Polyamour.info

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Liens entre polyamour et genre

Bases
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(compte clôturé)

le dimanche 01 janvier 2017 à 09h03

Bonjour (et excellente année 2017 pleine d’amour à tout le monde)

Note importante : Ce qui suit est une interrogation personnelle, pas une critique, une remise en cause de quoi/qui que ce soit ou un truc du style.

Je vis depuis presque toujours des relations plurielles par phases, avec des phases de monogamie (dans lesquelles j’entre généralement presque insidieusement sans vraiment en prendre conscience) et qui se terminent régulièrement mal, (j’y étouffe), et donc des phases plus heureuses d’amours pluriels. Pour les gens de ma génération (je suis né en 60, j’étais jeune adulte dans les années 80) ça n’a rien de particulièrement exceptionnel ou original.

Je découvre donc depuis quelques temps les formalisations du «  polyamour » qui mettent des mots, des concepts sur des modes relationnels que soit totalement, soit partiellement je vis depuis longtemps (mais de façon brouillonne et pas toujours avec la transparence qui caractérise le polyamour) et c’est quelque chose d’intéressant à relire et suivre.

Plus exactement j’ai d’abord lu les livres de Françoise Simpere «  Aimer plusieurs hommes », (que en passant j’aimerais assez retrouver , existe il en format numérique à défaut de papier?) et son «  Guide des Amours Plurielles », deux bouquins dans lesquels je me suis parfaitement reconnu et qui ont été pour moi une véritable bouffée d’oxygène.
Elle a le mérite de mettre des mots simples et justes sur des idées, des ressentis pas toujours faciles à communiquer «  à l’autre » (surtout lorsqu’on est un homme et à ce titre éminemment suspectable de se planquer derrière des phrases maladroites pour tenter en douce de sauter la terre entière).

Des livres de F. Simpere je suis arrivé sur les sites traitant de polyamour (celui-ci d’abord) puis comme ils se déroulent très près de chez moi (j’habite en haut de Ménilmontant) je vais de temps à autres au café poly parisien.

Ce long préambule pour en arriver à ma question.
Autant je me reconnais totalement dans les bouquins de F. Simpere autant je n’arrive pas à comprendre le rapport entre polyamour et genre.

Les questions de genre semblent omniprésentes dans les cercles traitant du polyamour (avec parfois une terminologie hallucinante lorsqu’on est pas un «  professionnel de la profession », (je sais depuis peu que je suis «  cisgenre »..).

Par exemple lors du dernier café poly de Paris les intervenants étaient priés de donner leur prénom ET le pronom avec lequel on est susceptible de les interpeller, ce qui m’a beaucoup surpris parce que dans ce contexte (enfin disons dans les cafés poly auxquels j’ai participé disons pour être plus juste) on s’interpelle peu en pratique et le cas se présentant, le prénom est fait pour ça.

Les quelques groupes Facebook que j’ai pu lire sont avant tout des lieux où se rencontrent des gens concernés par les questions de genre et par ailleurs (mais ce n’est même pas évident frontalement) polyamoureux ou souhaitant l’être, etc.

Par exemple dans la description du groupe «  Groupe de rencontres polyamoureux -SAFE- » on peut lire «  La cismisandrie c'est la vie ! ».. étonnante (euphémisme) profession de foi qui cumule la terminologie dont je parlais avec un appel à la haine et au mépris.

Dans la FAQ plutôt bien faite de polyamour.info on peut lire «  le polyamour s'applique de manière de manière égalitaire à toutes et tous. Dans une relation polyamoureuse, les même opportunités sont offertes à tout le monde, peu importe leur genre. ».

Bref en version courte, sait-on sur un plan historique à quel moment les questions de genre et de polyamour se sont retrouvées imbriquées, est-ce un phénomène global ? hexagonal ? etc..

Merci pour vos lumières et re-bonne année !!

Luc

Message modifié par son auteur il y a 10 mois.

