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Ce que j'ai sur le coeur...

Témoignage
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Zorglub (invité)

le lundi 25 août 2014 à 21h17

Bonsoir,

Je suis un intervenant enregistré de ce forum. J'ai néanmoins décidé de poster ceci anonymement car là je vais me livrer à un assez gros déballage de ce que j'ai sur le cœur, et l'idée de livrer ainsi en pâture à tou-te-s ces choses si intimes me met mal à l'aise. Je sais que mes vrai-e-s ami-e-s me reconnaîtront de toute façon...

Parfois, j'ai l'impression, dans mes interactions sociales amoureuses, et particulièrement dans mes approches sentimentales et/ou physiques de l'autre sexe, d'être une sorte d'ordinateur qui ne sait que traiter logiquement des faits clairs et tangibles, de préférences verbaux, ou alors de venir d'une autre planète. Ce monde de l'amour me paraît parfois si étrange et angoissant... :/ Jusqu'il y a peu, je pensais qu'une situation comme celle évoquée par un intervenant lu sur un groupe Facebook auquel je suis inscrit («Sinon, entre la première rencontre IRL et le premier contact charnel... 40 minutes XD»), ça n'existait qu'au cinéma, ou alors en allant voir des prostituées. Eh bien non. Ça me semble presque aussi incroyable, pourtant, qu'un débarquement en grande pompe des extraterrestres sur les Champs-Élysées.

Pourtant, je ne suis pas dépourvu d'émotions, bien au contraire, mais j'ai vraiment l'impression que je ne comprends pas comment ça fonctionne, comme si c'était une langue étrangère, et que le seul manuel de conversation que j'avais à ma portée était lui-même entièrement rédigé dans cette langue étrangère... Le problème est-il en moi ou est-ce que ce sont la plupart des gens (même les moins formatés pourtant) qui se prennent trop la tête, se compliquent la vie, font des tours et des détours au lieu de s'exprimer clairement et explicitement sur leurs sentiments, leurs désirs, leurs attentes, leurs limites ?... Si c'était si simple, alors oui, je ne serais pas étonné par des anecdotes comme celle citée... La faute au patriarcat ?...

Parfois, je me sens comme dans Rhinocéros de Ionesco : tout le monde autour de moi se transforme en rhinocéros et a l'air de trouver ça bien d'être un rhinocéros, et ça semble normal à tout le monde. Du coup, je suis tenté, moi-même, de vouloir devenir un rhinocéros. Mais j'ai beau essayer de barrir, je n'arrive pas à devenir un rhinocéros. Les attentes des gens en matière de séduction me paraissent souvent si ubuesques, aussi (tiens, encore du Ionesco, quel homme ce Ionesco !).

Parfois, je me fais peur, je me dis que ce n'est peut-être pas fait pour moi, qu'il faut que je renonce, que je n'arriverai jamais à comprendre le truc et à agir de manière appropriée... que je ferais mieux de trouver la paix dans la libération du désir et de l'attachement... Mais pourtant, l'instant d'après, mon cœur et mon corps me rappellent que j'aime, que c'est constitutif de mon identité profonde... J'aime souvent désespérément, mais j'aime quand même... Et quand mon amour semble trouver un écho chez autrui, 9 fois sur 10 je tombe ("au choix") sur des passives-agressives manipulatrices et psychorigides, des borderlines bipolaires et qui misent tout sur la technique et la performance, des psychopathes qui m'appellent jusqu'à 5 h du matin alors que je veux dormir ou qui me chassent de chez elles en m'insultant parce que j'ai eu l'audace de les contredire, des versatiles qui ne semblent pas savoir exactement ce qu'elles ressentent et ce qu'elles veulent, etc.

