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Je voudrais la connaître…

Jalousie
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Chupapink

le mercredi 08 octobre 2014 à 09h56

Je voudrais la connaître, savoir comment elle est ...
Cette chanson de Patricia Kaas, je l'écoutais déjà depuis bien longtemps. Je me disais que si un jour je me retrouvais dans cette situation, et bien oui, je voudrais la connaître. Et c'est ce que j'ai fait. Pas longtemps, juste une heure de discussion. Mais cette heure de discussion m'a conforté dans l'idée que je ne serais jamais remplacée dans le cœur de mon mari. Je crois qu'il ne peux y avoir deux femmes plus différentes que nous deux, que ce soit sur le plan physique que caractériel. On doute toujours de se faire remplacer, que l'autre ai quelque chose de plus ou de mieux, mais quand on constate que les différences sont trop importantes pour justement ne plus être comparées, on ne s'inquiète plus. On choisi de vivre le jour présent avec les visites régulières.

Alors pourquoi je me sens mal maintenant ? Depuis une semaine, je doute à nouveau. Moi qui suis maintenant convaincue que finalement le cœur peut aimer deux personnes à la fois de deux façon différente. Il me dit qu'il m'aime sans lui avoir posé la question auparavant, il me dit qu'il veut continuer à venir passer du temps avec moi, qu'il ne veut pas être obliger de se justifier. Mais je sens comme un doute m'envahir, je crois que c'est de la peur. Peur de finalement le perdre un jour. Les choses bougent dans notre vie, nous avons décidé de mettre la maison en vente, puis la voiture. Enfin, toutes les choses que nous avons en commun, que nous avons construits ensemble vont disparaître. Que restera-t-il une fois que nous n'aurons plus cette espace de vie commun où il me dit qu'il peut finalement venir quand il veut puisqu'il est chez lui. Continuera-t-il à venir après, lorsque je serais chez moi ? Nous en avons discuté, il me dit que oui si je veux bien de lui. Mais je le sens se faire emprisonner de l'autre côté, comme des griffes qui se referment tout doucement autour de lui. Et du coup, il ressort de moi une sorte de surprotection, je deviens agressive (verbalement) des fois envers elle qui ne sait pas l'aimer comme il le devrait. Elle ne sait pas lui laisser la liberté qu'il a besoin, et ça m'énerve. Alors je le mets en garde, mais du coup c'est moi qui me retrouve perdue à nouveau.

J'ai besoin de voir un peu plus loin que demain, mais c'est déjà dur d'envisager le week-end prochain maintenant. Cela va faire trois week-end qu'il ne reste pas. Il y a toujours une excuse pour ne pas qu'elle se retrouve toute seule. C'est dur de mettre de côté la jalousie, car ça doit sans doute être ça. De la jalousie pur et dur !
Alors j'ai décidé je me faire une raison, il est avec moi le mardi et le vendredi soir, mais j'essaie de ne plus attendre quoi que ce soit pour les week-ends. Je lui ai dit, et m'a répondu que si, il espérait bien pouvoir repasser des week-ends avec moi. Alors pourquoi je n'arrive pas à y croire que ce soit possible ? Du coup, je me languis de lui, je suis là à m'impatienter les mardis et vendredis soir en attendant qu'il arrive, comme une collégienne à son premier rendez-vous ! Lol !!!
ET puis, je des idées me passent par la tête. Je me dis que si je voyais quelqu'un d'autre, ce manque se ferait peut-être moins ressentir. Est-ce que je serais capable de voir un autre homme et de continuer à l'aimer tout autant. Mais surtout qui accepterait que je continue à avoir une relation avec mon mari ?

Toutes ces questions me perturbent en ce moment, si vus avez quelques conseils pour m'aider à reprendre un peu le dessus, je n'aime pas être comme ça, je ne veux pas retomber dans les jours sombres et noirs que j'ai vécu il y plusieurs mois. Je sais que je ne retomberais pas aussi bas mais ça me fait peur. Finalement, c'est l'abandon qui est pire que tout. Et le voir planer au dessus de ma tête ....

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Juliejonquille

le mercredi 08 octobre 2014 à 17h05

Tu parles d'elle mais que fait ton mari ?
Elle est enceinte, on peut imaginer qu'elle a besoin de se sentir entourée pendant sa grossesse, qu'elle est très perturbée. Ce n'est pas elle qui va mettre des limites, c'est à ton mari de respecter vos deux relations.
Est-ce que tu lui exprimes que c'est dur pour toi, que tu as peur, que tu as besoin d'un week-end ? Si tu es du genre à te sacrifier pour le bien commun, à dire "tout va bien, je suis forte, je ne vais pas râler", peut-être qu'il ne prend pas la mesure de ta détresse ?