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gdf

le dimanche 01 janvier 2017 à 11h14

Il me semble, de façon générale, que les personnes ouvertes au polyamour sont aussi celles qui sont ouvertes aux identités ou orientations hors norme.
Il me semble (basé sur ma participation à ce forum et à une mailing list anglaise sur le polyamour, donc très faible échantillon) que l'importance donné aux questions de genre et l'utilisation du vocabulaire expert sur le sujet est spécifique aux participants de ce forum (et aux événements qu'ils organisent).

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(compte clôturé)

le dimanche 01 janvier 2017 à 14h13

Bonjour Istelie,
Il y a peu, je me suis posé les mêmes questions que vous sur l'évolution des concepts autour des amours plurielles (terme que je préfère à polyamour car il définit non seulement la quantité mais aussi la variété, la pluralité des façons d'aimer). J'ai donc posté ceci sur la page "polyamour":

"Pour moi, les amours plurielles sont le fait d'aimer plusieurs personnes qui elles-mêmes sont au courant que je ne suis pas exclusive. Le tout avec joie, respect et bonne humeur, même si on traverse des années rugissantes (je suis en train de saisir à l'ordinateur mes carnets de "mémoires" et ma vie amoureuse me semble parfois si trépidante que je finis essoufflée, contente d'avoir atteint un stade de sérénité).
Ma question: je comprends de moins en moins ce qui s'écrit sur cette page, faute de lexique: qu'est-ce qu'une licorne? Un cis-genre? Un HPI? Un HPE? Dyslexique et dyscalculique, je sais ce que c'est, de même que autiste Asperger, mais c'est si souvent évoqué ici que je me pose la question: quel rapport avec le polyamour? Merci de m'éclairer."

Ce post a suscité une foule de commentaires et il apparaît que ces étiquettes sont importantes pour beaucoup. J'en ai discuté de vive voix avec quelques personnes, dont certaines pensent que vivre des amours "hors normes" étant compliqué, les expliquer par des interrogations autres telles que le QI, le genre, l'autisme Asperger, etc donne une logique- donc rassure- à ce comportement hors normes. D'autres m'ont parlé d'études américaines disant que les personnes transgenre ou pansexuelles, ou HPI et HPE (haut potentiel intellectuel, haut potentiel émotionnel) ont des "capacités sexuelles" telles que cela les ouvre aux amours plurielles. J'ai demandé à la personne de m'envoyer ces études, qui m'intéresseraient, je les attends toujours :)
Pour ma part, je pense que toute communauté aime avoir un langage personnel qui la différencie du commun des mortels, comme il existe des rituels dans les sociétés secrètes, ou un argot professionnel accessible aux seuls initiés. Comme je suis plutôt comme vous, ayant vécu mes amours très naturellement- ce qui ne signifie pas sans difficultés parfois- j'ai quitté le groupe "polyamour" de FB dans lequel je ne reconnais pas ce que je vis depuis plus de 40 ans. C'est peut-être aussi une question de génération...

Pour votre question sur mes livres: je possède désormais les droits d'exploitation de APH et ceux du Guide des amours plurielles en édition papier. (l'éditeur commercialise toujours le numérique). Je m'interroge donc sur une prochaine réédition, vu qu'il ne se passe pas une semaine sans que des personnes me demandent où se procurer ces livres, mais ce ne sera pas avant quelques mois, je suis pour l'instant accaparée par un autre livre.

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bonheur

le dimanche 01 janvier 2017 à 17h27

Je pense me reconnaitre dans HPE et dans panaffectif (non cité ci-dessus) mais je ne vois pas en quoi la sensibilité émotionnel entrainerait des "capacités sexuelles" quelconques. Là encore, je ne comprend rien... quel rapport entre l'affect et le sexe ???
Que l'affect développé entraine un impératif, puisque dans le comportement naturel de l'individu, de rapprochement humain... ça je le comprend, mais en quoi la relation qui s'établirait, impliquerait une sexualité obligatoire, et en plus avec des capacités particulière ???
Je sais que mes propos seront incompris par un grand nombre, toutefois ce questionnement est pertinent pour moi... et pour d'autres également, peut-être.

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(compte clôturé)

le dimanche 01 janvier 2017 à 17h40

gdf
Il me semble, de façon générale, que les personnes ouvertes au polyamour sont aussi celles qui sont ouvertes aux identités ou orientations hors norme.

