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Ma chérie aimerait "rencontrer" un autre.

Jalousie
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stone (invité)

le mardi 04 novembre 2014 à 04h06

Bonsoir,
Ma chérie a passé une nuit avec un homme, il y a deux ans, ils n'ont pas fait l'amour. Elle me l'a dit.
Récemment, ils se sont revus, toujours de façon relativement chaste. Ca, je l'ai découvert en fouillant son portable. Chuis jaloux depuis cette histoire, et très curieux .
Elle aimerait aller plus loin avec lui, se sentir libre et disponible pour le rencontrer. Il l'attire d'un point de vue plutôt intellectuel, elle se sent en harmonie avec lui.
Elle me dit qu'elle est amoureuse de moi, moi je suis assez fou D'elle.
Je sais pas quoi faire avec ça. Je pense que ça va me faire souffrir qu'elle le revoie, qu'elle me le dise ou pas.
En même temps je trouve cette situation intéressante, l'idée qu'elle me trompe me donne un challenge.
J'hésite
1: à provoquer le mec en duel (il ne sait pas que j'existe)
2: a donner un ultimatum a ma chérie : Lui ou moi,
3 : ou a accepter qu'elle le revoie et partage des moments intimes avec lui (mais cette option je pense que ça va me rendre malheureux.)
Bref c'est la merde, mais une merde assez exaltante je dois reconnaître. On perd moins de temps à se disputer depuis cette histoire, et je me sens plus amoureux, de jour comme de nuit.
Moi aussi je suis attiré par d'autres filles. Mais pourquoi passer a l'acte quand on est amoureux d'une personne?

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(compte clôturé)

le mardi 04 novembre 2014 à 08h44

Stone (invité)
Moi aussi je suis attiré par d'autres filles. Mais pourquoi passer a l'acte quand on est amoureux d'une personne ?

Parce qu'on en a envie ?
Parce que le fait d'aller vers d'autres personnes n'empêche en rien de continuer à aimer autant la première ?

Stone, si tu as parcouru ce forum, tu auras vu que c'est justement le principe de base du polyamour : le fait de pouvoir avoir des relations (amicales, sexuelles, amoureuses, sentimentales, etc.) avec plusieurs personnes et donc, entre autres, le fait de pouvoir aimer plusieurs personnes à la fois.
Si tu n'as pas pris le temps de lire une bonne partie des sujets, ce serait une bonne idée que tu le fasses car tu y trouveras, non pas des réponses, mais des points de vue sur le sujet. Bon visiblement ils n'iront pas dans ton sens, parce que le duel ou l'ultimatum ne font pas partie des recettes généralement recommandées.

En fait (et ça n'engage que moi), je ne comprends pas ta question. Qu'est-ce que tu veux dire ? Que si on est amoureux de quelqu'un on ne devrait avoir envie de personne d'autre ? Et si on a quand même envie, on ne devrait pas la concrétiser par respect pour la personne qu'on aime ?
Qu'attends-tu comme réponses de notre part ?

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Romy

le mardi 04 novembre 2014 à 13h30

Je dirais un peu de trois options... Tu la laisses explorer, tu demandes à rencontrer le mec (histoire qu'il sache que tu existes), mais pas de confrontation. Vous le rencontrez à trois. Tu dis à ta chérie que tu vas tout faire pour travailler sur ta jalousie, mais que tu aimerais qu'elle te témoigne de l'affection (ou complicité) devant lui. Lui aussi a un travail à faire: accepter votre relation. Et le fait que toi aussi tu acquières plus de liberté et puisse rencontrer d'autres filles est un élément motivant. Tu souffriras, mais en parlant beaucoup avec ta chérie, ça finira par s'estomper. Si vous êtes amoureux, les choses finiront par se placer au bon endroit. Discussion, amour, sexe et patience.

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Siestacorta

le mardi 04 novembre 2014 à 13h34

(tiens, Romy, ça faisait longtemps didon)

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stone (invité)

le mardi 04 novembre 2014 à 14h05

Bonjour, merci pour vos interventions.
Shamal, j'ai parcouru certaines discussions après mon premier post.
Effectivement ce n'est peut-être pas l'endroit idéal pour exposer mon cas, suis arrivé la un peu par hasard.
Les discussions sur la jalousie sont très intéressantes.
Les descriptions des relations aussi, mais j'ai beaucoup de mal a l'imaginer en vrai.
Quand a ce que j'attends en postant cette discussion, je ne sais pas trop. Je pense que j'ai besoin d'en parler, tout simplement...

