Polyamour.info

Les messages appartiennent à leurs auteurs. Nous n'en sommes pas responsables.

Merci de consulter notre charte de discussion pour connaître les règles qui régissent les conversations sur ce site.

Les Anarchistes Relationnels... Et les autres.

Témoignage
#
Profil

Albaboun

le vendredi 11 novembre 2016 à 23h36

Bonjour toutes et tous...

Pardon avant tout pour ce titre clivant! Je déteste catégoriser les humains et humaines dans des groupes, des cases, mais le sujet dont j'ai envie et besoin de parler le nécessite pourtant, je crois.

En sillonnant le forum, de ci de là, j'ai lu nombre de témoignages, j'ai même réagis à certains. Aujourd'hui j'aimerai discuter avec d'autres des fonctionnements qui sont les miens. Je me définis comme anarchiste relationnel et ne souhaite pas vivre de relation duelle, quotidienne. En fait, je suis très souvent isolé et à distance d'autres humain-e-s. Je vis seul, passant souvent plusieurs jours sans sortir.

Je vis des relations fortes, intenses, sexuées ou non, régulières ou non, mais l'entité "couple" ne fait pas partie de mon imaginaire ou de mes possibilités. Ma situation amoureuse et affective est actuellement assez stable. J'ai des liens affectifs/amoureux avec trois personnes, depuis plus trois ans pour la première relation, plus de deux pour la seconde et plus d'un an pour la troisième. Une rencontre prends du temps pour moi.

Venons en au faits... Je ne sais pas et ne veux pas hiérarchiser ces sentiments/relations. Quoi qu'on en pense, ces liens sont pour moi aussi importants les uns que les autres. Je ne comprends pas la jalousie... Dit comme ça c'est un peu bizarre, sur un forum qui traite si souvent de ce sujet... Je ne vis concrètement pas la jalousie. Par contre, j'en subis régulièrement les effets, d'une façon ou d'une autre, ce qui peut m'amener à être dur, agressif ou blessant, lorsque je me sens victime des personnes qui l'exercent.

Il me faut développer l'une des situations que j'ai vécu récemment pour être compréhensible. La personne avec qui je suis en relation depuis deux ans vit actuellement une "nouvelle" relation... Nouvelle est entre guillemets car cela fait maintenant six mois. Cette relation semble belle et épanouissante, ce qui m'a comblé de joie jusque là, puis les choses se sont compliquées.

Ce nouveau partenaire fait partie des nombreuses personnes (comme il s'en trouve ici), qui n'est pas opposé au relations multiples, tout en étant sujet à la possessivité et à la jalousie. Ma partenaire s'est éloignée géographiquement, pour raisons professionnelles, peu avant que cette relation débute. Lorsque cette relation à débuté, elle semblait joyeuse et enthousiaste, ce qui a induit que je l'étais aussi! Le passé que je choisis vous laisse imaginer que je le suis moins désormais.

Après quelques semaines de sa nouvelle relation, le moment que nous avions prévus pour que je vienne passer un peu de temps avec mon amoureuse approchait... Mais en l'évoquant avec elle, c'était désormais compliqué. Son partenaire n'y était pas opposé, mais il avait peur d'y être confronté, il avait besoin de temps. J'ai donc annulé mon voyage pour respecter ses/leurs besoins. Ensuite, nous avions évoqué de nous rencontrer plus loin de chez elle, mais sa situation professionnelle ne lui permettait pas vraiment de s'absenter. Il nous fallait donc remette à plus tard la possibilité de se voir. D'ailleurs, son compagnon étant un peu sensible à ce genre de situations, il était préférable que j'écrive par texto plutôt que d'appeler, ce qui lui permettais de choisir un moment adapté pour qu'on s'appelle tranquillement. Comme ils travaillent ensemble, cette situation est valable a toute heure. Les semaines et les mois se sont donc égrainés ainsi, parsemés de longues discutions téléphoniques ou je l'aidait à relativiser des choses, à garder confiance en elle, ainsi qu'à ne pas se sentir coupable.

Puis, il y a peu, est venu le moment pour elle de prendre des congés. Elle à donc pu quitter son lieu de travail et se rapprocher de moi ainsi que de ses amis. Nous avons donc pu passer quelques jours ensembles et avons beaucoup discuté. Cette relation lui plaît et lui apporte beaucoup, ce que je respecte donc, forcément. Mais cela induit "temporairement" une "exclusivité" pour son compagnon, ce qu'elle choisi de respecter. Nos retrouvailles, bien que fortes et intenses, ont donc aussi dû être distantes et parfois froides, car elle respecte les attentes et les peurs de son compagnon... Ce que je respecte encore une fois. Mais pour elle, la nature de notre relation et de nos sentiments n'a pas changée. Cette adaptation définie sans durée déterminée, n'est donc pas définitive.

Ces moments, riches et intenses, ont également été très compliqués à gérer pour moi. Elle ne sais pas du tout où elle en est, ne sais pas si cette relation sera durable, ne sais pas quelle forme elle revêtira demain... Mais il me faut prendre mon mal en patience pour que notre relation reste intacte, au cas ou la forme qu'elle à connue par le passé retrouve une place dans sa vie.

Je disais plus haut ne pas connaître la jalousie... En effet, pour moi, la relation que j'ai avec ma partenaire nous appartiens, alors que celles qu'elle pourrait avoir par ailleurs lui appartiennent, ainsi qu'aux personnes concernées. Tout ce qu'elle vit, fait, dit, partage, en dehors de notre relation ne m'affecte donc pas. Je n'ai pas de gène ou de réaction émotionnelle à ce qui existe par ailleurs. Mais j'attends une certaine réciprocité (naïvement, c'est l'histoire de ma vie).

