Polyamour.info

Les messages appartiennent à leurs auteurs. Nous n'en sommes pas responsables.

Merci de consulter notre charte de discussion pour connaître les règles qui régissent les conversations sur ce site.

La jalousie, quand on est l'autre

Jalousie
#
Profil

juby

le mercredi 01 mars 2017 à 19h16

Bonjour tout le monde!

Je me représente comme ça fait trèèèèès longtemps que je n'ai pas écrit ici. Je suis une québécoise de 38 ans, maman de 3 enfants que j'ai eus avec l'homme avec qui je vis depuis 11 ans et demi. On est dans une relation ouverte depuis presque 10 ans. Philosophiquement, on se rapproche de l'anarchie relationnelle, un type de relation qui me ressemble fondamentalement, qui rejoint qui je suis, et qui parlait beaucoup au père de mes enfants aussi. Il y a 10 ans donc, après avoir appris que j'étais enceinte (un choc!!!) on est sortis tous les deux de la monogamie sérielle pour embrasser le polyamour.

Au début c'était relativement simple. J'étais enceinte, ou jeune maman allaitante, lui rencontrait des femmes. Ses relations ont été plus charnelles et amicales qu'amoureuses, et définitivement secondaires. Je ne suis pas d'un naturel jaloux, et j'ai des facilités de communications, notre navire voguait très bien, moi dans la compersion et lui pleinement satisfait de ce qu'on vivait (à ce que j'en ai ai compris à tout le moins).

Quand mon plus vieux a eu deux ans, on a eu des jumeaux (deuxième choc!!!!), ce qui m'a un peu figée dans cette configuration pendant plus ou moins trois ans. Puis je suis retournée au boulot. C'est à ce moment que j'ai eu du désir pour un autre pour la première fois. Mais l'histoire était malsaine (peu importe pourquoi en fait), je m'y sentais mal moi même, puis le père de mes enfants vivait des moments difficiles avec le poids des responsabilités parentales qui reposait soudain sur nous deux de manière plus égale, alors que ses responsabilité professionnelles était croissantes. Rien pour que ce soit une histoire heureuse donc, on l'a très mal vécu tous les deux.

Le temps a passé, puis j'ai rencontré quelqu'un d'autre. Un homme marié cette fois, monogame. L'histoire était encore complexe, quoique beaucoup moins malsaine, mais le père de mes enfants l'a aussi très mal vécu. Nous étions fusionnels, moi et l'autre, ça pesait sur mon couple. Notre précédente histoire avait entaché la communication, c'était vraiment pénible de part et d'autre. J'ai fini par m'éloigner d'homme numéro 2, comme c'était pour le mieux dans son cas, mais ça m'a blessée, évidemment, de ne pas avoir pu aller au bout de la réflexion, tenue comme j'étais par mon noyau familial. Pour moi, à ce moment, il était évident que mon conjoint passait en premier, je me sentais responsable de ses besoins. C'est à ce moment qu'on a entamé une réflexion sur l'anarchie relationnelle. C'était trop lourd pour moi, et c'était un pas qu'on voulait tous les deux faire.

On a vécu ce que j'appellerais une période de lune de miel. Philosophiquement, on était au diapason, raisonnant de la même manière, voulant l'épanouissement de l'autre. Moi je vivais bien avec cette seule relation, ne me sentant pas enfermée, sachant que mes horizons étaient ouverts. Je ne courrais pas les relations, mais j'étais ouverte.

Les choses ont dégénéré juste avant Noël, au moment où j'ai accepté d'aller boire un café avec un okcupider qui me semblait prometteur. Juste pour info, finalement, ça n'a pas du tout cliqué, il ne s'est rien passé. Mais la réaction à la maison a été brutale (pas du tout physiquement, mais le réquisitoire que j'ai dû affronter m'a fait mal). On s'est parlé, puis j'ai reçu une autre invitation, et rebelotte. Il est jaloux. Évidement, chaque fois, son irritation trouve une justification rationnelle. Il y a quelque chose que j'ai dit, que je n'ai pas dit, le moment de l'annonce était mal choisi, la méthode, etc. Mais il est clair pour moi, et je pense qu'il s'en rend compte, que la jalousie est au coeur de ce mal être. Je comprends, en fait non, je reçois, qu'il se sent mal quand il se sent en danger.

C'est le père de mes enfants, un homme que j'aime de tout mon coeur, de toutes mes tripes. Je n'ai pas de besoins inassouvis. Je tombe en amour, c'est tout. Mon coeur est comme ça, curieux de connaitre, de découvrir. J'ai vraiment un coeur d'artichaut. Jusque là, je pense que je pourrais gérer, à moyen terme, une relation exclusive, en mettant de côté mes élans du coeur. Je choisirais peut-être cela, au moins pour quelques années. Mais le fait est que je me sens le dindon de la farce. Une partie de moi appelle à la réciprocité. Et lui non plus ne se sent pas bien là dedans. Comme il m'a dit, lors de notre dernière altercation : "Je pense qu'à ta place, je serais en tabarnack." Il ne se sent pas aimable, pas à la hauteur, et ça n'aide pas à ce qu'il se sente sécurisé. Pour ajouter à tout ça, j'ai recommencé à me sentir prisonnière. Quand quelqu'un m'intéresse, je me mets immédiatement à anticiper ce que ça causera dans mon noyau familial, par ailleurs tellement agréable.

