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Pas le temps ... quelle est la solution ? Comment trouver l'équilibre ?

Témoignage
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(compte clôturé)

le mercredi 03 août 2016 à 18h00

Bonjour à toutes et à tous,

Polyamoureuse "débutante", je vous lis avec beaucoup d'intérêt depuis quelques semaines, et je viens, comme tant d'autres, chercher des "pistes", des perspectives et éclairages différents pour alimenter ma réflexion et m'aider (nous aider) à trouver un équilibre, à continuer à cheminer (ensemble de préférence :) ).

J'ai découvert le concept du polyamour il y a 6 mois environ, et j'ai bien vite réalisé qu'il correspondait à mes convictions et valeurs profondes (liberté de chacun, respect des aspirations, communication, et, évidemment, que l'amour que l'on porte à l'un ou à l'une ne diminue pas, n'empêche pas, celui que l'on porte à d'autres ... ). Etre, aussi bien conceptuellement que viscéralement, convaincue ne signifie pas que les embûches au quotidien s'évanouissent par magie ...

J'entretiens depuis 6 mois (je n'utilise volontairement pas "construction", car cela me semble actuellement vide de sens) une relation amoureuse dans laquelle j'arrive difficilement à trouver un équilibre, en tout cas pas de façon pérenne ...

Si j'ai bien compris tout ce que j'ai lu, ici et ailleurs, on pourrait décrire la situation comme ceci :

Je suis mono, sans enfants à charge, il est poly, vit avec sa compagne ainsi que leurs 3 enfants, et je représente pour lui une "relation secondaire". Il est donc évident que je dispose de beaucoup plus de temps et de liberté que lui, qu'il a des responsabilités/envies/contraintes légitimes que je n'ai plus, mes enfants ne vivant plus avec moi. Nous nous retrouvons donc face à un problème de temps, ou plutôt de manque de temps, pour notre relation, et je me sens extrêmement désarmée et vulnérable face à ce manque continuel. Nous arrivons à nous voir en moyenne un soir + une nuit en cours de semaine, ainsi que le vendredi soir (mais là, entourés d'amis auxquels nous tenons tous les deux, situation dans laquelle il nous est plus difficile de dialoguer ensemble). Le reste du temps nos échanges sont quasiment inexistants, le temps n'étant pas extensible ...

Je suis donc assaillie par un flot de questions qui restent sans réponses, et d'en parler tous les deux, souvent, n'a pas vraiment dissipé ce flou, même si ces discussions nous ont permis d'avoir quelques "certitudes", et non des moindres : nous sommes conscients de la qualité de notre relation, de l'importance qu'elle a pour chacun d'entre nous, de l'amour que nous éprouvons l'un pour l'autre.

Restent tout de même ces "parasites" qui bourdonnent à mes oreilles inlassablement (et oui, j'ai le temps de cogiter sans fin ...) :

. Est-ce que s'il existait dans ma vie une autre relation amoureuse, cela faciliterait l'équilibre ?

. Est-ce que mes envies/désirs de plus de temps ensemble sont légitimes ou trop "gourmands" ?

. Quel sens, quelle construction peut-on envisager quand cette relation se situe clairement "en dehors" de nos vies quotidiennes ?

. Peut-on concilier mon besoin de "plus" avec son manque de temps, sans que personne (compagne, enfants, amis ...) ne soit "lésé" ("déplacer" le manque ne me semble pas une solution saine...) ?

. Quel "compromis" trouver et par quel chemin y arriver ?

. Dois-je me "résigner" et accepter la situation telle qu'elle est (et comment y arriver) ?

Voilà donc une liste (non exhaustive ...) de mes interrogations ...

Merci d'avance pour tous vos commentaires, suggestions, réflexions ... :)

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gdf

le mercredi 03 août 2016 à 19h15

S'il a une famille a charge, effectivement, il ne doit pas avoir beaucoup de temps...
Qu'attend tu de cette relation ? comment la vois tu évoluer ?
Si tu passes d'un soir par semaine à deux, ne risques tu pas de vouloir en avoir 3 ? Et pourquoi pas toute la semaine ?
Es tu à l'aise avec le fait d'être la "relation secondaire" ? Espère tu devenir la relation primaire ?

