Polyamour.info

Les messages appartiennent à leurs auteurs. Nous n'en sommes pas responsables.

Merci de consulter notre charte de discussion pour connaître les règles qui régissent les conversations sur ce site.

Un témoignage : quand ça n'évolue pas comme on l'espérait ; et un questionnement sur la solitude

Témoignage
#
Profil

Souleo

le jeudi 19 janvier 2017 à 09h57

Bonjour à tou.te.s,

Voici quelques mois déjà que je suis avec intérêt les discussions sur ce forum, et elles m’ont beaucoup enrichie, ce pour quoi je vous remercie :-)
Mon parcours est peut-être un peu « classique » : quand j’étais petite (jusqu’à 25-30 ans, environ :-D), je croyais dur comme faire qu’on ne pouvait aimer qu’une personne à la fois, que tromper l’autre était le péché capital, etc.
Et puis je me suis mariée, j’ai eu des enfants, mon couple a souffert, et je suis tombée amoureuse de quelqu’un d’autre … Tout en réalisant que j’étais toujours amoureuse de mon mari. S’en est suivi une période de dissimulation, dans laquelle je ne me suis pas reconnue, et, il y a maintenant 1 an, des aveux (à mon initiative) à mon mari dont je savais qu’il était de toute façon au courant, et une proposition de ma part d’ouvrir notre couple vers « autre chose ».

Entretemps, j’avais découvert, via le blog des Questions Composent, puis des Fesses de la Crémière le polyamour, et ça m’avait beaucoup, beaucoup parlé. J’ai lu les bouquins de Françoise Simpère, et j’ai réfléchi … Me rendant compte que j’aimais plusieurs personnes à la fois, et aussi que l’idée que F., mon autre amoureux, soit heureux en ménage avec sa femme et ses enfants, séduise d’autres femmes … Me rendait heureuse pour lui, sans sentiment de possessivité ni de jalousie. Je me suis dis que j’étais peut-être bien polyamoureuse, en fait :-)

J’en ai parlé à mon mari, qui a d’abord manifesté un rejet : « les gens ne font pas comme ça ! ». J’ai eu l’impression qu’il préférait avant, quand les choses étaient cachées, et qu’on faisait semblant …
Officiellement il « acceptait « ma relation avec F. (sur un principe de réciprocité, bien sûr), mais je n’avais pas l’impression qu’il se sentait vraiment serein avec cette situation. J’ai donc proposé que nous voyions une thérapeute de couple (et à ce propos, quiconque en recherche un.e en région Toulousaine peut me demander ses coordonnées par MP, elle est d’une part formidable d’écoute et de bienveillance, et surtout elle s’est tout de suite, sans l’ombre d’un jugement, approprié le concept de polyamour).

Notre but était, au cours de ces séances, d’explorer ensemble les limites de chacun, et de voir si, et comment, nous pouvions continuer à construire ensemble, continuer à élever nos enfants ensemble … Ces séances nous ont été extraordinairement profitables : je n’avais jamais pu échanger avec lui avec cette simplicité et cette transparence, tout en restant dans la bienveillance et le respect des ressentis de chacun.
Pourtant, et c’est là peut-être que mon récit diffère de pas mal des expériences que j’ai pu lire sur ce forum, mon mari n’a jamais pu s’ouvrir à la possibilité d’un polyamour.
Et malheureusement pour mon projet de départ (soyons polyamoureux, élevons nos enfants ensemble dans l’affection et la tolérance, youpi), j’ai dû me rendre à l’évidence : c’était par trop éloigné de ses valeurs, et en fait, il souffrait :-(

Au questionnement : se voyait-il plus heureux avec moi en polyamour, ou séparé de moi en restant dans ses valeurs, il a répondu par la deuxième option. Et moi, ne souhaitant pas revenir sur qui j’étais, j’ai dû me rendre à l’évidence … J’aurais tant aimé, moi aussi, venir ici témoigner qu’avec du dialogue, de l’amour, de l’écoute … On peut faire évoluer son couple vers le polyamour. C’est sûrement vrai de beaucoup de couples, et c’est tant mieux, mais ça ne l’a pas été pour le mien, et nous avons donc pris la décision de nous séparer. Ca a été un moment très dur.:-/