Et vos enfants là-dedans ? S'il n'est jamais là le week-end, votre temps de famille se réduit comme peau de chagrin.

Je ne vois pas tellement de jalousie dans ton message mais surtout de la peur. La peur que tout ceci soit un largage déguisé en polyamour pour faire passer la pilule ?
Ton mari, par lâcheté, n'ose pas s'affirmer et suit le partenaire qui crie le plus fort...

Tu sembles douter de tes qualités mais je crois que pour un polyamoureux, tu serais une perle rare. Le jour où tu chercheras vraiment, tu auras des surprises je pense. Tu es intelligente, posée, visiblement capable de gérer l'amour pluriel.

Je pense aussi que ce qui te fait peur à force de voir ton mari comme une girouette incapable de prendre une décision ou de dire ce qu'il veut clairement, c'est de perdre l'estime que tu avais pour lui... de ne plus l'aimer. Sans la peur de le perdre au profit d'une autre, l'aimerais-tu toujours ? Sans la peur de te retrouver toute seule, l'aimerais-tu toujours ?
Je suis peut-être un peu sévère avec ton mari mais c'est que je suis dans sa position et quand je vois tout ce que tu as fait toi pour l'aider et ce qu'il a fait lui, j'hallucine un peu. Il devrait être là à nous demander conseils en se tordant les mains sur comment ne pas perdre sa famille et sa nouvelle amie, il devrait se torturer, chercher à vous protéger l'une et l'autre mais j'ai l'impression qu'il fuit comme un petit gamin. Ou qu'il se résigne et va obéir à la plus méchante des deux.

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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Chupapink

le mercredi 08 octobre 2014 à 20h50

Je suis tellement à fleur de peau en ce moment que j'en ai eu les larmes aux yeux en lisant ta réponse, car c'est tellement proche de la vérité ce que tu me dis, que c'en est presque douloureux (mais pas à cause de toi, je te rassure). Mais c'est vrai que voir écrit ce que ressentent les personnes qui lisent, est assez poignant des fois.

Mais pour répondre à tes questions, qui sont un peu aussi les miennes finalement, je peux te dire que oui j'ai tenté de lui dire qu'il me manque, que j'aimerais bien avoir un week-end à nous de temps en temps. Mais je crois que oui, il pense que je suis tellement forte (c'est le cas quand même, sans me venter bien sûr) que je ne vais pas forcément me rebiffer. Mais le soucis, c'est que justement, ça commence à monter la moutarde et c'est pas bon signe généralement. Je ne pense pas me sacrifier car au final j'y trouve mon compte également (sauf quand je suis seule avec les enfants, certains soirs c'est pas facile). Cette liberté de ne pas avoir de compte à rendre, de pouvoir vivre autre chose aussi, est assez euphorique et libératoire. Mais est-ce que je sais vraiment en profiter, je ne sais pas trop. J'ai des fois l'impression que si je fais ci ou ça, il va se dire que je m'éloigne et que je ne vais plus pouvoir l'aimer autant. Le problème, c'est que je ne sais pas. Je ne sais pas comment je réagirais le jour où un autre homme s'intéressera peut-être à moi, je ne sais pas comment j'arriverais à gérer mon temps et tout le reste.

Concernant un éventuel largage déguisé en polyamour, je ne pense pas car il me dit vraiment qu'il veut pouvoir continuer avec moi. Que les soirées qu'il vient passer avec nous lui plaisent et qu'il veut continuer. Mais derrière, elle lui met des bâtons dans les roues. Elle est sans cesse en train de lui dire qu'elle le quitte à chaque fois qu'il vient chez nous. Je sais que je devrais essayer de ne pas penser à elle mais je ne peux pas. Je lui donne même quelques conseils (à mon mari) pour qu'il ne soit pas trop dur avec elle en ce moment, pour qu'elle finisse par s'habituer. Il paraît qu'elle a fini par accepter le mardi soir sans discuter. Sauf qu'elle est tombé sur un message que je lui ai envoyé mardi matin en lui disant que j'étais pressée d'être au soir et qu'il ne prévoit pas trop de travail. Il n'y avait pas forcément un sous entendu évident, mais ça a mis le feu aux poudres. Et là j'ai vu rouge, j'ai clairement dit que je ne vais pas m'empêcher de lui envoyer des messages personnels sous prétexte qu'il n'arrive pas à faire en sorte qu'elle ne lise pas son téléphone. Il l'a bien compris mais en me disant que sa réaction à elle l'énervait et que tant pis pour elle si elle tombait sur mes messages. De mon côté, j'ai réussi à ne plus avoir les yeux qui me démangent quand son téléphone reste à disposition. Mais des fois c'est dur ! Je ne sais pas ce qu'elle s'imaginait, qu'on devait jouer aux cartes le soir !!! Du coup, depuis j'ai une envie folle d'envoyer des messages un peu plus coquins histoire de voir jusqu'à quel point elle l'aime. Sera-t-elle capable de l'aimer assez pour arriver à accepter de ne vivre qu'à moitié avec lui. En même temps, il vit quand même chez elle depuis plusieurs mois. Bon,je m'égare, mais c'est dire à quel point elle m'obsède. Je ne comprend pas.

