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Jalousie

Jalousie
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jesteban

le lundi 01 décembre 2014 à 10h32

Bonjour,
J'aimerai rebondir sur le problème de la jalousie dans une relation polyamoureuse.
Nous sommes un couple depuis vingt ans, avec deux enfants.
Nous avons été très amoureux et très exclusifs pendant des années, nous suffisant complètement l'un de l'autre, partageant les mêmes passions (planche à voile, surf, ski, randonnées en montagne).
Il y a sept ans, notre premier enfant est né et le début des problèmes à commencé pour nous.
Peu à peu, le poids des habitudes s'est imposé.
Sous le joug des contraintes, nous avons oublié que nous étions des individualités avec ses propres aspirations et ses propres désirs pour ne plus être que de simples mari et femme, des parents et des individus socialement et professionnellement établis.
Notre si belle idylle a pris du plomb dans l'aile jusqu'au moment où md a rencontré un ami avec lequel une jeu de séduction et de désir s'est peu à peu instauré.
Moi, très exclusif, n'ayant vécu pendant vingt ans que pour elle, ai très mal pris la chose quand je suis tombé par hasard sur un échange de textos tendres.
La lecture du livre de Françoise Sempré, le guide des amours pluriels m'a permis de relativiser les choses et de comprendre qu'elle n'agissait pas contre moi mais pour elle. J'ai été amené à admettre que je m'étais moi même longtemps autocensuré dans des circonstances similaires.
La relation de mon épouse avec cet homme a évolué. Elle a longuement réfléchi à ce qu'elle désirait avec lui, puis à ce qu'elle voulait en faire et à ce dont elle se sentait réellement capable. Aujourd'hui, elle se sent prête à aller plus loin avec lui.
En ce qui me concerne, je me débats entre mon intellect et mes sentiments.
J'ai admis que la jalousie cachait un problème de confiance en moi et que je craignais d'être abandonné par la compagne avec laquelle j'avais construit patiemment un projet de vie commune.
J'ai aussi compris qu'ayant été son premier homme, elle avait raté cette phase de découverte de sa sexualité et que je l'avais sans doute formatée à mes propres attentes en la matière.
Puis, j'ai accepté son besoin de plaire, de sentir dans les yeux d'un autre et sous les baisers d'un autre qu'elle pouvait être considérée comme séduisante.
Tout cela je l'ai admis. Il n'empêche que je ressens malgré tout de la jalousie et que cela me fait du mal.
En suivant les conseils de Françoise Sempré, je n'ai pas chercher à assumer seul cette douleur. Nous avons ouvert le débat et je n'hésite pas à lui faire part de mes craintes, de ma souffrance et de mes peurs.
Je sais que mon épouse et son ami n'ont pas encore franchi le cap d'une relation sexuelle, mais je suis aussi conscient que mon amour éprouve ce désir et n'y résistera plus très longtemps.
Je suis à la fois content pour elle à l'idée qu'elle puisse être heureuse et terriblement inquiet.
Je sais que cela peut être dû à un manque de confiance en moi et que cela traduit une peur absurde de la perdre. Pourtant je n'arrive pas à passer outre.
Je suis aussi jaloux de la chance qu'elle a de pouvoir entretenir une autre relation amoureuse car je ne ressens pas de désirs pour d'autres femmes qu'elle.
J'ai beau me raisonner, rien n'y fait.
Quelqu'un a -t-il vécu une expérience similaire à la mienne?

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(compte clôturé)