Le problème n'est pas que je sois seul (d'ailleurs je ne suis pas entièrement seul, j'ai une famille et des ami-e-s). Je ne cherche pas l'amour. Des femmes intéressantes et qui me plaisent, j'en trouve, c'est pas ça le problème. Et je me dis qu'en toute logique, sur l'ensemble, il doit bien y en avoir quelques-unes qui me trouvent à leur goût aussi. Mais ça ne se fait pas, rien ne se passe —sinon de l'amitié, de la camaraderie— comme s'il y avait une incommunicabilité foncière ; ou alors ça se fait... puis ça foire ; ou alors, encore, je tombe sur des cas "psy". Donc, des femmes intéressantes, je n'ai pas besoin de les chercher. J'ai besoin de leur faire connaître mes sentiments et de connaître les leurs. Dans un monde idéal, je dirais simplement : «  Écoute je ressens ça pour toi / Là j'aimerais bien t'embrasser» et on me répondrait simplement : «  Je ressens la même chose / J'ai aussi cette envie» ou «  Je ne ressens pas la même chose / Je n'ai pas cette envie».

Ça paraît simple, et pourtant, au jour d'aujourd'hui, je suis même incapable de dire si une femme à qui j'avais confié verbalement mes sentiments il y a près d'un mois et demi, et qui, apparemment, m'avait fait comprendre verbalement qu'ils étaient —au moins partiellement— réciproques, a vraiment des sentiments pour moi, tant son attitude et son discours me paraissent pas clairs, changeants,... Cette femme, je lui ai tenu les mains, je les ai caressé, et il ne s'est rien passé de plus ! Mais bon sang, comment, en presque un mois et demi et deux rencontres, n'a-t-elle pas réussi à me dire clairement si je lui plaisais ou non ? Sachant qu'elle sait qu'elle me plaît, et qu'elle sait qu'elle ne me plaît pas simplement pour lui caresser les mains. Elle me plaît pour lui faire l'amour (sensuellement et tendrement d'abord, et probablement sexuellement dans la foulée), et j'avais compris qu'elle désirait, elle aussi, à tout le moins une relation qui dépasse largement le tripatouillage de mains. Je ne lui demande pas grand chose, sinon un discours clair et des actes conformes à ses paroles.

On m'a conseillé d'avoir un discours plus clair sur mes attentes prioritaires avec cette femme (alors que je m'en étais tenu à un discours d'anarchie relationnelle[*] genre : «  je ne te mets pas la pression, on y va à ton rythme, ça peut être juste de l'amitié tendre si tu préfères, tout est possible mais rien n'est obligatoire, tout est une fin en soi, etc.») et de vraiment faire le premier pas avec elle car d'après mes "conseilleurs", le premier pas n'a jamais été vraiment franchi, car je tremblais d'émotion et du coup ça ne l'aurait pas mise en confiance. On m'a conseillé de lui prendre les mains, sans trembler, puis de l'embrasser.

Voilà, c'était la minute pathos... :/ Merci de m'avoir lu !

Cordialement,

Zorglub

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Zorglub (invité)

le lundi 25 août 2014 à 21h28

Oups, non, Ubu Roi, c'est Alfred Jarry, au temps pour moi...

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Profil

MagentadeMars

le lundi 25 août 2014 à 22h14

Eh bien, de ce que j'ai vu depuis mon arrivée très récente sur le planète Poly, les gens ici ne sont pas à priori moins compliqués qu'ailleurs. Ils se sont rendu compte que certains certitudes ne sont que des leurres, mais à part cela je crois voir tout autant de variété dans la conception de l'amour qu'ailleurs. Même si c'est plus probable de se trouver au lit en moins de 40 moins ici qu'avec une personne choisie aléatoirement de la population générale, cette probabilité reste petite.

Le fait d'accepter la possibilité d'avoir plusieurs amants n'est l'équivalent d'en prendre légèrement. Il y a des autres domaines où on cherche à dédramatiser l'amour : tantra, par exemple, mais là aussi il y a des rites, des sous-entendus, et typiquement des personnes qui y sont arrivées du fait que leurs vies ne tournent pas ronde. Moins de certaines complications, plus de certaines autres. Ce n'est pas qu'un "baiso-drome". Aussi le libertinage, le chamanisme, d'autres dont je n'en connais rien.

