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Deuil & polyamour

Engagement
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PolyWhyNot

le jeudi 18 mai 2017 à 23h06

Bonjour à toutes et tous,

Étrange fil que je lance mais sait-on jamais, parmi vous peut-être quelqu'un a pu vivre ce que je vis actuellement.

J'ai croisé la route il y a plus de 20 ans d'un polyamoureux qui s'ignorait. Bon en même temps, il croisait la route d'une bi qui se croyait hétéro. Un point partout... On a réussi ensemble à construire nos identités sentimentales et sexuelles avec complicité et bienveillance. Une vraie chance !

On dit que la vie sépare parfois ceux qui s'aiment... hélas, la maladie l'a lâchement emporté l'été dernier. Or à présent je souhaite me reconstruire et continuer...

Penser "poly" & "amour inconditionnel" ce n'est pas un dilemme au fond car très vite après sa disparition, j'ai ressenti le besoin de continuer sur cette voie singulière qui a été nôtre sur les 15 dernières années. Vivre une ou des relations en toute sincérité et pouvoir être moi-même, tout comme être heureuse de voir mon/ma/mes partenaire(s) l'être eux-mêmes... c'est à mon sens devenu indispensable.

Il y a donc ce besoin de continuer à penser et vivre plusieurs amours. C'est pour moi une part d'engagement clair et sans condition. En clair, je ne veux pas faire le deuil de l'amour inconditionnel.

Là où ça se complique c'est qu'à deux avec le même feeling sur ce sujet, c'était si facile d'en parler, de l'imaginer possible et de le vivre.

A présent, seule, je cherche des pistes.
Comment reprendre la route ?
Comment ne pas être tentée de "comparer" cette ancienne relation inconditionnelle et les "limitations" des rencontres présentes et futures ?
Plutôt seule qu'avec un/e non poly ?!!

J'ai le temps de trouver ces pistes car je ne crois pas à un temps du deuil "moyen"... il est propre à chacun/e.

Mais pour celles ou ceux qui ont connu cette situation, vos retours m'intéressent et je serais ravie de vous lire.

Amicalement ;)

Message modifié par son auteur il y a 3 jours.

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Acajou

le jeudi 18 mai 2017 à 23h51

Moi personnellement il y a des relations dont je n'ai jamais fait le deuil complètement, pourtant ça fait des années. Et je pense que je ne le ferais jamais. Sinon ça serait faire le deuil de mes valeurs.C'est dur, parce qu'il y a l'isolement, le silence. Mais ce qui me rassure c'est de me dire que l'amour et le lien entre ces personnes est toujours là dans mon coeur. Il y a aussi un peu de rancoeur envers celleux qui ont bien raté. Ce qui me permet d'avoir un peu d'indifférence quand il faut, histoire que le lien que je maintiens ne me domine pas pour autant.

Et les nouvelles personnes que je rencontre ne parasitent pas cela, puisqu'il y a de la place pour tout le monde dans mon coeur. Sauf celleux qui ne sont pas trop sages, je remets un peu d'ordre dans tout ça quand ça chahute un peu trop.

Message modifié par son auteur il y a 5 jours.

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bonheur

le vendredi 19 mai 2017 à 13h27

Je crois, PolyWhyNot, que nous avons des émotions et ressentis assez proche. D'abord cette petite phrase découverte dans ton profil "faire rire l'instant pour te rejoindre là où tu es". J'ai fait mes derniers adieux à un homme que j'aimais avec une image humoristique et cette petite phrase qui l'accompagnait si bien. De son côté, son mot d'adieu fut "merci d'avoir traversé ma vie". L'inconditionnel en amour est plus que réel à mes yeux, à mon coeur... ce qui a été gravé le restera à jamais.

