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Rêves d'amour et de polyamour, mais agressions subies dans l'enfance [TW] qui posent problème

Témoignage
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Profil

Acajou

le dimanche 14 mai 2017 à 03h03

Bonjour,

Je suis un homme cis, et j'ai 30 ans.

Jour et nuit j'ai des pensées ou rêves d'amour. De s'aimer, de se regarder dans les yeux, du coup de foudre. De se serrer dans les bras, de sensualité, de faire l'amour. D'un voyage la main dans la main. De partager des choses ensemble, de tout ce qu'on peut vivre. Je me suis réfugié dans une sorte de monde imaginaire. En regardant une photo et sur ce que je sais de la personne, j'imagine une vie, un film presque. Une sorte de freestyle. Il y a des moments où j'exprime ça dans la musique, en jouant du piano ou du violon.

Et ça ne concerne pas qu'une personne. Ça peut être ma voisine, ça peut être une personne que je vois dans la rue, une amie que je connais bien, une personne rencontrée aux cafés poly, à une soirée, c'est tellement variable.
Je dirais majoritairement des femmes, mais pourquoi pas d'autres genres, à vrai dire je n'ai jamais expérimenté, le manque d'ouverture familiale sur le sujet me bloque.
Ni qu'une seule forme de relations. Je dirais que ça recouvre un peu les différents types de relations polyamoureuses, allant de l'anarchie, au hiérarchique, solitaire, ou cercle exclusif. Avec aussi des pensées assez bizarres, le rêve de la personne idéale, mais avec plusieurs, une sorte de monogamie multiple. Parfois envie d'avoir des enfants, même si c'est surréaliste, et impossible dans ma situation actuelle. Par contre j’exclurais la tromperie.

Même il y a quelques jours j'ai rêvé vraiment la nuit qu'une venait me chuchoter dans l'oreille, ça me chatouillait, et puis après qu'elle me faisait un bisou dans le cou, sans que je m'y attende.

Tous ces rêves d'amour je les garde pour moi. J'aimerais tellement pouvoir les partager, le dire aux personnes concernées, mais je ne trouve pas les mots, et j'ai tellement peur d'être cassé. J'ai eu trop de réflexions désagréables, trop de méchancetés. Et pas que sur mes comportements, aussi sur mon physique (étant né avec une malformation aux oreilles, et une surdité). Je me protège comme je peux. Alors si on me casse ce qui me tient le plus à cœur, je ne sais pas ce qui va me rester. Aujourd'hui c'est déjà une épreuve de parler de ça. Il y a des gens qui rêvent autant de ça sur ce forum ?

En fait je crois que c'est un rêve de gosse.
Ma 1e copine, j'avais 4 ans, à la plage, elle faisait des maisons rondes, et moi des maisons carrées.
Quand j'étais petit, je ne regardais pas de films d'action, je regardais Mickey, Donald et Tom & Jerry. Je ne jouais pas avec des bonshommes de guerre et trucs comme ça, nan moi je jouais avec des peluches, et j'avais construit une maison en bois (avec l'électricité dedans) pour qu'elles puissent y vivre. J'inventais des histoires d'amour. Ça choquait les garçons, j'étais rejeté pour être une "fille manquée". Je faisais des conneries, on m'appelait Gaston Lagaffe, ou Schtroumpf farceur, mais la violence ne m'intéressait pas.
A la plage, je faisais des maisons, avec un petit jardin, je mettais des coquillages, et des végétaux pour décorer, les filles trouvaient ça mignon, et les garçons venaient plutôt pour casser.
J'ai toujours gardé ma marmotte en peluche avec laquelle je dors toutes les nuits dans mes bras depuis 30 ans.

Par contre la suite est difficile.
Là c'est mon histoire, avec tous les problèmes que j'ai, je ne sais pas si c'est bien de raconter tout ça, j'ai peur que ça effraie les gens, mais je ne peux plus porter ça en silence. Ça m'empêche de réaliser mes rêves d'amour et de polyamour, ça me fait souffrir, alors je reprends tout depuis le début.

Je suis le dernier d'une fratrie de 4. Mes parents nous ont aimés, ça aucun doute, mais il y a des trucs qui ne vont pas, une éducation trop extrême je pense.
Je suis né avec une surdité, mon père a toujours culpabilisé à mort pour ça, car il s'inquiétait pour mon avenir. Il culpabilisait ma mère pour le fait que je sois né, déjà quand j'avais quelques mois, elle m'avait dans les bras, et lui a foutu une gifle en lui disant "c'est toi qui l'a voulu cet enfant". Ma mère était prête à tout pour avoir un 4e enfant, mais mon père s'inquiétait qu'on ne s'en sorte pas financièrement. Elle n'avait pas digéré l'avortement quelques années avant, ça a été un gros sujet de dispute entre eux. Mais après mon père a tout fait pour que je me sente bien, il s'est donné et il a souffert.