Il reste alors, que les humains sont compliqués. Le sexe, c'est si fondamental en nous que cela ne va pas se simplifier juste en collant une étiquette " poly". Il se peut que la femme en question ne sache vraiment pas ce qu'elle veut. Ou qu'elle sache, mais il y aura des conséquences qui la fait hésiter. Ou pas, parce que moi je n'ai pas de dictionnaire de la langue non plus :-)

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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Profil

Apsophos

le mardi 26 août 2014 à 00h04

Je n'aurais pas pu écrire la même chose : les mots "amour" et "Ionesco" ne font pas partie de mon vocabulaire.

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Profil

Alygator427

le mardi 26 août 2014 à 13h53

Pour être un peu droïde je comprends très bien tes premiers paragraphes et j'aime aussi Ionesco. J'ai beaucoup de mal à communiquer à moi même et au autres et je cherche désespérément à comprendre des personnes qui ont elles-mêmes des difficultés à s'exprimer librement. Mais il faut persévérer et peut être qu'on arrivera à quelque chose.

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(compte clôturé)

le mardi 26 août 2014 à 20h53

Zorglub
Dans un monde idéal, je dirais simplement : «  Écoute je ressens ça pour toi / Là j'aimerais bien t'embrasser » et on me répondrait simplement : «  Je ressens la même chose / J'ai aussi cette envie » ou «  Je ne ressens pas la même chose / Je n'ai pas cette envie».
[...]
Mais bon sang, comment, en presque un mois et demi et deux rencontres, n'a-t-elle pas réussi à me dire clairement si je lui plaisais ou non ? Sachant qu'elle sait qu'elle me plaît, et qu'elle sait qu'elle ne me plaît pas simplement pour lui caresser les mains. Elle me plaît pour lui faire l'amour (sensuellement et tendrement d'abord, et probablement sexuellement dans la foulée), et j'avais compris qu'elle désirait, elle aussi, à tout le moins une relation qui dépasse largement le tripatouillage de mains. Je ne lui demande pas grand chose, sinon un discours clair et des actes conformes à ses paroles.
On m'a conseillé d'avoir un discours plus clair sur mes attentes prioritaires avec cette femme (alors que je m'en étais tenu à un discours d'anarchie relationnelle[*] genre : «  je ne te mets pas la pression, on y va à ton rythme, ça peut être juste de l'amitié tendre si tu préfères, tout est possible mais rien n'est obligatoire, tout est une fin en soi, etc.») et de vraiment faire le premier pas avec elle car d'après mes "conseilleurs", le premier pas n'a jamais été vraiment franchi, car je tremblais d'émotion et du coup ça ne l'aurait pas mise en confiance. On m'a conseillé de lui prendre les mains, sans trembler, puis de l'embrasser.

bonjour zorglub,

déjà, trembler ou pas ça ne changera rien à son désir, j'imagine
pourquoi ne pas exprimer clairement ton désir ? "j'ai envie de toi" n'est pas choquant si tu n'es pas pressant, surtout si elle sait qu'elle te plaît et qu'elle ne t'a pas opposé de fin de non recevoir.

Après, ton message me paraît vraiment contradictoire. Tu te demandes pourquoi elle ne t'a pas fait comprendre que tu lui plaisais ou non, alors que tu n'as visiblement pas eu un discours clair sur le désir que tu avais d'elle. Pourquoi de son côté aurait-elle été plus claire, avec "des actes conformes à ses paroles" ? Même si tu lui plait, elle n'a peut-être pas forcément la même clarté que toi quant à ce qu'elle veut, deux rencontres ça ne me semble pas si énorme...
Tu ne connais visiblement pas encore son monde, alors si tu ne l'interroges pas sur ce qu'elle pense comment veux-tu le savoir ?
Tu ne lui dis pas clairement qu'elle te plaît et tu voudrais qu'elle te le fasse comprendre clairement ?
Si tu veux que les autres soient clairs et précis, sois-le toi aussi à leur égard.
Tu parles d'un "monde idéal", commence par mettre en place ce qui dépend de toi ; car ce n'est pas inatteignable du tout. Mais il faut s'exposer.

