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La découverte du soi polyamoureux: à quel moment?

Bases
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EnzoMolinari

le jeudi 09 mars 2017 à 12h46

J'interviens pour la première fois sur ce site (que je lis avec grand plaisir depuis longtemps déjà) car je me pose dernièrement une question sur la genèse des relations polyamoureuses à l'intérieur d'un couple qui se considérait jusque là mono.
En clair: quels sont les chemins que nous suivons lorsque nous prenons conscience du polyamour?

Grosso modo, depuis que je m'intéresse au sujet (bientôt 7 ans) j'ai constaté deux grandes voies qui mènent au polyamour.

La première, largement majoritaire, est celui du partenaire en couple mono qui tombe sous le charme d'un tiers (parfois ayant déjà entamé une relation/tromperie/adultère, parfois en n'ayant que la tentation) et ne supportant pas le tissus de mensonges, culpabilité, etc... que cela comporte ni l'obligation de faire un choix, envisage le polyamour comme une solution possible.

La deuxième voie, nettement plus minoritaire mais présente quand même, est celle de la personne mono ayant en général déjà une certaine intuition polyamoureuse, qui découvre la trahison/tromperie/adultère de son partenaire. Face à cette situation, la personne prendra conscience que la liberté de l'autre est plus importante que la jalousie, que la possessivité ne rentre pas dans sa phylosophie de vie, qu'un "amour en cage" est un oxymore et finira donc par parler de polyamour avant tout pour reconnaître et affirmer la liberté de l'autre. Ceci comporte en général, plus au moins rapidement, un accord de réciprocité. Je rentre moi même dans cette deuxième catégorie.

En clair, il semblerait donc que la prise de conscience polyamoureuse se fasse principalement sous la pression des circonstances. Corrigez-moi si je me trompe.

Je me demandais donc si vous avez connaissance d'autres voies, peut-être moins affichées, moins lisibles, parmi votre entourage ou au fil de vos expériences personnelles.

Notamment, y-a-t-il des couples mono qui seraient venus au polyamour par une discussion préalable qui aurait ouvert le champ du possible, alors qu'aucun des deux n'envisageait, au moment de cette même discussion, d'avoir d'autres partenaires?

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bonheur

le jeudi 09 mars 2017 à 17h25

EnzoMolinari
En clair, il semblerait donc que la prise de conscience polyamoureuse se fasse principalement sous la pression des circonstances. Corrigez-moi si je me trompe.

Si tu entends par circonstances la prise de conscience de son ressenti, étouffé par le concept communément admis de l'exclusivité amoureuse, qui ressurgit par la peur de perdre cet autre être aimé et ceci après 18 ans de mariage, j'en suis. C'était en 2007 et ma vie, intérieure comme sociale, en a été complètement et irrémédiablement chamboulée.

Je préfère les discussion sérieuse en privée, car le cadre semi public d'un forum, sans cesse parasité, n'est pas approprié pour parler en toute compréhension de soi. Je suis joignable en cliquant simplement sur mon pseudo.

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Gnarly

le dimanche 12 mars 2017 à 11h19

Pour ma part c'est arrivé par volonté politique. Je suis anarchiste et contre la propriété privé, et ça dans tout les domaines de ma vie. Donc le couple monogame avec privation de liberté n'a jamais été envisagé par moi d'aussi loin que je me souvienne. Donc sans pression extérieurs mais un choix personnel et toutes mes rencontres se sont faite dans cette perspective, c'est à dire que je l'ai toujours annoncé très tôt et c'est une condition non négociable.

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CufOdyufoo (invité)

le dimanche 12 mars 2017 à 11h48

On n'*est* pas polyamoureux. On décide ou non d'avoir à un moment ou à un autre des relations non-exclusives.

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bonheur

le dimanche 12 mars 2017 à 14h18

Pour certain(e)s on nait poly(affectif dans mon cas, je n'attache pas d'intérêt au sexe)

Je ne serai pas stupide au point de me compliquer l'existence si ce n'était par découverte de qui je suis intérieurement.

Message modifié par son auteur il y a 9 mois.

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EdK

le dimanche 12 mars 2017 à 16h25

Pour certaines personnes (et c'est mon cas) il s'agit en grande partie d'une recherche de soit même.

D'un autre côté une fois que l'on sait que l'on peu aimer plusieurs personnes en même temps il est difficile d'envisager un retour en arrière.