le lundi 01 décembre 2014 à 10h56

Bonjour, je me permets de vous répondre puisque vous avez lu le Guide des amours plurielles. Votre histoire a des points communs avec la mienne en ce sens que vous avez été le premier homme dans la vie de votre femme et que vous avez attendu 13 ans pour avoir votre premier enfant, idem chez nous. Par expérience, je pense que plus que l'amour et la vie en commun, c'est l'enfant qui fonde le couple, pour le meilleur certes, mais aussi pour le pire quand on réalise que ça y est, on est une "famille" avec un lien quasi indissociable (même si le couple conjugal rompt, le couple parental reste, quoi qu'on fasse) et que l'insouciance de l'amour fait place à une raison quelque peu tue-désir. Sans oublier que le temps- je l'ai plusieurs fois écrit ici- atténue le désir sexuel pour le remplacer par un désir intime, plus riche, plus fort, fait de tout ce qu'apporte la vie et les souvenirs communs, mais il n'empêche: l'envie de rêver subsiste, surtout quand on n'a pas connu beaucoup d'histoires amoureuses avant son compagnon, ety aussi le désir de se savoir "autre" avec d'autres. Vous avez raison, votre épouse n'agit pas contre vous, mais pour elle. Pour découvrir d'autres facettes d'elle-même qu'elle ne peut par définition découvrir qu'avec d'autres que vous, vous-même lui en ayant fait découvrir beaucoup aussi, mais vous n'êtes pas universel, on est différent suivant les gens qu'on rencontre et n'ayant qu'une vie, on a parfois l'envie effrénée d'en vivre plusieurs en une seule. Ça peut être aussi partir faire un tour du monde seul, ou se lancer un défi, mais l'humain est ainsi fait: quand on a construit quelque chose, on se dit: "Et après? Dois-je continuer sur l'autoroute du bonheur, ou ai-je encore droit à des chemins de traverse?"
Votre jalousie peut être motivée par un manque de confiance ou une peur, peu importe, elle existe et vous avez raison d'en parler à deux. Il est inutile de lutter "contre" elle, mieux vaut chercher à l'apprivoiser peu à peu, et cela n'arrivera que si votre femme prend soin de vous montrer, par son attention à vos ressentis, qu'elle vous aime et tient à vous. Y compris, parfois, en renonçant à une sortie avec son amoureux un soir où elle vous sent trop désemparé. (et vous, de votre côté, vous apprivoiserez votre jalousie en ayant des activités avec des ami-e)s, pas forcément amoureuses, mais qui vous montreront que la vie ne se limite pas au couple et à la famille. )
Si vous n'avez aucun désir extérieur, peu importe, vous n'allez tout de même pas vous forcer :). En revanche, précisez bien à votre femme que cela peut vous arriver et qu'elle-même imagine comment elle réagirait dans ce cas là. Cela peut l'amener à réfléchir sur sa façon à elle de vivre son histoire amoureuse.
Enfin, vue votre façon particulièrement réfléchie de vivre cette expérience, vous avez tout pour que cela fasse évoluer votre vie dans un sens encore plus épanouissant, mais prenez le temps, et sachez qu'il y aura des hauts et des bas, mais que savourer les moments hauts et surmonter les moments bas (en se protégeant en cas d'agressivité) est une grande satisfaction.

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jesteban

le lundi 01 décembre 2014 à 13h02

Bonjour
Merci pour votre soutient et votre analyse.
Si seulement il n'y avait pas cette souffrance... et cette peur irraisonnée qui me hante.
Ma femme me pousse à sortir et à élargir mon cercle d'amis afin de me re socialiser. C'est juste que je n'y arrive pas. L'envie n'est pas présente.
J'ai la sensation d'être seul malgré la présence et l'attention de mon aimée. Seul pour dans cette lutte contre mon esprit et mon cœur.
J'ai noté qu'un café poly se tiendrai à Marseille et je m'y rendrai pour écouter et partager.
Peut être en parlant arriverai je à calmer la tempête qui se déchaine en moi.
Encore merci pour votre soutient.

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poly de passage (invité)

le lundi 01 décembre 2014 à 14h04

jesteban, je ferai une analogie à ton histoire.

Jusqu'à présent, ta femme et toi étiez dans la même voiture. Aujourd'hui, la situation demande à ce que vous ayez chacun la votre, signifiant que chacun peut aller au même endroit via des chemins propres.
Tu dois avant tout apprendre à maitriser ta voiture et cela demande du temps.
Seulement après tu pourras choisir ta direction, qu'elle soit commune à celle de ta femme ou pas, mais elle doit être la tienne.

Je pense que te femme devrait te laisser du temps, ne pas aller trop vite tout en dialoguant de vos ressentis.

Il n'est pas de bonne solution stéréotypée, mais celle qui conviendra au mieux à votre situation.

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Siestacorta

le lundi 01 décembre 2014 à 17h55

jesteban
la "tempête", c'est deux choses distinctes, au moins :

- ce qui change dans ton quotidien, en vrai. A quel point ta femme ne fait plus la même chose qu'avant avec toi, à quel point ce qu'elle te montre, te propose, projette avec toi est différent d'avant. Est-ce qu'elle s'investit moins, ou moins bien qu'avant. Et en quoi il y a quelque chose pour toi à vivre de bon avec elle après ce changement, selon toi.