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Siestacorta

le mardi 26 août 2014 à 22h31

Salut Zorglub.
Bon, tu es quelqu'un qui est plutôt inhibé, apparemment, et tu as toute ma compréhension poru la difficulté à faire coincider le ressenti et l'expression, à vivre à côté du rythme des montées et ldes baisses d'intensité émotionnelle, de l'autre ou des tiennes... J'ai ma dose d'expérience dans ce domaine :-D
Disons que quand on sait ça sur soi, on s'y résigne et on arrive à le dire carrément aux gens quand ça semble créer un problème (mais pas avant, parce que c'est comme filer le mode d'emploi de ta machine à laver à quelqu'un qui a pas manifesté l'intention de l'utiliser).

Bon, sinon, je vais un peu dans le même sens que Riff.
Tu as "dit" ton désir, mais, si tu es dans cet état de frustration, c'est aussi que tu l'as contredit avec ton histoire d'anarchie relationnelle et "à ton rythme".
Tu poses la théorie (idéaliste et dépersonnalisée) de la relation avant de l'avoir entamée, mais ça ne veut pas dire que ça va orienter la relation par là par "pente naturelle". La seule pente, c'est celle de l'expression de vos sentiments, de ce que vous échangez d'intime en plus de ce que vous pourriez faire tenir et comprendre sur un télégrame. Et la pente d'une expression plus personnelle, plus tactile et plus assurée que "je peux être patient", tu ne l'as pas suivi toi.

En gros, si tus dis "j'aimerai savoir ce que tu répondrais si je te proposais de goûter un fruit vert, croquant et un peu acide" tu n'obtiens pas la même réaction que si tu tends une pomme à la personne.
Au lieu de faire le choix personnel de sa réaction, en fonction de son appétit, elle fait un choix intellectuel de réponse, qui n'est pas moins réel, mais qui ne se passe pas sur le même plan d'actions et conséquences.
Je peux dire plein de fois "j'ai envie de t'embrasser", et ne pas le faire... et ça mettra la personne dans une situation bizarre.

Donc, si tu lui a causé d'anarchie relationnelle, et dit "je peux être patient" mais si en même temps tu es si frustré.. c'est que dire "anarchie relationnelle" ne correspond pas assez à ce que tu voulais faire, qui est un contat personnel, un truc incarné dans le temps que vous vivez à deux, par un cadre abstrait que tu aurais avec toute autre et que tu pourrais lui exprimer même sans qu'elle soit à tes côtés.
Dire "je peux patienter" c'est aussi parler de l'inverse de ton envie, juste la décrire, abstraitement, comme quelque chose à laquelle vous pouvez pensez sans que rien ne se passe.

C'est pas seulement en paroles que la suite se joue. A toi de voir ce qu'il se passe si tu joins plus de gestes à la parole. Pas comme un bourrin, hein, tu lui mets pas la main pendant 5 minutes si elle fait tout pour te faire lacher.., mais au fur et à mesure tu fais des gestes plus caressant, tu vois si ça répond ou si ça recule.
Avec les mains ou si c'est un "non" plus verbal.
Et si c'est le cas, après tout ce temps, c'est que jusqu'ici, tu n'avais fait que dire "et si je te parlais pour te poser la question, que ferais tu", au lieu de poser vraiment la question (je sais pas si je suis clair pour décrire cette différence entre faire ce que tu penses faire dans le bon odre, avec une idée intellectuelle de cet ordre, et assumer ce que tu fais et ce qu'il se passe., qu(il y ait un consentement ou non de sa part).

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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Siestacorta

le mardi 26 août 2014 à 23h19

mais bon, que tu sois dans la verbalisation idéaliste et/ou dans l'action, c'est pas parce que t'es poli et poly que t'éviteras un rateau de quelqu'un qui ose pas plus agir, que ce soit son caractère ou parce qu'elle n'est pas si motivée que ça.
Tu sauras si tu avais raison sur ce qu'elle ressent pas parce qu'elle te répond un télégramme de "je suis d'accord", mais parce que vous serez en train de faire quelque chose.