Malgré mes fonctionnement et mon attente de réciprocité, je suis toujours prêt à la discussion. C'est pourquoi, si l'on me le demande, j'accepte les conséquences sur notre vécu des éléments qui ne m'appartiennent pas. J'ai d'ailleurs, dans cette situation précise, fait beaucoup de concession pour le besoin de son autre partenaire. Mais si je considère que les "territoires affectifs" de sa vie qui me sont étrangers ne me concernent pas, cela se relativise lorsque survient une incidence sur notre "territoire affectif".

Lors d'une situation inversée, j'ai été confronté à la demande d'une autre personne de choisir... Sur le mode: "c'est elle ou moi!". La situation à été très compliquée à gérer, mais je me suis refusé à ce choix. Comme je peux l'attendre des autres, j'ai fait comprendre cette notion de "territoire affectif", ce qui a pris beaucoup de temps, de discussions, avec son lot de moments difficiles. Une personne avec qui j'ai une relation est légitime de tout exprimer au sein de notre lien... Elle peut faire valoir ses attentes, affirmer ses besoins, exprimer ses envies, décider si les réponses que je peux y construire conviennent ou non... Mais pas agir sur l'existence des autres "territoires affectifs" qui lui sont étrangers.

Pour revenir à la première situation que j'évoquais, je me trouve donc en position "d'amoureux en veille". Je dois accepter que ma partenaire doit effacer actuellement ce qui existe entre nous pour faire exister son autre relation... Tout cela, bien entendu sans garanties ou durée définie. Cette situation me remplis de tristesse et de colère, je la vis comme une injustice. Ce n'est pas de la jalousie!... Je n'ai rien contre son autre relation en tant que telle, j'en ai après les conséquences que cette autre relation accepte d'induire sur la notre.

Bref, je me sens utilisé, nié, alors que je crois pourtant en la bonne fois des autres personnes concernées. Cette situation n'est malheureusement pas une première pour moi. Je crois que les anarchistes relationnel-le-s, les personnes tolérantes, celles et ceux qui ne sont pas sujets à la jalousie, semblent "plus fort-e-s" ou plus "détaché-e-s" que les autres... Et à ce titre, celles et ceux qui entrent en relation avec se croient légitimes à induire des situations qui seraient intolérables dans d'autres circonstances. J'ai accepté les contraintes les unes après les autres pour protéger son nouveau compagnon, pour la protéger elle, pour protéger leur relation... Mais aussi évidemment la notre. Et je me sens désormais totalement oublié dans cette histoire. Qui est près à la moindre concession pour me protéger moi? Encore une fois, je suis une fraction congrue qui sautera peut-être au fil des aventures... Mais qui s'en soucie.

Un grand merci à celleux qui liront ces derniers mots... Il fallait vraiment en avoir envie pour venir à bout de mon récit!
Bises.

Message modifié par son auteur il y a un an.

#

OliveF (invité)

le samedi 12 novembre 2016 à 00h13

Bonjour. Je ne crois pas qu'il soit judicieux d'opposer les anarchistes relationnels vs ceux qui fonctionnent autrement, avec les uns qui utiliseraient les autres, qui souffriraient plus que les premiers... Chacun a ses difficultés, chacun d'entre nous essaye de faire du mieux, personne n'est supérieur aux autres parce qu'il n'est pas jaloux.
Je ne connais pas ton amie, mais peut-être qu'elle souhaitait autre chose. Peut-être qu'elle souhaitait une relation 'primaire', un couple et une vie quotidienne avec quelqu'un, ce que tu n'es pas en mesure de lui apporter puisque tu ne conçoit pas les relations comme ça. Du coup, elle donnerait plutôt la priorité à cette relation qui lui apporte ce qu'elle recherche.
Il est normal que tu sois en colère, néanmoins ça peut arriver à tout le monde que nos envies ou besoins changent au cours du temps. Ce n'est pas pour autant qu'elle t'a utilisé. Là encore je ne la connais pas, mais peut-être qu'elle s'est rendue compte en cours de route que le modèle d'anarchie relationnelle ne lui convient pas finalement...
Courage pour la suite

#
Profil

Albaboun

le samedi 12 novembre 2016 à 00h56

Tu as tout à fait raison (+) ... Ma façon de m'exprimer donne sûrement a penser que je fais des jugements de valeur, ce qui n'est foncièrement pas le cas. Je ne souhaite pas dire que l'un est mieux que l'autre. Je ne crois pas non plus avoir été sciemment utilisé. C'est pourquoi je souligne que je crois en la bonne fois des autres dans cette histoire. :-)

Je me sens émotionnellement blessé, mais je ne crois pas que quiconque ai souhaité le faire. En fait, c'est justement la deuxième partie de ton propos que j'ai du mal à partager, ou à accepter. Je n'arrive pas à croire que les gens changent vraiment, ni même que leurs besoins changent. Et pourtant, il semble que ce soit le cas de beaucoup. Je me sens tellement différent ou étranger aux fonctionnements des autres que je réagis mal à ce qui me semble incompréhensible ou factice, a tors ou a raison.