Désolé, je réponds à tes questions par des questions, pour essayer d'en savoir plus. Avec les éléments que tu donnes, je dirais qu'il faut te résigner et accepter la situation. Si tu n'as pas ce que tu aimes, aime ce que tu as....

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bonheur

le jeudi 04 août 2016 à 13h17

Le facteur temps. Evidemment sujet délicat. Moi je suis comme Baya44, du temps j'en ai (je l'ai désiré ainsi, j'ai aménagé ma vie pour cela) et la cogitation va bon train. Celle-ci n'est pas toujours pertinente, surtout si l'on tourne en boucle sur un sujet précis et que l'on ne trouve aucune réponse, aucune solution.

Le lâcher prise, je ne connais pas, j'en suis incapable. Alors, l'option est de relativiser son obsession, son questionnement, en réduire l'importance. Donner plus d'importance aux belles choses et minimiser ce qui nous tracasse. Ne pas vouloir le parfait, il n'existe pas. Accepter la vie suivant les autres, sauf si cela va à notre encontre.

Ton amour a une vie de famille, ce qui est contraignant. Considérer comme une chance, comme un cadeau volé à la vie ce que vous partagez. Et puis, pourquoi ne pas, l'an prochain par exemple, projeter des vacances ensembles ? (en attendant, des week-end)

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Strega

le jeudi 04 août 2016 à 14h29

baya44, tu dis que tu es mono parce que tu n'as qu'une seule relation en ce moment ? (parce que plus haut tu énonces que la philosophie poly te parle et te convient)

Bon, alors, je suis une "relation secondaire" moi aussi. Et ce que tu traverses je connais (moi avec du temps, mes amoureux sans). La bonne nouvelle c'est que ça peut évoluer, aller mieux (pour toi, dans la manière de le vivre). La moins bonne c'est que ça peut prendre du temps.

Je trouve pas mal de pouvoir se voir une soirée/nuit par semaine déjà. Il y a une régularité, une forme de cadre qui peut être rassurant.
Mais je note la question des échanges quand vous ne vous voyez pas. De ce que je comprends tu manques d'occasion d'échanger sur des sujets de fond, voire essentiels pour la relation. Je crois qu'il doit être possible de vous aménager du temps par téléphone ou par écrit pour pallier ce manque. Certes le temps n'est pas extensible mais si le besoin est important on peut faire des aménagements temporaires.
As-tu demandé à ton amoureux s'il était possible de faire ce type d'aménagement ? (au cas où tu aurais fait les questions et les réponses toute seule en te disant qu'il n'a pas le temps donc que c'est pas la peine de demander)

Après pour répondre à tes questions :

- Est-ce que s'il existait dans ma vie une autre relation amoureuse, cela faciliterait l'équilibre ?

Oui ou non, ça dépend de l'autre relation (son intensité et la disponibilité de la personne). Honnêtement, l'équilibre pourra mieux se faire à mon sens si la relation est de type "primaire" (mais même avec ça, tu n'auras toujours pas d'enfant à charge, ce qui maintient le déséquilibre). Dans mon histoire, ajouter une ou des relations secondaires n'a rien changé.

- Est-ce que mes envies/désirs de plus de temps ensemble sont légitimes ou trop "gourmands"?

Ils sont forcément légitimes puisque tu les ressens. Maintenant, il faut savoir que chaque nouvelle relation génère une énergie particulière qui tend à biaiser nos envies et désirs. Une fois cette phase hormonale passée, ils peuvent reprendre une forme moins demandeuse.

- Quel sens, quelle construction peut-on envisager quand cette relation se situe clairement "en dehors" de nos vies quotidiennes ?