Certes mais on doit pouvoir dire la même chose "de façon générale" sur des orientations politiques ou sociétales...

APH
J'en ai discuté de vive voix avec quelques personnes, dont certaines pensent que vivre des amours "hors normes" étant compliqué, les expliquer par des interrogations autres telles que le QI, le genre, l'autisme Asperger, etc donne une logique- donc rassure- à ce comportement hors normes. D'autres m'ont parlé d'études américaines disant que les personnes transgenre ou pansexuelles, ou HPI et HPE (haut potentiel intellectuel, haut potentiel émotionnel) ont des "capacités sexuelles" telles que cela les ouvre aux amours plurielles.

C'est un peu l'impression que m'ont donné certains cercles ou sites et du coup cela invalide complètement l'idée que l'amour pluriel/polyamour est un mode relationnel comme un autre, alternatif à la monogamie usuelle et le positionne juste comme un sous-produit original de dispositions psychologiques particulières (ou de positionnements de genre spécifiques) .. c'est une représentation un rien étrange (pour moi du moins).

Luc

Message modifié par son auteur il y a 10 mois.

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(compte clôturé)

le dimanche 01 janvier 2017 à 18h15

Bonheur, je partage ta perplexité sur le lien entre HPE, HPI, Licorne, etc... et les capacités sexuelles, d'autant plus que nombre de polys- ce qui me semble étrange aussi- se revendiquent a-sexuels. Je ne veux pas dire par là que aimer au pluriel implique forcément du sexe, mais l'exclure a priori en s'étiquetant a-sexuel me semble fermer les portes, alors que le polyamour les ouvre...

à Luc: je suis OK avec vous. Si j'avais 25 ans et était intéressée par les amours plurielles, je crois que j'en aurais très peur en lisant ou écoutant ce qui se dit aujourd'hui sur certains forums et dans certains cafés polys. Fort heureusement, j'imagine que dans la vraie vie, les relations plus simples existent encore.

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(compte clôturé)

le dimanche 01 janvier 2017 à 19h43

gdf
Il me semble, de façon générale, que les personnes ouvertes au polyamour sont aussi celles qui sont ouvertes aux identités ou orientations hors norme.

Je vais te contredire, mais étant transgenre, l'ouverture aux identités de genre est de plus en plus visible partout et n'est pas un monopole poly! Par contre, un grand nombre de poly que j'ai pu rencontrer sur Toulouse sont de joyeux anarchistes de salon, s'amusant à "déconstruire" la société, et par là même, la notion de genre. Et j'ai pu me rendre compte qu'il y a un bon paquet d'anarchistes de salon chez les poly fréquentant ce forum!

Au final, la question de genre n'a rien à voir avec le polyamour! Idem sur toutes les justifications soulevées par APH: pourquoi se justifier!!!

Arrêtons de tourner en rond dans des discussions stériles, et aimons, bordel!

Sébastien

Message modifié par son auteur il y a 10 mois.

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TrioBulle

le dimanche 01 janvier 2017 à 19h57

Je suis contente que tu aies posé cette question, Istelie, car ça m'a permis d'aller chercher la définition de "cisgenre" :-D et j'ai découvert que ça me concernait.

Et comme vous dites, Istelie et APH, je ne me reconnais pas dans ce questionnement.

Je pense avoir l'esprit ouvert depuis longtemps, même si je ne connais les amours plurielles que depuis peu, mais ouvert à beaucoup de choses, pas que le genre ou la sexualité en tout cas.

Bonheur, je pense que quand on parle d'amours plurielles, sûrement à tort, on parle de sexualité(s) plurielle(s)... Mais effectivement, il y a plein de formes d'amour, de relations amoureuses et la sexualité n'est pas obligatoire.