Pour nos enfants, bizarrement de ce côté là, il n'y a pas de soucis. ils ont complètement assimilé le fait que leur papa était là le mardi soir (il va les chercher à l'école) et le vendredi soir. Mais j'ai imposé un week-end sur deux où il a les enfants avec lui. Après, je dirais que de savoir où il passe son week-end reste encore assez flou car une fois il a été chez nous, une fois chez elle (sauf depuis 3 semaines où il n'a pas été avec moi). On arrive à gérer de ce côté là. Même si on ne passe plus de week-ends entiers tous ensemble.

Ne plus l'aimer. Oui j'ai peur de ça, et je le dis ouvertement. Il sait ce qu'il veut mais ne s'en donne pas les moyens. Je sais ce que je veux mais contrairement à lui, je m'en donne les moyens. Nous mettons nos biens en vente, pour ma part, c'est une façon de retrouver mon autonomie qu'il avait fini par réduire (en commençant avec un congés parental, puis un mi-temps et ensuite en trouvant cette opportunité professionnelle). Je les ai voulu aussi mais en y repensant (nous en avons aussi discuter), je me suis retrouvée dépendante de lui financièrement et aujourd'hui ça me pèse lourd et je voudrais me libérer de ça. Comme repartir à zéro mais en l'intégrant bien évidemment dans ma vie. Je lui ai dit que j'avais peur qu'il ne veuille plus de moi une fois que j'aurais ma vie en quelque sorte, mais il m'a répondu que tant que je voudrais de lui, il sera là. Et du coup, j'ai encore l'impression que tout dépend de moi.

Juliejonquille
Sans la peur de le perdre au profit d'une autre, l'aimerais-tu toujours ? Sans la peur de te retrouver toute seule, l'aimerais-tu toujours ?

Je ne sais pas, je ne sais pas et je ne sais pas, et ça me bouffe de l'intérieur. Pourquoi je doute comme ça sur l'amour que j'ai pour lui après tout le chemin que je viens de faire, en partie pour lui justement. Je crois que je suis comme lui, j'ai peur de ne plus l'aimer si je rencontre un autre homme, mais en même temps plus les jours et les semaines passent et plus ça me trotte dans la tête. Je m'imagine des fois dans les bras d'un inconnu qui m'apporterait les choses que lui ne m'apporte pas. C'est fou et ça me perturbe beaucoup car la question qui revient sans cesse en sortant de ces rêveries, c'est que devient mon amour pour lui. Je pense qu'il y a un lien entre nous qui ne s'explique pas, sinon nous ne serions pas là à vivre ce que nous vivons, mais trouver le juste milieu va me paraître long et je ne veux pas passer mon temps à lui prouver que je l'aime. Si je suis toujours là, c'est que je l'aime. C'est pas bien compliqué à comprendre quand même.
Il connait mon pseudo sur le forum, je ne sais pas s'il y vient pour lire, mais je pense que je vais lui imprimer ta réponse car il y a tellement de choses qu'il doit comprendre et tu as su les dire avec beaucoup de délicatesse. Et jene t'en veux pas d'être un peu sévère avec lui, je crois qu'il en a besoin. Il a prévu de venir avec moi au café poly du 28 à Paris, mais bizarrement et je ne sais pas pourquoi je m'attends à un désistement de dernière minute. Mais je me fais peut-être des idées. On verra bien ...

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Chupapink

le mercredi 08 octobre 2014 à 20h51

Oh là là, tout ce que j'ai écrit. C'est fous je ne m'en rend même pas compte, les mots sortent tous seuls !!! Mais ça fait du bien, j'avais besoin de parler je crois !

