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Changer les termes du contrat de mariage

Engagement
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DroledeMec (invité)

le mercredi 11 mai 2016 à 12h48

Bonjour
Je voudrais juste apporter un témoignage de ce que je vis en ce moment.

Je suis polyamoureux depuis longtemps (en conscience depuis 6 ans), après avoir essayé d'en parler pendant des années à ma femme (22 ans de vie commune) et après avoir essayé ensemble des solutions palliatives (comme le libertinage), je suis dans une phase où elle se rend compte qu'elle n'est pas faite pour ça et qu'elle est et restera exclusive dans sa vision du couple.
Ca ne semble pas prêt de changer et nous ne souhaitons ni l'un ni l'autre casser notre famille (nous avons 2 enfants) qui fonctionne assez bien.
Aussi, depuis que nous avons cessé les expérimentations ensembles (il y a 2 ans), résolu que plus rien n'avancerait sur ce plan-là, j'ai laissé aller mes sentiments et j'ai entretenu des relations plurielles cachées.

Le temps passant, j'envisageais petit à petit, avec les enfants qui grandissent, de réaliser des espaces de réalisation personnelle (temps en dehors de la maison), non partagé avec ma femme, car c'est bien une incompatibilité qui est révélée.

Il y a un mois, j'ai donc jeté le pavé dans la mare et j'ai dit que j'aimerai changer les termes du contrat de mariage, car j'ai toujours des désirs pluriels et que je ne peux pas garantir le respect de la notion de "fidélité". En effet, je pars du principe où les choses entre nous ont changées, j'ai changé, elle a changé, nous n'avons plus les mêmes besoins, nous n'avons plus la même vision du couple que tel que nous le voyions à l'époque et je souhaite donc supprimer de notre contrat la notion d'exclusivité que nous avions contractuellement accepté.

Elle accepte ma demande, comprenant bien que si elle ne l'accepte pas, je le ferais quand même car je suis comme cela. Aussi sa condition est de le faire sur des périodes précises et que durant cette période nous ne partagerions pas le lit conjugal...
Je vis cela plutôt bien, car c'est un vrai premier pas et qu'il y a plein de choses qui peuvent encore changer (comme le désir que l'on a l'un pour l'autre) qui nous ferait finalement "craquer" et partager le lit, mais je le vis aussi comme une sorte de choix ("c'est moi ou elle(s)"), ce que je refuse, sur le principe, mais que je peux accepter comme étape, rien que pour voir comment vont se passer les choses... Elle me dit donc "vas-y, fait ton expérience"....

j'en suis là aujourd'hui...
Je n'ai pas de question précise, mais j'avais juste envie de partager ça avec vous.

Bonne journée
DM

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Profil

Dolcevita

le mercredi 11 mai 2016 à 14h14

Bonjour DM, merci pour ce partage. Je te trouve très honnête envers ta femme dans ta démarche et cette 1ère étape est une bonne chose comme tu le dis. Après avec le temps et du dialogue, les choses évolueront, je n'en doute pas. Bravo pour ton authenticité et ton vécu à la poursuite et à la recherche de tes désirs... Tiens nous au courant de la suite !
Bonne continuation !!!

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Ys (invité)

le mercredi 11 mai 2016 à 14h24

Elle a accepté parce que comme tu le dis toi-même, son avis est purement consultatif, je ne vois pas quoi que ce soit qui mérite des félicitations là dedans.

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(compte clôturé)

le mercredi 11 mai 2016 à 14h36

Le mariage parle de "fidélité, secours, assistance, respect", mais pas d'exclusivité sexuelle. En informant ta femme de tes désirs de changement tout en maintenant ce qui vous unit- la vie commune, les enfants- tu respectes parfaitement ces engagements. Le tout est de ne pas confondre fidélité et exclusivité sexuelle. Fidélité vient de fides, fidei, qui veut dire confiance, pas possession...
Cependant, si tes désirs estompait le désir qu'elle a de toi, ce serait tout à fait son droit, et ce ne serait même pas très grave: des dizaines (centaines?) de couples vivent sans sexe ou presque après 20 ou 25 ans de mariage (confidences d'un sexologue), ce qui ne les empêche pas d'être heureux et de s'aimer.

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DroledeMec (invité)

le mercredi 11 mai 2016 à 17h04

@Dolcevita
Merci pour ton retour qui me flatte, mais aussi qui me rassure sur la démarche, car effectivement, de nombreuses fois, malheureux, incompris, j'ai voulu jeter l'éponge et mettre complètement fin au contrat.
J'ai eu cette "idée" de "changer les termes du contrat" après moultes réflexions et l'accumulation de pensées qui allaient une fois vers la résignation, une fois vers l'optimisme et la croyance dans la résolution.
Je n'avais vraiment aucune raison valable pour quitter le foyer que nous avons construit et ma femme non plus ! Du coup, nous étions un peu tous les deux coincés avec cette incompatibilité pour laquelle nous ne trouvions ni l'un ni l'autre d'échappatoire...