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bonheur

le dimanche 12 mars 2017 à 19h59

Hello Edk, heureuse de te lire de nouveau :-D

Oui, soit on se sent poly parce que l'on a fait une démarche de soi et que l'on se trouve naturellement dans l'amour non restrictif. Après comme le laisse supposer EnzoMolinari, on a parfois l'utilité d'un facteur déclencheur pour enfin faire se travail de découverte. Pour moi, ce fut un énorme chamboulement émotionnel.

Si l'on en vient au polyamour par concept idéologie, pour expérimenter, évidemment on peut avoir une "période" poly au cours de sa vie. Si on nait avec cette capacité naturelle, et que se trouve, alors aucun retour en arrière possible, sauf en se contraignant intellectuellement.

Sauf erreur de ma part, tous les livres traitant directement du sujet, et dont les auteurs sont poly, reflètent cela.

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Etrendil

le dimanche 12 mars 2017 à 20h29

Bonsoir :)

Ainsi une personne en "découverte" ou en pleine recherche de soi qui se découvre finalement comme étant polyaffectif "va savoir tout de suite" si il s'agit de quelque chose de purement naturel pour elle ou que cela lui correspond ? Ou au contraire ce n'est pas si simple parfois...

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bonheur

le dimanche 12 mars 2017 à 21h03

Tout d'abord, je dirai que l'on ne place pas toujours un mot afin de définir une situation. Je crois par contre pouvoir dire, enfin en ce qui m'a concerné, que l'on se retrouve dans une situation où l'on n'a pas eu d'autres possibilités intérieures que d'agir comme on l'a fait. Dans mon cas, plus possible de ne pas avoir conscience de ce nouvel amour, l'interrogation sur l'amour existant, le retour en surface d'un ancien amour (c'est comme une spirale, tout remonte à la surface) et cette vérité que l'on doit exprimer faute de devenir folle. La reconnaissance de la situation, indispensable à ma vie, le flou et le brouillard durant quelques années. La sortie de ce brouillard (Merci à toi, cher Trésor adoré), l'acceptation et l'assumation. La mise au claire et l'affirmation de soi, le tri dans l'entourage immédiat et surtout la lecture dans mon cas de livres divers sur le développement personnel. Une lecture dont je me serai moquée auparavant mais aujourd'hui en lien indispensable avec mon évolution.

Ce qui fait que j'avais enfermée en moi cette valeur pourtant naturelle . Durant près de 20 ans, j'ai été la parfaite fiancée, la parfaite épouse, la parfaite mère de famille, la parfaite professionnelle, la parfaite femme de notre société... puis les enfants grandissent, les projets sont lancés (devenir propriétaire notamment) et une réorientation professionnelle qui m'oblige à changer de vie et enfin cette peur extrême de la "peut-être" mort de cet homme qui m'oblige à devenir qui je suis.

Est-ce que ce fut simple ? Annoncer à son mari que l'on aime et avec on vit en parfaite complémentarité, que l'on aime à nouveau, ben ce ne peut pas être simple.

Est-ce que l'on sait que c'est naturel ? Ben je dirai que ça fait parti d'un long processus de prise de conscience, d'acceptation, etc... Mon déclencheur a eu lieu en 2007 et j'ai eu connaissance du terme "polyamour" et d'une définition en 2011. Donc, on peut évoluer sans savoir dans un sens autre que le sens commun. L'important étant d'accepter d'affronter la réalité et de sortir du troupeau. L'homme descend du singe, pas du mouton... mais bêler c'est plus facile. Assumer sa polyaffectivité, c'est faire ce choix de sortir du commun et se trouver dans son for intérieur et non intellectuellement à l'extérieur.

Après, rien n'empêche d'être attiré par un mode de vie conceptuel et de s'y sentir bien et de s'y découvrir. Je suppose que la "démarche" inverse à la mienne est pertinente. Seul le résultat compte. Je ne crois pas au hasard, alors une attirance peut venir naturellement comme un appel. Le travail de découverte de soi reste présent et je crois que c'est lui l'important.

Message modifié par son auteur il y a 9 mois.

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Etrendil

le dimanche 12 mars 2017 à 22h22

Rassure-toi il n'y avait pas de bonne réponse, cela faisait appel avant tout à la subjectivité :)

C'est une question de faire face à ce que l'on est, en faisant fi des conditionnements sociaux en devenant ce faisant plus objectif. Tout en ouvrant les yeux sur les possibilités pas toujours apparentes immédiatement autour de soi.