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MagentadeMars

le mardi 04 novembre 2014 à 14h44

stone
Je pense que ça va me faire souffrir qu'elle le revoie,

Pourquoi ?

C'est une question sérieuse : pourquoi il te ferait mal que la personne que tu aimes fasse quelque chose dont elle a envie ?

Accessoirement, j'espère que tu lui aies demandé pardonne d'avoir fouillé dans son téléphone...

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Neytiri

le mardi 04 novembre 2014 à 18h38

stone
Je pense que ça va me faire souffrir qu'elle le revoie,

Personnellement, c'est ce que je peux parfois ressentir, cette douleur qui est finalement la peur de ne pas être aimée, de ne pas avoir assez de valeur à ses yeux, de ne pas être assez intéressante, d'être abandonnée, exclue, rejetée....
Mais c'est aussi une possibilité de développement personnel, de réfléchir sur ses peurs et d'avancer.

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stone (invité)

le mardi 04 novembre 2014 à 18h49

Oui, je comprends, les développements positifs que cette situation peut avoir.
Développement personnel, bonheur individuel, liberté... C'est très chouette comme concepts.
Mais est ce que construire un couple ce n'est pas basé sur la fusion de deux identités?
Mes vieux, 70 ans bientôt, ils s'aiment toujours, ils partagent tout, ce sont les personnes les plus heureuses que je connaisse.
Est ce que le refus de partager n'est pas un syndrome de notre société individualiste, compétitive, capitaliste?

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Siestacorta

le mardi 04 novembre 2014 à 18h51

stone
Est ce que le refus de partager n'est pas un syndrome de notre société individualiste, compétitive, capitaliste ?

Ben justement, travailler sur sa jalousie, c'est aussi refuser d'être possessif, non ?

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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M_e_M

le mardi 04 novembre 2014 à 19h06

stone
Est ce que le refus de partager n'est pas un syndrome de notre société individualiste, compétitive, capitaliste ?

Tout dépend la manière dont tu fais les choses, non ? C'est très différent d'aligner les conquêtes en considérant les personnes comme des objets ou de prendre un temps conscient avec plusieurs personnes, des temps plus ou moins long, remplis de choses très différentes... Je ne pense pas que refuser de tout partager avec une personne (d'ailleurs est-ce un choix ou une incompatibilité de fait ?) soit simplement "refuser de partager", tu peux partager un seul aspect de toi avec quelqu'un mais très en profondeur, tu peux partager énormément de choses avec plein de personnes différentes, tu peux tout partager avec une seule...

Un article assez intéressant sur la Jalousie

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Neytiri

le mardi 04 novembre 2014 à 19h16

stone
Mais est ce que construire un couple ce n'est pas basé sur la fusion de deux identités ?

Un ami un jour m'a dit que dans une relation de couple, il y a "l'un", il y a "l'autre" et il y a l"a relation" créée par "l'un" et "l'autre", si je compte bien ça fait 3 espaces.
Je pense que la fusion ne laisse exister que "la relation" au détriment de l'espace de "l'un" et de l'espace de "l'autre" .
Pourquoi ne pas laisser aussi exister l'espace de "l'un" et de "l'autre" et de nourrir "la relation", de la faire grandir grâce à ce que chacun apporte de son espace.

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Dreltak

le mardi 04 novembre 2014 à 19h52

Stone, ton témoignage me renvoie quelque chose : au début de ma relation il n'y avais aucune relation tierce au moment ou on à "sauté le pas",

mais... cette boule dans l'estomac, une peur qui rassure, à l'idée de justement se dire "allez, on fait comme ça...." (je trouve toujours pas de meilleurs mots à mettre dessus, désolé).

Je sais, c'est paradoxal. Mais est ce que ça t’évoque quelque chose, ou j'ai tout faux?