Je suis un peu perdue. Je ne sais plus trop quoi faire. Foncer, au détriment de ce que j'ai envie en ce moment (c'est-à-dire me mettre en boule et laisser passer), et générer des rencontres de manière à vider le sujet? Retomber dans une routine agréable mais éloignée de mes aspirations? En parler, au risque des contre-coups? Garder le silence et jouir de tout ce qui fonctionne bien dans cette relation? Je ne crois pas à l'amour éternel, ça ne me semble pas complètement imbécile de faire durer, même si ça implique qu'un jour ce sera trop pour moi, mais je me sens en même temps infidèle à moi même, et malhonnête envers mon conjoint, quoique qu'il connaisse mes envies à ce sujet.

Je me suis dit qu'il y aurait peut-être des miettes de sagesse pour moi ici. Ou encore juste de bonnes questions qui m'aideraient à avancer plus sereinement.

Merci à l'avance!

#
Profil

Maxxence

le jeudi 02 mars 2017 à 19h00

@juby,

Avant de te poser des questions sur ton partenaire, il t'incombe à toi, à toi seulement, de savoir sur quel chemin tu souhaites avancer. Tu ne peux pas avoir de saines réponses dans ta démarche, ni poser des exigences vis à vis de ton partenaire, si toi, tu ne pose pas clairement tes souhaits.

Je comprends fort bien ta situation, là ou je me sens très mal à l'aise, c'est de constater que dès que tu prends un peu de liberté, cela t'es reproché, alors que ton partenaire ne s'interdit rien. Cette situation inéquitable me dérange, je ne saurais pas accepter cela de la femme qui partage ma vie.

Nous avons tous des nuances a gérer, mais dans ce que tu exprimes ici, ce n'est plus des nuances, c'est de l'empêchement de la part de ton compagnon.

Qu'importe que tu utilise le terme polyamour, anarchamory, amours plurielles, lutinage. ce qui compte c'est comme tu veux pouvoir exprimer ces moments ou tu tombes en amour, ces phases qui te son personnelles et pour lesquelles personne ne saurait être plus légitime que toi pour savoir comment et avec qui vivre cela.

Oui, nous sommes nombreux à rencontrer des situations complexes, parfois malsaines, parfois avec des gens mariés qui trompent leurs partenaires, mais ces petits arrangements avec leurs vies ne te concerne pas en premier lieu.
L'éthique est à concevoir d'abord et avant tout pour soi-même, pas comme un devoir pour les autres, sinon c'est de la morale ;)

N'oublies pas, non plus, que l'excès de transparence est parfois la cause de certains maux. Tu pourrais choisir, en accord avec toi-même et avec ton compagnon, de mettre moins de choses sur la table et de vivre des jardins secrets, sans trahir puisque les choses ne sont pas mises sous le nez de l'autre. C'est le modus vivendi que j'ai avec ma compagne, le fait que je suis libre, qu'elle l'est, cependant nos amours autres ne sont pas décortiquées et mises sous la loupe.

Quoi qu'il en soit, tu as de nombreuses solutions qui s'offrent à toi, ce qui compte c'est que tu puisses bien définir tes attentes, pas celles de tomber en amours, mais plutôt celles que tu as de ton partenaire. Et comment toi, tu admet sa liberté et comment ce corollaire là suppose ta liberté :)

#
Profil

juby

le vendredi 10 mars 2017 à 19h48

Merci Maxxence pour ta réponse,

Je sais ce dont j'ai besoin. Je suis une romantique incurable avec un coté très rationnel (oui, drole de mélange, je sais) qui tombe amoureuse comme tombe la foudre. J'ai besoin, très fondamentalement, de me laisser vivre ces sentiments là, d'en parler à d'autres et aux personnes concernées sans sentir que je trahis. Pour l'instant, ce besoin est comblé dans notre mode de vie, pour des raisons extérieures à notre dynamique de couple, mais je sais que ça ne durera pas. J'ai un sens de la justice assez développé (je suis une syndicaliste indécrottable) et le besoin d'équité me pousse même à des actions que je n'aurais pas pris sinon: m'entêter dans des rencontres pas si intéressantes, pour au bout du compte "égaliser", Évidement que ça ne mène nulle part.

Je crois que c'est bien compris, intellectuellement et rationnellement, l'iniquité de la situation pour lui. Le problème est que ça ne modifie pas la douleur qu'il ressent. Ça m'atteint moins depuis que j'ai compris que je ne suis pas responsable de gérer ses douleurs, mais ça finit par affecter mon bonheur quand il réagit mal. Ce que je cherche, ce sont des pistes de réflexion pour m'aider à trouver des outils qui minimiseraient ces impacts là. Sa douleur, je la lui laisse (quoique, si vous avez des trucs miracles, je prends, au cas où!) mais ma posture est trop inconfortable pour que je ne m'en mêle pas du tout.

J'ai lu un article intéressant sur les fesses de la crémières qui comparait certaines jalousie à une phobie. C'est super intéressant et ça m'aide à mieux comprendre, mais ça ne me donne pas tant d'outils concrets.

Répondre

Chercher dans cette discussion

Autres discussions sur ce thème :

Espace membre

» Options de connexion