@Ys
Quand on parle de liberté individuelle, on est pas obligé de demander l'autorisation. Par contre, lorsque l'on a conscience que la liberté individuelle peut aussi provoquer une souffrance chez quelqu'un qu'on aime, on en parle, on s'exprime... Elle pose des conditions, elle exprime ses peurs et sa souffrance au travers de ses conditions (parce qu'il y en a 3 en tout) : Pas de partage du lit, Pas de personnes extérieures à la maison et que je ne lui offre pas de cadeaux pour son anniversaire.
Je ne demande pas de félicitations, mais je connais quand même beaucoup de couples qui ne passent pas cette étape et n'ont pas la patience de croire qu'une éventuelle issue est possible. Ainsi, soit ils abandonnent l'idée du polyamour et ont simplement une maitresse ou un amant, soit ils divorcent pour vivre ce qu'ils sont.

@APH
Oui, je sais bien tout ça et même moi je considère en premier lieu que la fidélité est simplement une fidélité à un engagement que j'ai pris à ce moment là, c'est à dire d'avoir une famille et de permettre à nos enfants de grandir dans les meilleures conditions possibles. Et à ça je n'y renonce pas.
Par contre, il est difficile de nier qu'implicitement, socialement et légalement, le mariage et la notion de fidélité est lié à la notion d'exclusivité sexuelle.
L'infidélité est dans la loi est synonyme d'adultère qui permet le "divorce pour faute" et ce, même "s'il n'y a pas de rapport charnel".
Je ne pouvais pas simplement me baser sur ma seule perception de ce qu'est la fidélité pour aborder la question, mais aussi comprendre ce que c'était pour elle.

Et concernant le désir, ce qui est vraiment plus fort, c'est que d'avoir demandé cela, d'avoir parler de ce sujet (sans évoquer les amours passés bien entendu), nous a beaucoup rapproché et étonnamment, après un moment de tristesse, a généré entre nous une libido accrue.
Pour moi, parce que je me suis senti reconnu, entendu après toutes ces années et cela sans heurt ni dispute (juste quelques pics bien placés, libératoire)
Pour elle, peut-être parce qu'il y a une forme de "concurrence" ou peut-être parce qu'elle me sent aussi plus amoureux d'elle... en tout cas c'est clairement positif pour notre histoire.

DM

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Maya77

le samedi 14 mai 2016 à 15h15

Bonjour Droledemec,
Je suis très intéressée par ton post car mon mari et moi sommes un peu dans la même situation que toi.
C'est moi qui demande l'arrêt de l'exclusivité dans le couple.
Cela fait maintenant presque 5 mois que nous sommes dans cette impasse. On essaie de trouver des solutions pour réussir à contourner cette incompatibilité d'idées et ne pas jeter l'éponge car comme vous nous tenons à notre couple.
Mais du coup, on ne comprends pas bien où est la nouveauté dans ce que tu lui proposes en "changeant les termes du contrat de mariage" par rapport à ce que tu lui proposais avant et qui était refusé. Est-ce juste un changement d'idée sur les bases du mariage de l'exclusivité et de la fidélité? J'imagine que tu lui exprimais déjà tout ça depuis ces années où tu voulais lui faire accepter??
Tu parles "d'espaces de réalisation personnelle", est-ce cela que tu proposes en pratique ? A quoi cela correspond?
Elle accepte ta demande la condition étant de le faire sur des périodes précises et que durant cette période vous ne partageriez pas le lit conjugal. Des périodes de combien de temps? A quelle fréquence? Est-ce que cela veux dire qu'en quelques sortes durant cette période elle se détache de votre couple? La seule façon pour elle de te laisser de la liberté serait de se détacher de toi durant ces périodes?
Merci d'avance de nous éclairer, car s'il y a une brillante idée pour que nous nous comprenions enfin, nous sommes preneurs!
Et moi aussi je félicite ta démarche!
Bon après-midi à tous,

Maya

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DroledeMec (invité)

le lundi 16 mai 2016 à 19h53

Hello Maya bonjour à tous

"on ne comprends pas bien où est la nouveauté dans ce que tu lui proposes en "changeant les termes du contrat de mariage" par rapport à ce que tu lui proposais avant et qui était refusé. Est-ce juste un changement d'idée sur les bases du mariage de l'exclusivité et de la fidélité? "