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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Romy

le mardi 04 novembre 2014 à 22h29

Tu ne peux pas savoir non plus tout ce que tes vieux ont vécu. De toute manière, l'un n'empêche pas l'autre: je me sens comme tes vieux par rapport à mon couple, et pourtant, on est polyamoureux. Aussi, il y a des phases dans la vie: ce n 'est pas parce que tu vis présentement une situation polyamoureuse, que ce sera toujours comme ça. Ce qui change, c'est de savoir que ça peut arriver, que la possibilité est là, et que malgré tout vous vous aimez encore. Ne néglige pas la force et la complicité qui peut se developper dans votre relation en vivant quelque chose de différent.

Salut Siesta :)

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stone (invité)

le mercredi 05 novembre 2014 à 04h25

Merci pour les retours. C'est vraiment intéressant ce que je découvre ici.
Siesta corta, c'est habile comme tu retournes ma pensée.
Merci MeM pour le lien, l' article est très bien fait, je l'ai renvoyé à une copine dont le mec est complètement cretin de jalousie romantique | ego cassé. UPar contre je ne suis vraiment pas bien avec l'idée de ne pas "tout partager". Je dois être fusionnel... Ou alors, très accroché à l'idée de fidélité. Dans ce que dit neytiri, je suis partagé avec ces trois espaces. Le seul qui compte est a mon avis celui de la relation... Et en même temps je ne crois pas qu'il me suffirait.
Romy, j'aime bien l'idée de garder cette possibilité... Mais j'ai peur de la réalité, de quand ce sera là, que ma chérie sera absente... Que je me demanderai ce qu'elle fait avec lui, si elle lui dit les mêmes mots que quand on fait l'amour. Je me sentirai trahi, c'est presque sur.
Dreltak, je pense que tu sens juste, il y a quelque chose d'exaltant dans ce choix, ce possible.
Est ce qu'il faut forcément faire les choses dont on a envie? Tomber amoureux d'une autre personne sans se refuser quoi que ce soit?
J'arrive bien a me forcer à être fidèle. Bien sur que plein de jolies filles chouettes existent, et que j'ai envie de les "rencontrer" plus, ou mieux, sans arrêter ma relation avec ma chérie.
C'est sur aussi que si on laisse ouvert, que l'on séduit, les choses prennent vite une belle ampleur, c'est super, on a encore plus envie, mais si on bloque dès le début, il y a peu de frustration.
La vie est pleine de frustrations. A choisir, je préfèrerais ne pas être obligé de travailler, ne pas payer d'impôts, avoir une Ferrari, voyager, écrire, avoir un loft...

Je m'égare.
Je trouve qu'on est de plus en plus des enfants. On n'a aucun droit, aucun devoir, on peut avoir plusieurs amoureuses, faire de la trottinette, acheter des jouets Apple.

Ma chérie veut voir un autre homme et croyez moi ça me fout le blues.

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Ginette

le mercredi 05 novembre 2014 à 07h41

Il semble que se forcer à être fidèle ce n'est pas comme se forcer à ne pas tomber amoureux...Mon Jules dit que le second cas ne se contrôle pas comme le premier...
Tu te poses les bonnes questions, tu as l'air acceptant et normalement la jalousie est surmontable, quand on va pas trop mal à la base, quand l'estime de soi est là et qu'on est entouré ...
Après si tu zieutes dans le portable de ta belle, tu prendras une piqûre de jalousie monumentale à chaque mot d'amour que tu vas lire, à chaque détail un peu cru.
En plus, ça interroge sur l'intimité que tu lui laisses, et son espace à elle : c'est marrant, ça a l'air anodin pour toi, de regarder dans ses affaires ?
Je te juge pas, hein, mais s'il y a bien un truc que je ne ferais pas, c'est d'aller me confronter aux échanges amoureux de mon mari...ça ruinerait tout le boulot que j'ai pu faire sur mon détachement ces derniers mois...

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MagentadeMars

le mercredi 05 novembre 2014 à 09h56

stone
Je m'égare.
Je trouve qu'on est de plus en plus des enfants. On n'a aucun droit, aucun devoir, on peut avoir plusieurs amoureuses, faire de la trottinette, acheter des jouets Apple.

On peut le voir d'une autre manière : on commence (ben, on continue) de rejeter cette manipulation qui consiste à dire "enfantin" tous ce qui donnent plaisir sans nécessairement faire du mal.

C'est pour ça que j'insiste sur l'importance de la "pourquoi ça fait mal". La manipulation se fait par des habitudes, et certains habitudes ne résistent pas à la réflexion.