Sébastien, je suis d'accord avec toi, aimons et parlons moins :-D

Par contre, l'existence de ce forum m'a beaucoup aidée quand j'ai découvert que j'aimais 2 hommes. J'étais un peu perdue, je ne savais pas ce qui m'arrivait. Voir que cela existait, était possible, arrivait à d'autre et avait un nom m'a permis d'y voir plus clair et de pouvoir en parler avec mes 2 amours ! Donc parfois, parlons quand même un peu lol

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bonheur

le dimanche 01 janvier 2017 à 20h02

APH
Bonheur, je partage ta perplexité sur le lien entre HPE, HPI, Licorne, etc... et les capacités sexuelles, d'autant plus que nombre de polys- ce qui me semble étrange aussi- se revendiquent a-sexuels. Je ne veux pas dire par là que aimer au pluriel implique forcément du sexe, mais l'exclure a priori en s'étiquetant a-sexuel me semble fermer les portes, alors que le polyamour les ouvre...

Tout à fait ! L'important étant de ne pas brider les ressentis de ceux qui sont a-sexuels (ou comme moi monosexuel). Pour ce qui est de ma rencontre avec un toutefois relativement grand nombre de poly, je n'en n'ai pas rencontrer bcp qui conçoive l'amour uniquement émotionnel. Nous avons donc une découverte de personnes vraiment différentes (d'où des compréhensions différentes de ce que certains nomment la "communauté" poly)

Je ne vois pas en quoi le désir, enfin l'impossibilité, d'une polysexualité individuelle ferme des portes. D'après ton discours (ou alors j'ai mal compris, c'est probable), je n'ai pas "droit" à aimer au pluriel, alors que je n'impose pas à mes relations secondaires une absence de sexualité. Je ne prive personne, en dehors de moi en tout cas. Ma "façon" d'aimer n'est pas plus "mauvaise" qu'une autre, ni meilleure d'ailleurs.

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bonheur

le dimanche 01 janvier 2017 à 20h04

SebastienPeroni
Arrêtons de tourner en rond dans des discussions stériles, et aimons, bordel!

(+) et oui, pourquoi devoir toujours se justifier !

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(compte clôturé)

le lundi 02 janvier 2017 à 16h54

Bonheur
e ne vois pas en quoi le désir, enfin l'impossibilité, d'une polysexualité individuelle ferme des portes. D'après ton discours (ou alors j'ai mal compris, c'est probable), je n'ai pas "droit" à aimer au pluriel,

Effectivement, tu fais une étrange interprétation de "mon discours". Ce qui m'étonne, ce n'est pas le fait que tu sois monosexuelle, tu l'as souvent rappelé ici, ce sont les polys qui, d'emblée, se revendiquent a-sexuels (refus de toute sexualité) alors que ce choix dépend de ce qu'on est, des personnes qu'on rencontre, de la période de sa vie où on se trouve et moult autres facteurs. C'est le fait de s'étiqueter a priori qui me semble étrange.

Cela étant, et bien que je trouve le sexe surestimé par rapport aux autres éléments d'une relation, cette surestimation très fréquente fait qu'une personne ne verra aucun inconvénient aux relations affectives de son compagnon ou sa compagne... mais pourra ne pas supporter le passage à la sexualité, parce que c'est pour elle une frontière, un signe d'intimité qui n'appartenait qu'à elle, etc. En résumé, beaucoup de gens admettent très bien que leur partenaire aille dîner, voire passer un week-end chez un ou une amie intime, même très tendre, mais ont du mal avec l'idée de leur éventuelle sexualité. C'est une constatation, pas un jugement :)

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(compte clôturé)

le lundi 02 janvier 2017 à 16h55

En tout cas, je plussoie Sébastien: trop de discours chez les polys nuit à la pratique sereine des amours!

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Anarchamory

le mardi 03 janvier 2017 à 01h19

Bonjour Luc,

lstelie
Autant je me reconnais totalement dans les bouquins de F. Simpere autant je n’arrive pas à comprendre le rapport entre polyamour et genre.

Il n'y a pas vraiment de rapport entre polyamour et genre. Tout au plus une légère surreprésentation de personnes transgenres parmi les polyamoureux-ses et de polyamoureux-ses parmi les personnes transgenres. Ce phénomène s'explique à mon avis par deux facteurs principaux :
• L'ouverture d'esprit et la capacité de remise en question qui est un préalable, tant à la déconstruction de la monogamie qu'à celle de la cisnormativité.
• Le fait que quand on a commencé à déconstruire dans les faits une norme, ça peut inciter à transposer la démarche pour une autre norme.

lstelie
Les questions de genre semblent omniprésentes dans les cercles traitant du polyamour (avec parfois une terminologie hallucinante lorsqu’on est pas un «   professionnel de la profession », (je sais depuis peu que je suis «   cisgenre »..).