Pour moi, faire le deuil, c'est cela. On n'a plus de moments communs mais le passé et les souvenirs me permettent de conserver l'amour au fond de moi. Donc, non, je ne tourne pas la page et je n'oublie pas. Aussi, je fais la part belle à ce que j'ai partagé avec eux de beau, de merveilleux. Les raisons des adieux, je les garde à l'esprit afin de ne pas réitérer les mêmes schémas, mais dans ton cas PWN, il n'est pas question de cela.

Comme Acajou, je ne connais pas non plus de parasitages, je dirai plutôt du soutien. Dire qu'il y a un délai pour un deuil, c'est idiot, il faut laisser le temps au temps. Personnellement, je vis plutôt bien sur le moment, enfin mieux que ce que l'on pourrait attendre d'une HPE, et c'est des mois après (voir un an après) que j'ai un contre-coup inattendu. J'ai fait ce constat plusieurs fois.

Il faut dire que je ne considère pas les émotions désagréables comme mauvaises et je leur laisse libre court pour s'exprimer. Pour moi, toutes émotions a sa pertinence et sa raison d'être. Je dirai que la nostalgie également.

Courage à toi PWN, beau cheminement à venir :-)

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PolyWhyNot

le vendredi 19 mai 2017 à 22h23

Merci Acajou pour ta réponse.

Oui le deuil ne touche pas seulement les veufs et veuves mais bel et bien tous ceux atteints par les accidents de la vie ou une séparation.

Pour ma part le silence est lourd quand du vivant de mon alter ego, nous communiquions autant - en laissant de côté le futile - et en toute liberté. Ne plus pouvoir lui parler, ni lui demander sa vision des choses... c'est compliqué parfois à accepter.

Je crois intimement que les liens de coeur sont une réalité malgré la mort. Dans les moments difficiles, cet amour me porte et m'encourage à passer les mauvais cap. Il y aura toujours une place pour Lui, même décédé. Je crois également à la capacité d'ouvrir nos coeurs à plusieurs personnes qui nous sont chères (ce qui est déjà le cas, même si ce sont des amours platoniques).

Je suis patiente... par contre quand ça bouscule un peu ... difficile de le vivre avec indifférence - j'en suis bien incapable je crois ;)

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loumalive

le vendredi 19 mai 2017 à 22h29

Bonjour,
Je n'ai pas vécu une expérience similaire, mais vais tout de même essayer de développer un peu..

Sans doute que forcément, 15 ans de vie à 2, de relation intense, de découvertes, de chemins de traverse sentimentaux, c'est tout un univers, c'est tant de moments...

Mais chaque vie est singulière, chaque relation l'est aussi. Il faut sans doute essayer de s'en laisser vivre d'autres, pour ce qu'elles sont, juste pour ce qu'elles sont. Leur permettre d'exister avec leur équilibre propre, leur richesse et ce qu'elles peuvent apporter sans chercher à comparer, laisser s'établir leur petite musique interne, forcément unique pour chacune d'entre elle.

Et comme toute relation, chacune prendra sa couleur, sa tonalité, qui se posera à côté de celle(s) déjà vécue(s).

C'est un peu la base des relation polys non? C'est aussi ce qui en fait la richesse, enfin pour moi. Si, dans nos relations polys, nous commencions à les comparer les unes aux autres, je ne suis pas sûr que ce soit très sain et constructif pour chacune d'entre elle.

Il n'est pas question d'oublier l'aventure qui a été vécue, mais de s'autoriser à aussi en vivre d'autres, différentes, plus ou moins riches, plus ou moins fortes selon ce qui t'attire chez chacun, qui viendront chacune apporter leur touche à ta vie...

Sans doute, il est des expériences que l'on oublie jamais, mais ça n'empêche en rien d'en vivre d'autres...
Il faut juste sans doute être suffisamment au clair dans sa tête pour ne pas mélanger les expériences, rester ouvert à vivre quelque chose de différent, tout en étant riche de l'expérience vécue.