- ce qui change dans ta tête. Même si il n' a pas d'évènement important, il peut y avoir une tempête de jalousie, on a tous déjà vu des gens jaloux sans que leur partenaire vive quoi que ce soit. Et même si, dans ton cas, il y a un cadre où cette peur part d'un fait réel, la façon dont elle se déchaîne en toi, c'est toi qui décide de la gérer (la dépasser, la considérer comme décisive dans ta réponse), pas ton épouse.

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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LuLutine

le lundi 01 décembre 2014 à 23h46

Bonjour jesteban,

Toutes les discussions qui ont été classées dans la catégorie "jalousie" sont là :

/discussions/Jalousie/

Je pense que certaines te parleront.

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jesteban

le mardi 02 décembre 2014 à 11h24

Merci LuLutine
Il y a une discussion qui m'a particulièrement touché de plein fouet, celle où un homme marié à une polyamoureuse admet qu'il est surtout jaloux de ne pas vivre la même chance que sa femme car il a la sensation de s'être sacrifié corps et âme pour son couple.
Son message m'a fait beaucoup réfléchir car c'est effectivement fort de café de se rendre compte qu'on s'est aliéné sa propre liberté par amour pour l'autre.
Etienne

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Siestacorta

le mardi 02 décembre 2014 à 12h54

jesteban

Son message m'a fait beaucoup réfléchir car c'est effectivement fort de café de se rendre compte qu'on s'est aliéné sa propre liberté par amour pour l'autre.

On est nombreux a avoir un problème avec ça, oui.
Pour moi, en tout cas, c'est ce que je serais censé faire si j'étais mono.
Ca peut être un choix. Finalement, la liberté, c'est la liberté de choisir les contraintes qui nous conviennent le mieux.

La liberté absolue, uniquement spontanée, je fais ce que je veux avec qui je veux et ça doit jamais poser problème à personne, on discute pas on fait et je m'hailânsse comme un ouasow dans l'espaaaaace... Ca existe pas. On choisit la façon de vivre avec ceux qu'on aime. De ça, on est libre.

Même libre d'être mono. Mais comme l'exclusivité c'est le choix par défaut, celui que toutlemondyfait, toutlemondeenparle, toutlemondedit que la jalousie c'est la réaction normale face aux besoins de l'autre qui ne nous concernent pas.... alors oui, on aliène sa liberté de choix, souvent sans s'en rendre compte.

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Chupapink

le mercredi 03 décembre 2014 à 11h58

Siestacorta
On choisit la façon de vivre avec ceux qu'on aime. De ça, on est libre.

On passe notre temps (en tant que mono) à plus ou moins vivre en fonction de l'autre sans faire attention à ses propres désirs, alors qu'effectivement si on prend le choix d'aimer ceux qu'on aime chacun à sa façon, on ne se force plus on le fait naturellement.

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LuLutine

le mercredi 03 décembre 2014 à 14h01

Jezebel
si on prend le choix d'aimer ceux qu'on aime chacun à sa façon, on ne se force plus on le fait naturellement.

(+) (+) (+)

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Bosley

le mercredi 03 décembre 2014 à 20h18

Salut Jesteban,

enfin un frère d'armes ;-)

Bon, soyons sérieux 2mn.

Ta situation semble proche de la mienne tu pourras lire mon témoignage ici et les réponses qui s'en suivent. Tu prendras bien évidemment mes remarques avec les réserves qui conviennent, je ne détiens pas la vérité et mon ressenti comme mon expérience, transparaitront forcément au travers de ma réponse.

Je dirais que pour l'instant je vis quelque chose de plus "avancé" que toi puisque ma femme a eu pas mal d'expériences, toutes révélées au fûr et à mesure, sex-friend et compagnie, la totale, ainsi qu'une histoire +/- polyamoureuse actuellement...

Sache d'une part que tu dois vivre des moments d'une intensité terrible et que je les comprends, fort bien, tu es bien vivant, c'est un premier pas ;-)

Je reprends à mon compte une citation d'un autre pseudo qui sévit sur la liste

homme_partit
Pour un certain nombre de personnes, le polyamour est un habillage pratique pour s'offrir un adultère autorisé

Alors pourquoi je te dis ça, car j'imagine que ça ne fait pas plaisir.

jesteban
Moi, très exclusif, n'ayant vécu pendant vingt ans que pour elle, ai très mal pris la chose quand je suis tombé par hasard sur un échange de textos tendres.