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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Juliejonquille

le mercredi 08 octobre 2014 à 21h44

N'hésite pas, en écrivant, certaines choses sortent, on réalise des choses.
Je ne vous connais pas, je ne fais qu'exprimer des ressentis, je suis loin d'être psy. Il ne faut pas tout prendre au pied de la lettre.

Mais ces colères et ces peurs, il faut que tu les fasses sortir sinon ça va bouffer votre relation.Tu veux être forte mais ce n'est pas une raison pour tout encaisser en niant tes émotions (sinon ça va monter en pression comme une cocotte minute). J'ai trouvé cet article en anglais qui explique la jalousie : www.kathylabriola.com/articles/jealousy-first-aid
On doit dessiner son propre camembert de jalousie et identifier si à l'intérieur, c'est plus de la colère, de la tristesse, de la peur etc...

Je ne pense pas que votre relation serait détruite par l'arrivée d'une autre relation à toi. Vous avez surmonté tellement de choses déjà. Peut-être que ça te donnerait plus confiance en toi et au moins, tu trouverais des avantages à la situation.

C'est une super nouvelles que vous alliez au café poly du 28, foncez ! Cela nous fait beaucoup de bien à mon mari et moi d'aller à celui de Lyon.

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Rustine (invité)

le mercredi 08 octobre 2014 à 22h33

Peut-être suis-je à côté de la plaque, et dans ce cas ignore mes élucubrations. J'ai eu l'impression, en te lisant, que tu te mets en colère contre "elle" pour ne pas te mettre en colère contre lui. Comme si tout ce qui ne se passe pas comme prévu était de sa responsabilité à elle.

"Mais je le sens se faire emprisonner de l'autre côté, comme des griffes qui se referment tout doucement autour de lui. Et du coup, il ressort de moi une sorte de surprotection, je deviens agressive (verbalement) des fois envers elle qui ne sait pas l'aimer comme il le devrait. Elle ne sait pas lui laisser la liberté qu'il a besoin, et ça m'énerve."

Qu'est-ce qui t'énerve ? Que cette femme l'empêche de faire ce qu'il veut (est-ce vraiment le cas) ? Ou qu'elle lui dise clairement ce qu'elle veut, qu'elle lui pose des limites - je ne dis pas que ce sont de "bonnes limites" - même si c'est à ton détriment ?
Peut-être qu'elle n'est pas polyamoureuse et pas désireuse que cette situation se poursuive à long terme.

"Du coup, depuis j'ai une envie folle d'envoyer des messages un peu plus coquins histoire de voir jusqu'à quel point elle l'aime. Sera-t-elle capable de l'aimer assez pour arriver à accepter de ne vivre qu'à moitié avec lui. En même temps, il vit quand même chez elle depuis plusieurs mois."

Tu commences ton message en disant qu'il n'y a pas de comparaison possible entre vous deux, mais cet extrait (ainsi que le précédent) me font penser le contraire. On dirait que tu t'opposes à elle, que tu cherches à te prouver que tu es celle qui "aime le mieux", alors qu'elle, de son côté, l'aime "moins", ou en tous cas "moins bien", sans tous les sacrifices et renoncements auxquels tu as consenti. Sera-t-elle capable comme tu l'as fait de partager, d'accepter qu'elle n'a pas le monopole de l'intimité ? Peut-être pas, en effet.
Symboliquement, vous vendez votre maison commune : il ne partagera plus la vie de tous les jours avec toi mais avec cette femme. C'est normal que ça te travaille.

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Chupapink

le jeudi 09 octobre 2014 à 00h28

Mais c'est justement ça qui me perturbe, de me retrouver à nouveau à faire des comparaisons. Mais effectivement plus sur sa façon qu'elle a de l'aimer. Ce à quoi je ne peux en tout point pas du tout interférer. Et je n'en ai pas envie non plus.

Je ne penses pas avoir fait de sacrifices, peut-être un renoncement oui. Celui de ne plus imaginer ma vie avec le seul homme que j'aime aujourd'hui. Ce que j'ai à ce jour, c'est aussi moi qui ai bien voulu l'accepter en me rendant compte que je l'aimais toujours et que j'arrivais à envisager une autre façon de vivre ensemble. Mais je me demande si ce sera suffisant. Je m'inquiète de savoir si en n'ayant plus rien en commun, le lien qui est entre nous sera quand même toujours présent. Je me rassure en me disant que notre amour a quand même survécu à tout ce qui vient de nous arriver, en parti grâce au dialogue, donc peut-être qu'il survivra aussi à cette coupure.