Personnellement, mes croyances et mes convictions font partie intégrale de ce que je suis... Mes fonctionnements et mes besoins sont donc plutôt stables, si ce n'est gravés dans le marbre. Et même si je peux totalement comprendre les évolutions de la situation, je les trouve injustes. De mon coté, j'agis généralement en accord avec ce que je crois, quitte à prendre des risques ou à y perdre. J'aurai voulu que ma partenaire se positionne de façon plus tranchée, en choisissant soit d'adopter totalement la non-exclusivité de son nouveau partenaire, même s'il faut mettre un terme à notre relation... soit en lui imposant l’existence de notre relation, qu'il choisisse entre elle et l'exclusivité. Cet intermédiaire ou je reste disponible si besoin sans mériter aucune attention ou concession est rude à avaler. Mais je sais pourtant que tu as raison, que les choses ne sont pas aussi manichéennes que je veux bien l'admettre.

Désolé d'ailleurs si mon ton est dur ou difficile a recevoir, c'est l'émotion qui l'emporte sur la forme.
:-/

Message modifié par son auteur il y a un an.

#
Profil

Apsophos

le samedi 12 novembre 2016 à 14h28

Albaboun
Je n'arrive pas à croire que les gens changent vraiment, ni même que leurs besoins changent. Et pourtant, il semble que ce soit le cas de beaucoup.

Ben ça dépend si tu fais une différence métaphysique (tu parles de croyance...) entre les besoins d'une personne et la perception que cette personne a de ces besoins (parce que c'est bien connu, les gens ne savent pas ce qu'ils veulent) qui, elle, me parait tout à fait muable.
(moi je n'en fais pas)

#
Profil

Albaboun

le lundi 14 novembre 2016 à 02h06

Hello, je parle effectivement de croyance car tout système de pensées me semble par nature dépendant d'un système de croyances... Et comme il est rare que je pense savoir (je pense en fait que la certitude est très généralement la certitude de se tromper), je formule généralement les choses sous forme de "je crois".

Dans ce cas précis, ce sont certainement les typicité de ma personne qui s'expriment, celle qui font socialement de moi un "adulte handicapé". Je suis "catégorisé" psychologiquement comme a-pragmatique... Ce dont je dois admettre une certaine véracité. Mais je crois profondément que le mal de notre société est un nombrilisme généralisé et une "versatilité constante"! ( ;-) j'aime bien cet oxymore, je garde)

Je crois que l'individualisme forcené qui s'inscrit dans toutes les interactions sociales et les comportements contemporains est la porte d'entrée à cette perception changeante de nos besoins. Dans une réalité ou nul autre ne se souciera de "nos besoins", ou la règle est le chacun pour soi et la compétition, nos besoins paraissent changeants et nous apparaissent plus ou moins selon les contextes.

Pourtant (c'est sûrement l'un des éléments qui rends ma compagnie difficile et me rends la compagnie des autres complexe également), je crois qu'avec un peu d'écoute de soi et une analyse contextuelle cohérente, on peut clarifier ses perceptions de besoins ou d'attentes, ce qui permet de se rendre compte qu'ils sont constants et stables. Ma pensée se construit aussi globalement que possible de façon systémique. Mes attentes sont donc définies en fonction de mes besoins ainsi qu'en fonction de ce que j'imagine pouvoir interférer avec. Ce qui induit que mes attentes peuvent partiellement évoluer pour tenir compte empiriquement de mes expériences... Mais leur marge d'évolution est somme toute relativement faible.

Par exemple, aujourd'hui, je réfléchis à accroître encore un peu mes attentes en terme d’auto-définition d'une personne dont je me rapproche affectivement... J'envisage de renforcer encore un peu les critères de correspondance en terme de projection affective/amoureuse. Une personne "sensible", "ouverte" ou "proche" de mes fonctionnements ne me semble plus suffisant. J'en viens à envisager qu'il me faut être sûr que la personne se "définisse" comme opposée à la hiérarchisation des relations, etc. Mes besoins n'ont pas changés, pas plus que leur perception, ni même mes attentes en terme de réciprocité d'attention et de respect mutuel des besoins de l'autre... J'ajoute juste une nouvelle étape de sélection de compatibilité affective/amoureuse à l'égard d'un autre être humain.

Je reste totalement perplexe devant mes congénères qui semblent fluctuants, qui se découvrent et évoluent au fil des éléments. Je les crois responsable de notre incapacité commune à faire société, à définir des lignes de conduite durables, à améliorer la justice sociale et l'équité... Bref, je leur demeure étranger et illes restent étranges à mes yeux. A quoi servirait de se connaître soi-même, si l'on étaient instables et entourés d'être fluctuants eux aussi?

Message modifié par son auteur il y a un an.

#
Profil

blubot

le lundi 14 novembre 2016 à 03h14

La situation que tu décris m'a rappelé certaines dans lesquelles j'ai pu me trouver (je pense qu'il y a d'autres personnes sur ce site qui auront aussi pû se reconnaître dans tout ou partie de ton récit).
Mes expériences personnelles proches de la tienne ne sont pas conclues en ma faveur, pour ne dire que ça. Mais je ne pense pas que ce déroulement soit universel.
Je partage également ta vision de l'anarchisme relationnel, une bonne partie de ton incompréhension sur les fonctionnement des "autres" et une plus petite partie sur la jalousie.
Je n'ai pas vraiment de conseil à donner mais personnellement, j'essaie d'avoir le moins d'attentes possibles et ce en tout type de relation. Cela ne m'empêche pas de désirer des choses et des personnes. La différence réside dans le fait que je n'en "veux" pas aux autres lorsqu'ils n'agissent pas comme j'aurais souhaité qu'ils le fassent.
Je sais ce que c'est que d'attendre, comme en sursis, ne sachant pas si l'épée de damoclès tombera ou pas. Je connais aussi cette injustice quand d'autres te font vivre, volontairement ou non, des situations qu'ils ne seraient pas permis avec d'autres (peu importe le prétexte). C'est presqu'encore plus injuste quand ce n'est pas fait exprès, car on ne peut pas blâmer ceux qui en sont à l'origine.
Mais c'est peut être aussi une piste que de ne blâmer personne (je ne dis pas que c'est ce que tu fais).