Tiens, pareil pour moi... Donc polyamour, mouais, tu l'as découvert accidentellement, ce n'est pas une discussion qui a eu lieu quand vous vous êtes mis en couple et ça change les choses. Peut-être d'ailleurs que ta femme, ne sachant pas comment te l'annoncer, n'a pas vraiment cherché à se cacher, mais c'est une hypothèse...

Quelques questions, en vrac....

Ta femme peut-elle imaginer te "voir" avec une autre femme ? Attention c'est important, je ne parle pas d'une hypothèse à laquelle elle pourrait répondre par l'affirmative tout en restant intimement persuadée que tu n'en est pas capable. Il y a un pas entre la projection intellectuelle et la réalité à laquelle on se confronte (ce que tu fais en ce moment).

As tu à un moment de ta relation fait comprendre, d'une manière ou d'une autre, que tu étais potentiellement capable d'aller voir ailleurs ? Polyamour ou non ?

Es-tu persuadé que c'est la première fois que ta femme "franchit" le pas ?

T'es-tu occupé de toi de façon à ne pas considérer que ta femme était acquise, sous prétexte, par exemple, que tu étais son "premier" et que, j'extrapole, elle ne "jouirait" qu'avec toi... Plus les enfants, plus les trucs que vous faites et pour lesquels vous étiez super complices, etc. Mais bon, rien y fait, elle à envie de coucher avec l'autre, et tu es pétrifié rien qu'à l'idée (dis moi si je me trompe...)

Ta femme te parle t'elle de temps à autre comme si tu étais une "bonne copine" à laquelle on peut tout confier parce que dans ton couple, jusqu'à maintenant, vous aviez tout partagé ? Et que par conséquent, évoquer le fait qu'elle allait potentiellement coucher avec un autre homme que toi était finalement chose pas si extraordinaire que ça vu votre histoire ("mais tu comprends je t'aime toujours")

jesteban
Ma femme me pousse à sortir et à élargir mon cercle d'amis afin de me re socialiser. C'est juste que je n'y arrive pas. L'envie n'est pas présente.

A tiens, pareil aussi, nulle envie de ma part d'"accuser" ta femme de quoique ce soit mais je pense que ces questions méritent réflexion... Car il me semble que tu vis aussi dans un schéma de dépendance affective, je n'en connais pas le degré et je ne suis pas psy mais ton témoignage me trouble... et tu devrais sans doute orienter tes recherches sur l'"autonomie affective".

jesteban
J'ai aussi compris qu'ayant été son premier homme, elle avait raté cette phase de découverte de sa sexualité et que je l'avais sans doute formatée à mes propres attentes en la matière.

Excellente remarque et tout à fait "réversible" à ton endroit, elle t'a aussi "formaté", c'est pas à sens unique. Peut-être même que cette "phase" peut augurer d'un renouveau dans ta vie de couple, oui c'est difficile de le reconnaître mais les histoires extra-conjugales bien gérées peuvent être un puissant "excitant" dans la relation.

Ou en-es tu dans ta vie sexuelle avec ta femme ? Cette histoire s'"ajoute" à la vôtre ? Ou dans le fond c'est une baisse de désir mal gérée dans le sens ou ta femme pose la bonne question en te montrant qu'elle a envie d'autre chose mais qu'elle n'y répond pas de la manière la plus "habile" qui soit en allant voir ailleurs...

Evidemment j'imagine que la description de ton pseudo qui est "nous sommes un couple qui nous interrogeons sur le polyamour." indique que ta femme lit aussi avec nous ce que tu écris et ce que nous te répondons (ne t'inquiète pas j'ai fait pareil), si c'est le cas es-tu vraiment autonome ? :-/

Je suis exactement dans cette situation : aucune envie de sortir, des crises d'angoisses difficilement gérables qui se transforment quelquefois en crise de jalousie et de colère qui peuvent être destructrices, attention donc.

Que puis-je ajouter pour atténuer ta peine ? Car il me semble avoir plutôt mis de l'huile sur ton feu intérieur.

Allons-y pour quelques conseils, qui ne valent parce que je les applique à moi-même et je n'ai absolument aucune idée s'ils marcheront pour toi, mais bon, sait-on jamais ?