Attention au choix des mots. Parler de « terminologie hallucinante » n'est pas très sympa pour les personnes concernées qui, si elles ont forgé cette terminologie, ont sans doute dû en percevoir une utilité. Les sciences et le droit (pour donner deux exemples) regorgent aussi de « terminologie hallucinante »... Mais sans cette terminologie on ne pourrait pas faire de sciences ou de droit...

lstelie
Par exemple lors du dernier café poly de Paris les intervenants étaient priés de donner leur prénom ET le pronom avec lequel on est susceptible de les interpeller, ce qui m’a beaucoup surpris parce que dans ce contexte (enfin disons dans les cafés poly auxquels j’ai participé disons pour être plus juste) on s’interpelle peu en pratique et le cas se présentant, le prénom est fait pour ça.

Forcément, vu que tu es une personne cisgenre, tu as plus de mal à comprendre l'intérêt de cette demande, mais cela est important pour beaucoup de personnes transgenres car être mégenrées peut leur occasionner une souffrance psychologique d'intensité variable car cela leur rappelle le sexe qui leur a été assigné à la naissance (et dans lequel elles ne se reconnaissent pas ou que partiellement). J'attire ton attention sur le fait que ce qui peut te paraître du vain pinaillage ou un caprice est un fait étayé scientifiquement et reconnu par la plupart des spécialistes de dysphorie de genre (pourtant, beaucoup ont pas mal d’œillères sur d'autres sujets liés à la transidentité...). Invalider le genre de quelqu'un-e de manière constante peut être très anxiogène. Imagine si tout le monde t'appelait régulièrement « madame », te genrait au féminin, etc. Pas juste une ou deux fois pour rire, mais de façon régulière et universelle.

Cf. : https://scholar.google.fr/scholar?hl=fr&q=misgende...

lstelie
Les quelques groupes Facebook que j’ai pu lire sont avant tout des lieux où se rencontrent des gens concernés par les questions de genre et par ailleurs (mais ce n’est même pas évident frontalement) polyamoureux ou souhaitant l’être, etc.

Par exemple dans la description du groupe «   Groupe de rencontres polyamoureux -SAFE- » on peut lire «   La cismisandrie c'est la vie ! ».. étonnante (euphémisme) profession de foi qui cumule la terminologie dont je parlais avec un appel à la haine et au mépris.

Étant le créateur du groupe en question, étant moi-même un homme cisgenre, et n'étant pas masochiste, je te laisse deviner tout seul le crédit qu'il convient d'accorder à ce prétendu appel à la haine et au mépris... ;)

Ces histoires de « cismisandrie » c'est de l'humour anti-dominants. À prendre au 2nd degré donc. Pourquoi faut-il expliquer que c'est de l'humour quand ça s'adresse aux catégories sociales dominantes mais que personne ne se pose la question quand ça s'adresse aux catégories sociales dominées ? J'ai bien ma petite idée là-dessus... ;)

Par exemple, on dévalorise souvent à travers un prétexte d'humour les femmes blondes (les faisant passer pour de charmantes idiotes). Pourquoi ça ne choque que si rarement ? Or, il s'agit clairement de préjugés (alors que les mecs cis qui sont problématiques, il y en a quand même un paquet, ce qui fait que la cismisandrie ironique a au moins pour elle une base statistique...), et l'impact est bien plus grave que pour l'humour anti-dominant. Comme le dit le dicton : on ne tire pas sur une ambulance.