Le sens ne se voit pas forcément tout de suite. L'amoureux pour qui j'ai ressenti des choses similaires à celles que tu exprimes ici a joué longtemps le rôle d'un compagnon "émotionnel" même s'il n'était pas très présent physiquement. Essentiellement par nos échanges (très nourris) à distance. Aujourd'hui notre relation n'a plus ce sens premier là, mais même si on ne construit pas sur le plan matériel, je me rends compte qu'en presque 4 ans on a construit beaucoup en termes de confort affectif. On se connaît très bien, on s'épaule si besoin, il y a un vrai plaisir à savoir que l'autre est là, dans notre vie, même si on se voit moins. J'ai lâché prise sur le "plus de temps" et sur la place que je n'avais pas dans sa vie. Et ça va bien mieux pour moi comme pour la relation depuis.

Mon conseil si je peux en formuler un serait de te centrer sur toi, sur un autre point de ta vie qui te nourrit et te fait du bien. Une activité artistique par exemple. Plutôt que de penser "je veux plus de ceci ou cela avec mon amoureux", pense "comment je peux me faire du bien toute seule, qu'est-ce que j'aurais plaisir à faire, nourrir si j'étais célibataire" ? Et fais-le.

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(compte clôturé)

le vendredi 05 août 2016 à 18h40

Merci à toutes et tous pour vos retours, pour le temps passé à me lire et me répondre :). Vos suggestions et questions sont précieux même s'ils m'entraînent vers plus de questionnement, mais si je ne souhaitais pas approfondir et continuer ma réflexion, je n'aurais rien écrit ici ...

Voici ce que je peux, aujourd'hui, y répondre :

A gdf

. Je suis bien incapable de dire/écrire ce que j'attends de cette relation et comment je la vois évoluer ... Je sais par contre ce qu'elle m'apporte aujourd'hui (et je pense pouvoir dire que c'est réciproque sans beaucoup me tromper ...) : un vrai Bonheur (oui, oui, il mérite sa majuscule !), une sérénité, un amour fort et authentique ...

. 2 soirs par semaine, oui pourquoi pas, ça pourrait être bien (mieux ?). Quant à aller jusqu'à 3 ou à la semaine entière, c'est assez clairement non ... De ce que j'en sais, je ne vis bien au quotidien qu'avec moi-même ...

. Je n'ai aucun désir de devenir la relation primaire :

D'abord parce qu'elle existe déjà, que ce n'est pas moi, et que changer de "statut" voudrait dire que la relation primaire actuelle n'existe plus ce qui serait infiniment triste ...

Ensuite, j'aime la "légèreté" d'être la relation secondaire, le fait qu'elle soit libre de toutes obligations. On se voit sans contraintes, pas parce qu'on habite sous le même toit ou que l'on a des enfants en commun. Cela implique aussi que les moments que nous partageons sont de vrais instants choisis, voulus, dégagés de toute contingence matérielle ou quotidienne. Ils correspondent alors à une réelle envie d'être ensemble, vraiment, et jamais par habitude ou par facilité. Ce "confort", ces "bulles" en dehors de la réalité quotidienne génèrent une forme de sérénité (si l'on partage un moment ensemble c'est qu'on l'a voulu, qu'on en a tous les deux besoin/envie)

Et j'aime beaucoup ta dernière phrase "Si tu n'as pas ce que tu aimes, aime ce que tu as ...". C'est le cas, j'aime ce que j'ai ... même si parfois j'aimerais avoir plus de ce que j'aime :) !

A bonheur

Je ne dois pas connaître le lâcher prise non plus ... et pour le moment, je refuse d'arrêter de cogiter (j'en apprends chaque jour un peu plus sur les relations humaines et sur moi-même, ce qui me semble salutaire) et, surtout, je ne désespère pas de trouver un équilibre plus serein ...

Je suis pleinement consciente que la vie nous fait un cadeau, et combien il est magnifique. C'est aussi le but de ce post : préserver cet amour que je sais précieux, important, le faire grandir et évoluer de la plus belle façon possible (et je sais que je dois évoluer aussi pour y parvenir, changer de perspective probablement ...)