Le principe numéro 1, et c'est le plus dur à tenir : ne pas savoir.
Tu ne cherches pas à savoir, POINT. Ni quand, ni comment (surtout), ni avec qui, tu ne surveilles pas (Sms, Facebook, etc.), tu n'interroges pas. Ce que vit ta femme quand tu n'es pas avec elle, c'est sa vie.
Si tu vis mal ce "polyamour", pour le moment, et je ne dis pas que ça évoluera, il faut expliquer à ta femme que cette relation n'a pas à s'intégrer dans ton couple pour le moment, c'est SA life. Elle doit te respecter et donc moins tu en sais mieux c'est, pas de complicité de ce côté là, c'est SON choix, pas le tien.
Je suis persuadé qu'elle te dira que cet amour est "en plus" de vous deux et qu'elle t'aime autant voire plus qu'avant mais pour toi c'est "à la place", voir "c'est mieux avec l'autre" et cela te faire donc souffrir.

Le principe numéro 2 : gérer l'emploi du temps.
Si ta femme t'aime demande lui d'aménager son emploi du temps de manière à ce que tu aies le moins l'impression possible qu'elle te "délaisse" pour lui. J'emploie volontairement ce mot, et tant pis si les polys n'aimeront pas, car visiblement c'est ce que tu vis et c'est la seule chose qui compte dans ton cas.
Donc si tu peux par exemple définir des plages horaires qui te semblent "acceptables" car toi tu vaques à d'autre occupations demande-lui de faire cet "effort".

Les autres conseils sont habituels : Temps, Patience, Dialogue.
Pour ma part, alors que certains conseillent une séparation temporaire "le temps de faire le point", je ne suis pas pour, dans un premier temps.

Si tu ne supportes absolument pas alors oui, pas le choix. Mais si tu arrives à gérer il est d'abord essentiel que vous abordiez votre vie à vous DEUX, pas sa vie à elle avec l'autre et toi, non, VOUS DEUX. c'est le moment de faire le bilan, de parler de désir (et pas seulement de polyamour), de choses qu'on a mis de côté, il faut y aller franco, tout déballer, TOUT, sans s'engueuler, sans colère, mais il faut le faire.

Donc pas de séparation tout de suite car il faut que ton "couple" accepte aussi des moments de heurts, que ta femme accepte aussi tes moments de colère (sinon c'est un peu trop facile) car tu vas changer, tu ne le sais pas encore, mais ça à déjà commencé et si tu changes, ta femme changera aussi. Il faut aussi (re)instaurer des moments de complicité (sans les enfants) qui n'existaient peut-être plus.

Dans les moments durs abrutis-toi de sport (dans une salle ou ailleurs mais pas chez toi), essaie aussi les sites comme ovs (on va sortir), même, j'ose le dire , "force-toi" dans un premier temps.

Si, et seulement si, vous arrivez à parler de séparation temporaire parce que la situation dégénère trop souvent et que vous pouvez en parler AU CALME, alors oui, la séparation temporaire peut-être utile.

Il va te falloir devenir autonome affectivement, c'est long, moi-même je suis loin d'y être arrivé mais c'est le salut qui t'attend et, qui sait, un nouvel équilibre dans ton couple.

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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jesteban