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M_e_M

le mercredi 05 novembre 2014 à 10h37

stone
La vie est pleine de frustrations. A choisir, je préfèrerais ne pas être obligé de travailler, ne pas payer d'impôts, avoir une Ferrari, voyager, écrire, avoir un loft...

Je m'égare.
Je trouve qu'on est de plus en plus des enfants. On n'a aucun droit, aucun devoir, on peut avoir plusieurs amoureuses, faire de la trottinette, acheter des jouets Apple.

Le fait que tu inclues la ferrari et apple dans ces listes me fait penser qu'il y a quelques interférences consommatrices dans ta réflexion. Je ne vois pas vraiment le rapport avec les relations humaines. Ici il s'agit surtout (pour moi) de savoir accueillir le moment présent. Pleinement, dans la liberté et le respect. Je ne cherche pas (ne "chasse" pas comme disent les draggeurs/euses) plusieurs personnes, je me rends juste disponible. Pour moi il est possible d'être totalement en phase avec le polyamour et pourtant avoir une vie monogame de fait : on peut être ouvert et accueillant sans trouver plus d'une personne avec qui on soit en harmonie, ça me paraît assez improbable mais possible.
Et bon, à propos des droits et devoirs, de la trottinette, je ne vois pas vraiment ce que ça vient faire dans le débat. Je suis assez perplexe et vexé de ce parallèle entre immaturité, irresponsabilité et polyamour. On peut être un citoyen bienheureux et libre non ? Et puis tu dis "à choisir..." et bien c'est simple : choisis.

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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MagentadeMars

le mercredi 05 novembre 2014 à 11h13

Moi, j'aime bien l'image de la trottinette : sa pratique peut être jouissive, bonne pour la santé, peu coûteuse et peut rendre la vie de tous les jours plus facile. Et contre tout cela, on n'oppose que le fait que ce soit enfantin.

A côté de cela, avoir des relations non-exclusives peut être jouissive, bonne pour la santé mentale, peu coûteuse (surtout par rapport au divorce) et peut rendre la vie de tous les jours moins complexe que des liaisons clandestines. Contre tout cela on oppose... que cela ne se fait pas.

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Siestacorta

le mercredi 05 novembre 2014 à 11h32

stone
Siesta corta, c'est habile comme tu retournes ma pensée.

Merci, mais il n'y a pas que de l'habileté. L'égoïsme est un comportement qui vaut pour tous les humains, quelles que soient leur pratique et leur époque. Dire qu'il serait plus sensible (via le consumérisme ou une grille de lecture "la morale et l'éducation sentimentale, c'était mieux avang") dans le polyamour que dans la monogamie, c'est manquer de connaissance pratique du PA, et d'un peu de recul sur la monogamie.
Faut bien préciser que les gens qui te répondent ici ont souvent connu les deux modes de vie. C'est peut-être aussi pourquoi on cogne pas tant que ça sur la monogamie en soi, parce qu'on comprend bien ce qu'on peut y trouver, comment on y entre (passe).

stone
C'est sur aussi que si on laisse ouvert, que l'on séduit, les choses prennent vite une belle ampleur, c'est super, on a encore plus envie, mais si on bloque dès le début, il y a peu de frustration.
La vie est pleine de frustrations. A choisir, je préfèrerais ne pas être obligé de travailler, ne pas payer d'impôts, avoir une Ferrari, voyager, écrire, avoir un loft...

Je m'égare.
Je trouve qu'on est de plus en plus des enfants. On n'a aucun droit, aucun devoir, on peut avoir plusieurs amoureuses, faire de la trottinette, acheter des jouets Apple.

"De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins" est une vieille antienne communiste (puis anarchiste quand elle passe par Kropotkine mais bon bref), qui a son sens en amour.
Elle correspond à des faits : sentimentalement on a pas tous les mêmes moyens pour s'investir, ni les mêmes besoins.
L'intérêt de la proposition polyamoureuse, c'est de fournir des cadres supplémentaires, pas de remplacer une logique par son opposé. Avec une seule façon d'aimer, une norme, il y a toujours des gens à qui ça convient pas. Avec plusieurs possibilités, la façon dont chacun aime ne se transforme pas en contrainte valable pour tous, mais c'est le choix de contraintes différentes (mais tout aussi fortes).
Ca, c'est pour le côté respectable d'un amour qui n'aurait pas que la forme monogame.