Elle avait compris que j'étais "intéressé" pour ouvrir le couple à d'autres, mais ne pouvant concevoir le couple comme je l'imaginais, elle acceptait le "libertinage" comme solution pour ne pas que je rencontre seul.
ça n'a pas fonctionné (ni pour moi qui ne suis pas libertin, ni pour elle qui est exclusive, mono et pas libertine). Ceci s'est arrêté il y a 2 ans et une sorte de tabou s'est installé sur ce sujet.
Plusieurs fois, j'ai dormi ailleurs car je ne me sentais plus bien dans la relation, et j'avais tendance a accumuler du ressentiment.
Et je ne trouvais aucune porte de sortie pour assumer ma situation. J'avais l'impression que je n'avais que la solution de la séparation, mais je n'y trouvais aucune motivation (pourquoi se séparer de quelqu'un qu'on aime, avec qui on porte un beau projet ?).
Je suis donc revenu en arrière sur notre situation au moment du mariage et sur son impact (le contrat) dans notre relation. J'ai pris aussi le temps de regarder comment nous avions évolués, l'un et l'autre, pour conclure que la situation et les protagonistes avaient changé et que le contrat pouvait être donc revu, corrigé et adapté à notre réalité actuelle.
Un peu comme si j'avais trouvé une porte pour expérimenter une nouvelle solution.
Bien évidemment, pour briser un tabou, fait pas se planter ! Le bon moment, de la bonne manière et surtout sans conflit... c'est donc arrivé un matin, pendant les vacances donc pas fatigués et surtout dans une période calme et sans ressentiments ni conflit (pour une raison ou une autre).

"J'imagine que tu lui exprimais déjà tout ça depuis ces années où tu voulais lui faire accepter?"

Non, pas tout à fait, c'est plutôt que j'essayais ce qu'elle me proposait comme solution (libertiner ensemble), sans savoir vraiment réussi à définir mon besoin autrement qu'en "désir sexuel". Mais moi-même, je ne me connaissais pas et me découvrais aussi dans ces situations, en me disant que peut-etre c'était ma voie et que peut-etre, elle-même y trouverait du plaisir, ou simplement me comprendrait. Mais le monde du libertinage est un monde ou l'exclusivité et la vision du sacrosaint "couple amoureux, heureux et inséparable" reste la doxa majoritaire et non l'esprit de liberté. Cela n'a fait qu'entretenir sa conception du couple finalement. Et moi, je n'y trouvais aucune satisfaction, j'entretenais toujours des relations hors couple, je n'ai donc fais que les "cacher". J'exprimais peu souvent mes besoins que je sentais source d'émotions négatives (déception, ressentiment, colère...) pour garder un climat de paix à la maison.

"Tu parles "d'espaces de réalisation personnelle", est-ce cela que tu proposes en pratique ? A quoi cela correspond?"

J'imagine que ça peut etre des moments (WE, vacances, déplacements...) où j'exerce ma liberté, où je m'en vais quelque part, rejoindre quelqu'un d'autre et/ou réaliser des choses que j'aime que je ne partage pas avec elle (et inversement), car bien sur nous avons des intérêts différents aussi ! Elle-même pourra aussi profiter de ces moment pour faire des choses que je ne peux lui apporter.

"Des périodes de combien de temps? A quelle fréquence? Est-ce que cela veux dire qu'en quelques sortes durant cette période elle se détache de votre couple? La seule façon pour elle de te laisser de la liberté serait de se détacher de toi durant ces périodes?"

oui c'est ça. "Tu as les autres, conséquence : tu n'as pas moi."
Nous n'avons pas mis ça en pratique pour l'instant...on va voir... rien de prévu, juste de commencer à un moment ou un autre !

Comment ça se passe pour toi ?