le lundi 08 décembre 2014 à 17h26

Merci Bosley pour ton long message.
Je vais tenter de te répondre points par points.
Md dit qu'elle pourrait me "voir" avec une autre femme tant qu'il n'y aurait pas de sentiments avec cette tierce personne car si non, elle serait jalouse. Or c'est bien des sentiments qu'elle éprouve pour son ami-amant.
Aussi, je ne la crois pas quand elle me tient ce genre de discours...
Non je ne lui ai jamais dit que je pourrai aller voir ailleurs pendant ces vingt années passées ensemble. J'ai été très volage plus jeune, un vrai cœur d’artichaut et j'ai renoncé à tout cela quand je l'ai rencontrée. Je l'ai aspiré dans ma vie. Elle ne m'a pas choisi. J'ai du la conquérir et je me suis battu pour cela. Je l'ai entraîné dans ma personnalité baroque et complexe. Et j'ai fait le choix de renoncer à ma liberté quand elle a accepté de me suivre et de devenir mon amie, mon amoureuse.
Oui je suis persuadé que ma compagne vit là sa première aventure.
Après la naissance de notre premier enfant, elle a cru que je vivais moi aussi des aventures et que je la trompai, sans légitimer ses craintes sur des raisons précises. Elle en a été intiment persuadé et m'a avoué en avoir beaucoup souffert. Elle a perdu toute confiance en son pouvoir de séduction et s'est peu à peu renfermée dans son rôle de mère. Elle est devenue une de ces hystériques névrosées qui se plaignent tout le temps. J'en fréquente beaucoup dans le milieu enseignant. Et je suis certain qu'elle a sans doute rêvé du prince charmant, sans qu'il daigne l'enlever sur son cheval sauvage.
Oui je me suis occupé de moi et d'elle sans jamais admettre qu'effectivement je la considérait comme un bien acquis. J'ai organisé des weekend ski, des diners romantiques, des petits plats pour la surprendre. Je lui offrais des fleurs, je lui envoyais tous les jours un sms à 12 h 45 précise. J'ai gardé une part de ma liberté dans la pratique de mes sports. Je suis windsurfeur et surfeur.
Oui je suis terrifié à l'idée qu'elle puisse coucher avec l'autre même si je crois avoir réussi à admettre que je ne pouvais pas tout lui apporter et qu'elle n'ayant pas vécu ses expériences plus jeunes, elle avait fini par perdre l'envie d'avoir envie.
Non md ne m'a jamais parlé comme à une bonne copine de ses fantasmes et de ses désirs. Elle ne m'a pas dit qu'il fallait minimiser le fait qu'elle aie envie d'être prise par un autre homme.
Oui je suis totalement dépendant affectivement d'elle. C'est totalement vrai. Et je n'arrive pas à me débarrasser de ce sentiment. Il a été la cause d'un premier éloignement sévère entre nous après la naissance du premier. J'ai vécu l'intrusion de mon fils comme une trahison de sa part et l'assouvissement d'un désir que je ne partageais pas du tout. Elle était mon adorée, mon amante et ma partenaire de sport et elle rejetais tout ça pour un marmot braillard, laid et incompréhensible.
Cette dépendance affective m'a d'ailleurs fait céder pour le deuxième que je ne voulais absolument pas. Encore une fois j'avais la sensation que seuls les désirs de md comptaient. Qu'il fallait que je comprenne qu'une femme est programmée pour être mère et qu'elle ne peut entièrement se réaliser que en enfantant.
Sexuellement, nous avons été complices pendant une dizaine d'année. Mais ma femme m'a dit un jour, qu'elle ne savait pas si ce qu'elle éprouvait au lit avec moi était réellement du plaisir. J'ai choisi un rôle protecteur. J'ai refusé de la considérer comme un moyen d'atteindre ma propre jouissance et je me suis longtemps senti coupable de jouir si elle elle ne jouissait pas. Cette frustration de ne pas lui donner du plaisir à chaque fois, m'a bridé dans ma propre sexualité et j'ai peu à peu perdu le goût du sex avec elle. Et j'ai instauré de longues périodes d'abstinences.
Ce n'est que dix huit ans après que j'ai compris que ma femme ne pouvait se révéler que dans une forme de soumission ou d'abandon et qu'il fallait que je sois plus mâle et plus viril. Difficile à mettre en ouvre quand ce n'est pas dans la nature de quelqu’un.
Elle m'a souvent reproché d'avoir une sensualité et une sexualité féminine, trop prévenante et douce. Mais je ne pouvais pas envisager de me comporter autrement avec elle à cause de ma dépendance affective et ma peur de lui faire mal ou de l'humilier.
Non md ne me lit pas. Nous avons ouvert cette discussion sur le polyamour et elle sait que je suis inscrit sur le site. Alors peut elle me mit elle en cachette sous un pseudo. Mais je lui ai dit que je devais me questionner seul sur ma capacité à admettre ce mode de vie. Oui nous discutons de mes craintes et de mes souffrances quand je n'arrive plus à les gérer seul.
Oui tu as raison quand tu dis: "qu'elle te dira que cet amour est "en plus" de vous deux et qu'elle t'aime autant voire plus qu'avant mais pour toi c'est "à la place", voir "c'est mieux avec l'autre" et cela te faire donc souffrir. " C'est parfaitement ça.
Nous avons commencé à aborder effectivement de front tout ce qui nous uni encore et comment nous envisageons l'avenir. Et j'ai pris du recul vis à vis de son histoire. Je ne veux pas savoir et en même temps j'en crève de jalousie quand elle sort. J'ai envie de la suivre et de savoir ou elle va mais je résiste.
J'aimerai être capable de faire la politique de l'autruche, mais je n'y parviens pas. Du moins pas encore.
Quand elle m'en parle et que je vois son sourire ravi je ne peux m'empêcher de sentir mon cœur se serrer.
Oui je vais devoir devenir autonome affectivement. J'en suis conscient. En aurais je le courage? Je crois que si je ne veux pas la perdre, je n'ai pas vraiment le choix.