Les blondes, mais plus généralement les femmes, appartiennent à une catégorie de la population qui —en tant que femmes, donc toutes choses égales par ailleurs— est opprimée. Et si elle est opprimée, c'est donc qu'il y a des oppresseurs. Et ces oppresseurs sont donc tous ceux qui (volontairement ou non, consciemment ou non) tirent partie de cette oppression : les hommes. Alors quand je dis que les hommes sont oppresseurs, je ne dis pas chaque homme individuellement, volontairement et en conscience. Je dis que faire partie de la catégorie des hommes donne des privilèges (ex. : privilèges à l'embauche). Et si dans une population il y en a qui ont des privilèges, alors mathématiquement il y en a qui sont lésé-e-s (celleux qui ne jouissent pas de ces privilèges).

Message modifié par son auteur il y a 9 mois.

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(compte clôturé)

le mardi 03 janvier 2017 à 09h31

Dieu
Bonjour Luc,

Il n'y a pas vraiment de rapport entre polyamour et genre. Tout au plus une légère surreprésentation de personnes transgenres parmi les polyamoureux-ses et de polyamoureux-ses parmi les personnes transgenres. Ce phénomène s'explique à mon avis par deux facteurs principaux :

• L'ouverture d'esprit et la capacité de remise en question qui est un préalable, tant à la déconstruction de la monogamie qu'à celle de la cisnormativité.
• Le fait que quand on a commencé à déconstruire dans les faits une norme, ça peut inciter à transposer la démarche pour une autre norme.



Bonjour et merci de cette longue réponse sur un sujet qui m’interpelle beaucoup

Sur quelles données est basée la première partie de cette affirmation (une légère surreprésentation de personnes transgenres parmi les polyamoureux-ses). Je veux dire, parlons-nous là d’une surreprésentation des personnes transgenre sur la population globale estimée des polyamoureux ou bien une surreprésentation chez les gens qui pratiquent les forums internet (ou les cercles physiques comme les cafés poly) ?

La différence n’est pas anodine.
Dans le premier cas cela voudrait dire comme je l’avais évoqué dans un message précédent que contrairement aux «  amours pluriels » qui ont été un phénomène largement générationnel transcendant les genres, les classes sociales, etc.. le polyamour ne serait pas une déconstuction des schémas relationnels traditionnels, mais un sous-produit original de dispositions psychologiques particulières (ou de positionnements de genre spécifiques) .. 

Dieu

Attention au choix des mots. Parler de «  terminologie hallucinante » n'est pas très sympa pour les personnes concernées qui, si elles ont forgé cette terminologie, ont sans doute dû en percevoir une utilité. Les sciences et le droit (pour donner deux exemples) regorgent aussi de «  terminologie hallucinante »... Mais sans cette terminologie on ne pourrait pas faire de sciences ou de droit...

La science et le droit (la mécanique et la physique aussi etc...) mais là précisément on ne parle pas de science ou de technologie sous un angle scientifique mais d’humain (de relation amoureuse en l’espèce).

Je ne partage pas (mais ça c’est mon problème, un point de vue très personnel lié au fait que si je ne suis pas transgenre, je suis à moitié noir et dans des conditions familiales compliquées et que les questions de « discrimination par le nommage » me sont chères) la vision de l’utilité d’une segmentation à l’extrême réécrivant les systèmes de nommages existants quitte à les figer dans le marbre.

À la limite que je ne la partage pas est anecdotique, ce qui m’intéresse, c’est que je ne la comprends pas. En ce qui me concerne, le qualificatif «  d’homme » ne présume pas de mes préférences sexuelles, lesquelles sont susceptibles de changer, de ma position vis a vis de mon genre, je ne suis pas à l’abri d’une prise de conscience tardive etc. tandis que si j’ai bien suivi «  cisgenre » m’étiquette une bonne fois pour toute.
Ça pour moi cela relève vraiment de ce que j’ai appelé «  terminologie hallucinante »

Dieu
Forcément, vu que tu es une personne cisgenre, tu as plus de mal à comprendre l'intérêt de cette demande, mais cela est important pour beaucoup de personnes transgenres car être mégenrées peut leur occasionner une souffrance psychologique d'intensité variable car cela leur rappelle le sexe qui leur a été assigné à la naissance (et dans lequel elles ne se reconnaissent pas ou que partiellement). J'attire ton attention sur le fait que ce qui peut te paraître du vain pinaillage ou un caprice est un fait étayé scientifiquement et reconnu par la plupart des spécialistes de dysphorie de genre (pourtant, beaucoup ont pas mal d’œillères sur d'autres sujets liés à la transidentité...). Invalider le genre de quelqu'un-e de manière constante peut être très anxiogène. Imagine si tout le monde t'appelait régulièrement «  madame », te genrait au féminin, etc. Pas juste une ou deux fois pour rire, mais de façon régulière et universelle.