C'est dur de se dire qu'on pourrait mettre en pratique ce pour quoi on a accepté de changer sa vie. Mais comment sait-on qu'on est prêt ou pas à voir quelqu'un d'autre ? C'est quoi les signes ? Bon, je divague, je vais réfléchir cette nuit à tout ça, on verra demain. Mais merci pour vos commentaires, ils m'aident à avancer dans mes interrogations et merci à JulieJonquille qui m'encourage à parler. C'est vrai que ça aide aussi de mettre par écrit les ressentis qu'on a.

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LuLutine

le jeudi 09 octobre 2014 à 11h03

Jezebel
Mais surtout qui accepterait que je continue à avoir une relation avec mon mari ?

Au hasard...un polyamoureux ? :P

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Chupapink

le jeudi 09 octobre 2014 à 12h27

Oui je me doute bien, je n'ose même pas imaginer une conversation avec un homme qui cherche une femme pour lui tout seul. "Salut, je veux bien qu'on se voit mais 2 jours dans la semaine je suis avec mon mari". Le mec il part en courant !!! Lol

En même temps, la confiance en moi qui était partie à la suite de la rupture est revenue petit à petit en constatant que mon homme voulait encore de moi et n'arrivait pas à me quitter. Mais la confiance en soi revient-elle suffisamment pour aller vers d'autres ?

Et puis j'ai pas non plus l'impression que les polyamoureux courts les rues ! Même si nous avions été grandement et agréablement surpris du nombre de personnes présentes au 1er café poly où nous sommes allés.

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(compte clôturé)

le jeudi 09 octobre 2014 à 16h07

jezebel
"Salut, je veux bien qu'on se voit mais 2 jours dans la semaine je suis avec mon mari". Le mec il part en courant !! !

Mais non, ils ne partent pas en courant! Ils partent en courant s'ils veulent vivre avec toi, dans une conception classique de "couple". En revanche, tu n'imagines pas, durant ma longue vie de polyamoureuse, combien j'ai rencontré d'hommes- pas forcément poly- heureux que je leur propose une vraie relation amoureuse (sentiments+ désir) sans vouloir leur mettre le grappin dessus, terreur très répandue chez le mâle moyen, à presque tous les âges. En fait, le grappin s'est fixé tout seul, sans les emprisonner, puisque malgré les voyages des uns, les divorces des autres, les éloignements ponctuels pour cause de... (moins d'envie, disputes, fatigue) mais avec retrouvailles parfois après deux ou trois ans, beaucoup des hommes que j'aime sont dans ma vie depuis deux, cinq, dix, vingt ans et même 41 pour le premier amoureux (43 pour mon mari).
En vous écrivant ceci, me vient une idée de fil pour un prochain café. Une des difficultés de plein de gens vient du fait que bien souvent, on devient poly mais on garde dans la tête les schémas amoureux classiques. Exemple: hiérarchiser ses amours ou au contraire les vouloir toutes sur le même plan. Intégrer le fait que chaque relation étant unique, il n'y a pas lieu de les comparer ou de vouloir donner à chacune la même chose, ça demande un vrai effort de déprogrammation. Autre exemple: découvrir qu'on peut aimer très fort ou être très aimée sans qu'il y ait besoin de le prouver chaque jour par des textos, des déclarations ou de la présence, juste parce qu'on est en totale confiance et qu'on n'a plus peur de l'abandon, c'est une grosse reprogrammation et un énorme travail de confiance et soi et d'humilité mêlées. En quelque sorte, le polyamour- de ce que j'en ai vécu- ce n'est pas seulement "ouvrir son couple et ouvrir les possibles- c'est reprogrammer son cerveau sensuel et sentimental de fond en comble, en ne mettant pas la notion de "couple" comme base, mais plutôt d'individualités mêlées.