Si je comprends bien, ta colère vient de l'injustice de la situation. Or, sans prétendre apprendre quoi que ce soit à qui que ce soit, l'injustice fait partie du monde comme son inverse. D'ailleurs les choses et les situations ne sont ni "justes" ou "injustes", elles "sont", elles existent simplement. C'est nous qui leur appliquons un filtre déformant en les jugeant ou en les ressentant "justes" ou pas.
Peut être que si tu voyais tes attentes comme des "préférences", tu en diminuerais les effets négatifs lorsqu'elles ne sont pas au rendez-vous.
C'est toujours plus facile à dire qu'à faire mais que peut-on faire d'autres que de travailler sur soi quand on a fait le maximum avec les autres?
N'abandonne pas mais n'attend pas non plus de miracle!
Bon courage pour la suite!

#
Profil

Albaboun

le lundi 14 novembre 2016 à 18h53

Merci pour ta réaction @blubot,
Je suis d'accord avec ce que tu dis. C'est peut-être d'ailleurs pour cela que j'écris mes ressentis et sensations d'injustices... Pour permettre l'existence de ces ressentis, car dans les actes comme en pensée, je ne les ferais pas exister. La pensée rationnelle, qui ne me permet pas de reprocher aux autres leurs choix, prendra le dessus, avec l'espoir de vivre d'autres choses plus positives. Même si je ne comprends pas toujours le pourquoi ou le comment, je n'imagine pas légitime de juger les actes des autres, comme je refuserai qu'on le fasse des miens. L'écris est donc, pour moi, le moyen de laisser s'exprimer ces ressentis, sans pour autant leur donner de pouvoir d'agir sur cette relation en particulier, ni sur mes actes envers les autres en général.

Merci encore pour vos réactions.

#
Profil

LuLutine

le mercredi 16 novembre 2016 à 22h38

Bonsoir @Albaboun ,

Tu dis que tu es anarchiste relationnel car tu ne souhaites pas de quotidien avec quelqu'un, je voulais préciser qu'en tant qu'anarchiste relationnelle je ne suis pour ma part pas opposée à cette possibilité. Tout est question de personnes, de circonstances...

Je répondrai plus amplement sur le reste une prochaine fois...car j'ai encore d'autres choses à dire. :-)

#
Profil

Albaboun

le jeudi 17 novembre 2016 à 00h51

Bonsoir, je ne l'ai pas écris comme ça, je ne veux pas de relation duelle et quotidienne... Je suis forcément passionnel et un peu fusionnel dans les relations... Ce qui fait que si c'est quotidien, on se noie et se perds. Enfin ce n'est que mon vécu propre, ces perceptions et difficultés ne sont que les miennes... Et pas inhérentes a tout lien amoureux ou affectif.

#
Profil

Albaboun

le jeudi 17 novembre 2016 à 01h08

Je développe un tantinet plus, en fait... Avant mes 21 ans, j'ai vécu consécutivement deux relations très fortes, très fusionnelles. Elles étaient exclusives, de fait, pas par choix, mais ont été tellement douloureuses au final que j'ai choisi ensuite de m'abstenir de toute relations amoureuse durant une décennie.

Depuis près de 4 ans, j'ai renoué avec les liens affectifs et amoureux. Mais a nouveau, les deux fois ou j'ai vécu une relation forte en habitant le même espace, les enjeux affectifs, les douleurs, les violences reçues (pas exercées sciemment, mais des situations vécues comme violentes par l'un ou l'autre) ont pris le pas sur les points positifs.

Du coup, j'ai sûrement très mal formulé la chose, le car n'est pas bien placé ou choisi, mais je ne veux plus d'une relation quotidienne et duelle. Le fait que je sois anarchiste relationnel est parallèle mais pas forcément en lien de cause a effet. Cela évoluera peut-être avec le temps mais j'en suis là.

#
Profil

Albaboun

le jeudi 17 novembre 2016 à 01h11

Merci Lulu pour ta remarque, qui m'aura permise de reformuler... :-)

#
Profil

LuLutine

le jeudi 17 novembre 2016 à 14h45

Albaboun
Du coup, j'ai sûrement très mal formulé la chose, le car n'est pas bien placé ou choisi, mais je ne veux plus d'une relation quotidienne et duelle. Le fait que je sois anarchiste relationnel est parallèle mais pas forcément en lien de cause a effet.

Oui, c'est aussi ce que je voulais dire.