Là nous sommes au coeur de mon questionnement.
Pourquoi «  forcément » ?

Outre le fait que je réfute avec vigueur la sur-étiquette «  cisgenre » (pour les raisons que j’ai expliquées juste au dessus), cette affirmation introductive «  forcément vu que tu es une personne cisgenre » implique qu’on ne peut reconnaître/ comprendre/éprouver de l’empathie pour /respecter etc. que ses identiques, je n’ai pas une confiance immense en l’humain, mais quand même même suffisante pour espérer que ça n’est pas le cas.

Je ne conteste pas le moins du monde (bien que putativement «  cisgenre ») ce déroulé du ressenti des personnes transgenres. Il est intéressant, pertinent et éminemment respectable, mais justement (et c’était le titre de mon message initial) quel rapport avec le polyamour ?

Ce paragraphe pourrait avoir exactement la même pertinence si nous parlions d’une réunion syndicale d’apiculteurs.

Par ailleurs, encore une fois la question du «  monsieur » ou «  madame » récurrent et inapproprié dans un café poly...j’ai vraiment dû assister à des éditions très exceptionnelles..parce que vraiment je ne vois pas.

Dans le même esprit et pour continuer sur ce qui me caractérise moi (je ne sais pas si je serai «  cisgenre » toute ma vie, en revanche , je serai a moitié noir toute ma vie) je n’ai jamais entendu personne évoquer, dans un cercle polyamoureux (physique ou électronique) comment est-ce que je préfère que l‘on fasse allusion à ma couleur (*) si d’aventure la question se posait (laquelle évocation soit dit en passant, n’est pas infiniment moins probable, dans un café poly, qu’une interpellation délibérée par un pronom inadapté en lieu et place du prénom que l'interpelé est prié de donner lors de sa prise de parole).

Pour ce qui est de mon étonnement devant un appel à la haine et au mépris, comme vous l’indiquiez, les mots un un sens, j’ai repris la définition du Larousse «   Qui éprouve du mépris, voire de la haine, pour les femmes ; qui témoigne de ce mépris. » qui s’applique bien entendu également à son pendant misandrie.

La charte du groupe FB que ce citais est suffisamment longue et détaillée sur l’extrême importance de la terminologie pour évacuer toute possibilité d’interprétation basée sur l’humour....sauf.. et on reboucle là sur mon interrogation initiale concernant l’omniprésence des questions de genre dans les cercles traitant du polyamour, si ces groupes FB sont prioritairement des groupes concaténant des personnes concernées par des questions de genre et par ailleurs, mais de façon secondaire, polyamoureuses. Dans ce cas là effectivement, la remarque serait drôle voire pleine de sens.

Luc

(*) Ce qui est une remarque réthorique parce que je serais probablement choqué qu’on me pose la question, dans un contexte de relations amoureuses, ma couleur est assez loin d’être le critère qui me caractérise.

Message modifié par son auteur il y a 9 mois.

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bonheur

le mardi 03 janvier 2017 à 11h52

Il y a la façade (l'enveloppe défini par un corps... qui est en mouvance perpétuelle) et l'intérieur qui nous défini et avec lequel on se sent plus ou moins bien (en mouvance perpétuelle également) en harmonie.

On cherche à découvrir ce soi intérieur ou on n'y pense même pas et on vit sans se découvrir. Dans le second cas, on se défini par les bases connues, inconsciemment, je pense.

La différence entre le singe et le mouton.

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bonheur

le mardi 03 janvier 2017 à 11h52

Tous mes voeux de bonheur en particulier à Dieu :-)

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(compte clôturé)

le mardi 03 janvier 2017 à 11h55

Dieu
Attention au choix des mots. Parler de « terminologie hallucinante » n'est pas très sympa pour les personnes concernées qui, si elles ont forgé cette terminologie, ont sans doute dû en percevoir une utilité. Les sciences et le droit (pour donner deux exemples) regorgent aussi de « terminologie hallucinante »... Mais sans cette terminologie on ne pourrait pas faire de sciences ou de droit...