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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Zorglub (invité)

le mercredi 27 août 2014 à 21h03

Bonsoir,

Tout d'abord merci à tous pour vos interventions. Bon, comme j'en avais marre de pas savoir, j'ai mis les pieds dans le plat, via Facebook, car je ne sais pas quand j'aurai l'occasion de la revoir IRL. Conclusion : elle n'avait jamais éprouvé quoi que ce soit comme désir ou comme sentiments pour moi.

Par rapport à ce que disait Siestacorta :

« C'est pas seulement en paroles que la suite se joue. A toi de voir ce qu'il se passe si tu joins plus de gestes à la parole. Pas comme un bourrin, hein, tu lui mets pas la main pendant 5 minutes si elle fait tout pour te faire lacher.., mais au fur et à mesure tu fais des gestes plus caressant, tu vois si ça répond ou si ça recule. »

Je ne sais pas si je dois comprendre que la réponse aurait pu être différente IRL, en accompagnant la parole par le geste, mais je suis quand même un peu dubitatif...

A titre personnel, si les choses sont claires dans mon esprit, alors pas besoin que j'essaye pour avoir une réponse tranchée. Genre, si on me propose de me jeter du haut de la tour Eiffel, j'ai pas besoin d'essayer pour savoir très clairement que ça ne va pas me plaire ! :P Si elles ne sont pas claires dans mon esprit, ben je me garde bien d'avoir un avis trop tranché et de fermer clairement la porte. J'essaye pour voir. Et en attendant, je dis : "je ne sais pas" (ce qui est une réponse claire en fait ! ^^ ). Par exemple, il y a quelques temps, on m'a proposé une sortie en club libertin. J'étais pas sûr que ça me plairait, j'ai pas dit "non", j'ai pas dit "oui", j'ai d'abord dit "je ne sais pas" en me réservant la possibilité, jusqu'au dernier moment, de faire faux bond, et finalement j'ai essayé quand même...

Elle ne m'a pas répondu "je ne sais pas, on a qu'à essayer mais je te promets rien" ; quand elle aurait eu l'occasion d'essayer, elle n'a pas fait preuve de beaucoup de motivation ; donc j'en conclus que la réponse n'aurait pas été vraiment différente...

Ou alors l'amour est encore plus bizarre que je le pensais et je ne devrais fréquenter que des "robots" comme moi... ^^

Cordialement,

Zorglub

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Siestacorta

le mercredi 27 août 2014 à 23h19

Zorglub

Elle ne m'a pas répondu "je ne sais pas, on a qu'à essayer mais je te promets rien" ; quand elle aurait eu l'occasion d'essayer, elle n'a pas fait preuve de beaucoup de motivation ; donc j'en conclus que la réponse n'aurait pas été vraiment différente...

Ou alors l'amour est encore plus bizarre que je le pensais et je ne devrais fréquenter que des "robots" comme moi... ^^

Pour cette personne, tu as peut-être raison.
Je la connais pas, donc si elle est pas attirée du tout jamais de la vie comment tu t'appelles déjà... ya pas de magie pour changer ça. P
ar ailleurs avant de poser les questions dans les termes que tu emploies maintenant, il y a beaucoup de temps qui a renforcé sa pente de "bon ben je vais rien faire avec Zorglub". Ca fait qu'un mois de non-réaction a probablement renforcé sa première non-réaction.
Dans les prises de décision, la force de l'inertie joue beaucoup : plus on est dans une position longtemps, moins on a tendance à la quitter, si les conditions ne nous y poussent pas fortement.