Ta phrase pouvait laisser penser que "être anarchiste relationnel" => "ne pas vouloir de relation quotidienne" alors que ce n'est pas forcément vrai :)

#

(compte clôturé)

le jeudi 17 novembre 2016 à 17h13

@Albaboun
quelques observations. Pour ma part, j'aurais plutôt tendance à penser que le polyamour est fils/fille de l'individualisme, je vois pas une société vraiment holiste intégrer sereinement et visiblement des relations non exclusives à égalité entre hommes et femmes. Il y a un JE, qui ne reconnait pas à l’autre le droit de m’interdire d’aimer ailleurs(le petit autre : mon amant mon amoureuse ou le grand autre : la Loi, l’Eglise, la société, l’Etat, la communauté…).
Sur un autre registre, il est courant chez beaucoup de gens de croire qu’on ne change pas ou pas vraiment, que nos partenaires ou amis vont rester les mêmes ; c’est faux et pour tout un tas de raisons qu’il conviendrait de développer (plasticité synaptique jusqu’au dernier souffle, modification de l’expression des genes par l’environnement, le stress) et au-delà de tous ces vilains mots parce que l’être humain est une machine à apprentissage, modelée par ses expérience s de vie bonnes et moins bonnes et ses choix.
Même si tu fais le choix de la stabilité et de la prévisibilité personnelle, ton environnement connaitra volontairement ou pas (je n’assimile pas changement et libre arbitre) des changements, certains radicaux, d’autres qu’il sera possible d’accompagner en douceur ; mais attendre de la stabilité de la vie (amoureuse notamment) me paraît déraisonnable et un peu illusoire ; le polyamour peut être un choix de vie, mais ça peut n’être aussi qu’une option parmi d’autres.
Dernier point, même et peut être surtout dans une société hautement individualiste, certaines personnes vont changer de priorité, de goût, vieillir, décider de rebattre les cartes de leur vie et de les jouer autrement ou revenir à un vieux schéma au contraire : j’appelle cela des attracteurs étranges existentiels. Rien ne prémunit une telle de revenir au célibat, un tel à la vie de couple classique, un tel de donner la priorité à son couple sur ses amis, à ses amis sur ses amantes, ces attracteurs organisent parfois la vie sur de plus ou moins longues périodes avec une belle stabilité, indéfiniment je n’y crois pas, ce serait trop simple.

Message modifié par son auteur il y a un an.

#
Profil

Albaboun

le vendredi 18 novembre 2016 à 05h13

J'entends et comprends ton propos, mais ne le partage pas forcément. Il est toujours trop simple d'extrapoler des hypothèses générales soi disant logiques ou avérées... Ça vaut avant tout pour moi! ;-)

Mais bon, le débat d'idée, surtout écrit, impose forcément l'usage de raccourcis parfois un peu capillotractés... Et vu ma tignasse, je sais que ça peut faire mal! Cependant, je crois que l'exercice de l'utopie peut, voir même parfois doit, faire abstraction du concret et des fameux "principes de réalité. La réflexion sur une société différente n'as de limite que les choix et acceptation qui peuvent s'envisager à l'échelle d'un groupe. Et je crois, au risque de me tromper, qu'une société alternative basée sur des choix collectifs pourrait intégrer ou non l'exclusivité.

Sur l'égalité entre homme et femme, que tu as subtilement glissé, je crois aussi que c'est une base tout a fait possible, si choisie. Ramener un exemple perso n'est en aucun cas force de loi, je sais bien, mais dans mes relations interhumaines, les hommes et les femmes avec qui j'ai des relations privilégiées ont les mêmes droits et devoirs. Je développerai même que deux de mes partenaires ont plusieurs autres relations, dont je connais certain-e-s partenaires.

Du coup, je ne suis pas d'accord sur l’inévitable JE. Je suis d'accord sur le fait qu'il existe et même domine aujourd'hui, mais pas comme "fondement des interactions humaines". Même si les émotions peuvent entacher mes propos de plus de connotations agressives ou péjoratives que je ne le voudrais, dans l'exemple que je citais, je n'en ai pas voulu à ma partenaire d'aimer quelqu'un d'autre... Mais il m'aurait été beaucoup plus simple que sa positions soit plus affirmée. Si son choix est de s'investir dans une relation exclusive et qu'elle souhaite durable, c'est ce que j'aurais aimé entendre. Ses propos sont encore aujourd'hui plutôt de l'ordre de "je t'aime, je l'aime, mon amour pour lui ne me permet pas de vivre mon amour pour toi, je souhaite vivre et profiter de l'instant, légèrement, joyeusement, sans choix ou acte trop définitif. Je suis dépassée par les événements et ne sais pas quoi faire"... Propos entendables, pour beaucoup d'oreilles, dont les miennes, mais qui perd un peu en recevabilité au fil des mois qui s’égrainent. L'instantéisme me plaît, relativement, mais vient parfois buter sur la réalité d'un instant qui dure. Mais je sais que je suis chiant et en demande beaucoup.

Sur ce qui est de la stabilité, on ne s'est pas bien compris, en partie, je crois. Je suis très souvent perçu par les gens que je côtoie comme totalement imprévisible, ce qui remet en cause ma stabilité... Je dirais même qu'au regard des instances administratives et médicales, je suis totalement instable, mais il m'arrive peut-être aussi parfois d'en jouer. Ce que je veux dire, c'est que je ne parlais pas de stabilité en terme de monotonie ou de sécurité, mais en terme de principes, d'idéaux et d'objectifs, mais encore et surtout de manière d'être en lien, en rapport, en interaction avec les autres.