Je débute tout juste ce cheminement intellectuel d'ou parfois certaines questions paraissant stupides, mais importantes pour mieux comprendre ><

Mais maintenant c'est clair que cela n'est pas évident pour tout le monde, surtout lorsque cela intervient au sein d'une famille, tout un tas de questions ou d'inquiétudes ont du se manifester sur le moment. C'est quelque chose que l'on doit vivre pour comprendre totalement je suppose malgré bon nombre de témoignages :)

Message modifié par son auteur il y a 9 mois.

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bonheur

le lundi 13 mars 2017 à 10h54

chacun-e a sa bonne réponse, à soi, c'est évident :-D

Je pense que ce n'est évident pour personne car même une personne célibataire a un entourage. L'étape je m'assume et je fais le tri est aussi importante, qu'intéressante. C'est là que l'on découvre réellement les possibilités humaines. Personnellement, j'étudie aujourd'hui beaucoup l'humain.

Je préfèrerai continuer cette discussion en mp, ma vie restant la mienne et n'ayant pas valeur ici.

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Maxxence

le lundi 13 mars 2017 à 11h40

EnzoMolinari
il semblerait donc que la prise de conscience polyamoureuse se fasse principalement sous la pression des circonstances.

Heuu ... Pour l'essentiel des polyamoureux-pratiquants que je fréquente, que j'ai rencontré ou que je peux côtoyer, cette "pression des circonstances" n'est pas un facteur de prise de conscience et ne semble pas l'avoir été. Pour en parler avec ceux qui pratiquent (ceux qui théorisent sont dans un autre univers), l'intuition, la prédisposition, mais aussi l'apprentissage est une clé des relations amoureuses.

La grande famille qui me parait être la plus représentative dans les faits, dans la réalité, 'cets les "poly-acceptants", c'est a dire que les gens qui vivent des relations amoureuses non exclusives savent que la synchronicité des amours ou bien, la recherche de relation "autres" n'est pas une nécessité aux deux partenaires. Souvent, il y à un polypratiquant et un polyacceptant, avec des relations atour du polypratiquant avec d'autres polypratiquants ... C'est la plus grande "famille" réelle que je connais :)

Lorsque je dis polyacceptant, cela ne suppose pas du drame sous-jacent ou de l'étouffement de jalousie !
C'est juste que des gens sont heureux du bonheur de leurs conjoint, qu'ils ont d'autres priorités dans la vie et que la notion d'engagement relationnel est au dessus des escapades amoureuses de leur partenaire.

Des trucs simples, pour des gens simples qui ont une notions simple de ce qu'est la liberté de l'autre ;)

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EdK

le lundi 13 mars 2017 à 13h09

Merci Bonheur, moi aussi ça me fait plaisir de participer à nouveau.

Personnellement j'ai commencé le polyamour en étant polyaccéptant puis je me suis rendu compte que je pouvais avoir des sentiments très fort pour plusieurs personnes.

Pour moi a partir du moment ou je sais que même en étant dans une relation avec une personne je peu développer des sentiments pour une autre personne le retour à l’exclusivité amoureuse n'est pas possible. Quand à l’exclusivité sexuelle je ne l'ai de toute manière jamais réellement souhaité.

Message modifié par son auteur il y a 9 mois.

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Camille_B

le lundi 13 mars 2017 à 15h22

Comme je l'ai expliqué dans ma présentation, dans mon cas j'étais déjà conscient de la possibilité du polyamour dans mon cas ayant ressenti des sentiments amoureux pour d'autres personnes étant alors en couple. Mais comme j'étais dans un couple monogame, je ne donnais pas suite à ces sentiments, ce qui était "facile" en terme de "pratique" ( je n'avais envie de tromper mon épouse), mais pas forcément agréable sur le plan sentimental.

Quand mon épouse a découvert elle aussi ces sentiments là ( le fait d'aimer deux personnes à la fois ), la discussion a été facile est on a rapidement et simplement posé le polyamour comme possibilité dans notre couple.

Dans notre cas il s'agissait donc d'une découverte par l'expérience, plus qu'une découverte d'abord "théorique" ou "philosophique". Même si dans mon cas il y avait un peu de cette découverte philosophique en même temps qu'expérimentale, étant philosophe de formation et rationalisant facilement mes expériences de vie.