A Strega

Oui, je dis que je suis mono, par souci de compréhension parce que je n'ai qu'une seule relation et que je suis "novice" en matière de polyamour, mais, oui aussi, le polyamour me "parle" et me correspond (je crois ...).

Quant aux aménagements temporaires par téléphone ou par écrit, nous n'en n'avons probablement pas parlé de façon explicite, mais je pense qu'il est bien conscient de mon "manque" (ça, nous l'avons évoqué et je l'ai dit clairement ...). Pourtant, je ne me sens pas le "droit" de demander, exiger (quel vilain mot !) plus de temps, sans doute parce que je sais, pour l'avoir vécu, ce qu'est le manque de temps, et à quel point les sollicitations et la pression intempestive sont négatives et contre productives lorsque l'on court après les heures qui défilent trop vite ...

Merci aussi pour ce témoignage de ton expérience :) :
. Savoir que le temps peut m'aider/nous aider
. Me dire que j'arriverai peut-être aussi à lâcher prise sur le plus de temps
. Lire que tu as (vous avez) réussi à conduire une relation de même type sur un chemin plus apaisé

Quant à ton conseil de plus me centrer sur moi, j'avoue que c'est ma difficulté ... J'ai plutôt tendance à focaliser sur le manque, sur l'absence ... et cette quasi "obsession" finit par m'empêcher de réfléchir (j'ai encore du travail à faire sur moi-même :( et je m'y emploie !)

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oO0

le samedi 06 août 2016 à 10h55

Hey Baya,

comme ta priorité semble travailler sur toi-même, voici quelques pistes principalement sur le manque que tu as peur de vivre comme une "obsession".

Tout d'abord, ce caractère obsessionnel ne vient pas de toi, mais d'un conditionnement culturel d'une réalité affective tout ce qu'il y a de plus saine. Culturellement, le manque signifie que l'on désire la personne et correspond affectivement à un état passionnel. Là où la culture commence à déraper, c'est quand elle génère toutes ces interprétations qui font que le manque signifie que quelque chose fait défaut à la relation, ce qui crée de faux problèmes dont tu as visiblement conscience. Le manque est l'une des marques les plus évidentes du désir et ce manque peut être apprécié comme tel, le plaisir de désirer ou encore, de se languir de l'autre. Le manque est, ici, l'expression d'une mémoire affective, de l'importance qu'une personne prend ta vie : "Aime ce que tu as." La mémoire ne signifie pas l'obsession, sinon mieux vaut que nous devenions tous des poissons rouges. Par définition, la mémoire a lieu dans l'absence. Les moments d'absences constituent la meilleure occasion de prendre conscience de ce que l'on a, ce que tu fais très bien dans ton dernier post. Pas besoin d'aller chercher midi à quatorze heure, là, tu as l'occasion de reconnaître que tu es sur le chemin que tu souhaites faire dans ton travail sur toi-même et de t'enlever un peu de pression.

Message modifié par son auteur il y a 11 mois.

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oO0

le samedi 06 août 2016 à 10h55

Ensuite, si le manque signifie qu'il y a une envie de plus sans nécessairement signifier que quelque chose fait défaut à la relation, il ne signifie plus que simplement le potentiel de vivre plus que ce qui a été vécu jusqu'à présent. Bref, le manque signifie la possibilité d'un futur pour toi.

Message modifié par son auteur il y a 11 mois.

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oO0

le samedi 06 août 2016 à 10h55

Finalement, pourquoi voulons nous sortir du manque ? Parce que nous cherchons très vraisemblablement de ne pas rentrer dans une relation de dépendance affective. Du fait que ce manque tend à disparaître avec la phase passionnelle, la culture considère souvent que le désir n'est plus là alors que, justement, la relation a probablement acquis son indépendance affective ou encore, cessé de lutter avec les risques de dépendance. Bref, la question qui me semble s'imposer en définitive est comment tu envisages votre relation une fois que ce manque sera apprivoiser, qu'il ne te poussera plus irrésistiblement vers toi ? Qu'est-ce que cela signifiera pour toi, la fin de votre relation ou l'équilibre ? Le simple fait que la disparition du manque signifie culturellement la fin de la relation nous met souvent dans une situation d'injonction contradictoire entre le désir d'indépendance affective et le désir car l'indépendance signifie alors la fin du désir. Bref, comment envisages tu votre relation lorsque ce manque tu veux résoudre dans ton travail sur toi-même aura porté ses fruits ? Répondre à cette question peut t'éviter de considérer la disparition du manque comme la fin de votre relation. Qu'est-ce qu'une relation où le manque a été apprivoisé ?

