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Mon mari ultra-monogame a accepté mon amour pour un autre

Jalousie
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camelezebre

le vendredi 16 octobre 2015 à 11h33

Bonjour,

Je suis venue il y a peu vous partager mon expérience et l'impossibilité pour mon mari d'envisager que je pouvais aimer un autre homme.

Nous avons beaucoup discuté, beaucoup pleuré et essayer d'aller l'un vers l'autre pour ne pas nous abîmer.
Nous nous aimons énormément et cette nouvelle de mon amour pour un autre a été un cataclysme sans nom.

Premièrement pour moi de ne pas comprendre comment du jour au lendemain j'ai pu aimer un autre homme et ensuite pour lui. Blessé dans son statut de mari, de père et d'amoureux.

Suite aux douleurs provoquées chez lui j'ai pris la décision de couper la relation avec l'autre homme. Ce qui a entraîner une descente aux enfer pour moi. J'ai perdu me joie, mon envie de me battre et de faire en sorte de réparer les choses. Non pas par vengeance ou comme un signe d'insatisfaction, juste parce que ça m'a fait chuter. S'évaporer la perspective de bonheur et de l'énergie que cette autre relation m'apportait. Comme si elle était la dernière pierre a la réussite de l'édifice principal. Le médicament à mon équilibre intérieur. Il est peut-être la personne qui me permettra de me comprendre.

C'est étrange mais je n'ai jamais été aussi heureuse avec mon mari que depuis que j'avais cette autre relation. Nous avons retrouvé une sexualité débordante et totalement satisfaisante.
Nous pouvons discuter calmement, vraiment s'écouter et prendre en compte nos véritable besoins.

Après cette rupture que j'ai annoncé à mon mari, qui en était heureux, trouvant cela comme une preuve ultime d'amour, il s'est vite rendu compte de mon état, de l'ambivalence et la double culpabilité dans lesquelles j'étais. Je naviguais entre la raison d'avoir mis un terme à ma relation pour épargner mon mari et l’indicible douleur et le risque de tout faire exploser en n'ayant plus cette relation. Je ne savais plus comment me comporter, comment faire, quoi lui apporter, ce qu'il voulait vraiment. Une femme pour lui mais malheureuse, ou moi heureuse mais lui effondré.

Finalement hier soir, il m'a dit qu'il acceptait et ferait l'effort de vivre avec l'idée que je puisse en aimer un autre. J'ai pu sortir la tête de l'eau. Avec comme seul impératif de ne jamais avoir de relation sexuelle. Ce qui me va très bien. Nous ne sommes pas du tout sur cette onde là. Et j'honorerai ma promesse. Si je devais sentir que les choses dérapent, j'assumerai ma promesse et je reprendrai ma route...

Nos discussion sont donc clairement orientées sur la mesure de l'amour, sur la possibilité de pouvoir aimer aussi fort deux êtres, sur sa crainte que cet homme m'arrache à lui, qu'il me détourne de notre famille ou que je puisse trouver chez lui des qualités qui me feraient le quitter. Il n'en est rien évidemment. J'aime mon mari, j'en suis amoureuse et je n'imagine pas mon avenir sans lui et nos enfants. J'ai peut-être juste trop d'amour à donner?

Je suis tellement émue que mon mari aie pu, malgré l'horreur de la réalité pour lui, accepter que je puisse aimer cet homme.
Alors évidemment je me retrouve sur le versant sud du côté de mon autre mais sur le versant nord pour mon mari. Que je blesse inévitablement et qui se bat avec force pour maintenir intégrer mon changement dans notre couple.

Tout ça c'est passé en assez peu de temps et je sais la fragilité de la chose et des hauts et des bas que cela va entraîner. Mais j'ai la certitude que nous avons trouver un bon compromis et que notre avenir n'en sera que meilleur. Je l'espère de tout cœur et j'espère que je saurai trouver le moyen de le rassurer et lui montrer à quel point je l'aime.

Je n'ai aucune idée, je ne me projette pas en avant avec l'autre homme que j'aime. C'est au jour le jour, sans engagement ferme, sans contrainte, sans projet, juste du pur plaisir. Suis-je égoïste? D'une certaine manière. Mais c'est la première fois de ma vie que je m'accorde du bonheur et du plaisir uniquement pour moi et même si ça parait dingue, c'est juste emportant.

Une belle journée à vous et merci de m'avoir lu.