Si période de deuil il doit y avoir, c'est sans doute quand on peut arriver à faire cela sainement non?
Parce qu'autrement, le deuil, complètement d'accord, c'est pas on/off, c'est une longue période d'acclimatation, mais pendant laquelle on doit aussi vivre...
Je ne sais pas si ces réflexions en roue libre peuvent t'aider... Je l'espère...
Bon courage à toi

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PolyWhyNot

le vendredi 19 mai 2017 à 22h50

Bonheur,

C'est joli de parler au bonheur en direct en fait - cette image me fait sourire :D

Allez je reviens à mes moutons.
Rire de l'instant, de la vie, de tout et même de la maladie, c'est ce qui nous a porté au fil des jours. Avant de partir, il m'a fait promettre de continuer à rire et aimer - je me suis exécutée bien sûr - même si aimer pour le moment me paraît assez abstrait... enfin pas n'importe comment - être à la fois exigeante tout en gardant ma capacité à la tolérance et à vivre mes amours de façon inconditionnelle.

100% d'accord pour garder le meilleur et ne pas céder à l'amertume. Ne pas idéaliser mais voir le verre plus qu'à moitié plein en ayant conscience de cette chance d'avoir croisé sa route.

Je pensais m'effondrer et pourtant j'ai tenu le choc (j'en suis la première étonnée). Il y a des bas bien sûr... des humeurs sombres qui s'expliquent en découvrant les dates du calendrier. Des contre-coups, il y en a donc eu quelques uns. Pourtant, comme toi, je laisse vivre et venir ces émotions. Elles sont nécessaires pour me sentir vivante au fond.

Un grand merci pour tes mots et tes encouragements ;)

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PolyWhyNot

le vendredi 19 mai 2017 à 23h35

Loumalive,

Merci pour l'ouverture de tes réflexions et tes encouragements pour avancer. Ça colle bien à ce que j'envisage, malgré ces doutes exprimés.

C'est plus une peur de tomber dans cet écueil qu'autre chose. Et clairement j'ai conscience que chaque relation est ou sera unique. C'est logique, mais est-on toujours 100% logiques ? Ce qui me rassure cependant, c'est que depuis cette perte, je n'ai pas eu ce réflexe de faire de comparaison quand j'ai pu croiser une belle personne. Même si pour le moment m'avancer vers l'autre m'est plutôt difficile.

Tu as raison en tous cas sur cette nécessité d'être suffisamment au clair. Pour le moment, j'ai réussi à vivre et à prendre plaisir à ce que la vie apporte malgré le deuil. Et ouf ça n'a pas été On/Off ! :-D

Message modifié par son auteur il y a 4 jours.

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bonheur

le samedi 20 mai 2017 à 08h57

Peut être PWN es-tu comme moi ? Phase d'introspection. J'ai des difficultés à me lier de nouveau... comme s'il me manquait quelque chose pour être en assurance avec cela. Loumalive parle de période d'acclimatation, en est-ce une ? Peut-être !

Revenir, recentrer sur soi avant de pouvoir continuer à avancer vers autrui. Cet autrui, enfin "ces autruis" existent, ils sont déjà en moi, bien ancré, mais je fais de l'apprivoisement à long terme désormais et c'est peu inhabituel alors sans doute je parais bizarre (ou pas). L'avantage, c'est de s'autoriser à se délecter de la découverte d'autrui, même s'il ne fait pas partie du quotidien comme on pourrait l'espérer.

Je me sens comme dans une sorte de mini-létargie mais suffisante pour rester dans une zone de "je ressens mais je ne vis pas". Peut-être PWN es-tu aussi dans un ressenti fort et profond mais tu ne décides pas de la vie qui pourrait y être associée. Le hic, c'est le pourquoi ? Si c'est la le questionnement, alors j'en suis aussi !

Message modifié par son auteur il y a 3 jours.