Ma mère s'occupait de moi avec amour, pour tout plein choses, pour les devoirs, les câlins, les repas, les activités, sauf quand elle était débordée ou pour faire respecter les limites, elle me frappait un truc de bien, quand j'avais 5-6 ans par exemple. Elle disait que j'étais chiant. Je pense effectivement que j'étais un enfant terrible. Elle pouvait être laxiste, elle n'avait pas toujours conscience du danger, elle me laissait jouer avec des outils, avec le 220V. Mon père ça le rendait parfois violent, pour lui faire prendre conscience qu'elle a un problème à s'endormir au volant, ou à monter sur une échelle fenêtre ouverte au 5e étage...

A l'école, j'ai subi la violence et le rejet assez tôt. C'était un quartier sensible. Avec ma voisine qui avait mon âge, on faisait de la gym pour essayer de se défendre contre ceux qui nous frappaient. Quand j'avais 5-6 ans, ils s'étaient mis à 10 contre moi, à me frapper, même quand j'étais au sol, et je n'étais pas le seul d'ailleurs. Le bouc émissaire.

A l'école, je faisais un nombre hallucinant de conneries, mais on ne me punissait pas systématiquement car sur les résultats scolaires j'étais en tête de classe. J'étais un filou et un drôle de loustic.
J'ai été violé à l'âge de 9 ans à la plage, ses doigts dans le cul par surprise, le frère d'un ami, bien plus âgé que moi. Il n'y a pas eu que ça en plus. Je voulais lui ouvrir le crâne avec ma pelle de plage en métal. Mais je ne l'ai pas fait. Peu de temps après, un autre qui essaye de me noyer en me tenant sous l'eau malgré que je me débatte. Pour me punir d'une moquerie ou je ne sais plus quoi. Je me disais que c'était de ma faute, ou mérité, et je leur ai pardonné.
Je me suis fait une telle carapace que j'ai oublié les choses pendant des années, et que je me suis totalement blindé contre le viol, au point de ne plus ressentir le truc. Le danger de subir ça dans l'enfance est que j'ai cru que c'était normal, et ça a décalé complètement mon seuil de tolérance à la violence que je pouvais subir des autres.

Ensuite vient l'année de CM1. J'ai été tabassé et harcelé par une bande d'élèves. Avec la complicité de la directrice de l'établissement, qui était également mon institutrice, qui s'acharnait sur les élèves qui avaient des problèmes (elle a fini par être virée de l'éducation nationale). J'ai oublié 90% des trucs. Je me souviens finir la tête sur le bitume, et ne rien dire par peur des représailles, ou pour protéger mon père que ça faisait souffrir de savoir qu'on me faisait ça. Comme d'habitude, plus âgés, ou faisant 2 têtes de plus que moi, super le courage les mecs. Ça m'avait rendu violent avec une camarade qui m'avait frappé gratuitement, je lui ai mis un coup de poing en pleine figure, contre un mur, et j'ai été viré de l'école.
Cette année-là aussi, mon père essaye de mettre fin à ses jours. En fait, il craignait un licenciement, il s'inquiétait pour sa famille, donc il a pris une assurance vie et a essayé de déguiser ça en accident. Sauf qu'il s'est loupé, heureusement. Même si ça a un côté égoïste qu'il mette le côté matériel en priorité totale, c'est dire le niveau de sacrifice et d'amour que mon père portait. Ça m'a été caché pendant 14 ans, et que du coup l'idée que je me faisais de mon père ne collait pas avec la réalité. Et comme pour l'amnésie des agressions, ça n'était pas conscient, et je ne comprenais rien à mes repères affectifs. Je ne pensais pas qu'ils étaient aussi extrêmes. Quelque-part ça me fait culpabiliser d'avoir reçu autant de mon père.

Après, l'année de CM2, on a déménagé à l'étranger, c'était d'un calme, et je ne subissais plus du tout d'agressions. Mes camarades étaient gentils et bienveillants. Mais j'étais sur la défensive pour des broutilles. Je pétais des câbles sans prévenir, je pleurais quand d'autres venaient me réconforter. Jusqu'en terminale, chaque année je me bastonnais avec au moins 2 ou 3 personnes.