C'est aussi un risque et une mise en danger, parfois, mais la volonté d'appliquer des codes relationnels fondés sur des principes, quel que soit l'interlocuteur, qu'ille les partage ou pas, me parait aussi essentiel. Dans cette réalité ou les interactions humaines sont empreintes constamment d'hypocrisie, de faux-semblants et autres manipulation... C'est peut-être un choix dangereux et atypique, mais aussi essentiel pour moi. Je préfère avoir l'air d'un fou qui me ressemble, que l'air de la moyenne des gens que je croise. Quand j'étais éduc, j'ai vraiment compris mon décalage en constatant que je me sentais entouré de pairs et "d'amis" auprès de ceux qui sont considérés comme handicapés, alors que je me sentais étranger au milieu des "gens normaux".

Tout ça pour dire que la réalité change, nos actes et nos choix peuvent changer, ce qui ne me donne pas forcément l'impression que nos valeurs, nos principes, qui font de nous ce que l'on est, doivent forcément changer.

Merci pour vos lectures et commentaires en tout cas.

Message modifié par son auteur il y a un an.

#
Profil

LuLutine

le samedi 26 novembre 2016 à 14h03

Albaboun
"je t'aime, je l'aime, mon amour pour lui ne me permet pas de vivre mon amour pour toi, je souhaite vivre et profiter de l'instant, légèrement, joyeusement, sans choix ou acte trop définitif. Je suis dépassée par les événements et ne sais pas quoi faire"... Propos entendables, pour beaucoup d'oreilles, dont les miennes, mais qui perd un peu en recevabilité au fil des mois qui s’égrainent. L'instantéisme me plaît, relativement, mais vient parfois buter sur la réalité d'un instant qui dure. Mais je sais que je suis chiant et en demande beaucoup.

Non, je ne trouve pas que tu sois "chiant", ni que tu en demandes tant que ça, je pense que je réagirais de la même façon.

Si j'ai besoin que les aspects concrets d'une relation soient éclaircis, pour moi le discours "je t'aime mais en ce moment ma relation avec une autre personne m'empêche de vivre notre amour" ressemble surtout à un discours qui vise à ne pas assumer ses responsabilités. Et peut-être aussi, à garder l'autre sous le coude "au cas où". (Ce qui est inentendable pour moi, je ne suis pas une roue de secours, merci.)

Etre anarchiste relationnel-le n'empêche pas d'éprouver des besoins dans nos relations.

On a le droit de les affirmer, et de quitter les relations qui ne nous conviennent pas, et/ou de s'en éloigner pour repartir sur d'autres bases...

#
Profil

Albaboun

le mardi 29 novembre 2016 à 12h52

@LuLutine

Ben, en fait, c'est exactement ce dont je crois avoir besoin pour le moment. Construire un peu plus de confort psychique, émotionnel et affectif. J'ai démarré un travail psy de fond, après n'avoir trop longtemps su que réagir à l'urgence... Il est temps que je trouve un peu de bien-être.

Ce qui est drôle, c'est que mon inscription sur le site correspond au moment où je décide de réduire mes relations amoureuses. Ne reste aujourd'hui que la première relation, qui m'as décidé à adopter les relations non-monogames, lors de mon rapprochement avec une femme qui pratiquait ces formes de relations depuis longtemps. J'avais jusqu'à sa rencontre toujours pensé que si j'aimais l'idée ou le concept, ce serait bien trop compliqué à vivre pour moi. Il y avait sans doute un fondement réaliste à cette perception... Tant que je ne suis pas suffisamment bien psychiquement, les enjeux relationnels sont bien trop complexes. Si j'avais choisi d'être asexuel aromantique durant près d'une décennie, entre 20 et 30 ans, ce n'était pas pour rien.

Cela produit pour moi une situation peut-être atypique, je rencontre le "milieu poly" avec la ferme intention de ne pas m'engager ou m'exposer à une quelconque nouvelle relation amoureuse ou sexuée... Pour un moment qui durera aussi longtemps que je cheminerai dans mon parcours de soins. Je ne veux pas me sentir bien "a travers les yeux d'un-e autre", mais tout d'abord me sentir bien avec moi-même. Si je veux réfléchir, découvrir des expériences vécues par d'autres, pour construire un jour une forme relationnelle qui me convienne, ça me semble incompatible avec ma réalité présente.

Concernant la relation décrite au départ de la discussion, j'ai eu besoin d'exprimer mes difficultés et ma volonté de ne pas la considérer comme "en veille" mais comme terminée, sous sa forme amoureuse. Mais paradoxalement, me connaissant un peu, les liens et l'affection qui sont nés chez moi ne me quitterons pas... Ce qui sous entends que si elle revient vers moi avec le souhait de retrouver notre relation, je ne m'y opposerai pas. Si j'ai un imaginaire de relations qui ne seraient pas affectées par le temps ou la distance affective, je crois que c'est lié au fait que les sentiments qui s'inscrivent en moi le font définitivement... Ce qui correspond finalement à peu près exactement à ce qu'elle a formulé. C'est donc sûrement le fait d'exprimer le manque de considération que j'ai ressenti dont j'ai eu besoin. Malgré une formulation différente, elle me connais suffisamment, je crois, pour savoir qu'elle a raison sur le fond, même si je ne pouvais accepter la forme de cette situation...

Je vais en tout cas effectivement travailler sur les bases, voir la première des bases, trouver un peu de tolérance et d'acceptation de moi même, avant d’essayer de trouver des bases justes et viables avec d'autres.

Message modifié par son auteur il y a 12 mois.

