Jamais on ne parle de sa femme, avec mon doudou. Trop peu de temps à disposition, première raison. Deuxième : on se voit en amis, on cause de ce qui est important et en cours, les projets professionnels. Et on se voit en amants.
Mais même quand on se maile, pas d'allusions à sa vie de famille ou presque. Ca me va très bien ! L'accord s'est installé tacitement, je ne lui parle pas des autres non plus quand il y en a. Quel intérêt ?
Maintenant, si je vivais une histoire plus proche, plus engagée au quotidien, ce serait sûrement différent; j'aime parler de ce que les rencontres m'apportent, de ce à quoi elles me font réfléchir, comment elles me font avancer.
Ce serait la tolérance de mon interlocuteur qui donnerait la limite à ne pas dépasser, peut-être.
Il y a quelques années, je vais en visite outre-Atlantique chez ma pote Sylvie et son homme. Pendant mon séjour, elle revient des courses complètement agitée et pensive : ils avaient rencontré au centre commercial l'ex de Louis, qu'il n'avait pas revue depuis leur rupture.
Il l'invite à manger à la maison pour le soir même, Sylvie se prépare pour faire la meilleure impression possible : ravissante, repas superbe... et les deux ex finissent par resters seuls au salon, moi-même et Sylvie ne trouvant pas notre place... et menant à part une conversation sur ce qui est en train de se passer...
... Louis a allumé le feu dans la cheminée, le premier feu de cette maison, le feu que lui et Sylvie avaient prévu de flamber pour célébrer, en gros, leur compagnonnage, leur installation, le travail accompli dans la maison, leur petite fille; il l'a allumé, mais avec son ex !
Après le départ de celle-ci, Sylvie entreprend son homme, pour lui signifier son indélicatesse : Louis s'effondre "Mon Dieu, je l'ai tant aimée, , c'était la femme de ma vie, je voulais fonderr famille...". Déballage complet devant Sylvie médusée, mortifiée; qui revient vers moi choquée, et tentant de se trouver une place dans ce qui se passe.
On a discuté des heures, elle a fini par arrêter sa décision : dire à Louis qu'elle ne voulait pas, ne pouvait pas l'entendre se lamenter sur le sujet, et qu'il devait se reposer sur quelqu'un d'autre, un copain, etc. Bref, régler son deuil pas fait, certes ! mais sans l'impliquer, elle.