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PolyWhyNot

le samedi 20 mai 2017 à 10h26

bonheur

Je me sens comme dans une sorte de mini-létargie mais suffisante pour rester dans une zone de "je ressens mais je ne vis pas". Peut-être PWN es-tu aussi dans un ressenti fort et profond mais tu ne décides pas de la vie qui pourrait y être associée. Le hic, c'est le pourquoi ? Si c'est la le questionnement, alors j'en suis aussi !

C'est carrément ça ! Je vis, je suis active, j'ai même des engagements qui me portent toujours et m'ont permis de me relever rapidement. Je ressens, oui mais, il y a ce mur invisible qui me retient. Décider de vivre pleinement les choses j'aimerais.

Il n'y a pas que le deuil, je crois que plusieurs aspects rentrent en compte.

- j'ai envie d'assumer plus ouvertement cette voie et autour de moi peu la connaissent. En tous cas suffisamment de très proches l'ont découvert pour en parler à présent facilement ensemble - d'ailleurs je sens qu'une amie a bien envie de m'accompagner à un prochain café poly ;)

- Il y a aussi cette part non-négligeable d'exigence en matière de clarté et de confiance que je ne souhaite pas mettre de côté.

- Peut-être également la crainte de perdre de nouveau ceux/celles que je vais aimer dans des circonstances qui ont été difficiles. Mais il n'y a pas de bulle possible... la vie est changement. Je le sais mais ... le coeur ça se brise, ca se fendille... pas envie de pansement mais ok pour considérer le recentrage comme une phase clé.

Il y a une certaine impatience à faire tomber ce mur car je suis la même avec mes désirs et mon amour inconditionnel au coeur.

Merci en tous cas pour ces pistes qui me confortent.

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bonheur

le samedi 20 mai 2017 à 15h19

Merci à toi PWN, pour m'avoir permis cette réflexion personnelle. Ca me conforte aussi d'ailleurs. J'aimerai aussi faire effondrer ce mur, je laisse le temps faire son oeuvre. J'ai eu des problèmes autres et je suppose que l'effet accumulation fait son effet. D'une certaine façon, tu me revigores. Il faut se dire que nous sommes vivantes et que c'est à nous de nous bouger, de sortir (dès que possible) de cette mini-léthargie car personne ne peut le faire à notre place.

L'amour, plus on le vit, plus on en souffrira, c'est inévitable. Et oui, sans doute cette crainte l'ai-je également. Certainement. L'apprivoisement est la seule solution que j'ai trouvée pour y faire face et également ne pas me renier. Moi aussi, la clarté, la connivence, la transparence, la sincérité, etc, sont des facteurs indispensables.

Pour ce qui est de mon entourage, il y a longtemps que de mon côté j'ai fait un tri suffisamment pertinent pour ne pas avoir à vivre de façon trop compartimenté. Par contre, en tant que femme mariée, j'ai cette étiquette qui me colle beaucoup trop à la peau. Aléas que je n'aurai pas pu prévoir en 1989, lors de cet acte.

Le parfait n'est pas de ce monde :-)

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Acajou

le samedi 20 mai 2017 à 19h19

Il y a aussi le facteur temps. Comme dit Ioumalive, 15 ans de vie à deux ça met bien plus qu'un an à décanter. Pour te dire moi même pour une relation d'un an, 5 ans après j'avais encore du mal (une relation qui m'a bien retourné la tête mais bon quand même), et même encore aujourd'hui, plus de 7 ans ça va mais je considère que ce n'est pas entièrement réglé. Mais ça va, dans le sens où ça ne pose pas de problèmes avec les relations futures.

Et encore ce ne sont pas forcément des deuils, ce sont des ruptures, mais qui sonnent comme un deuil pour moi.
Ce qui m'a aidé c'est d'arriver à verbaliser mes ressentis par rapport à cette absence, et les mécanismes que j'ai mis en place, tout un tas de pensées qui me font dire que ces personnes sont encore là.

Pour les personnes qui sont réellement décédées je me dis que j'ai fait de mon mieux, et qu'à l'époque je n'avais pas pu faire mieux pour envisager l'après, de leur vivant, j'étais trop jeune par exemple.