#
Profil

Albaboun

le mardi 27 décembre 2016 à 10h18

Bonjour à tou-te-s,

Je réalimente ce fil de discussion, car j'aimerai confronter ce que je ressens avec des regards extérieurs. Je considère souvent que le temps qui passe lisse les ressentis, les situations, ce qui aide à trouver plus de justesse ou de confort/sérénité... Mais dans la situation que j'avais raconté dans ce fil, le temps qui passe ne me rends que plus perdu et n’entraîne que des ressentis plus violents, paradoxaux, que je considère inadaptés et destructeurs, pour moi. Pour celleux qui rejoindraient le fil sans prendre le temps d'en lire le début, mais peut-être aussi pour clarifier mes idées, je redéveloppe un peu cette situation.

J'évoque ici une relation débutée il y a plus de deux ans. Nous avons habités ensemble huit mois, avec ma partenaire, mais pas par volonté. Nous avons emménagés dans un internat pour une formation, puis sommes tombés amoureux rapidement, en quelques semaines. Les enjeux affectifs de la cohabitation ont étés difficiles pour moi. Cette situation a mis à mal l'autre relation que j'avais avant cette rencontre, heureusement sans y mettre un terme, mais en déclenchant tout de même beaucoup de souffrance.

J'ai quitté l'internat avec mon diplôme, mais profondément dépressif, pour finir hospitalisé quelques mois après. Cette état dépressif m'appartient, je suis soigné pour cela avec médicaments depuis plus de 15 ans, ainsi que psychologiquement depuis 25 ans. Les personnes de mon entourage social ou affectif n'en sont en rien responsables. Cependant, ce mal-être teinte ma vie et donc forcément mes liens affectifs.

La personne avec qui je suis entré en relation à l'internat à souffert elle aussi de mon mal être. Durant près de dix mois, après cette formation, nous nous sommes vus épisodiquement, quelques jours par mois ou parfois par deux mois. Nos sentiment étaient forts, mais le fait que je sois réfractaire à son désir d'enfant me laissait imaginer que j'étais en sursis. Dans le même temps, comme je percevais qu'elle souffrait de me voir mal, j'étais distant et imaginais que la tenir à distance était une façon de "nous protéger" et de lui permettre de vivre une potentielle rencontre qui lui permette la réalisation de son désir d'enfant.

Il y a sept ou huit mois, elle s'est installée dans une activité professionnelle à plusieurs centaines de km. Puis elle est tombée amoureuse d'un collègue, avec qui ses projections semblent peut-être possibles. Elle m’a demandé de rester à distance, sans pour autant rompre la relation existante. La nature de la relation a de fait changée, car son compagnon est plutôt exclusif et jaloux. Nous ne nous sommes donc plus vus. Mais pour autant, les sentiments que j'ai pour elle sont toujours là. Je ne sais pas vraiment ce qu'elle ressent car la communication est depuis difficile. Ou plutôt, j'ai l'impression qu'elle ressent des choses tellement paradoxales que je ne sais pas quoi en faire.

Durant les six premiers mois, je n'avais pas conscience de ce fort besoin d'exclusivité dans sa nouvelle relation. Les circonstances "matérielles" ou extérieures justifiaient dans ses propos qu'on ne puisse pas se voir. Nous nous sommes ensuite vus, il y a près de deux mois, lors d'une rencontre entre camarades de la formation que l'on a fait ensembles. Sa distance affective était évidente, nous avons beaucoup discutés. J'ai exprimé les sentiments et ressentis qui m'habitaient. Elle a exprimé vivre des ressentis et une situation pleine de paradoxes et être un peu perdue. Elle souhaite voir exister et vivre sa nouvelle relation. Nous nous sommes tout de suite accordés sur le fait d'en respecter la forme, qui induit en particulier une "fidélité" sexuelle, mais aussi un besoin de distance affective et émotionnelle avec moi.

Mais le paradoxe est qu'elle a également exprimée souhaiter voir exister notre lien, nos sentiments, etc... Je lui ai alors fait la demande de clarifier la situation, me concernant. J'ai besoin de savoir ce qui existe, ce qui est possible, ce qui ne l'est pas. Elle exprimais être perdue et ne pas pouvoir y répondre sur le moment, ce que j'ai compris... Je lui ai fait la demande de m'écrire, lorsqu'elle le pourrait, sa perception du présent de notre lien, ce qu'elle souhaite, ce qu'elle veut, ce qu'elle peut, bref, de définir un peu le cadre relationnel qu'elle peut imaginer avec moi. J'ai exprimé le souhait de savoir précisément ce qui peut exister entre nous... Pour l'adopter et m'y conformer, pour pouvoir faire le tri dans mes sentiments et ressentis... Que notre lien se transforme en relation d'amis, en relation amoureuse mais platonique, ou pas. J'ai exprimé souhaiter répondre à ce qui serait son besoin ou son souhait en tenant compte de ce qu'elle vit désormais.

J'ai besoin de percevoir un peu ce que devient notre lien et ce que peuvent être ou pas nos sentiments. Mais je comprends qu'il soit difficile pour elle de choisir ou se projeter simplement, de ressentir ou définir ce qu'elle veut et peut. C'est pour cela que j'ai exprimé également qu'elle avait le temps pour mettre au clair tout ça, de clarifier ce qui peut exister pour elle, entre nous. Mais depuis, les semaines passent, elle m'envoie un message de temps en temps disant ne pas avoir assez de temps seule ou de repos pour m'écrire plus amplement, ou pour savoir vraiment ce qu'elle souhaite ou ce qui peux exister.