Il reste que certaines actions-réactions en direct jouent sur un éventail d'intentions et de ressentis qui sont pas tout à fait les mêmes que celles auxquelles on accède par l'intellect, ni celle où l'attirance c'est 0 ou 1.
Disons que si on ne comptait que sur des attirances déclarées, simples et évidentes comme l'idée de vouloir tomber ou non de la tour Eiffel, beaucoup d'histoires n'arriveraient jamais. Si le tout se basait sur des actes rationnels ou raisonnables, l'humanité, qui a tendance à facilement n'être ni l'un ni l'autre, n'aurait pas pu se reproduire longtemps. D'autant que ses membres arrivent rarement à articuler correctement ce qu'ils désirent, quand c'est autre chose que les besoins primaires.
(Et puis, tomber de la tour eiffel, c'est quelque chose dont l'issue est évidente... Ca n'est pas bien similaire à l'assez forte imprévisibilité des sentiments et émotions. Encore plus si on a décidé de leur donner tout le champs libre que suppose la liberté d'une "anarchie relationnelle" comme celle que tu voudrais proposer : ça dit assez bien qu'on ne s'autorise pas à limiter ce qu'il se passe dans le champs des possibles)

Bref... là elle a répondu clairement, mais si il y avait eu moins de lambinage avant, il y aurait eu un moment où elle aurait expérimenté plus l'ambiguïté ouverte d'un instant que l'univocité d'une décision réfléchie.
Il y a le fait d'être attiré l'un par l'autre, bon, ça arrive ou pas. Et il y a le tempo, qui fait qu'une attirance qui n'est pas primordiale dans ce qu'on ressent devient parfois pourtant réelle, parce qu'on est entré dans une micro-histoire d'actions-réactions.

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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Leolu

le mercredi 27 août 2014 à 23h32

Siestacorta
Il y a le fait d'être attiré l'un par l'autre, bon, ça arrive ou pas. Et il y a le tempo, qui fait qu'une attirance qui n'est pas primordiale dans ce qu'on ressent devient parfois pourtant réelle, parce qu'on est entré dans une micro-histoire d'actions-réactions.

Oui. La séduction n'est pas un achat. La séduction est une danse...

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Zorglub (invité)

le jeudi 28 août 2014 à 07h28

Bonjour,

Eh bien, à proprement parler, je n'ai pas l'impression qu'il y ait eu de lambinage de ma part, justement. Je l'ai vu deux fois en un mois et demi, mais on n'habite pas exactement l'un à côté de l'autre (grosso modo il y a une bonne centaine de km), et il n'y a pas eu de disponibilités avant. Néanmoins, j'ai communiqué régulièrement par Facebook et par SMS avec elle, et je faisais quand même passer mes émotions dans mes messages de façon assez explicite... Et lors de notre deuxième rencontre, j'ai donc eu une approche physique. Une approche physique peut-être un peu maladroite (mais la timidité, ça peut être touchant, non ? :P ) ; un peu maladroite à cause de l'émotion (si j'avais perçu clairement un signe d'intérêt de sa part, j'imagine que ça m'aurait aidé à me sentir à l'aise, tandis que là j'avais le sentiment de faire le funambule en pleine nuit et sans lampe de poche...) ; mais une approche quand même... qui s'est limitée aux mains, faute d'avoir ressenti une prise d'initiative de sa part pour aller un peu plus loin, suite à ma prise d'initiative. Sinon, j'aurais très clairement eu envie de l'embrasser.

Cordialement,

Zorglub

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Siestacorta

le jeudi 28 août 2014 à 11h33

(pas mal d'EDIT en 1/2 heure après le premier jet, des formulations ont changé, pas le fil du raisonnement)

Zorglub
je l'ai vu deux fois en un mois et demi, mais on n'habite pas exactement l'un à côté de l'autre (grosso modo il y a une bonne centaine de km)

En termes de rencontres matérialisées, certes, c'était sans doute pas aisé de faire plus vite.

Mais disons que si c'était assez pressant pour toi (mettons en proportions avec ta déception actuelle) un geste qui aurait augmenté le tempo et donné un sens aux autres, donc aurait reçu une réponse moins ambigue plus tôt, ç'aurait été : venir la voir une fois de plus physiquement malgré les difficultés matérielles. 100 bornes, c'est jouable, j'ai un copain qui se pointe 4 ou 5 fois à Paris par an en covoiturage, et il part de Grenoble... Bref : s'impliquer physiquement.
Cela aurait sasn doute beaucoup changé vos perceptions de la situation, il y aurait eu un épisode déterminant en plus.