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PolyWhyNot

le dimanche 21 mai 2017 à 00h49

Bonheur...

Oui tu as raison : personne ne peut le faire à notre place ! Je me bouge et ne manque pas de sorties en fait - la musique tient une grande place pour avancer et me booster habituellement et d'autant plus durant cette période. Bon il y a ce mur - ou cette "rivière" - j'aime bien la symbolique : s'y pencher puis y plonger un pied... puis deux et s'immerger pour ensuite se laisser porter par le courant. Lâcher-prise... un jour !

Sinon heureusement pas de perfection en la matière car sinon ce serait d'un tel ennui.
On vit donc on éprouve... On aime et ça n'a pas de prix. Parfois des routes se séparent, c'est difficile, ça nous semble insurmontable et on découvre que l'on a tous une capacité à rebondir - si on y croit bien sûr.

J'ai eu souvent l'impression qu'il n'y a pas de hasards dans nos rencontres et qu'elles modifient nos aiguillages. Est-ce que le recul que j'aurai dans quelques années me donnera raison sur cette épreuve plutôt indigeste ?...

Acajou...

Un décès ou une rupture amoureuse ont bien comme point commun d'être des deuils à surmonter. Le temps que met chacun à avancer, c'est différent selon les personnes non ? Mais oui le temps fait son oeuvre et c'est plus ou moins long lorsque l'on regarde autour de nous.

Personnellement, j'ai toujours eu le besoin d'un accompagnement dans des phases difficiles, pas pour "accélérer" les choses, mais plus pour avoir un regard extérieur afin de comprendre des ressentis et des pensées pas toujours faciles à comprendre et gérer. Je ne sais vraiment pas combien de temps je mettrai.

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Et sinon, durant cette phase singulière je lis.... et envie de partager deux ouvrages qui m'apportent beaucoup :

- "Sortir du deuil - Surmonter son chagrin et réapprendre à vivre" d'Anne Ancelin Schützenberger et Évelyne Bissone Jeufroy (ce livre parle très bien du temps du deuil avec une grande "ouverture" sur la question)

- "Le deuil du conjoint, De l'ombre à la lumière" d'Anne Liu
Un peu plus spécifique car il aborde la maladie. Mais il propose plusieurs pistes intéressantes pour avancer.

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bonheur

le dimanche 21 mai 2017 à 11h46

Tout à fait d'accord avec PWN et je ne dirai pas mieux. L'eau n'est pas mon élément, je serai plutôt une fille de l'air, style saut en parachute, en chute libre ou manège à sensation, à fond le visage au vent la tête dans tous les sens... disons qu'actuellement je suis plutôt en mode planeur. :-) (je dis ça, c'est pour me détendre, me retrouver, me rassurer, j'ai toujours aimé les sensations fortes)

Question livre, sur le sujet, il existe "la rupture pour vivre" de Simone Barbaras et un incontournable pour tout ceux-celles qui se prennent en main "le psy de poche - nous disposons tous des ressources nécessaires pour donner un sens à notre existence" de Susanna Mc Mahon. Ce sont les deux qui me viennent à l'esprit mais d'autres auteurs abordent le sujet du deuil.

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PolyWhyNot

le dimanche 21 mai 2017 à 13h16

Merci Bonheur ;)

Pour les références > pas lus ceux que tu proposes. Merci !

Sinon par les airs, l'eau, la terre ferme... chacun y trouve l'élément qui lui convient pour avancer.
On se tient au courant de nos avancées alors ? :)

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bonheur

le dimanche 21 mai 2017 à 13h50

Je ne connaissais pas non plus les ouvrages que tu proposes.