DM

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Profil

Maya77

le lundi 23 mai 2016 à 11h00

Bonjour DroledeMec et les autres,

D'accord je comprends mieux le changement dans ta nouvelle requête.
Je me permets de profiter de ton fil pour poser une question tout à fait en rapport avec le "contrat". J'aurais pu ouvrir un nouveau fil, mais il me semble être dans la continuité du tien. Si les modérateurs préfèrent que j'ouvre un nouveau, pas de souci.
Mon mari a besoin que l'on fixe un nouveau contrat pour ouvrir notre couple au polyamour. Il veut savoir exactement jusqu'où je veux aller. Il veut connaître la limite max de ce qu'il va devoir accepter pour savoir si il peut l'accepter et surtout pour être sur que je ne lui en demande pas plus après. En gros, il veut que je lui dise un nombre max de partenaires que je voudrais avoir simultanément (dans ma vie, pas dans mon lit!), un nombre de sorties hebdomadaires, un nombres de nuits max, quelles expériences sexuelles...
J'ai beaucoup de mal avec ça. Pour moi, comme le dit APH, c'est l'ouverture du champ des possibles... En plus est-ce que une relation par messagerie ça compte? Avec une autre femme ça compte? Une relation uniquement affective ça compte?
Si je suis déjà sortie le lundi, pas le droit de ressortir le Dimanche?
Moi qui demande justement de la liberté...
Je comprends bien qu'il ait besoin d'être rassuré. Je tente de le faire en lui disant que avec un mari, 2 enfants, 2 métiers, 2 maisons, ma vie est déjà bien remplie et que je n'aurai ni le temps, ni l'envie de multiplier les partenaires et les sorties. Je pense que tout peut se discuter au cas par cas et qu'inversement, même si je ne suis pas sortie de la semaine, j'annulerai ma sortie du dimanche soir s'il le faut, pour lui, pour les enfants.
Qu'en pensez-vous de ces règles à définir?

Message modifié par son auteur il y a un an.

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DroledeMec (invité)

le mardi 24 mai 2016 à 10h47

c'est un peu ce qui se passe aussi chez moi.

Je crois qu'il faut à un moment se lancer dans la démarche.
La liberté va se conquérir au fur et à mesure que les situations vont se présenter.
Si une situation est contraire à un des paramètres du contrat, il est toujours possible d'en discuter !
Il me semble totalement illusoire pour toi de penser que tout va être anticipé.
Plutot que de négocier au préalable, demande lui plutot ses conditions.
Quand la situation se présentera, il sera toujours temps d'en reparler !

Si ses conditions apaisent la relation, et permettent quand même une mise en route du processus, en rediscuter après sera plus facile que préalablement.

Bonne journée à toi

DM

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Profil

Maya77

le mardi 24 mai 2016 à 11h15

Justement, c'est ce qu'il ne veut pas, avoir à rediscuter à chaque fois que je veux faire un nouveau truc. Il veut un cadre tout de suite et que je le respecte et que je ne demande pas à l'élargir après.
Il n'accepte pas non plus l'idée de l'espace de vie limitée en durée, mais où ce que j'y fais ne le regarde plus.

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DroledeMec (invité)

le mardi 24 mai 2016 à 19h18

ben là, je sais pas.
J'ai envie de te dire que t'adapter à sa demande peut-être une possibilité aussi pour toi de définir un cadre (nécessaire pour lui).
Propose lui une organisation (les lundis et jeudis par exemple avec la possibilité de changer 1 jours si nécessaire et ce dans les deux sens)

et puis tu mets une durée au nouveau contrat, c'est pas que pour toi, pour lui aussi, car à l'expérience, il peut s'avérer qu'il ne supporte pas telle ou telle situation et il faut qu'il puisse lui aussi avoir la possibilité de s'exprimer sur son ressenti.
donc, la remise en question du contrat n'est pas unilatérale.
et puis la vie se chargera du reste...

détermine aussi ce qui se passe si il y a manquement au contrat : est-ce qu'on ajuste ou est-ce qu'on y met fin ?

je sais, c'est pas facile lorsque l'on parle de sentiment et en même temps de contrat. mélanger la rigueur et l'intuitif est un vrai casse tête !

Je sais que beaucoup de polyamoureux ont une pensée intuitive et globale et que beaucoup de monogames sont ont une pensée analytique et structurée. Ce qui n'est pas sans conséquence sur le mode de prise de décision, mais qui est extrèmement pertinent en terme de complémentarité !

est-ce celà que tu vis ?

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Profil

Fab

le jeudi 26 mai 2016 à 19h01

Bonjour,

Quelques réflexions, issues de nombreux tâtonnements, sur les règles objectives ("Tu ne couches pas ailleurs en dehors de lundi-mardi avant 23h, pas en levrette, et pas avec des gens mieux fichus que moi") par opposition aux principes fondateurs d'une relation, soumis à interprétation permanente ("je te respecte, je prendrai toujours soin d'être une richesse et pas un boulet dans ta vie, et je m'assurerai de ne pas mettre en danger ce qui nous uni").

Un cadre, des règles objectives, ça rassure ; souvent à tort, mais peu importe. Les principes fondamentaux sont plus sains, plus justes, mais ils sont soumis à interprétation, donc pour me faire confiance dans leur respect, il faut croire non seulement à ma sincérité, mais aussi à ma capacité de jugement. Pire encore, à ma capacité de jugement quand je suis excité et/ou amoureux...