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Ginette

le jeudi 09 octobre 2014 à 22h58

Salut Jezebel,
Je me retrouve pas mal dans ce que tu racontes : les doutes, la peur, l'autre amoureuse qui pourtant ne m'enlève rien que tu temps, qui n'était plus toujours de très bonne qualité... Je travaille sur mes peurs, à coup de sortie avec les copines, d'activités nouvelles. J'essaie de dépasser la tristesse d'être seule, en profitant du temps pour m'occuper de moi. Ca fait 3/4 mois et ça va de mieux en mieux. Je ne suis plus jalouse (ça me dévorait, je devenais méchante...) et je profite des moments ensemble sans envisager le lendemain. Les enfants ont été mis au courant, et prennent bien les choses... Je fais plein de trucs en attendant que la relation avec la nouvelle amoureuse soit plus posée parce que mon compagnon en vaut la peine malgré tout, mais que tant qu'ils sont en NRE c'est le bordel !
Ton mari choisit de s'enfermer dans une relation fusionnelle du côté de sa maitresse, et votre relation, plus libre, t'apportera d'autres satisfactions à moyen terme et réamorcera peut être un nouveau lien, en inversant la donne : tu dois miser sur le temps et te défaire du sentiment d'être empoisonnée (tu risques alors de somatiser) ! Dis toi que c'est une chieuse si ça te fait du bien, mais laisse les se dépatouiller, dans quelques mois, ils entreront dans une réalité moins passionnelle de leur couple et toi tu auras retrouvé ton indépendance vis à vis de ton compagnon, et peut être un autre souffle pour ton couple...
Bonne soirée !

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Siestacorta

le vendredi 10 octobre 2014 à 00h20

Ceci dit, en passant : pour ce que j'en ai compris, la NRE, c'est pas le truc qui justifie que ce soit le bordel, hein ?
Cette idée, c'est aussi beaucoup une façon de reconnaître la réalité de la passion, non pas parce qu'elle s'impose et qu'il y a rien à en dire, mais pour avoir conscience que c'est une phase temporaire des relations et de notre vie, qu'on doit surtout surtout pas lâcher ni négliger les autres personnes qui comptent pour nous et qui sont vouées à compter encore à l'avenir. L'expression est là pour prendre conscience de ce qui nous arrive, et donc avoir un peu de recul dessus plutôt que pour en faire un chèque en blanc par hamûr.

Dire "bon je peux mettre tel proche au frigo et y revenir quand j'aurai fini de me gaver des fruits de saison, tout ira bien l'autre il est fort et de toute façon je peux paaaas résistaaay, comprenez moi je suis victime de mon dévouement et de ma fougue sentimentale", c'est pas être un grand rhomantique héros d'une histoire passionnée : c'est plus probablement être égoïste, et abuser de la générosité des tiers.

S'il s'agit de ripoliner un comportement de rustre, parler de NRE (donc s'appuyer sur une éthique supposée) c'est (se) préparer (à) une trahison à venir.
S'il y a une new relationship, c'est qu'il y en a au moins une autre, et elle existe pas juste parce qu'on le dit, mais parce qu'on fait quelque chose avec.

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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(compte clôturé)

le vendredi 10 octobre 2014 à 09h18

siestacorta
S'il y a une new relationship, c'est qu'il y en a au moins une autre, et elle existe pas juste parce qu'on le dit, mais parce qu'on fait quelque chose avec.

+1. La NRE comme excuse à la goujaterie, c'est comme les personnes qui prennent le polyamour comme une excuse à leur envie d'adultère, juste pour pas se faire gronder par leur partenaire et même, pourquoi pas? leur reprocher d'être coincé(e)s. Assumer d'aimer au pluriel, ça sous-entend bien 1. aimer et 2. chacune de ses relations. Ce qui suppose d'être attentif à ce qui les fait souffrir.
Cependant, Jezebel, sortir de la fusion amoureuse sera sûrement pour toi un soulagement et même la découverte de tout ce que tu es, toi, en dehors de ton mari.

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(compte clôturé)

le vendredi 10 octobre 2014 à 09h24

Dire que la NRE est irrésistible, c'est une excuse facile. Deux fois dans ma vie, sentant qu'une relation risquait de m'entraîner hors des limites acceptables, j'ai rompu. Ça fait mal au ventre, ça crée un manque, puis ça se surmonte, et mieux: j'ai renoué avec ces deux relations une fois mon exaltation calmée, et là, ça s'est bien passé. La NRE, c'est comme n'importe quelle drogue: mieux vaut éviter l'addiction, si délicieuse semble-t-elle.

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Siestacorta

le vendredi 10 octobre 2014 à 11h50

Et puis, rappel du double effet no-kiss cool, on peut avoir autant quelqu'un qui parle de NRE pour expliquer son cas, et dire "han mais je peux paaaaas raisistay, tu compreeeends ?" que des amoureux qui devancent cette excuse pour tenter de voir des bonnes intentions quand leur poly oublie de les affirmer.