Et sinon concernant l'éducation de mes parents, bien qu'ils ont été bienveillants et attentionnés sur beaucoup de points, au niveau de la sexualité et des relations affectives ça a été une catastrophe. Avant même ma puberté, ils m'ont pris pour un débridé sexuel, à tort, ils m'ont complètement castré, puis ils m'ont présenté les femmes comme étant dangereuses et dont il fallait se méfier. A tel point que j'étais terrorisé à l'idée d'offrir des fleurs et de dire je t'aime à quelqu'un, et je pensais que le plaisir sexuel n'existait pas chez les femmes.

Mon père à 11 ans, alors que je demandais comment il fallait s'y prendre, il m'a éduqué à la passivité complète, et m'a dit "si une fille s'intéresse à toi, elle viendra te voir", et a rajouté "Il ne faut pas leur dire "Quand est-ce que je te baise !"" alors que je n'étais même pas à la puberté, j'étais à des années lumières de ça à cet âge-là, il m'a fallu au moins 10 ans de plus penser des paroles comme ça. Ce n'était pas de la méchanceté à mon égard, mais de l'inquiétude et de la surprotection totalement excessive.
Toute ma vie ça a été ça, et même jusqu'à 3 ans de cela, il a essayé de détruire ma sexualité, oui ok faut se contrôler et c'est un truc que je fais déjà, mais il n'a pas à m'imposer ça par la violence.
Et encore ce sont des trucs parmi d'autres, ce qui était grave c'était surtout le malaise avec lequel ce sujet était abordé, franchement je ne me souviens pas d'une seule fois où j'ai pu me sentir bien à discuter de ça avec lui. Il y a une très grande souffrance chez lui, que j'ai complètement épongée, il y a des raisons mais il n'a pas voulu me dire exactement, une mauvaise expérience dans sa jeunesse de ce que je sais. Aujourd'hui il comprend mieux mes agressions et il se remet beaucoup en question, d'ailleurs il est à l'écoute, mais il est d'une maladresse phénoménale. Je pense qu'il veut tellement prendre tous les problèmes des autres pour lui, sans limites, et il finit à chaque fois par exploser. Il oublie de penser à lui.

Ma mère n'a pas été franchement mieux à ce sujet, à 14 ans elle me disait "t'es trop jeune", et à 15 ans elle me pose des questions du style "T'as des érections ? Tu sais c'est normal." Elle était assez intrusive, ne respectait pas franchement mon intimité, j'étais obligé de m'enfermer dans ma chambre. Têtue et insistante, quand elle veut un truc elle ne lâche pas le morceau. Elle ne prenait pas non plus beaucoup de précautions quand elle sortait de la douche, qu'elle faisait sa toilette, et elle trouvait moyen de me culpabiliser alors que je ne faisais même pas exprès de passer dans le couloir...je lui ai dit plusieurs fois que ça me gênait.
Et même récemment, alors que je venais voir ma tante qui venait d'être opérée à l'hôpital, mes deux tantes rigolaient en parlant d'inceste (avec ma mère au téléphone) du fait que je vienne...je trouvais ça franchement déplacé. Je savais que ce n'était pas normal mais bon. Cela dit ma mère a été battue jusqu'à l'âge de 17 ans et vu le détraqué sexuel de père qu'elles ont eu, je comprends aussi. Comme conseils pour plaire, elle me disait souvent "les femmes sont intéressées par l'argent". Sinon à part ça elle a fait tout son possible pour être une bonne mère.

Mes parents ne géraient pas bien leurs conflits. Ils auraient dû consulter au lieu de se taper dessus. A chaque crise, plusieurs fois par an, j'avais peur que ça se termine mal. Par exemple quand j'avais 12 ans mon père sous une colère avait menacé ma mère de lui balancer un tabouret en bois à la tête. Et même il y a 1 an, j'ai dû venir aider à gérer une crise "sinon je risquais de me retrouver orphelin de mon père ou de ma mère". Donc j'ai géré mais voilà quoi, ce n'est pas mon rôle.

Moi quelque-part j'ai reproduit l'éducation de mes parents, à pardonner l'impardonnable aux autres, à toujours me sacrifier, et à être dans des situations de violence ou de conflits.
Mon père est très compréhensif aujourd'hui, ma mère moins, elle m'a dit à propos des agressions "je pensais que tu avais bien résisté".
Quand j'ai envisagé les relations amoureuses, moi je croyais qu'aimer c'était se mettre à plat ventre avec un bouquet de fleurs, à mettre les femmes sur un piédestal de 250m de haut.
Le moindre contact, ou sentiment, me mettait super mal à l'aise. J'étais terrorisé à l'idée qu'une personne pouvait m'aimer. La bagarre était même encore plus facile à admettre.
Je me suis fait une carapace contre la violence, mais également contre l'amour.