Voilà ce que je peux dire, si ça peut aider ;)

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Lutinzebre

le mercredi 15 mars 2017 à 18h23

bonjour à tous
pour ma part je me suis découvert d'abord poly affectif, puis un peu plus tard polyamoureux en découvrant le concept sur internet... quel soulagement de se sentir moins seul !
mes deux amoureuses sont poly acceptantes bien que l'une commence à envisager de me rendre un tant soit peu jaloux... j'en suis ravi :-D

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VijeygQuoi (invité)

le jeudi 16 mars 2017 à 10h22

Je trouve vraiment que que ça pue un peu du cul, cette volonté d'essentialiser la capacité à pouvoir avoir des relations non-exclusives, et ce à plus d'un titre.

D'abord, c'est se fermer soi-même des portes, des solutions potentielles pour trouver un confort affectif et trouver un équilibre convenir à des moments donnés.

Ensuite, le corollaire, c'est que ça essentialise aussi les monogames : comme s'ils n'étaient pas non plus capables d'apprendre à avoir des relations non-exclusives.

Ce qui est ironique d'ailleurs, parce-que pourtant l'immense majorité des gens d'ici avaient précédemment des relations monogames, et s'en sont parfois contentés pendant très longtemps. Parce-que ça pouvait convenir à leurs besoins pendant un temps. Et que ça ne leur convient plus. Et peut-être que ça correspondra de nouveau un jour à ce qui leur fait du bien.

Parce-que les relations non-exclusives ont aussi des difficultés que les relations monogames peuvent permettre d'éviter. Et que de toute façon, on est libre de choisir ses maux.

Ceci étant dit, je peux proposer une voie de sortie aux essentialistes.

Le monde qui nous entoure est tellement essentiellement monogame, on a tellemement peu de modèles différents de celui-ci, que découvrir qu'on peut faire autre-chose fait figure de révolution. Une pomme qui peut être croquée DOIT être croquée. Ou être complètement rejetée, pour leurs équivalents.

Oui mais non. Il est juste important de faire que tout le monde sache qu'il a le choix, plutôt que de diviser le monde entre «  ceux qui ont cette caractéristique et ceux qui en ont une autre ». parce-que sinon c'est tout aussi putain de normatif que le système dont on tente de sortir.

Au lieu de choisir la liberté, c'est choisir d'avoir deux cases au lieu d'une à la rigueur.

Essentialiser la capacité à avoir des relations non exclusives me paraît tout aussi con que, disons, l'ancien faux choix des catholiques (et là j'en reviens étrangement à ma pomme sus-citée) : il y a ceux qui étaient faits pour la vie maritale et ceux faits pour la vie religieuse. Et puis si tu rates ton choix en début de parcours, soit tu en chies pour en changer et c'est douloureux, soit tu persévères et c'est douloureux. Et ne parlons pas de ceux dont les besoins changent plusieurs fois dans leur vie.

Aramis a toujours été celui des trois mousquetaires que j'ai le moins aimé depuis que j'ai treize ans. Ce qu'il aime, c'est souffrir de ses choix absolus, pas les choix qu'il fait. Qu'il crève.

On sait tous maintenant qu'on a d'autres choix, et des constructions intermédiaires possibles, mais le discours de celui qui dit «  je SUIS poly' » est celui de quelqu'un qui diminue les choix possibles. Non ! Il choisit d'avoir des relations non exclusives en ce moment, et c'est peut-être un moment qui durera toute sa vie.

Et même s'il fait certainement cette affirmation sans mauvaise intention et en toute bonne foi, est-ce une bien ? Ne peut-on pas viser mieux ?

Inventez-vous des modes relationnels qui correspondent à vos besoins et à leurs évolutions, bordayl. Et plutôt que de sauter d'une boîte à l'autre, perforez-en les cloisons.

Bon, et comme j'ai envie de faire apparaître Siestacorta, je vais citer quelqu'un qu'il saura reconnaître sans moteur de recherche :

« − […] Oui, il y a des « cons » (comme tu dis) partout, et probablement aussi partout des « gens bien », sans doute nous en tuons d’ailleurs tous les jours. Mais nous combattons un système qui, lui, est mauvais, pour le remplacer par un autre, meilleur, même s’il n’est pas parfait.

− Avec les mêmes, ou leurs semblables, aux mêmes places, à tous les échelons.