Tu n'as pas lambiné trop, peut-être, mais pas foncé.
Selon les dispositions de départ, ce changement ou non de tempo vient changer la formule des ressentis et détermine sa part du résultat.
Si cette fille t'avait vu faire 100 bornes pour elle (une heure de bagnole, un peu plus), ça aurait donné un autre écho à vos échanges. Et soit ça l'aurait plus impliqué, soit ça l'aurait mis en retraite plus tôt.

Le temps du non-dit, ou en tout cas de la demande pas clairement posée qui détermine la réponse de l'autre, ça sert aussi à éviter la peine / se fait plaisir.
Toi, en te présentant comme patient, tu évites la peine d'une réponse négative tout de suite. L'anarchie relationnelle peut aussi être un système pour ça : on choisit (je me met dedans en vrai) un mode de vie apparemment hyper souple qui nous donne à nous-même l'occasion de ne pas être excessivement surpris quand les choses changent... ou n'arrivent pas. La liberté de donner des ouis qui sont différents de ceux donnés à Mr le Maire permet de dire oui ou peut-être sans s'inquiéter... en théorie. La Théorie, le pays merveilleux où tout se passe bien :-)
Et toi et elle à des degrés divers, pendant le temps de badinage, vous pouvez jouir de l'idée que vous plaisez peut-être.
A certaines périodes, personnellement, je badine plus sans être vraiment partie prenante pour aller plus loin... parce que ce badinage, déjà, me réveille un peu le palpitant, met un peu d'épices dans les nouilles (hmmm... les nouilles... mouébonlamétaphore...bon.)
N'as tu éprouvé aucun plaisir à tourner tes pensées vers elle avant de déterminer si ça aboutirait pas à quelque chose d'autre ?

Je t'ai déjà fait la métaphore du chien et du nonos ?
Il y a un chien qui a un nonos. Il adore ronger direct les nonos. Mais ce coup-là, bizarrement, il l'enterre dans le jardin. Et il poste la pate dessus. Et il y revient, de temps en temps. Il le ronge pas, il bouffe d'autres trucs qu'il aime bien comme d'autres nonos, ou le bon vieux canapé des familles. Mais celui qu'est enterré là, sur lequel il pose sa patte sans le déterrer, c'est SON nonos. Pas celui qu'un autre chien pourrait lui enlever.
Au lieu d'éprouver le plaisir sensoriel, direct, il éprouve la jouissance du nonos enterré (un peu comme on dit "droit de jouissance d'une partie commune" en immobilier : ça veut pas dire que tu souhaites passer tes journées à te frotter contre les escaliers de l'immeuble, c'est que tu peux en disposer à ta guise).
La jouissance (qu'on peut trouver dans l'attente, le non-verbalisé, la contemplation, la lenteur) a une valeur que celle du plaisir n'annule pas.

Donc : dans les approches amoureuses, on peut jouir de ça en soi, quand il ya un début d'écho. Elle peut avoir joui de ça. Tu lui as peut-être déjà donné ce plaisir, même si elle n'en souhaitait pas d'autre. Et de ton côté... si cette jouissance de l'imaginer séduite était négligeable à ta satisfaction pendant la période ou vous avez dialogué, aurais-tu été plus affirmé dans ton désir ?