Message modifié par son auteur il y a 11 mois.

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le lundi 08 août 2016 à 03h13

...

Message modifié par son auteur il y a 9 mois.

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oO0

le lundi 08 août 2016 à 16h04

Le besoin de faire l'amour, biologiquement, je le comprends, mais comme il passe par une conscience de soi, notamment de ce soi biologique, il me semble ressortir du subjectivable, du désir. Le seul besoin purement objectivable de la sexualité qui échappe complètement à la conscience, c'est la reproduction de l'espèce, voire la sécurité face aux violences sexuelles ... pour reprendre la pyramide de Maslow. Après cela devient plus personnel alors qu'à ce stade, c'est très impersonnel, à ce point impersonnel que c'est souvent plus inhibant qu'autre chose. Il y a un désir de personnalisation plus qu'un besoin, surtout à une époque où il n'y a pas de problème de sous-population que du contraire. Personnellement, je coince avec cette idée de besoin de faire l'amour, too much needy pour faire preuve d'autonomie. En parler comme d'un besoin naturel pour lui donner la légitimité de ce qui est naturel, certes, mais c'est tout aussi simple d'en parler comme d'un désir naturel ou encore, un droit ou une liberté naturelle. Un droit plus proche de la liberté d'expression et de pensée que du droit à une vie décente qui obligerait la société à garantir la satisfaction sexuelle de ces citoyens comme le fait la sécurité sociale pour la santé, le logement, etc. Là, nous sommes face à des besoins.

Manque = besoin à satisfaire nécessairement ? Manque = désir de plus, libre possibilité de vivre plus ?

Personnellement, je trouve en tant qu'homme que la sexualité masculine a perdu en autonomie, en indépendance à se comprendre comme un besoin à satisfaire semblable à d'autres besoins vitaux. Personnellement, je le ressens comme un schéma de dépendance et d'obligation contraire à la liberté puisqu'il s'affirme comme un besoin nécessaire à satisfaire : "Ne fais pas l'amour avec moi, c'est comme me laisser mourir de faim ou de soif." C'est du chantage moral pure et simple, ce n'est même pas une réalité fondamentale à accepter car je doute que cela corresponde à la réalité de tous les hommes. Bref, c'est non seulement du chantage, mais une manipulation de la réalité. Sûr, il y a des moments où la sexualité peut être vécue comme un besoin irrépressible, mais est-ce qu'elle n'est pas dans un moment de crise ou de forte intensité ? Une forme de dépendance qui empêche de la vivre et de la partager librement ou un état second d'abandon toujours momentané ? Cela fait également partie de la réalité de la sexualité, une réalité que j'assimile à des épisodes de crise ou des états d'abandon tout ce qu'il y a de plus naturel, mais de là à en faire l'état naturel par définition de la sexualité humaine plus particulièrement, c'est un choix d'interprétation personnel ... et non une réalité. Je ne dis pas que mon interprétation est meilleure, mais le fait de pouvoir proposer une interprétation alternative montre que cela ressort du subjectivable et non de l'objectivable le désir comme besoin. Que dire de l'asexualité ? Ne montre-t-elle pas que ce n'est pas un besoin vital tout comme l'homosexualité montre qu'il ne s'agit pas d'une question de genre réduite à la reproduction de l'espèce ? Il ne s'agit plus, ici, d'une opinion personnelle, mais de réalité de faits.