Oui, mon élément est l'air, sans contestation possible (malgré des problèmes récents de conduits auditifs : acouphène et hyperacousie) ainsi qu'un chamboulement de l'oreille interne. Je n'ai pas refais de sensation forte depuis l'apparition de mes problèmes alors j'ignore si je pourrai encore désormais prendre "mon pied" en ce type de situation que j'aimais tellement. En mettant des protections, je peux encore participer à des concerts ou autres manifestions "bruyantes".

Je t'envoie un mp pour que tu es mes coordonnées perso, car oui, se tenir informé et échangé me parait bénéfique.

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loumalive

le dimanche 21 mai 2017 à 14h51

J'aime beaucoup ce qui s'échange sur ce fil, à travers ton questionnement, il met en lumière de belle manière des choses qui touchent pas mal de monde me semble-t-il, merci à toi, PolyWhyNot de l'avoir suscité!!!
Pour ce qui est du deuil et de la manière de l'intégrer à soi, je crois qu'il peut y avoir deux tendances opposées. L'une est de rester dans la nostalgie de ce qui a été vécu, de chercher à le reproduire sans cesse, à le revivre à l'identique, à mon sens c'est dangereux, car c'est impossible avec un autre et ce serait aussi s'empêcher de voir ce qui est différent, s'interdire de s'ouvrir aux singularités et richesses de ce nouvel autre... On raterait quelque chose et serait de toute façon déçu de la copie... ça me semble sans issue.
L'autre manière, est de porter en soi, de faire vivre, ce que l'autre disparu nous a permis d'être, fait découvrir. Ainsi, c'est faire continuer à faire vivre cet autre, faire persister ce qu'il était et ce qui s'est vécu avec lui. Les nouvelles relations, les nouveaux instants viendront s'entrelaçer avec ce beau passé, le nourrissant aussi et peu à peu une nouvelle vie peut se construire dans la continuité, pour peu que l'on respecte ce que l'on est profondément et ce que l'autre disparu nous a apporté.
C'est comme des touches de couleurs que l'on ajoute peu à peu, l'une fait ressortir l'autre, ne l'efface pas mais au contraire s'y ajoute, la mettant en valeur et composant peu à peu le tableau de ce que l'on est.
Bien sûr, il y a toujours un risque que les nouvelles couleurs n'aillent pas, que quand une très belle partie du tableau s'est composée, on n'ose plus y ajouter quelque chose, de peur de rompre le charme, d'en casser l'équilibre. Mais ça peut aussi être dans la continuité, s'ajouter à côté, donner une perspective qui n'existait pas...

Bien sûr il y a le risque d'être déçu...
Bien sur la pluralité n'est pas facile à faire comprendre et accepter dans ce monde corseté dans ses conventions...
Bien sûr chacun n'est pas au même stade de maturité dans la manière d'être en relation...
Bien sûr il existe des gens toxiques....

Mais malgré tout, chacun porte un potentiel de bonheur qui ne demande qu'à trouver la lumière, à chacun de lui faire un chemin...
Mais malgré tout, chacun peut encore vivre de belles histoires, impossible à deviner, et prévoir, et heureusement...
Mais malgré tout, de nombreux gens cherchent, creusent, se questionnent, sinon ce site n'existerait pas, et de nombreux livres n'auraient pas été écrits...
Mais malgré tout, il y a chez certains de si beaux univers, si insoupçonnés si on est reste éloigné...
Mais malgré tout, on a tous besoin de de continuer à vivre, découvrir, s'épanouir...

C'est pour tout ça que l'autre rive fait envie!!!
Alors oui bien sûr, l'eau est froide...
Alors oui bien sûr ça paraît tout noir au milieu...
Alors oui bien sûr, il y a le courant, des remous, des tourbillons dans l'eau...
Alors oui bien sûr, il semble y avoir des rochers...

Mais bon, enlevons chaussures et chaussettes carapaces, trempons les pieds sur le bord, prenons le temps de se rassurer, l'eau n'est pas si froide, ni si dangereuse, il y a des gués, il suffit de prendre le temps de les trouver !!