− […] Ce que tu omets avec beaucoup de candeur, ou plutôt, car je te connais bien, avec beaucoup de malice, de malignité même, de partialité, de provocation évidemment, c’est que les hommes sont également postérieurs à ce système, je veux dire qu’ils le subissent de fait, bien sûr, mais également qu’ils sont sculptés jour après jour par lui. Je sais que tu vas me répondre qu’il ne tient qu’à eux de s’en abstraire et d’inventer leur propre monde, leur propre vision du monde pour le moins, par leur seule volonté, et de construire aussi au quotidien leur stricte réalité. Tu as raison encore, et sans doute tu l’as fait, tu le fais, chaque jour, manifestement encore aujourd’hui, et tu n’exiges finalement des hommes rien d’autre que ce que tu as su t’imposer. »

--

Ce message a été écrit un peu trop rapidement et de manière erratique, avec colère par un futur poly-papa qui fait péter toutes les cases, préférant faire un enfant avec une amie qu'avec une autre de ses (deux ? ou trois ? ou quatre ?) amoureuses (?).

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Gwendo (invité)

le jeudi 16 mars 2017 à 17h09

###### début du message bateau mais avec des bons sentiments ######
Je suis assez d'accord, nous qui avons souffert des cases, des étiquettes et de l'essentialisation, il faut que nous restions toujours vigilants sur ce que nous disons lorsqu'à notre tour nous mettons les gens que nous essentialisons dans des cases avec des étiquettes. Il est normal d'avoir nos cases et nos étiquettes, et je pense que tout ce passe bien tant que n’asseyons pas de les généraliser pour trouver une vérité commune et générale à nos fonctionnements et sentiments. Personnellement quand je dis que je suis polyamoureuse, c'est juste une façon de dire "j'aime construire mes relations à la carte avec mes propres valeurs et fonctionnement, je n'ai pas besoin d'une société pour me dire ce qui est et ce qu'il faut." Peut-être que je devrais plus me définir comme anarchiste relationnelle ?
###### fin du message bateau mais avec des bons sentiments ######

BREF! Je viens d'un couple mono, et notre glissement vers le polyamour s'est fait sans tromperie, mais par conviction.

#### La version longue ! ####
Jeunes (sortis du lycée) nous avons décidé de devenir un couple libre pour vivre de belles expériences "à côté". Nos uniques règles étaient de laisser le sacro-saint groupe amical intouché pour le protéger.
Des années plus tard, on a commencé à entendre parler de polyamour. On comprenait pas vraiment ("Mais comment les gens peuvent-ils avoir le temps ?" = gros préjugés).
Certaines relations d'à côté pouvaient durer longtemps. On se racontait tout et on était très heureux. Un moment je me suis séparé d'un homme car j'avais peur qu'il développe des sentiments pour moi. Étrangement j'étais en larmes... Ça été dur, mais j'étais incapable de mettre le doigt dessus.
Des mois plus tard, je réfléchis. Est-ce que nos relations d'à côté ne peuvent-elles pas souffrir ? Après tout, elles restaient "subordonnés" à la relation principale (on se racontait tout, on ne les ramenait pas à la maison, ils étaient moins "importants"...). Bien qu'on est reçus aucune plainte, je m'inquiète et commence à parler à l'autre de polyamour en termes "il faut leur donner des droits, ce sont des vraies relations et méritent d'être traitées telles quelles, nous ne sommes pas plus importants". Un an plus tard j'ai deux copains et lui a deux amoureuses. Notre relation a beaucoup changé, elle est devenue plus fluide, plus profonde, même si nous nous voyons beaucoup moins souvent (nous n'habitons plus ensemble) et je suis devenue plus indépendante. Nous avons tous les deux reconnus par la suite que nous étions déjà tombés amoureux à côté sans s'en rendre compte, car nous l'avions réprimés de manière inconsciente. Aujourd'hui quand nous en discutons, nous admettons que nous avons du mal à envisager entretenir un jour une relation exclusive.

Je m'estime très chanceuse d'avoir vécu une transition mono vers poly de manière douce (sur sept ans !) en étant toujours en phase avec un incroyable partenaire. Personne n'a poussé l'autre, on avait tout simplement envie des mêmes choses un peu près en même temps...