Un besoin pour l'espèce humaine, certes, mais du point de vue d'une personne humaine, de l'implication de choix de vie personnels la question de la dépendance et de l'autonomie me semble s'imposer. Ne concevoir la sexualité qu'au sommet de son activité, c'est risquer de la confondre avec le besoin. La sexualité, c'est aussi de l'inactivité, des états de repos tout aussi appréciable que n'importe quel autre moment de repos dans la vie, une rencontre de libertés plus que de nécessités. Dire "non" à ce qui est nécessaire relève de la folie, dire "non" à ce qui relève de la liberté est une condition de possibilité de la liberté ...

... d'où il me semble l'importance de l'autonomie pour pouvoir parler de liberté d'aimer.

Message modifié par son auteur il y a 11 mois.

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oO0

le lundi 08 août 2016 à 17h13

Philémon,

je pense que tu aurais à gagner à formuler autrement qu'en termes de besoin. Quand il est possible de rencontrer d'autres personnes, que le désir d'en rencontrer est là, que ce désir peut être partagé sans grand risques de conséquences moralement invivables ... pourquoi passer à côté de ses désirs ? J'ai l'impression que ce que tu essaies surtout de formuler, c'est la question de l'acceptation de ses désirs, ce qui me donnerait envie de dire à ...

Baya, pourquoi te concentrer uniquement sur la relation que tu as alors qu'elle te laisse la possibilité d'autres que tu sembles souhaiter ? Tu ne sembles pas vouloir reporter toute ton attention sur cette relation, pourquoi n'accordes tu pas d'attention à la possibilité d'une autre qui ne menace nullement ta relation actuelle qui, justement, laisse cette place ? Cela n'a parfois rien d'évident d'accepter ses désirs, les accepter ne signifie pas seulement en avoir une vision positive, mais pouvoir leur accorder de l'attention et du temps. Le simple fait de t'être habitué de n'accorder ton attention peut t'éloigner - simplement par habitude, sans aucun préjugés négatifs - de la possibilité de l'accorder à d'autres alors que tu es en accord avec cette possibilité ?

Est-ce que cette question te parle, Baya ? Est-ce que cette formulation te va, Philémon ?

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(compte clôturé)

le lundi 08 août 2016 à 19h51

Considérer le manque comme expression du désir ? C'est une perspective que je n'avais pas envisagée ... ou plus exactement, sur laquelle je n'avais pas encore mis de mots ...

C'est un manque que je connais, que j'identifie et accueille toujours avec bonheur, car il représente un manque "positif". C'est cet état de grâce où, en apesanteur et avec une acuité extraordinaire, l'absence de l'autre vous permet de mesurer la qualité, la profondeur des sentiments, l'importance de l'autre et de la relation dans la vie de chacun. Ce moment, où l'on est théoriquement seul, alors qu'en réalité on est rempli d'amour, de souvenirs des instants partagés, magiques, où l'amour éprouvé, donné et reçu, vous dote d'une énergie incroyable, où l'on se sent capable de déplacer des montagnes, d'aller décrocher la lune ... et où l'on a la certitude sereine que la relation est précieuse, qu'il y aura d'autres moments, différents mais tout aussi forts ... Qu'on invente à chaque instant un futur qui se construit à deux mais aussi tout seul ...

Le manque qui me pose problème (désolée, il y a peut être d'autres mots plus adaptés, mais je n'en trouve aucun ...), c'est celui qui génère de la souffrance parce qu'il est rempli de questions sans réponses ... Celui qui vous fait mesurer que vous n'arrivez jamais à exprimer pleinement l'amour que vous ressentez (faute de temps ...) et le sentiment d'urgence que vous éprouvez en permanence, car reste suspendu au-dessus de vos têtes (ou plutôt bourdonne au fond de votre esprit) le leitmotiv qui murmure de façon insistante "profite, dépêche-toi de vivre, tu n'as / vous n'avez pas le temps ...".