Et chacun son rythme, chacun son temps, mais essayons de rencontrer, encore et encore, sans pression, sans attente démesurée, mais ouverts à ce qu'est l'autre. Parce que seuls les autres peuvent nous montrer comment est leur soleil, et nous aider à inventer le nôtre...

Mais bien sûr, c'est un long chemin, mais il n'appartient qu'à nous de le rendre beau, captivant et enrichissant!!!

Bonne balade à toi, je t'espère cette vie à venir positive et épanouie !!!

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bonheur

le dimanche 21 mai 2017 à 17h46

Je te rejoins loumalive sur les deux façons de gérer le souvenir et la nostalgie. Il y a cette troisième manière que l'on m'a trop souvent conseillé et qui ne me convient pas. J'ai trop souvent entendu "tourne la page" "oublie le", etc. J'ignore à qui cela convient mais rien que pour ça, oui, PWN aborde le sujet d'une façon qui me permet de me reconnaitre et de me retrouver... et sans doute pas que moi.

Se contenter de planer au lieu des sauts de l'extrême, ça a du bon aussi.

loumalive
Parce que seuls les autres peuvent nous montrer comment est leur soleil, et nous aider à inventer le nôtre...

Oh que oui !

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PolyWhyNot

le lundi 22 mai 2017 à 19h30

Loumalive,

Quand je pense que j’ai failli tout effacer de peur d’être hors propos… Finalement il faut bien se lancer !

Côté tendances opposées, j’ai la chance de basculer du côté qui me semble le plus équilibré. D’avoir pu vivre une histoire où nous étions fusionnels et à la fois ancrés à notre propre personnalité ça aide. C’est forcément dur de continuer sans lui, mais c’est certain, et mes proches me le disent, je porte toujours cet amour en moi sans «  obsession », notre vision de la vie, de l’amour et du monde tout en allant vers l’inconnu et la découverte. Même si j’évoque ce mur qui m’empêche d’aller plus loin amoureusement, ça ne m’empêche pas d’avancer vers des projets et des désirs qui prennent vie sans lui.

Tu as listé bien des risques qui me parlent. Et à la fois j’ai au fond de moi une grande confiance dans cet avenir qui sera le mien. C’est si troublant…

Suite aux échanges de ce fil, sont remontés également d’autres deuils, les amoureux cette fois. La maladie a apporté son lot de deuils successifs et notamment des relations poly hors de notre relation qui se sont transformées en amitiés la plupart du temps. On a essayé de continuer à vivre comme avant mais ça n’a pas été toujours facile ni possible physiquement et psychiquement. J’ai peut-être même eu encore plus besoin de me recentrer sur notre couple durant cette période.

Merci pour ces mots en tous cas. Ça m’a bien fait réfléchir tout le week-end ! Je ne regrette absolument pas d’avoir osé lancer ce petit pavé :D

Bonheur…

Quelle horreur ces conseils… pourquoi oublier ou nier une histoire. Comme lu plus haut, en garder le meilleur – si bien sûr la relation n’était pas toxique – c’est garder au coeur des souvenirs qui nous réchaufferont quand nous aurons besoin.

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loumalive

le lundi 22 mai 2017 à 22h06

Tu vois, on est toujours moins seul(e) qu'on le croit !!
Heureux que ma modeste contribution ait pu t'aider un peu...
Laisse toi le temps de t'adapter, tu verras, souvent il fait bien les chose, quand comme toi, on a pas décidé de plier ses antennes!!!

Bon courage à toi!!

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bonheur

le mardi 23 mai 2017 à 08h53

La toxicité d'une relation (c'est souvent cela qui entraine la rupture) ne nuit pas nécessairement à ce qu'elle avait de beau. Disons que les incompatibilités sont surmontables... ou pas.

Je n'accepte pas non plus que l'on me demande l'oublie car en effet, ce serait dévaloriser, nier, etc (nous en reparlerons plus longuement)

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