Je ne dis bien sûr pas que la NRE, c'est mal, ni que c'est forcément une excuse (donnée ou offerte), mais ça ne dispense certainement pas de chercher et investir les actes et la relation qui n'en relèvent pas.
La NRE est un chouette phénomène, quelque chose d'instable dont on tient compte en construisant et maintenant les relations en cours. Un peu comme se servir d'un jour de grand vent n'est pas une excuse de moulin pour cesser de moudre le grain (oui, bon, ma métaphore est imparfaite).

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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bodhicitta

le vendredi 10 octobre 2014 à 15h00

aimerplusieurshommes
j'ai renoué avec ces deux relations une fois mon exaltation calmée, et là, ça s'est bien passé. La NRE, c'est comme n'importe quelle drogue : mieux vaut éviter l'addiction, si délicieuse semble-t-elle.

Siestacorta
ça ne dispense certainement pas de chercher et investir les actes et la relation qui n'en relèvent pas.
La NRE est un chouette phénomène, quelque chose d'instable dont on tient compte en construisant et maintenant les relations en cours.

Ma vision globale de cette NRE est faite avec des zestes d'amours/passions.
C'est agréable, j'essaye d'en profiter en gardant le recule, pour essayer de ne pas me faire duper par cette NRE... tout en laissant vibrer, vivre cette énergie.

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Chupapink

le vendredi 10 octobre 2014 à 15h32

aimerplusieurshommes
Cependant, Jezebel, sortir de la fusion amoureuse sera sûrement pour toi un soulagement et même la découverte de tout ce que tu es, toi, en dehors de ton mari.

Ah ! La fusion amoureuse, c'est bien un grand soucis pour mon petit coeur qui balance. C'est ce que nous étions justement, un couple fusionnel. Il était extrêmement rare que nous fassions quelque chose séparément. La séparation n'en a été que plus dur, mais maintenant c'est dur aussi de prévoir des sorties sans lui, d'aller chez des amis (communs) sans lui, mais surtout d'organiser des choses en me disant : ah bah non, il ne sera pas là ! Je sens que ça commence à venir, rien que le fait de venir le mois prochain toute seule est un grand pas pour moi, car hormis mes petites sorties au cinéma en amoureuse avec moi-même, je n'avais pas encore vraiment profiter de cette "liberté". Et puis le cerveau, des fois, il pense tout seul mais toujours en comptant deux personnes !!!

Sinon, j'ai bien saisi le principe de vos interventions mais je vais sans doute vous paraître un peu "blonde" (ce que je suis de toute façon), mais est-ce que vous pourriez me donner un légère définition ou traduction de NRE. J'ai eu beau cherché sur la toile, je ne trouve rien. Et oui, j'ai quand même cherché avant d'oser poser la question. Mais comme il ne faut pas mourir idiot !

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Tcheloviekskinoapparatom

le vendredi 10 octobre 2014 à 17h30

Ah les acronymes ! La maladie de tout groupe constitué de se doter d'un jargon bien utile, mais dont il faut toujours se rappeler qu'il peut paraître une barrière pour les nouveaux et nouvelles qui veulent se joindre à nous.

Donc NRE = New Relationship Energy, énergie de la nouvelle relation.
En bref ça part du constat qu'avoir plusieurs relations n'empêche pas le phénomène de "passion" quand on rencontre une nouvelle personne... qui nous passionne. En monogamie on en déduit que cela veut dire qu'on aime plus (ou plus vraiment) la personne avec qui on était avant. Les polyamoureux ne le pensent pas, mais cela n'empêche pas qu'il faut prendre en compte ce moment particulier de découverte et de mise en place d'une nouvelle relation. Le prendre en compte finement, de façon nuancée, et justement dans le but que ça ne devienne pas une excuse pour des comportements inacceptables, comme l'ont fort justement rappelé aimerplusieurshommes et siestacorta.

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(compte clôturé)

le vendredi 10 octobre 2014 à 17h33

NRE: new relationship energy. C'est la sensation que donne la passion d'être boosté, plein d'énergie, stimulé, voire ivre et heureux en même temps. Conséquence de la poussée hormonale qui accompagne toute nouvelle attirance sexuelle. (eh oui, la NRE a beaucoup à voir avec le désir sexuel). Quand on le sait et qu'on en a conscience, rien n'empêche de profiter de cette NRE pour vivre des moments exaltants. Sous réserves d'avoir le recul nécessaire. Je m'explique: si tu sais que ton amour "fou" est une réaction chimique qui a peu à voir avec l'amour mais beaucoup avec les hormones, tu la vis comme un moment formidable, mais tu as conscience qu'il serait idiot de prendre des décisions importantes ou irréversibles à un moment où, précisément, tu n'es pas vraiment en état de prendre des décisions. C'est un peu comme si tu décidais qq chose d'important en étant ivre ou shootée. Avec le temps, les hormones se calment et là, tu commences à savoir si tu aimes vraiment la personne concernée.
La NRE est provisoire, elle dure de qq semaines à un an ou deux (avant on disait trois, mais j'ai l'impression que ça s'est accéléré :) )

