Le bonheur, en effet, est une chose fragile, jamais définitivement acquise, qu'un rien peut troubler alors même qu'on se pense parfaitement heureux. La sagesse permet de mieux résister aux aléas de la vie. Elle nous aide à savourer pleinement les moments heureux et à ne jamais désespérer dans les moments douloureux. Elle nous apprend à accepter la vie comme elle se présente, avec son lot de joie et de tristesse, en essayant de faire reculer le malheur autant que faire se peut. Elle nous permet d'accompagner le mouvement permanent de l'existence avec souplesse et attention. Elle nous fait comprendre que nous ne pouvons être en paix sans les autres, sans vouloir aussi le bonheur des autres. En cela, elle nous aidera toujours à vivre mieux, que l'on soit par nature peu ou bien disposé au bonheur. J'ajouterai pour finir une chose importante, une chose que je n'ai peut-être pas assez soulignée dans ce petit traité. Comme le dit Spinoza dans son Ethique, il y a dans l'essence même de la vie et de l'être une joie profonde. La joie est là et il nous faut apprendre à la voir, à l'accueillir, à la laisser émerger. Le travail psychologique ou philosophique permet d'éliminer les obstacles qui l'empêchent bien souvent de jaillir. C'est parce qu'on aura goûté à cette joie, ne serait-ce que de manière fugace, que l'on envisagera véritablement dans la quête du vrai, du bien, du beau. Et c'est parce qu'on y goûtera de plus en plus, que cette quête de sagesse ne cessera de grandir. De la même manière que c'est parce qu'on a goûté à l'amour que l'on apprendra à aimer, c'est parce qu'on a goûté à la béatitude que l'on souhaitera progresser dans la vertu. C'est la joie qui mène au renoncement et non l'inverse."

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bonheur

le vendredi 21 avril 2017 à 15h16

Je dirai que pour être polyacceptant il faut trouver en effet le courage de vivre aussi pour soi et de trouver son bonheur à soi. Cela ne veut pas indiquer que les autres ne peuvent bénéficier de notre propre avancée. Il y a tellement à partager, tout en avançant soi-même. Une remise en question est le moment idéal pour se trouver et s'accomplir individuellement. Enfin, c'est ce que je pense. Notre bonheur est en nous et en personne d'autre. Notre nature a son mot à dire, ne pas taire cette dernière pour des normes ou des conventions ou des acquisitions matérielles.

Se trouver avant toute chose. Plus qu'être polyaffective, j'ai fait un ménage complet dans ma vie. Tout d'abord j'ai simplifié ma vie professionnelle et au diable la perte de gain. Mon mari a fait de même, d'ailleurs. Nous acceptons l'autre sans vouloir désormais le déformer. Je veux dire, à partir d'un moment de la vie pénible à traverser, on peut et je dirais on doit, se chercher de nouveau (intérieurement).

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Rose claire (invité)

le vendredi 21 avril 2017 à 17h36

Bonheur, à la question d' homme partit sur une demande de ton mari à revenir sur un schéma de mono, ta réponse négative ne lui donnait pas beaucoup de possibilités.
Tu n'as pas eu peur qu'il te quitte?

Ton homme est il du genre soumis?

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homme_partit

le vendredi 21 avril 2017 à 18h13

brigant01
Mais si je fais tout cela, c'est aussi pour ma famille et mes enfants, pour éviter que tout n'explose (une fois encore, mon histoire de vie m'impacte fortement et me pousse à vouloir préserver ce schéma familial.)

Ce schéma familial est ton dernier repère et chercher à le conserver, avec le contexte actuel, est une illusion énergivore qui te bouffera.

brigant01
non on ne peut pas tout accepter par amour, même s'il est immense.

Comme quoi l'amour peut faire souffrir.

brigant01
Un gros travail sur moi m'attend pour trouver ce que je veux.

Cela signifie t-il que jusque là tu ne savais pas ou c'est l'évolution de ta femme qui induit cette question?

brigan01
Après en vous lisant, je pense que la seule solution peut venir d'un équilibre, d'une forme de réciprocité.

Trouver un équilibre, je suis d'accord. Mais si la réciprocité demande à ce que tu ais une autre relation, pour un mono cela n'aura pas le même impact et le même objectif que pour un poly. Pour ce dernier, une autre histoire ne doit pas mettre le couple en péril, contrairement à un mono pour lequel une liaison engendrera un choix à venir.
Mais cela n'est que ma réflexion.

brigan01
Ma femme est dans une phase de transition, à laquelle je n'étais pas préparé....
Si elle veut avancer, et que je décide de la laisser faire, il y a forcément un côté sacrifice 'transitoire' de ma part, mais qui ne pourra pas durer.
Je ne peux pas m'oublier.

Il n'y a pas que ta femme qui soit dans une telle phase, tu l'es également.
Décider de la laisser faire, mais as-tu le choix?
Le côté sacrifice est un sentiment qui, effectivement, ne doit pas durer. Mais la question est de savoir comment s'y prendre pour l'éliminer.

Je vais me répéter, mais il est possible que ta femme ne soit pas poly mais ait juste un coup de coeur pour cet homme, ce qui, à mon sens, changerait la donne

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