Intuitivement, fixer des limites drastiques et objectives évite de s'approcher inconsciemment du danger. Mais ça a un coût : c'est en poussant ce principe à son paroxysme qu'on a inventé la burqa ! Les régimes matrimoniaux trop stricts rendent malheureux ceux qui se sentent obligés de s'y soumettre, et font fuir ceux qui ont conscience de ne pas y être obligés.

À la question de savoir ce qui doit être codifié, ma réponse idéaliste est "plus on se comprend et on se fait confiance, moins on a besoin de gardes-fous, de règles objectives. Utilisons des règles comme béquilles quand nous en avons besoin, mais aspirons à ce qu'elles deviennent inutiles, pour ensuite nous en libérer".

Je crois que les règles objectives sont une diversion, un grigri qui sert à conjurer des peurs plus fondamentales, qu'il faut expliciter et si possible apaiser. Il y a plein de choses dont avoir peur. Des idées en vrac : la non-monogamie ça ne se fait pas ; si on réglemente tout dans notre monde moderne, c'est sûrement qu'il y a une bonne raison ; l'amour (autre que parental) est une denrée non-élastique, et 1g d'amour en plus pour un autre c'est 1g d'amour en moins pour moi ; si ça se trouve je suis un mauvais coup au lit, et en rencontrant de meilleurs amants que moi tu vas découvrir que je suis naze ; et on vit dans un monde ultra-concurrentiel dans presque tous les domaines, est-il illégitime de craindre que le couple, devenant non-monogame, serve d'extension au domaine de la lutte ?

Bref, pas de formule miracle, mais face à quelqu'un qui demande des règles, je pense que le plus constructif c'est de mettre à plat nos peurs. Pas d'inventer des règles-grigri qui échoueront de toutes façons à les conjurer.

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Profil

Maya77

le vendredi 27 mai 2016 à 12h00

Bonjour,

Merci pour vos réponses très intéressantes.

DroledeMec

Je sais que beaucoup de polyamoureux ont une pensée intuitive et globale et que beaucoup de monogames sont ont une pensée analytique et structurée. Ce qui n'est pas sans conséquence sur le mode de prise de décision, mais qui est extrèmement pertinent en terme de complémentarité !

est-ce celà que tu vis ?

Oui c'est exactement l'impression que ça me donne

Fab, Je suis aussi tout à fait d'accord avec ce que tu écris.

Message modifié par son auteur il y a un an.

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DroledeMec (invité)

le lundi 30 mai 2016 à 17h04

Hello
Fab, je suis 100% d'accord avec toi.
Toutefois, je dirais que "oui" dans certains cas, il faut ce "grigri" pour commencer.
Et puis le vivre, se rendre compte que c'est possible ou non, évoluer dans un sens ou dans un autre. c'est il me semble la manière la moins traumatique d'aborder les choses et la moins dans le "conflit".
DM

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Profil

EdK

le mardi 31 mai 2016 à 08h41

Je ne suis pas vraiment d'accord.

Je connais un poly qui est vraisemblablement la personne la plus cartésienne et structuré que je connaisse et des mono qui ne fonctionnent qu'a l'instinct. Je ne pense vraiment pas qu'il ai de règle général.

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DroledeMec (invité)

le mardi 31 mai 2016 à 16h44

Ah oui, effectivement, il y a mélange de 2 sujets :

- Non les cartésiens ne sont pas tous monos ! :)
- Oui les règles objectives sont une diversion

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Profil

EdK

le mercredi 01 juin 2016 à 11h11

En fait je reste bloqué le dessus :

Fab
pas avec des gens mieux fichus que moi

Ça me semble vachement subjectif comme règle quand même ^^

C'est une diversion certes mais je pense que ça peu vraiment rassurer au début et aider à progresser différemment par la suite.

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Profil

Fab

le jeudi 02 juin 2016 à 15h35

EdK
En fait je reste bloqué le dessus : "pas avec des gens mieux fichus que moi"

Oui c'est un exemple de règle tendancieuse :-) La classification "règle / principe" n'est pas binaire, et peu de choses le sont en amour et en libido !

Mais ça reste un exemple intéressant, car (1) il est tiré de faits réels (2) c'est important de se rappeler que la classification n'est pas binaire (3) sous cette demande assez "gri-gri", il y a un principe plus intéressant à exprimer : "j'ai des insécurités liées à ma perception de mon physique, ça interfère avec ma capacité à ne pas être jalouse, aide-moi à les apprivoiser, à me rassurer sur la solidité de notre relation face à elles".

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