Pour le côté "que du plaisir, aucune règle"...
Ca a deux présupposés : que cette forme d'amour soit finalement un appétit brut, puéril ; et que cet appétit soit aussi superficiel qu'une consommation.
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Pour ce qui est de l'appétit insatiable donc immoral et inadapté au réel d'une vie en société bien réglée... Je pense que c'est le versant fantasmatique d'une habitude de la pénurie amoureuse. On est tellement habitué à galérer pour avoir un bonheur rare que la seule virtualité d'une vie poly (on parle bien de cas où il n'y a pas encore eu de vie poly a proprement parler, seulement des projections de ce qu'elle serait) en devient une image fantasmée, reposant sur les frustrations et leur supposée rejet, et pas sur les contraintes pratiques liées aux moyens qu'on peut se donner pour trouver, avec l'expérience, la vie affective qui nous convient le mieux
Je dis pas qu'il y a pas des premières phases, ou le caractères de certaines personnes, où il y a un côté très gourmand. Lorsqu'on compense, un peu comme ça arrive déjà pour certains monos après une rupture - ou parce qu'on découvre. Et, comme dans la vie intellectuelle, il y a des gens dont la vie amoureuse est tournée vers l'exploration plus que vers la consolidation.

Mais ces modes de vie ne sont pas, loin de là, plus significatifs que la capacité d'être en société des polys (rappel : on est pas des enfants, pas des bêtes, pas des cerveaux conditionnés par la société de conso, on est des être humains avec des capacités, des besoins et des choix).
Si tu lis bien les raisonnements sur le forum, dans les articles, sur les blogs qui traitent du sujet, tu verras facilement qu'au lieu de se jeter dans le chaos affectif en poussant des grognements de satisfaction, les polys causent beaucoup, beaucoup, beaucoup. Ils dialoguent, parlent de leurs limites tout le temps et du respect de celles des autres. Mais tout le temps, hein. Comme les limites et les contraintes pratiques se multiplient en fonction des relations, le réel nous rappelle encore plus souvent que dans la monogamie qu'on ne peut pas tout avoir. Alors on fait selon les capacités de chacun, et c'est loin de l'étourdissement permanent ou du caprice d'enfant-roi.
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Ce serait des sentiments consommés, pas vécus ?
Déjà, on peut avoir des sentiments légers. Tous, poly, mono, asexuels, homo, hétéro, bi... Des trucs qui passent et s'en vont. Est-ce que se donner les moyens (on y revient :-) ) de vivre quelque chose de léger empêche d'avoir les capacités de s'impliquer ? Est-ce qu'en achetant un support informatique plus moderne, tu renonces forcément à payer tes crédits immobiliers ou ta taxe foncière ? Est-ce que parce que tu prends des responsabilités dans la vie, tu estimes que vivre des plaisirs par ailleurs te serait toxique, ou prouverait ton immaturité ? Non, j'imagine.

L'idée d'une consommation des sentiments n'est pas une critique qui ne porte que sur le polyamour. La conception de l'amour objet consommable-jetable existe chez les monogames en série, dans l'adultère, dans certaines pratiques libertines... Le côté self service, je viens, je prend, je consomme, on en parle pas parce qu'il y a rien à en dire, pas de questions à se poser sur notre façon d'aimer ? il est déjà là depuis longtemps.
Et c'est pas que de la consommation, de ne pas écouter autrui, de le traiter en objet ; tu peux remonter à la féodalité et à l'esclavage pour voir ça dans l'être humain. Bien avant qu'on invente le marketing.
Le mariage lui-même, jusqu'à récemment en Histoire, c'était pas un choix de personne, un amour-justice, mais un truc arrangé, avec beaucoup de cocufiages et d'absence d'amour en pratique. Aujourd'hui encore, ce qui a trait au mariage et aux droits matrimoniaux, c'est inscrit dans la partie du code civil qui traite du droit de propriété. Ca s'explique très bien pratiquement, néanmoins ça raconte une certaine condition amoureuse.