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LeCielEstBleu (invité)

le vendredi 16 octobre 2015 à 12h21

Étonnant de voir comme plusieurs des derniers parcours décrits font écho au mien...
Mon homme a eu une réaction un peu similaire au tien et je me dis que c'est une chance de vivre avec quelqu'un capable ainsi d'évoluer et d'être attentif au bonheur de celle qu'il aime (attention qui se doit d'être réciproque, nous sommes d'accord).
De mon côté, je me bats cependant un peu avec cette idée de platonicisme imposé.
D'abord parce que j'ai du mal à cerner ce qu'il y a de si différent à aimer avec son âme et aimer avec son corps. Le pas le plus important est "aimer", et il a été fait, accepté. Après, ce que je fais de mon corps, ce n'est pas si important, et d'ailleurs c'est le mien...
Ensuite parce que je trouve difficile de prévoir ce qui va arriver avec mon ami, d'endiguer tout ce qui touche à la sensualité et la sexualité. Et où se trouve au fond la frontière? Un baiser chaste sur la joue, une main effleurée, cela peut être très troublant...
Mon homme n'a pas posé d'interdiction, mais aimerait qu'on en rediscute quand le moment viendra. Seulement, je me demande bien comment je suis censée aborder avec lui le fait que le moment est là quand il sera là! Je voudrais pouvoir vivre cette relation comme elle se présentera - dans le respect de la relation que j'ai avec mon homme, mais sans entrave...

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camelezebre

le vendredi 16 octobre 2015 à 12h50

Je n'ai pas ce besoin de la liberté du corps, dans le sens ou avec cet homme nous sommes effectivement très liée et c'est plutôt de l'ordre du cérébral, de l'inconscient, du métaphysique, je ne sais comment l'expliquer, mais ça n'a jamais été un enjeu ou important pour nous. Si je peux avoir de l'attirance physique pour lui, je n'en ai aucun besoin.

Mon mari a besoin de cette part d'exclusivité (physique) pour supporter ma part d'amour à donner à un autre, je le prends avec beaucoup de reconnaissance et d'admiration.
Cette limite fixée par mon mari m'est complètement acceptable et c'est aussi une manière pour moi d'aller dans son sens. De trouver un compromis viable pour chacun dans le respect de l'autre. Pour lui le simple fait que je puisse aimer un autre est dévastateur, mais les sentiments ne sont pas gérable, alors que les pulsions physiques le sont. En tout cas pour moi.

Je lui impose d'aimer un autre homme et je ne peux rien contre ça. Je peux par contre sans problème vivre avec une relation "platonique". Le choix se fera du côté de l'autre. Ce sera à lui d'accepter ou non cette limite.

Le fait que mon mari aie accepté ça est pour moi une preuve ultime de l'amour qu'il me porte. En acceptant ça il a libéré la contrainte de mon esprit, la contrainte de l'amour, il m'a bouleversé. D'un coup je me sens totalement libre de l'aimer lui aussi, avec une légèreté folle. Je n'ai plus ce sentiment d'obligation, d'enfermement, d'exclusivité totale. Je crois que c'est bien la première fois de ma vie que je me sens libre...

Non pas de partir mais de pouvoir aimer vraiment!

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Granita

le vendredi 16 octobre 2015 à 12h55

LeCielEstBleu

De mon côté, je me bats cependant un peu avec cette idée de platonicisme imposé.

D'abord parce que j'ai du mal à cerner ce qu'il y a de si différent à aimer avec son âme et aimer avec son corps. Le pas le plus important est "aimer", et il a été fait, accepté. Après, ce que je fais de mon corps, ce n'est pas si important, et d'ailleurs c'est le mien...

Et où se trouve au fond la frontière? Un baiser chaste sur la joue, une main effleurée, cela peut être très troublant...

Totalement d'accord avec ça. Et ne sommes nous pas là aussi, dans les méandres de la possessivité ?

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Lili-Lutine

le vendredi 16 octobre 2015 à 13h04

Granita
Totalement d'accord avec ça. Et ne sommes nous pas là aussi, dans les méandres de la possessivité ?

Peut être aussi réfléchir à " la morale " de notre société concernant une poly-sexualité ce qui peut parfois nous entraîner dans une culpabilité niée ?

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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camelezebre

le vendredi 16 octobre 2015 à 13h06

D'une certaine manière oui, je ne peux que l'admettre. Mais c'est un pas tellement immense pour nous et si nouveau que pour le moment dans mon cheminement c'est un détail...