Mon expression il y a deux mois ne lui à sûrement pas facilité la tâche, puisque j'ai dans le même temps exprimé les sentiments que j'ai pour elle et la volonté que notre relation évolue selon les besoins et contraintes de sa réalité. Mais j'ai besoin de mon coté que la situation avance un peu. Lors de notre rencontre, elle a exprimée tellement de choses paradoxales, entre ce qu'elle voudrai, ce qu'elle ressent, pour son compagnon, mais aussi pour moi, ce qu'elle désire ou ce qui lui semble impossible, que je suis depuis moi aussi totalement perdu. Je passe par des ressentis tellement contradictoires que j'ai parfois l'impression de me luxer le cerveau ou le cœur.

Elle a besoin d'être dans une relation exclusive avec son compagnon, c'est simple et ça définit notre nouvelle forme de relation, amicale. Elle est en même temps pleine de peurs sur cette nouvelle relation et refuse de se projeter, elle a besoin de temps et aimerai que notre relation n'en soit pas affectée. Elle a aussi exprimée ses sentiments et même son désir présent, pour moi, ainsi que les peurs que cela induit chez elle. Elle a exprimée vouloir voir exister notre lien sous sa forme passée, tout en imaginant que cela ne serait inévitablement affecté ou remis en cause. Bref, c'est tout de même assez complexe.

De mon coté, je ressens tout et son contraire, la raison et les émotions se confrontent constamment, tout en s'inversant régulièrement. Je ne veux pas lui mettre de pression, mais vit de plus en plus mal ce flou, plein d'incertitudes et de douleurs.

Que faire, que dire ou écrire? Avez vous un point de vue, des conseils, des suggestions?

Merci d'avance pour votre lecture et vos réactions le cas échéant.

Message modifié par son auteur il y a 11 mois.

#
Profil

joyeux-drille

le lundi 02 janvier 2017 à 01h05

salute....
de mon point de vue, je ne pourrais vivre une telle situation...trop d'énergie à dépenser ...pour rien...je ne comprends plus , est ce l'âge, voire la sagesse (allons y gaiement !) insister sur une relation ne me parle plus...l'amour se doit d'être simple., vivant, créatif..et il existe tellement de personnes seules...
J'ai perdu de nombreuses relations dans le passé avec tristesse...je n'ai envie désormais que de positif et j'essaye de m'en donner les moyens....thérapie psycho-corporelle indispensable, réflexions importantes sur la relation amoureuse, polyamour...et surtout communiquer...c'est le mot que je préfère depuis longtemps...
Ma vie est intéressante mais/et je galère aussi dans mon hétérosexualité...j'en accuse le libéralisme forcené qui pousse à la solitude forcenée aussi.
Je lutte à ma façon...
Bon courage

Message modifié par son auteur il y a 11 mois.

#

(compte clôturé)

le lundi 02 janvier 2017 à 14h39

@Albaboun Ce texte est touchant, mais étant donné que nous ne sommes pas immortels, je crois qu'il y a un moment ou en constatant qu'on passe plus temps à questionner une relation qu'à la vivre, il est salvateur de se demander tout d'abord si cette relation existe toujours (indépendamment des projections que ses protagonistes peuvent en avoir) et si l'exercice en vaut vraiment la peine (a tous les sens du mot "peine").

L'écueil ultime (j'ai donné là dedans dans ma jeunesse) c'est de se tromper d'objet, de se retrouver à être amoureux de l'idée d'être amoureux, ou d'être amoureux de la relation, ou de travestir en amour l'angoisse de la perte, ou...ou.. enfin bref de plein de choses dans lesquelles au fond "l'autre" n'a pas grand chose à voir, voire dont il est complètement absent.

Je crois qu’il faut se méfier des étiquettes (pour rependre le titre du fil de messages), les étiquettes, ça peut permettre de communiquer moins mal lorsque tout va bien mais ça ne protège de rien lorsque tout va mal. Un (vous pouvez remplacer par le genre qui vous plait) anarchiste relationnel amoureux, comme un polyamoureux.. comme un type banalement classique amoureux etc...c’est avant tout , surtout un type amoureux et un type amoureux c’est quelqu’un qui est en équilibre instable.
Le déséquilibre c’est parfois jouissif, pas toujours. Parfois laisser tomber les numéros d’équilibristes pour retrouver quelques temps la douce sensation de la terre ferme ça peut être bien.

Luc

Message modifié par son auteur il y a 11 mois.

#
Profil

Cinecitta

le lundi 02 janvier 2017 à 16h40

Il est evidemment utile et constructif de se questionner, de se plonger dans l'introspection, de sonder les meandres d'une relation, mais à trop vouloir s'y plonger, le risque est d'en perdre l'essence du lien en lui-même, voire de participer involontairement à sa détérioration...
Je suis d'accord avec "Joyeux-Drille", point de salut dans tout cela, si ce n'est la perte d'une énergie qui serait bien utile pour se ressourcer.
Je me suis reconnue "albaboun" dans les diverses réponses que ton amie tentait de te donner, et je peux sincèrement te dire aujourd'hui qu'il ne s'agissait que de tentatives maladroites de me mentir a moi-même et de ne pas affronter le fait que l'essence de la relation avait perdu de son evidence.
Vivre c'est choisir, et choisir c'est renoncer...j'ai appris a renoncer.

Répondre

Chercher dans cette discussion

Autres discussions sur ce thème :

Espace membre

» Options de connexion