Ca, c’était en novembre dernier, et depuis je chemine … Et me viennent des questionnements sur ma vie affective future.
F. a un équilibre entre sa famille et moi, moi je n’ai « que » lui, est-ce que ça ne va pas créer un déséquilibre, faire peser un poids trop important sur notre relation ? Me sentant seule, fin décembre, je me suis inscrite sur OKcupid ; j’ai tenu … 1 semaine. Entre les messages qui me sont tombés dessus en pagaille alors que je n’avais même pas encore renseigné mon profil, et que la seule chose qu’on savait de moi, c’est que j’étais une femme, attirée –entre autres – par les hommes, et les gens avec qui tu avais échangé qq messages et qui voulaient tout de suite te rencontrer et la charge émotionnelle que cela représentait pour moi, j’ai préféré arrêter et suspendre mon compte.

Et puis cette semaine, je mange avec une amie, lui annonce ma séparation prochaine, lui parle de polyamour et de ma remise en question du modèle classique du couple… Et elle me répond « j’ai quelques copines qui, une fois séparées, ont eu plein de relations « sans lendemain », se sont éclatées… Mais au bout de quelques temps, elles se sont rendues compte que tout ce qu’elles voulaient, c’était quelqu’un sur l’épaule de qui elles pouvaient poser leur tête le soir en rentrant ».

Ca m’a beaucoup marquée, parce que moi, bientôt, une semaine sur 2, je serai seule.
Et autant la solitude m’a manqué, et j’ai souffert, à partir du moment où j’ai eu des enfants, de ne plus avoir de moments à moi, seule et tranquille avec moi-même, pour peindre, écouter de la musique, méditer, bouquiner ou tout simplement ne rien faire et me laisser aller à mon petit dialogue intérieur, autant, maintenant que cela s’annonce comme une réalité, je dois bien l’avouer : j’ai peur.

Ne pas avoir une épaule à domicile, quelqu’un à serrer dans ses bras quand on en ressent le besoin, est-ce que c’est ça, la solitude ? Et est-ce que c’est … Si rédhibitoire ?

Souleo, en plein questionnement existentiel

Message modifié par son auteur il y a 10 mois.

#
Profil

gdf

le jeudi 19 janvier 2017 à 12h04

Bonjour souleo, bienvenue ici.
Merci de ton témoignage. Il est utile d'avoir une variété d'exemples, pour ceux qui se posent des questions. Des fois, ça marche, des fois non. L'important est d'etre franc tout du long, et d'accepter que parfois les attentes sont incompatibles.

Je ne sais pas si je suis bien placé pour te parler de solitude. Pour des raisons professionnelles, j'ai été célibataire géographique pendant une bonne partie de ces deux dernières années. Ce n'est pas comme une séparation franche, car on sait qu'on va revoir l'autre. Mais je comprends la difficulté de se retrouver seul le soir. Quand la maison est pleine, on a envie d'être tranquille. Un moment. Quand la maison est vide, il est difficile de la reremplir...

Je ne sais pas trop quoi te conseiller, ça dépend de tes attentes propres. En tous cas, ici est un bon endroit pour parler, ça peut aider.

#
Profil

Souleo

le samedi 21 janvier 2017 à 18h46

Bonjour Gdf, et merci pour l'accueil :-)

Je crois que j'ai moi-même besoin de tirer mes attentes au clair, et surtout, de voir dans quelle proportion je subis les projections des autres (de ma propre mère à la société toute entière : "la solitude c'est le mal, le couple c'est le graal") dans mes anxiétés.