Là où le polyamour n'est pas comme ça, c'est qu'il suppose deux contraintes éthiques fortes : donner connaissance à l'autre de notre manière de vivre et lui offrir la liberté de vivre quelque chose d'autre que notre seule relation - le tout en restant tout aussi ensemble qu'avant. On part donc sur un "contrat" durable, avec la contrainte de tenir compte de ce que vit et demande l'autre. Dans ce cadre, il ne peut pas être autre chose qu'une personne active, un individu adulte, qui n'a pas besoin qu'on lui dise "ça bien, ça caca" pour faire des choix éthiques valables.
Oui, parfois, l'autre veut consommer et être consommé (et bon, si chacun est consentant, on va pas faire un drame : le plaisir c'est pas l'enfer ou l'hypermarché, c'est la vie, aussi). Mais c'est oublier que le reste du temps, c'est des rencontres humaines, qui demandent autant d'attention, de respect, de don de soi que n'importe quelles autres. Et la personne qui zappe d'une relation à l'autre, d'un consommation à l'autre, elle va déplaire à tous les polys qui attendent d'elle qu'elle propose aussi une forme ou une autre d'engagement. Pas plus que les autres, on n'aime être rejetés ou négligés.
S'il n'était pas possible de s'engager dans le cadre polyamoureux, de partager, je crois que la plupart des gens ne le tenterait pas ; mais en plus, qu'on aurait même pas vu l'intérêt d'en faire un cadre spécifique : pour ce qui est de baisouiller, consommer, ne pas écouter les attentes de l'autre, la vie amoureuse existante était déjà largement assez fournie comme ça.

A vrai dire, il y a tout une façon un peu traditionaliste de vivre le polyamour, avec des contrats très proches de ceux du mariage et de la polygamie classique. Comme dans toutes les configurations de société humaine, il y aura des gens qui préfèreront garantir une sécurité commune plutôt qu'une liberté individuelle (au risque de n'obtenir ni l'un ni l'autre, puisque la fidélité conjugale classique ne fait que promettre la stabilité, elle ne la garantit pas du tout).

Bref : c'est sur la façon d'aimer de chacun que reposent des valeurs morales, ou des choix éthiques, pas sur les seuls concept d'unicité et de multiplicité.

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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stone (invité)

le jeudi 06 novembre 2014 à 02h29

J'ai été assez offensant vis a vis du polyamour dans mon dernier post.

C'est bête de ma part.

Effectivement sista, l'amour consumériste et irresponsable n'est certainement pas l'apanage du poly amour, bien au contraire. Et l'idée de beaucoup, beaucoup parler ne m'effraie pas du tout bien au contraire.
On parle beaucoup, de tout ça avec ma chérie depuis cette histoire. De lui, de nous. J'aime bien.

Ce que vous me dites est rationnel et intelligent. En plus tout le monde s'exprime tellement bien que je n'ai même pas l'impression d'être sur internet. Est ce que le polyamour concerne principalement les classes supérieures éduquées, ou rend il ceux qui le pratiquent bons en orthographe?

Je trouve chouette que vous me répondiez, que vous me montriez comment on peut faire autrement.

Dans la vie, je me moque pas mal du jugement des autres, de mon apparence, j'essaie de faire ce qui me fait envie, d'être fier de moi... D'être honnête avec les autres, de provoquer, de faire rire, d'inventer des choses.

Avec les filles j'ai jamais été Brad Pitt, c'est sans doute ça qui me rend jaloux ou réticent.

Mais il y a un autre truc qui bloque. Je pense que je cherche quelque chose, une relation, une fille, où la question ne se poserait pas. Une âme soeur. J'aime ma chérie... Mais ce n'est peut-être pas elle.

J'aime risquer de la perdre. J'aime regarder son téléphone en secret de temps en temps. J'aime découvrir les messages qui pourraient être compromettant. Mon Coeur s'affole, je dois accuser le coup.

Je ne sais pas ce que je veux faire avec cette histoire. Être patient. J'ai remarqué que dans la vie, les choses se décident souvent toutes seules.

L'idée de provoquer l'autre en duel me plaît bien. Un duel pas violent, même plutôt drôle: Mots croisés ou piscine. J'aimerais lui montrer que je suis là, que je sais qu'il existe. Ce serait l'occasion de se parler. Je crois que j'ai besoin de ça. Que les choses soient claires, pour tout le monde. J'aimerais que ma chérie me dise ce qu'elle fait. Qu'elle lui dise que j'existe.

Est ce que c'est moche? Devrais je respecter ses secrets? Ne pas imposer mon envie de transparence?

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