De mes 10 ans à 22 ans, mes relations affectives ont été un enfer. Déjà parce que j'entendais mal, et surtout à cause des souffrances passées. Du coup ma seule sexualité a été "internet", dès l'âge de 14 ans, en cachette, seul, totalement seul, sans partage avec les autres.
A chaque fois que je demandais le consentement, que je faisais ce qu'il fallait faire, ben à chaque fois je voyais ce sourire de satisfaction joueur sur leur visage, alors que moi j'étais en train de souffrir. C'était insupportable. Et si ce n'est pas ça, c'était de la culpabilisation, du foutage de gueule, ou de l'ignorance. Quand ce n'était pas des insultes ou des remarques dévalorisantes.
Mais de l'empathie, juste de l'écoute, de la bienveillance, quasiment jamais. Des fois c'est juste ça que j'attendais à travers une relation, et j'étais incapable de l'expliquer.
Et quand c'est elles qui venaient me voir même bienveillantes, parce que c'est arrivé plus d'une fois, j'étais incrédule, j'avais peur, j'étais sur la défensive. Pourtant je voulais, mais j'avais tellement de blocages et de méfiance que c'était impossible pour moi, même d'en discuter.
Par contre ce qui m'a sauvé la vie ce sont les amis hommes principalement, et quelques femmes, rares malheureusement.

Mes 3 premières fois ça a été à 19 ans dans un club libertin, dans une partouze, puis une prostituée. Pas terrible. Sur le plan sensuel et affectif, c'était loin de me satisfaire.

Vers mes 22 ans, j'ai eu une relation d'un an, mono stricte, qui m'a permis de beaucoup avancer, même si sur d'autres points elle m'a totalement détruit (rejet total après la rupture après m'avoir fait bien mal). C'était une écorchée vive, capable du meilleur "je t'aime plus que tout au monde, quelques que seraient tes choix", comme du pire : culpabilisation totale, menaces de suicide, horreurs ("tu mérites de crever en moto", "de devenir sourd", "t'es qu'une merde", "je vais dire de te faire interner", "tu mérites de rester seul jusqu'à la fin de ta vie"). Bref...
Elle me disait qu'elle rêvait que je la prenne par surprise, et en même temps elle avait peur du viol. Moi ça me faisait flipper... Je n'ai pas pu être à la hauteur de ses attentes, je n'étais pas assez mûr à l'époque je pense.

Et à 24 ans une qui a vécu avec moi pendant 6 ans, que je viens tout juste de terminer. Beaucoup plus stable heureusement. Ça a été enrichissant sur certains points. On a vécu quand même pas mal de belles choses ensemble. Malheureusement son côté "passif" et peu entreprenant était difficile à gérer, elle me disait "c'est à toi de savoir" pour plein de choses. D'autant plus qu'on était en relation libre, je lui laissais avoir toutes les relations qu'elle voulait, mais c'était facile pour elle, et elle ne se préoccupait pas trop de savoir si moi j'avais ce que je voulais de mon côté. Je terminais mes études, puis après j'ai fait une grosse dépression, je n'ai pas travaillé depuis (le marché de l'emploi étant en plus difficile), elle ne comprenait pas vraiment bien les agressions que j'avais subies, vu que j'ai mis des années à en parler, et elle m'a sorti "Et alors, il y en a qui ont été violés et qui bossent !!!". C'est mal passé. A ce sujet-là elle m'a fait du mal, mais sinon le reste ça va, on reste quand même en contact, avec une certaine distance.

Pendant cette relation, à l'âge de 27 et 28 ans j'ai pété un câble, j'étais encore vraiment en souffrance, j'ai testé tout et n'importe quoi pour m'en sortir. J'étais à des années lumières de faire le lien avec les violences passées. J'ai essayé de dépasser toutes mes peurs, sans arriver à comprendre.
Donc j'ai dragué n'importe qui, n'importe où et surtout n'importe comment. J'ai presque tout testé, le bon comme le mauvais. Sauf les coups. Et le contact physique pas plus que ça en fait.
Ce sont les 20 ans qui m'ont été gâchés par ces agressions, que j'ai voulu regagner à la vie. J'ai passé ma vie à culpabiliser, à me dire, du fait de mon éducation aussi, à ne rien faire de mal à autrui. Mais c'est impossible. Il faut un juste équilibre.
Franchement je ne me sens pas capable de raconter sur le forum tout ce que j'ai tenté pour essayer de nouer des contacts sans souffrir, rien de bon, du harcèlement surtout. Parfois des insultes, des menaces, mais j'y suis allé mollo. J'avais tellement de haine et de violence à libérer en moi. Des pensées ultra violentes, de la terreur, du niveau de ce qu'on m'a fait subir quand j'étais enfant.
Tout ça la plupart du temps je le contiens, le garde pour moi, car je sais très bien que ça fait souffrir les autres.

