Pour répondre à Siestacorta, je vais faire une petite (bon d'accord, une grosse) digression sur mon histoire.
Il y a quelques années, j'ai quitté quelqu'un que j'aimais - et que j'aime toujours d'ailleurs - pour mon ami actuel, parce que je n'imaginais pas qu'on puisse être en relation (amoureuse, j'entends) avec plus d'une personne.
Je l'ai quitté aussi parce que pour moi, être en couple c'était avancer ensemble sur le même chemin, regarder ensemble dans la même direction ; et moi, je regardais l'avenir, mais lui, il regardait ses pieds...
Je pense toujours que c'est vrai : pour former ce que j'appelle "un couple", il faut un minimum d'investissement et d'objectifs communs. Cependant, ça ne veut pas dire qu'il faut forcément tout faire ensemble, forcément habiter ensemble, passer tous ses week-ends ensemble...sur certains points, j'ai donc évolué. Puis, on peut aussi être en relation amoureuse sans former un couple (mais cette idée, notre culture occidentale ne nous y habitue pas vraiment).
Remarque : quand je dis "tout faire ensemble", nous étions très très loin à l'époque de passer ensemble tout le temps que nous pouvions passer ensemble, mais pour moi il y avait certaines choses qui ne souffraient pas d'être faites séparément lorsqu'on était en couple, notamment il était automatique de s'installer ensemble, et aujourd'hui je n'ai plus tout-à-fait la même opinion.
Si je raconte cela c'est pour dire qu'à l'époque j'ai fait comme beaucoup de gens lorsqu'ils rencontrent un problème dans leur couple (en l'occurrence, problème d'investissement de mon ami, que je ne trouvais pas assez impliqué dans notre relation). Ils rompent.
Je n'ai pas rompu immédiatement, j'ai discuté avec mon ami de ce qui me posait problème (son manque d'investissement), et ce n'est que plus d'un mois après cette discussion (sachant qu'auparavant j'avais déjà évoqué le problème, moins précisément je le reconnais) que j'ai décidé de le quitter, ne voyant aucun changement de son côté (il s'était même éloigné de moi, refusant de plus en plus souvent de me voir le soir et le week-end, sans donner de raison ; j'ai appris plus tard qu'il "[voulait] du temps pour [lui]", mais ça, pour que je puisse le comprendre, il aurait peut-être fallu qu'il me le dise...mais c'est un autre sujet).
Il y a un peu plus d'un an, mon ami actuel et moi avons commencé à traverser une crise. J'ai poussé le dialogue au maximum, je ne voulais pas que cela se termine mal (et pour moi, il n'y avait pas de raisons que ça ne marche pas). En même temps, j'essayais aussi de le laisser respirer et réfléchir de son côté, ce n'était pas facile de jongler entre les deux.
Il y a un peu moins de 6 mois, alors que je croyais la crise passée, mon ami me dit qu'il ne veut plus être avec moi. C'est tombé comme ça, sans que je m'y attende. Enfin tout allait bien, alors pourquoi ?
Je passerai sur l'action de certaines personnes extérieures qui selon moi ont exercé une mauvaise influence sur lui...notamment des donneurs de conseils qui n'y connaissaient rien...mais bref j'ai dit que je passerai alors je passe.
Mon ami et moi étions déjà depuis plusieurs années (quasiment depuis que nous nous connaissions) pas franchement exclusifs. Je ne saurai dire comment ça s'est fait (je n'étais pas forcément "partageuse" à la base), mais ça s'est fait.
En fait, c'était surtout moi qui n'étais pas exclusive, car lui avait plus de mal avec ma liberté que moi avec la sienne...
Du coup, j'en étais venue à être quand même un peu possessive (simple question de réciprocité) et à le considérer quand même comme "mon" homme, même s'il pouvait faire certaines choses avec ma "permission"...
Deux semaines après avoir rompu, mon ami me disait qu'il ne pouvait pas vivre sans moi (faudrait savoir...).
Je ne rentrerai pas dans les détails (j'en vois qui s'endorment au fond ;-)), mais pour résumer j'ai compris que, même s'il était évident que nous nous aimions, le mode de vie "couple (quasi)exclusif" ne nous convenait probablement pas.
Lui, parce que visiblement, ça ne lui convenait pas (simple constat) ; et moi, parce qu'il faut dire que si je suis beaucoup plus capable de prendre sur moi (culture familiale oblige), j'ai le sentiment d'avoir beaucoup trop pris sur moi ces dernières années, justement, et fait des choses que je n'aurais pas faites si j'avais eu plus de liberté.
Si je raconte ma vie, c'est en fait pour en venir à la différence des réactions que j'ai eues aujourd'hui et il y a quelques années, avec mon "ex".
Il y a quelques années, j'ai rompu parce que mon "ex" s'éloignait de moi : il ne veut pas s'investir, je le quitte.
Aujourd'hui, j'ai compris qu'on peut s'investir de façons différentes dans une relation amoureuse (ou pas amoureuse d'ailleurs, même si ce n'est pas le sujet ici) et au lieu de rompre, j'ai cherché à évoluer de mon côté. (Bien sûr rien ne se fera sans que mon ami évolue également, mais il faut bien qu'il y en ait un qui commence !)
Je pense qu'une grande partie des monogames sont simplement des gens qui ont le mode de raisonnement que j'avais lorsque j'ai quitté mon "ex" : une relation amoureuse doit être parfaite, ou ne pas être. C'est tout ou rien. Tu es à moi ou bien tu n'es pas avec moi. On vit ensemble ou l'on n'est pas ensemble. Etc.
Je pense qu'il est très difficile d'évoluer à partir de ce mode de raisonnement, et j'irais presque jusqu'à me demander comment moi, j'y ai réussi. (Ouais je sais...je suis trop forte...ah non pardon on a dit pas de complexe de supériorité !)
Je pense que beaucoup de gens ne se remettent pas en question et ainsi réitèrent sans cesse l'erreur (enfin, moi je dis que c'est une erreur, mais c'est mon opinion) que j'ai commise en quittant mon "ex".
Ils n'évoluent pas.
Il y a un peu moins d'un an, un ami m'a gravement manqué de respect et a eu le culot de se comporter comme si c'était moi qui étais en faute (je précise que sur le coup je ne tiens pas compte que de mon opinion mais aussi et surtout de celle de témoins qui ont eu les deux versions des faits...). Cette petite digression juste pour dire que certains ont énormément de mal à dialoguer vraiment et se remettre en question.
Alors, que nombre de monogames (bien que pas tous, parce que certains sont vraiment heureux, et c'est tant mieux pour eux !) refassent sans cesse les mêmes erreurs, finalement, ça finit par ne plus trop m'étonner...
Je pense que le mieux qu'on puisse faire pour les monogames malheureux, c'est de leur montrer que nous sommes heureux dans le mode de vie poly, et qui sait, peut-être qu'on en convertira quelques-uns ! Si des gens peuvent être heureux au lieu de malheureux, c'est tout ce qui compte !