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Camille_B

le vendredi 17 mars 2017 à 14h47

« Je trouve vraiment que que ça pue un peu du cul, cette volonté d'essentialiser la capacité à pouvoir avoir des relations non-exclusives, et ce à plus d'un titre. »

Je comprends, et en même temps je pourrais répondre que ça pue aussi un peu du cul cette volonté d'essentialiser la démarche de ceux qui cherchent à mettre des "étiquettes" juste pour trouver des mots permettant de comprendre ce qu'ils vivent.

Il n'y a pas qu'un seul sens à donner à la formule "je suis poly". Croire que cette phrase n'a qu'un seul sens, n'a qu'un sens "essentialisant", c'est aussi "essentialiser", si tu vois ce que je veux dire.

Pour beaucoup dire "je suis poly" c'est juste un moyen, c'est mettre un mot sur une pratique, un moment de sa vie ou l'on fait quelque chose qui est difficile à comprendre et à faire comprendre.

Cela ne signifie pas que cette personne va obligatoirement l'être toute sa vie, par idéologie, ni qu'elle va dire "oui" à toutes les définitions et à tous les combats du "mouvement" ( s'il y en a un ) polyamoureux.

N'y a-t-il pas aussi un risque à essentialiser une posture "anarchiste" ? À essentialiser sa volonté de ne pas mettre d'étiquette nulle part ?

« Moi je ne met pas d'étiquette sur ce que je vis, par pitié n'en mettez pas non plus ! »

N'est-ce pas aussi, de ce point de vue, une forme d'essentialisation de son vécu ?

Ici, comme en toute chose, essayons de faire preuve d'humilité, essayons d'écouter ce que les gens ont à dire et essayons de passer outre les termes qu'ils emploient.

J'ai récemment rencontré une personne qui déteste l'usage de l'expression "pas de soucis" ( ou "pas de problème" ), pour des raisons intéressantes. Seulement c'est une expression que j'utilise machinalement et je ne me sens pas du tout concerné par sa gêne, car ma manière d'utiliser cette expression n'a rien à voir avec les raisons qui lui font détester cette expression.

Est-ce si grave si j'emploie cette expression ? Est-ce si grave si cette personne ne l'apprécie pas ? Dans les deux cas, non. Dans mon cas il me serait difficile de ne pas l'employer car c'est de l'ordre du tic de langage. Dans son cas je ne me vois pas lui imposer de ne pas être agacé par ce terme. Le truc c'est d'apprendre à mettre ses obsessions de côté et se dire : c'est pas grave si nos langages respectifs sont parfois obscurs l'un à l'autre, c'est ainsi !

Écoutons la personne avant de juger les mots qu'elle emploie.

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bonheur

le samedi 18 mars 2017 à 09h26

Si l'on vit dans l'émotionnel, ce qui est le cas de certaines personnes (en général, je parle), être poly(affectif en tout cas), c'est juste être soi. Ne pas refouler ses ressentis, les exprimer, les libérer... Après, il y a nos actes, qui peuvent être dicter par "l'essence" même de qui l'on est intérieurement.

J'ai lu relativement souvent que de toute façon, suite ou pas à ce que l'on ressent, en définitive, on ressent tout de même et ça, personne ne peut lutter contre, même pas soi-même.

On donne corps, ou non, à nos ressentis. Et puis, évidemment, il y a tout ce que l'on nous a inculqué et dont on doit s'interroger sur la pertinence pour soi. Avoir un esprit critique envers soi même et savoir remettre en question, s'interroger et éjecter ce qui nous convient pas.

Pour ce qui est de l'héritage culturel dans notre pays, je lis actuellement "amours" de Jacques Attali. Evidemment, je ne suis pas d'accord avec ce qu'il affirme du polyamour (ouverture, tout au début du livre), toutefois, l'évolution de l'amour et de ce que l'on peut définir ainsi à travers les âges est stupéfiant.

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bonheur

le samedi 18 mars 2017 à 09h31

A Camille_B : il n'y a pas de soucis pour moi :-D

Souvent, on écoute l'autre, mais avec notre propre essence.

J'ai eu une connaissance qui m'a fait un caca nerveux parce qu'à la question "comment ça va ?" j'ai répondu par un sourire et par (oh scandale !!!) une autre question "et toi ?". Il s'est fâché, comme si je ne me préoccupais en fait pas de comment il allait. Tant pis pour lui, désormais, je répond "bien" (même si ce n'est pas le cas) et j'enchaine sans lui demander comment il va. Bon ok, j'ai un vilain petit caractère bien trempé. Je tire leçon du passé et je m'adapte, à ma façon.

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