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Profil

Nurja

le lundi 08 décembre 2014 à 17h37

J'ai vécu l'intrusion de mon fils comme une trahison de sa part et l'assouvissement d'un désir que je ne partageais pas du tout. Elle était mon adorée, mon amante et ma partenaire de sport et elle rejetais tout ça pour un marmot braillard, laid et incompréhensible.
Cette dépendance affective m'a d'ailleurs fait céder pour le deuxième que je ne voulais absolument pas. Encore une fois j'avais la sensation que seuls les désirs de md comptaient.

J'avoue ne pas pouvoir comprendre comment on accepte de faire un enfant pour faire plaisir (ou ne pas perdre) à quelqu'un d'autre.

Qu'il fallait que je comprenne qu'une femme est programmée pour être mère et qu'elle ne peut entièrement se réaliser que en enfantant.

Je suis une femme et malgré la programmation éducative qui aurait voulu que je sois mère, je ne serai pas mère par choix et je me réalise entièrement. La case "enfants" n'est pas indispensable à une vie heureuse et réussie. Pas plus pour une femme que pour un homme.

Oui je vais devoir devenir autonome affectivement. J'en suis conscient. En aurais je le courage ? Je crois que si je ne veux pas la perdre, je n'ai pas vraiment le choix.

Ce n'est pas pour ne pas la perdre que devenir autonome affectivement est le plus important. C'est pour toi, pour ton bien-être. Que ce soit dans le cadre de cette relation ou dans un autre cadre.

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Profil

LuLutine

le lundi 08 décembre 2014 à 17h41

jesteban
Alors peut elle me mit elle en cachette sous un pseudo.

Elle n'a même pas besoin de pseudo, le forum est public, tout le monde sur internet peut tout lire.

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Evene (invité)

le mardi 09 décembre 2014 à 13h15

Bonjour jesteban,
Ton témoignage me parle beaucoup dans tout ce que tu ressents. La différence avec moi c'est que mon mari m'a trompé et je l'ai appris qu'après, en même temps il m'a avoué ne plus pouvoir se passer d'elle. J'ai du accepter donc le fait qu'il n'est pas ouvert cette discussion avant, avoir été un peu mise devant le fait accompli!
Je réalise qu'effectivement nous nous sommes oubliés individuellement, que je suis jalouse de ce qu'il vit, que de mon côté je n'arrive pas à vivre la même chose, peut être trop passionnée et peur de le délaisser. Je m'interdis en quelques sortes ces sentiments avec un autre. Nous en parlons beaucoup, avons retrouvé une libido que nous avions perdu, c'est très contradictoire.
Il ne m'a jamais délaissée au contraire, après est ce par culpabilité ou alors parce que cette relation lui permet de s'épanouir davantage, ça fait parti des milliers de questions que je me pose.
J'essaie d'avancer dans ce brouillard et oui il y a des hauts et des bas, beaucoup de discussions lors desquelles la colère a du mal à être contenue, et ce n'est pas facile.
Je ne me vois pas sans lui, et je me dis comme toi qu'il faut accepter en le vivant le mieux possible pour que surtout personne ne souffre ni ne se sente délaissé.

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Profil

LuLutine

le mardi 09 décembre 2014 à 16h19

Evene
Nous [...] avons retrouvé une libido que nous avions perdu, c'est très contradictoire.

Si tu lis un peu le forum tu verras que non, ce n'est pas du tout contradictoire :)

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galimba (invité)

le mardi 09 décembre 2014 à 18h43

Baf, je suis comme vous je me sens seul face aux décisions et ce que vit mon épouse, et j'ai aussi l'impression d'etre sacrifié et qu'on m'enlève une partie de moi même vu que je ne pourrais plus vivre avec elle que la relation d'ordre familiale, et pas la rerencontrer, ce que j'aurais aimé par dessus tout, après la naissance de notre enfant. La vie est parfois bien difficile. En tout cas quand elle rencontre l'autre homme, et l'idée qu'ils fassent l'amour ce qui va arriver tres bientot, je perd toute énergie de partage et de construction, c'est la dépression et je me sent prisonnier. C'est nul tout ça.

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