Est-ce la simple crainte du rateau ?
Si dès le départ, dans la tête de quelqu'un, c'est oui ou non, 0 ou 1 : pourquoi passer du temps quand vérifier pourrait être simple ? Pourquoi mobiliser la multiplicité de réponses possibles dans le cadre d'une "anarchie relationnelle" ?
Si on pense que les chances de plaire sont constamment presque nulles, pourquoi ne pas développer une stratégie d'échec plus rapide ?
S'il y a une intuition que peut-être le temps de dialogue et de séduction peut influencer les chose, que faire de ce temps ? Qu'est-ce qui séduit l'autre ?
Savoir que l'autre est séduit est-ce nécessaire et suffisant pour que toi tu le sois ? Peux-tu attendre que ce soit vrai pour l'autre ?
Si "non" (j'espère...), est-ce que la personne qui est
- satisfaite / insatisfaite
- d'une séduction aboutissant à faire l'amour/ ne pas le faire
ne considère pas la situation avec un modèle logique qui en restreint les spécificités et les intérêts beaucoup plus que "l'anarchie relationnelle" ?
La raison est-elle la seule capable de bien gouverner l'Etat du territoire des sentiments ? Est-elle réellement la seule à pouvoir prétendre au trône d'Ubu ?
Ceci considéré, que signifie "anarchie relationnelle" ?
Est-ce que pour les gens, les affects, les instants vécus, l'important ne serait pas de jouir et parfois tirer plaisir de quelque chose qui est de toute façon là, la liberté de mouvement des gens ?
Il faudrait voir ces mouvements si individuels qui font qu'on est séduit ou pas, qu'on arrive à faire de soi quelqu'un qui séduit, plutôt que de penser qu'optimalement, toute spécificité personnelle n'a pour valeur que de de conduire à un plaisir déjà très spécifié avant les interactions.
Quelle ampleur ont vos libertés, vos désirs personnels, si leur satisfaction et insatisfaction peuvent au final être comparées et réduites à choisir de tomber ou non de la tour Eiffel ?

(désolé, j'ai surdéveloppé un ou deux éléments de ta confidence, je crois deviner que tu me comprendras)

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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Siestacorta

le jeudi 28 août 2014 à 13h09

Tout ce questionnement pour te dire que je crois que tu essaies de comprendre la "logique" des interactions amoureuses pour te protéger le l'intensité de tes émotions. Si tu peux programmer et décider sur des repères clairs, univoques, plus de tremblements et de difficultés à agir.

Ce que je pense, c'est que ce bouleversment nerveux que tu ressens, c'est pas forcément ton attachement à la personne : tu en es capable en dehors des comportements des personnes aimées (tu aimes "desespérément" des rencontres, dis-tu).
Comme tu n'arrives pas à établir ta confiance en ta séduction sur ta façon d'être en société, tu essaies de compenser par de la logique, trouver une recette.

Mais l'intensité est justement là, non pas parce que la personne la mérite parce qu'elle est exceptionnelle et jamais t'en rencontre des comme ça et tout, non, l'intensité c'est ta réaction physique à entrevoir, non pas l'echec, mais la presque infinie diversité des réactions possibles. Quelque chose que la raison n'embrasse pas facilement, ou alors il manque des concepts pour ça (je t'ai filé la différence jouissance/plaisir).

Pour ne pas être déçu de l'expérience vécue, tu devrais sans doute arrêter d'essayer de la réduire à réussite/échec.

D'abord parce que "réussite", ça réduit la personne au bien qu'elle peut te faire... Tu as semble-t'il rencontré assez de personnes qui t'ont déçu pour essayer de chercher des qualités spécifiques autres que "celle qui exprime son attirance". Sinon oui, toutes les réaction vers toi étant en principe bonnes, tu te retrouves à apprécier des gens qui agisse vers toi pour des motivations que tu n'apprécies pas.

Et surtout, parce que l'expérience qui permet la connaissance des interaction n'est pas l'expérience au sens scientifique, avec ses conclusions simples, mais le vécu, où cent détails signiicatifs s'accumulent dans le temps, la répétition et la variation, et peuvent, selon la maturité de l'observateur et ses attentes, changer totalement d'interprétation possible.

A ce propos, le lien est ténu mais si j'intuite bien il pourrait t'éclairer sur une autre façon de concevoir "comprendre" et "connaitre" quelque chose, comme par exemple comprendre les interactions amoureuses, je te file cette référence. Peut-être qu'un principe anarchiste de connaissance peut coller avec un principe anarchiste relationnel...

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