Ce manque me fait m'interroger sur cet amour qui me submerge et déborde : comment le canaliser ? n'est-ce pas trop ? faut-il réellement l'exprimer et risquer de submerger l'autre ? L'autre est-il vraiment l'unique destinataire des sentiments que j'éprouve ou s'agit-il d'amour dans un sens plus large qui pourrait "s'apaiser" s'il trouvait d'autres récipiendaires ? Est-ce un immense besoin d'affection, de tendresse, d'amour ... qui me revient comme un boomerang ?

Est-ce trop "demander" de dire : j'aimerais partager une grasse matinée de temps en temps ? Et surtout est-ce uniquement l'expression de mon désir ou l'écho d'une envie partagée ? Dans notre relation, j'ai clairement pris le parti de ne pas "demander", notamment car il serait facile pour moi de demander, de vouloir plus (j'ai le temps d'entendre et d'écouter mes envies ...) alors que ce n'est pas son cas. Je crois profondément que la limite du désir de l'un est le désir de l'autre. Exprimer un désir, une envie (ou un manque ...) oui, mais vouloir à toute force son accomplissement, non.

J'identifie assez clairement, je pense, la différence entre besoin et désir : j'ai besoin d'affection, c'est une réalité, mais elle n'est pas focalisé sur une personne précise. Et cela fait partie des premières questions de mon post, est-ce "trop" pour une seule personne, une autre relations serait-elle souhaitable ? Je n'exclus pas l'idée, mais j'ai d'abord des choses à régler ... On ne peut pas, je crois, être disponible aux autres si l'on n'est pas, déjà, en équilibre tout seul, et là, je suis bien chancelante ...

Je l'aime et le désire, lui, j'ai envie de construire et enrichir notre relation, j'ai besoin que nous partagions des moments ensemble, parce que c'est lui, qu'il existe entre nous une "musique" que nous seuls entendons, et qui, tour à tour, peut nous emporter ou nous bercer, nous envelopper d'un amour qui n'appartient qu'à nous.

Et je n'envisage pas la sexualité comme un besoin, mais vraiment comme l'expression d'un désir, une envie, un mode de communication non verbale et indescriptible : ces moments où les peaux se touchent, où elles vibrent à l'unisson, simplement d'être en contact l'une avec l'autre, et se chuchotent des sentiments que même les mots ne peuvent pas dire/écrire (je le sais bien, on a essayé ... mais c'est de l'ordre de l'indicible, réellement ...).

Voilà les dernières (pour le moment ...) tribulations d'un petit coeur qui tour à tour bondit de joie et saigne, répond à une question pour en découvrir mille autres ... mais c'est aussi un petit coeur têtu, qui essaie d'être honnête et sincère ... et qui ne désespère pas de parvenir à trouver des réponses, un équilibre arc-en ciel, même s'il sait qu'on n'a jamais fini de s'interroger ...

Merci du fond du coeur à toutes celles et à tous ceux qui me lisent, me répondent, et me permettent ainsi de progresser par leurs remarques et leurs questions :)

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oO0

le mardi 09 août 2016 à 12h15

Salut Baya,

pour moi, je n'ai rien à t'apprendre sur une manière positive le manque, d'y reconnaître le désir. A te lire, cela se situe dans les questions que tu te poses. Tu te rends bien compte que c'est impossible de répondre à toutes ces questions et c'est le cas. Pour ma part, j'accepte simplement de vivre avec des questions sans réponses, un jour où l'autre, elles trouvent des réponses. Les réponses de la vie réelle ne viennent pas comme ça, sur commande de la volonté. Il ne faut pas non plus les prendre trop au sérieux, certaines n'ont pas de réponses parce qu'elles n'ont pas de sens. D'autres ont déjà leur réponse sous le nez, vivre parce que la vie est courte, mais n'est-ce pas ce que tu fais déjà ? Vit-on jamais assez sa vie ? Il y a un désir de plus, c'est merveilleux par rapport au désir de plus rien, non ? Tu imagines la différence, tu t'imagines ne plus rien désirer ?