Affaire à suivre :-)

#
Profil

Maya77

le samedi 21 janvier 2017 à 19h09

Bonsoir Souleo et tout le monde,
Cela faisait quelques mois que je n'étais pas revenue sur le forum et voilà que je tombe sur ton post.
Il y a un an je découvrais ce site, j'y cherchais de l'aide pour me sortir de la même situation que toi. Et malgré l'aide que j'ai reçu ici et ailleurs, cela a abouti au même triste résultat que toi, la séparation il y a maintenant 7 mois.
Et maintenant je me pose les mêmes questions que toi sur la solitude, comment reconstruire quelque chose avec mon ancien amant qui est devenu ma relation principale, mais pour qui je ne le suis pas. Tout ça, tout en conservant ce pourquoi je me suis battue au départ.
Pas facile...
Je n'ai pas beaucoup le temps de développer plus ce soir, mais je le ferais volontiers si tu en as envie, peut-être en mp.
Bonne soirée à tous,
Maya

#
Profil

Maxxence

le samedi 21 janvier 2017 à 21h07

Ne plus être co-habitant ne veut pas dire vivre seul(e) :-)

La peur, c'est l'inconnu. La peur, c'est l'avenir. La peur, c'est aussi stimulant que paralysant.

Cette énergie, il t'incombe de la transformer. L'important est que tu puisse te donner du temps, du temps pour toi, pour te placer, pour réfléchir, pour poser tes peurs, tes doutes, pour discuter, pour lire, pour avoir le nez dans les étoiles.

Souvent, l'ont voudrait les réponses rapidement. Nous savons tous que la seule bonne réponse c'est d'attendre que cela se décante, parfois cela met peu de temps, parfois c'est plus loin.

Les étapes transitives nous permettent, si nous le souhaitons, de trouver des énergies pour nso projets.

Avec des projets, des concrétisations, tu seras peu à peu dans une forme de complétude (complètement toi), je suis certain qu'alors tu feras aisément des rencontres, tu sauras exprimer tes attentes, de cette limpidité naîtra sans difficulté des liens autonomes qui pourront alors évoluer en fonction de ta réalité, de ton rythme.

Ne précipite rien :)

Le temps que tu te donnes, c'est celui d'une paix, d'une écoute pour toi même.

Hier, je ne savais pas ce que serais aujourd'hui. Je ne l'ai pas imaginé, ce jour arrivé, il ne m'a pas déçu par ce que je ne l'avais pas fantasmé. Il en va des relations humaines, comme des projections dans le future, trop imaginer c'est tomber dans la possibilité d'être déçu.

Respire :)

#
Profil

Souleo

le mardi 24 janvier 2017 à 09h18

Maya, je vois que je ne suis pas la seule à avoir emprunté une route un peu différente ... je te souhaite bon courage dans ton cheminement, et j'échangerai avec toi avec plaisir :-)

Maxxence
Ne plus être co-habitant ne veut pas dire vivre seul(e) :-)

Oui, c'est tout à fait cela :-)
Et merci pour ce beau message plein de sérénité :-)

C'est d'autant plus difficile en ce moment que je suis en plain dans la transition : je n'ai pas encore quitté "notre" maison : nous sommes en bons termes, et cela me permet de continuer à cohabiter, le temps que j'emménage dans mon nouveau logement. Cette attente est très frustrante, d'autant plus que le climat entre mon mari et moi est du coup très apaisé, et bienveillant. Et c'était exactement ce que je voulais... Mais en continuant à construire ensemble !!
Mais je sais que c'est parce que la décision d'une séparation a été prise que le climat est apaisé, et je me console en me disant que c'est une excellente chose pour la suite de notre relation, et pour nos enfants.

Quant à ma peur de la solitude, je vais, effectivement, attendre et voir (et prendre un peu de recul, exercice parfois un peu difficile chez moi :-D )

Répondre

Chercher dans cette discussion

Autres discussions sur ce thème :

Espace membre

» Options de connexion