J'entends ce que tu dis mais tes exemples ne me convainquent pas, j'évolue malheureusement dans un milieu infesté de juristes et (j'appartiens même à cette caste à mon corps défendant) et je me suis rendu compte avec le temps que les meilleurs juristes étaient ceux qui étaient capable de dénouer avec élégance une situation juridiquement complexe en manipulant le moins de concepts possibles mais avec opportunité (je pense que l'informatique ou la science fonctionnent de manière assez analogue; il me semble que statistiquement, les grands vulgarisateurs scientifiques sont aussi de varis experts ; il y a eu je crois une étude épistémologique rapportée dans sciences humaines là-dessus, je serai incapable de te la retrouver comme ça au débotté...). On peut (le mauvais juriste ou le débutant) aussi utiliser le jargon comme un nuage de fumée pour dissimuler une difficulté et dans ce cas , on se coupe de l'autre, on créée une distance, on embrouille le sujet; donc le concept comme passeur, utilisé avec parcimonie et élégance pour échanger avec le néophyte, oui, le concept ou l'acronyme ou l'acronyme en anglais comme écran de fumée pour souder une communauté (nous vs eux: bof bof bof): ça n'échange rien, ça ne communique rien, ça referme et ça peut même sentir le renfermé à la longue.

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kill-your-idols

le mardi 03 janvier 2017 à 12h28

Ce que j'ai remarqué est que le concept du polyamour a été de plus en plus approprié par des groupes militants féministes-LGBT, qui ont de plus en plus imposé leur questions et leur jargon (tous ces différents concepts d'oppresseurs et oppressés, ces histoires de cis-hétéro-misandrie, etc...).

(Le moment ou cela est arrivé se situe autour de 2014, et c'est là que j'ai commencé à m'éloigner des cercles polyamoureux).

Finalement, toutes ces questions et tout ce jargon ont contribué à éloigner pas mal de monde des groupes polyamoureux, en donnant l'idée que:

1) si on veut être polyamoureux, on doit forcement être féministe et pro-LGBT
2) si on veut être polyamoureux, il faut apprendre tout le jargon et toute l'étiquette féministe et LGBT (on n'appelle pas les gens "Monsieur" ou "Madame", on ne touche pas certains arguments, etc...)
3) Si on veut être polyamoureux, on doit remettre en cause tout le système social cis-hétéro-patriarcal, et recréer la société à partir de zéro.

Face à tout cela, je songe à définir une autre variante du polyamour, le polyamour pour les masses, simplifiée au maximum et épurée des concepts féministes-LGBT.

Dès que j'aurai le temps, j'écrirai tout cela dans un plus long message.

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Anarchamory

le mardi 03 janvier 2017 à 12h32

bonheur
Tous mes voeux de bonheur en particulier à Dieu :-)

Merci ! :) Tous mes vœux de bonheur à toi et à ta petite famille !
(Et aux autres aussi bien sûr ;) )

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gdf

le mardi 03 janvier 2017 à 13h38

Dès qu'on parle de genre, on risque de virer au troll...
Il y a peut-être une sur-representation (par rapport à la population générale) de certaines minorités sur ce forum, mais je n'irai pas jusqu'à dire que quiconque se soit approprié le polyamour. On est pas obligé de lire les fils qu'on aime pas. On est pas obligé d'aller aux cafés poly, et si on trouve que ceux qui sont organisés ont trop de règles on peut toujours en organiser soi même.

Dernier point sur les blagues blondes. Il y a aussi les Belges qui sont cons, de même que les Arabes sont voleurs, les Juifs avares (les Auvergnats et les Écossais aussi, mais ça choque moins), les Italiens machos, etc.
Pour ma part, je n'ai pas de caractéristique biologique ou ethnique qui me rende victime de blagues idiotes mais je me console avec les blagues sur les ingénieurs.

Message modifié par son auteur il y a 9 mois.

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