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Chupapink

le vendredi 10 octobre 2014 à 18h30

Merci beaucoup pour vos explications mais je sais maintenant pour ça ne me disait rien et que je ne trouvait pas : c'est en anglais. Je suis une quiche en anglais, mais heureusement google traduction est mon meilleur ami (surtout depuis que je suis sur le site, car les textes de référence sont souvent en anglais).

Donc, si je comprends bien, mon mari serait peut-être en période de NRE avec son amoureuse. C'est bizarre, parce que je ne le sens pas vraiment euphorique quand il parle d'elle. Surtout depuis l'annonce du bébé en plus. J'ai plutôt l'impression qu'il se retrouve pris au piège (sans vouloir prendre sa défense, il n'avait qu'à y réfléchir à deux fois). Mais je le sens plutôt à se retrouver à devoir prendre ses responsabilités plutôt que la liberté à laquelle il aspirait. En même temps, maintenant j'arrive à lui dire qu'il n'avait qu'à parler de ce qui n'allait pas plutôt que d'aller voir ailleurs. En plus, on aurait pu y trouver une solution mais avec la longueur des non-dits, c'est maintenant irréversible. Non, je ne pense pas qu'il soit en NRE.

Ginette
Dis toi que c'est une chieuse si ça te fait du bien, mais laisse les se dépatouiller, dans quelques mois, ils entreront dans une réalité moins passionnelle de leur couple et toi tu auras retrouvé ton indépendance vis à vis de ton compagnon, et peut être un autre souffle pour ton couple...

Oh oui, je me le dis très souvent depuis peu, surtout quand je vois comment elle lui prend la tête à chaque fois qu'il vient passer la nuit. Mais le pire c'est que je la comprend complètement, c'est ça qui est fou. Elle le veut pour elle toute seule, qu'il n'ai plus rien à voir avec moi, mais jamais ce ne sera possible. D'abord, si on prend le côté rationnel, nous avons des enfants ensemble donc la séparation ne peut pas se faire à 100% (nous serions obligés de nous voir pour les enfants), et ensuite parce qu'il y a encore quelque chose entre nous qui fait qu'on a besoin de se voir, de s'appeler (même des fois pour ne pas dire grand chose, histoire d'entendre l'autre), et de continuer à s'aimer. Même nous des fois, on n'arrive pas trop à se l'expliquer.
Mais dans tout ça, plus les jours passent et plus je constate que les jours où je suis seule sont plus nombreux que les jours où je suis avec lui. Mais en contrepartie, ces moments là sont plus agréables, plus intenses et plus libératoires. Nous n'avons jamais autant parlé ensemble que depuis que tout ça nous est tombé dessus. Ça fait du bien, il me dit que c'est grâce à ça que nous en sommes là aujourd'hui et que si le dialogue ne s'était pas installé on serait sans doute en train de se déchirer. Mais quand sera-t-il quand je ferait rentrer un autre homme dans ma vie. Il m'a dit un jour qu'il ne voulait pas savoir. Devrais-je lui cacher pour lui montrer que ça ne changerait rien entre nous, et lui dire plus tard ? Ou devrais-je lui dire simplement qu'il y a quelqu'un d'autre sans pour autant en discuter comme nous le faisons de son amoureuse. D'un autre côté, je sais qu'il ne pourra s'empêcher de poser des questions, juste pour savoir si je suis heureuse quand même ou aussi. En fait, il a peur de ne pas continuer à venir vers moi si j'ai quelqu'un d'autre (ce sont ses mots à lui). Je trouve ça injuste, car je devrais me retrouver à risquer de le perdre pour tout simplement y trouver mon équilibre. Je ne sais plus qui disais que ça pourrait me redonner confiance en moi, mais ai-je suffisamment confiance en moi pour croire qu'il ne m'abandonnera pas sou prétexte que je donne de l'amour à un autre. Je pense avoir suffisamment d'amour en moi pour être déjà arrivé là. Mais c'est comme s'il ne le voyait pas...

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