Baya
Est-ce trop "demander" de dire : j'aimerais partager une grasse matinée de temps en temps ? Et surtout est-ce uniquement l'expression de mon désir ou l'écho d'une envie partagée ? Dans notre relation, j'ai clairement pris le parti de ne pas "demander", notamment car il serait facile pour moi de demander, de vouloir plus (j'ai le temps d'entendre et d'écouter mes envies ...) alors que ce n'est pas son cas. Je crois profondément que la limite du désir de l'un est le désir de l'autre. Exprimer un désir, une envie (ou un manque ...) oui, mais vouloir à toute force son accomplissement, non.

J'ai l'impression que tu es là où tu veux être, qu'il n'y a qu'à ouvrir les yeux.

Demander n'est pas exiger, c'est exactement ce que tu exprimes. Tu te rends comptes que tu ignores s'il souhaite que tu ne demandes rien, qu'il peut souhaiter partager les mêmes demandes. J'imagine qu'il ne souhaite pas que tu réprimes toute demande, qu'il se sentirait mal d'être dans le rôle qui réprime l'autre. J'imagine qu'il souhaite cependant que tu sois consciente qu'il a moins de temps pour s'écouter, à partager et c'est le cas. C'est très rare que des demandes trouvent immédiatement une réponse ... jusqu'à ce que l'occasion se présente. Comment savoir qu'il y a une occasion à saisir s'il n'y a pas de demande. J'ai l'impression que tu essaies surtout de lui faire comprendre qu'il y a la possibilité de plus, que tu ne veux pas qu'il la prenne comme s'il ne faisait pas assez ... et que cela rende soudainement lourd ce qui est léger, voire impossible. En fait, tu crains énormément de malentendus, c'est une crainte que tu peux exprimer avec les mots que tu utilises dans ton dernier post, il y en a sûrement d'autres.

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(compte clôturé)

le jeudi 11 août 2016 à 17h10

Je ne sais pas si je suis là où je veux être ... mais je commence à discerner l'endroit où je suis ... ce qui n'est pas rien pour moi ...
J'abandonne (temporairement ...) les questions, j'essaie de lâcher prise et on verra bien quelles réponses en ressortent.
D'avoir pris le temps d'éclaircir mes doutes et mes certitudes en essayant de les traduire en mots et concepts intelligibles, d'avoir lu et réfléchi à vos avis, suggestions et questions, m'ont fait faire des pas de géants vers une contrée inconnue ... alors je pars en exploration et je vais essayer de profiter du paysage :)

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bonheur

le jeudi 11 août 2016 à 21h21

Oui, le paysage... et en regardant attentivement ses détails seront merveilleux et précieux. Bravo pour l'enrichissement (+)

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(compte clôturé)

le vendredi 12 août 2016 à 07h35

Merci Bonheur :).
Pour le moment je suis assise au fond d'un grand trou noir, mais le paysage finira peut-être par reprendre des couleurs ...

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bonheur

le vendredi 12 août 2016 à 08h17

Evidemment, les couleurs reviendront !!! Elles reviennent toujours et parfois sous des formes inattendues :-D

A l'intérieur de toi, il y a une grande échelle, du moins tout ce qu'il faut pour la bâtir. On n'obtient rien sans effort. Si tu le désires, voici les références d'un tout petit livre, pas onéreux, facile à lire, mais qui peut t'aider : "le psy de poche - nous disposons tous des ressources nécessaires pour donner un sens à notre existence" de Susanna Mc Mahon.

Patiente et courage !!!

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(compte clôturé)

le vendredi 12 août 2016 à 13h36

:-)

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(compte clôturé)

le samedi 03 septembre 2016 à 00h13

Conclusion douloureuse d'une histoire éphémère
Que j'aurais bien voulu être moins amère
Tuée de défauts de langage
De communication à deux visages
De confiance en méfiance
De douleur en défiance
On ne vit pas/plus sur la même planète
Il faut juste que la souffrance s'arrête ...

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Albaboun

le samedi 03 septembre 2016 à 01h49

Baya, Bonsoir,
Les choses n'évoluent pas bien? Tu peux/veux discuter?

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