La partie blessée de moi-même a du mal à accepter que des gens arrivent à se plaindre pour un message non sollicité, ou parce que je demande une attention par exemple. Toujours la partie blessée de moi-même, a du mal à accepter que les autres se plaignent de harcèlement, d'agressions sexuelles, et du même le viol à l'âge adulte, vu que j'ai survécu à 100 fois pire. Sauf ceux qui touchent aux enfants je ne vais pas les louper.
La partie sensible de moi-même, empathie innée sûrement et puis de l'éducation bienveillante (castratrice même) que j'ai reçue, fait que je perçois très vivement tous les signes de souffrances des personnes qui subissent viols et agressions. Je fais donc tout de même attention à ce que je dis et fais. A ne pas juger autrui et à prendre chaque personne avec son ressenti propre, ni son histoire que je ne connais pas forcément, qui peut être bien plus dure que la mienne.
Du coup j'ai dans ma tête ces deux injonctions contraires, qui me détruisent le cerveau, parce que je ne savais pas sur quel pied danser, et le mieux que je puisse faire aujourd'hui est d'expliciter cette contradiction.

C'est bien ça les causes qui ont fait que ça a dégénéré à un moment donné, et j'ai principalement noté l'incohérence de mes propos ou de mes attitudes. C'est d'ailleurs la base du harcèlement, cette confusion qui cause de la souffrance, chez moi comme chez l'autre. Aujourd'hui ça me parait indispensable que tout ça soit limpide et explicite pour qu'une relation soit saine, à la fois dans ce que j'exprime, et ce que j'interprète d'autrui. Du coup maintenant quand j'ai un doute, je réfléchis, puis je pose des questions, ou je m'explique. Je n'ai pas envie de retenter de mauvaises expériences dans les cafés poly.

J'ai tellement appris de choses par contre, pendant ces dernières années, je suis arrivé aujourd'hui à faire ce que peu savent faire, arriver à faire éclater de rire, à être agréable dans des situations pourtant peu propices aux rencontres. Un peu comme un polymâle féministe. Mais ça me fatigue un peu la drague, ce que je veux c'est surtout pouvoir réaliser un peu mes rêves tels que je le décris au début du post, et avoir du soutien sur les blessures passées.

Il y a quand même des blessures qui persistent et des situations que je ne gère pas bien. C'est pour ça que je trouve plus sage d'en parler ici. Je suis suivi en psychothérapie depuis quelques mois (j'ai eu tellement de mal à accepter de me faire aider), mais j'aimerais me sentir moins seul surtout. Ce sont des choses simples qui me feraient du bien, rien que d'en parler, et d'entendre également vos expériences. Pendant des années j'ai cru que tout ça c'était normal.
Vous en pensez quoi vous de tout ça ?

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kill-your-idols

le jeudi 18 mai 2017 à 17h51

Damaged people are dangerous. They know they can survive

J'ai également subi la plupart des choses que tu racontes. Je n'ai pas eu droit au viol en tant que enfant (dieu merci), mais tout le reste je l'ai eu (famille compliquée, quartier difficile, école pas terrible, relations amoureuses compliquées pendant l'adolescence).

Et j'ai 10 ans de plus. Je m'approche dangereusement à la quarantaine.

D'un côté, le fait d'avoir eu toutes ces blessures peut devenir ta grande force. Par rapport aux autres, qui deviennent fous pour un rien, tu sais qu'on peut vivre des choses horribles et s'en sortir.

De l'autre côté, tu as le devoir moral de vivre une vie heureuse et de ne pas te laisser influencer par ces événements passés. Si à l'époque c'étaient tes parents, voisins, camarades d'école et professeurs qui te faisaient violence et t'empêchaient d'être heureux, maintenant si tu laisses ces mauvais souvenir se mettre de travers entre toi et ton envie de vivre une vie heureuse, là c'est toi qui fait violence à toi-même.

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