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Siestacorta

le vendredi 16 octobre 2015 à 13h08

Si je peux me permettre, prend cette autorisation comme une ouverture, mais pas comme un décret définitif, qui signifierait qu'il a trouvé exactement ce qu'il veut et où il va... C'est le début du dialogue. Et déjà, félicitations, il existe !

Il a accepté de voir ce que tu vivais, mais en pratique, si je suis bien, il ne sait pas plus que toi ce que ça signifie comme mode de vie à venir, donc ce qui est accepté, c'est la dynamique de changement, pas forcément ce que tu espères comme changement. Ca peut très bien finir par marcher, l'étape est évidemment belle, mais la construction de la confiance, du "nouveau confort affectif" de votre relation n'est pas terminée (bon, en même temps, ça se termine jamais vraiment, c'est pas que maintenant et que pour vous que c'est important à garder à l'esprit).

La suite va vous demander beaucoup d'attention mutuelle. Tu vas pouvoir agir, mais en dialoguant, expliquant, proposant, faisant des compromis, changeant pour des compromis plus adaptés ensuite, offrant de soi et valorisant ce qu'on t'offre, que ce soit les mêmes chose qu'avant dans un autre contexte ou des choses nouvelles ou renouvelées...
C'est pas du "comme avant mais mieux", des petite adaptations du contrat précédent, c'est probablement un grand mouvement d'ensemble. La base - vous vous aimez - est encore là, mais faut pas oublier que vous avez changé le cadre pour cette base, donc l'équilibre est à réapprendre.

Désolé si je sonne un peu mitigé, je n'ignore pas pour autant les bonnes raisons d'être enthousiastes, mais pour moi, c'est plus le fait que ça bouge et que ça parle, le bon signe, pas le "enfin je vais aller vois le troisième, superpolyfagilicexpialidocious tout va rentrer tout seul dans l'ordre".

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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Tcheloviekskinoapparatom

le vendredi 16 octobre 2015 à 14h26

Comme Siestacorta, j'ai à la fois envie de te féliciter de cette félicité, et de poser quelques questions sur l'avenir - et déjà sur le présent.
Il accepte que tu l'aimes, bon, c'est très bien, mais de toutes façons tu l'aimes. Alors concrètement cela veut dire quoi ? Que tu pourras voir l'autre ? Seule ? Combien de temps et avec quelle fréquence ?
Il y a des couples en phase d'ouverture qui vont jusqu'à écrire tout un protocole de règles. Ce n'est pas forcément une mauvaise idée, parce que le prochain conflit peut bien prendre la forme de

- mais tu m'avais dit que je pouvais le voir !
- oui, mais pas un samedi soir !

ou

- mais tu m'avais dit que je pouvais le voir !
- mais tu l'as déjà vu la semaine dernière !

etc.

Ça ne remplace aucunement les discussions "substantielles" (peut-on mesurer l'amour, etc.) qui sont primordiales, mais si on s'en tient à un degré abstrait, il y a toutes sortes de risques qui peuvent se révéler dans la pratique.

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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Siestacorta

le vendredi 16 octobre 2015 à 14h58

Oui, on peut protocolariser, mais pareil, c'est un élément de dialogue, des outils qu'on peut changer selon la nécessité et le moment (et que certains peuvent plus ou moins facilement mettre de côté). Mais c'est vrai ce que dit le tchel, le fait que certains poly fassent ça, assez formellement, ça dit quelque chose de la diversité des sujets qu'on a à discuter.

Et en plus, dans ces protocoles, c'est plutôt un bien de tenir compte d'éventuelles attentes du tiers...

Bref. Du boulot intéressant, mais du boulot...

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camelezebre

le vendredi 16 octobre 2015 à 16h24

Oui il y aura certainement beaucoup de discussions et de remises à niveau. Je ne pense pas à l'avenir, je laisse venir au jour le jour et les réadaptations qui iront avec. Chaque chose en son temps. Pour une fois que je ne me précipite pas et que je prends le temps...
Et il y a l'autre homme aussi qui a son mot à dire. Donc vu le nombre d'intervenant, de sensibilité, d'attente et j'en passe. Je garde ce qui il y a aujourd'hui comme une grande avancée du côté de mon couple avec mon mari.

Et pour les règles je pense que ça dépends des couples, des personnes concernées et de leur sensibilité. Et enfin, il y a toujours la possibilité de les modifier. La discussion et l'écoute servent aussi à ça.

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