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Trop c'est trop

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wotan

le mardi 19 août 2014 à 00h04

Bonjour, je reviens vers vous car je suis face à une impasse... et j'ai besoin de votre avis.
Voilà depuis plus de 4 ans, je vie une très belle relation poly avec une femme ELLE. Une relation Poly dans le genre 1 principale (elle et moi) et des secondaires (parfois éphémères, parfois qui s'installent dans la durée (sex-friends)). Elle et moi sommes dans en phase là-dessus et nous ne nous cachons pas ce que nous vivons, nous parlons ouvertement de nos désirs et nos besoins. En revanche, nous ne parlons pas de ce qui touche au très intime, c'est très perso.
Donc tout récemment, en l'espace d'une dizaine de jours, j'ai eu l'occasion de rencontrer 4 femmes (2 sex-friends, 2 histoires nouvelles). Et là, ELLE craque et me dit qu'elle ne peut supporter de passer après tout "ça". Il y a des limites. Après discussions un peu tendues, j'en déduis que ELLE veut des relations Poly mais avec des limites, comme un engagement avec des limite. Et moi, je considère, qu'il n'y pas de conditions à mettre sinon on rentre dans un rapport de pouvoir, de chantage. Aimer l'autre tel qu'il est avec ses désirs, ses besoins... Tout cela n'empêche pas l'amour que j'ai pour ELLE.
Voilà, j'espère avoir été clair...
Au plaisir de vous lire

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Siestacorta

le mardi 19 août 2014 à 03h18

Hm... Au pifomêtre comme ça je dirais que ça peut dire deux choses
- en dehors de ces 4 relations, il y a quelque chose dans le passé récent de ELLE, dans le cadre de votre relation ou pas, qui était le terrain qui a préparé le conflit. Il y a ses demandes de limites, bon, mais c'est possible que son bien être plus global ait déjà été mis en cause avant. Think outside the polybox, et vois si ya pas quelque chose à sécuriser par là.
(une hypothèse proche pourrait être la durée même de votre relation, elle estime peut-être avoir, maintenant, besoin d' une étape d'engagement avec toi que vous ne passez pas et ça la fruste, et/ ou elle est sortie de la période passionnelle où on voit tout en rose et elle devient moins indulgente sur certains trucs)
- 4 relations, c'est peut-être pas le nombre mais le temps investi qui peut bloquer. Peut-être que ce qui est demandé comme une suite de limites prend comme source le besoin que votre relation soit vécue comme sécurisante, donc une demande de majorité aboslue dans l'emploi du temps, pas une demande sur ce que tu fais du reste du temps (avec 2, 4 ou 12, le problème est le même)

(je ne tiendrais pas le crachoir pendant la semaine qui vient, désolé d'avance, on m'entraîne loin de me mon PC)

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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(compte clôturé)

le mardi 19 août 2014 à 10h31

Pour compléter ce que Siesta a écrit, je vois une troisième possibilité : qu'elle réagisse "juste" à l'effet d'accumulation, au nombre.

Je m'explique : on peut très bien vivre la non-exclusivité, gérer au mieux ses propres réactions de possessivité / jalousie, son insécurité affective, etc., il n'empêche que quand l'autre vous annonce en quelques jours qu'il démarre plusieurs nouvelles relations, ça peut faire beaucoup d'un coup.
Un peu comme une personne exclusive peut vivre mal le fait que son partenaire ait une relation avec une autre personne, chez les poly ça ne pose pas de problème quand il y a une nouvelle relation, mais ça peut en poser quand il y en a plusieurs d'un coup. En gros on a déplacé le problème :)

Ca vaudrait le coup que tu discutes avec elle pour savoir de quoi elle a peur exactement (avoir moins de temps avec toi ? Etre moins "importante" pour toi ? etc.).
Vu ce que tu écris, on dirait que ce qui coince c'est l'impression de "passer après tout ça". C'est un truc qui me semble assez commun : quand ton partenaire fait plusieurs nouvelles rencontres en peu de temps, tu peux être amenée à te demander pourquoi il a besoin de rencontrer autant de nouvelles personnes, ça te remet en question (sur le thème de "je ne lui suffis pas ?"), tu peux craindre que l'autre soit moins impliqué dans votre relation (puisqu'il en a "plein" d'autres), etc.

Dans ce cas, pour moi la solution passe par le fait de rassurer la personne au maximum. Rassurer ne voulant pas dire mettre fin à tes nouvelles relations, mais lui dire, lui répéter et lui montrer à quel point elle compte pour toi ; qu'elle est importante, que votre relation est toujours ta relation principale (puisque c'est ainsi que vous semblez fonctionner), etc.

Pour finir, quand tu écris "je considère, qu'il n'y pas de conditions à mettre sinon on rentre dans un rapport de pouvoir, de chantage. Aimer l'autre tel qu'il est avec ses désirs, ses besoins", j'aurais tendance à penser qu'il faut en effet aimer l'autre tel qu'il est, mais que ça n'empêche pas d'exprimer ses craintes, son inconfort et de rechercher ensemble un compromis quand une situation est trop difficile à vivre pour l'un des partenaires.
Ca n'est sans doute pas ce que tu voulais dire, mais considérer qu'on doit aimer l'autre tel qu'il est n'implique pas qu'il fasse ce qu'il veut comme il veut et qu'on doive s'y adapter sans rien dire. Comme l'a dit en gros quelqu'un un jour sur ce forum, liberté oui, et responsabilité aussi :)

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Siestacorta

le mardi 19 août 2014 à 11h01

Oui, Shamal souligne le point du timing (et moi je vais rater mon train si j'éteins pas) : 4 personnes rencontrées en 10 jours, son craquage est peut-être pas sur le nombre total de relation, mais sur le fait qu'elle te voie toi dans une période faste. Elle se demande si ça répond à quelque chose de votre relation, de son comportement, et par réflexe elle pose des limites pour te donner l'occasion de donner des preuves.

Pour revenir à ce que je t'écrivais cette nuit, ce qui la ressurerai, c'est peut-être pas forcément des limites dans tes perspectives ailleurs, même si sur le coup c'est ça qu'elle demande . Ce qui ferait que tu serais libre de tes allées et venues dans des lutinages (pour une fois le terme me semble adapté) ce serait de sécuriser cette relation primaire à laquelle tu tiens, par l'engagement, ne serait-ce que sur un temps ensemble "assuré".
Tu as la chance d'avoir 5 partenaires, mais ça te demande de respecter 5 personnes. L'amour est pas conditionnel, les relations humaines c'est pas seulement des hiérarchies, mais ça veut pas dire que quelqu'un qui s'investit dans une relation avec toi comme le fait ELLE n'a besoin que de l'idée de l'amour, elle a besoin que tu sois présent concrètement, et ça correspond à un minimum de stabilité définie.

Après, à l'usage, ce qu'on définit comme demandes "permanentes", ça fluctue, ça bouge, dites-vous que vous n'êtes pas figés par ça et que le temps venu vous jouirez d'une sécurité construite dans le temps qui permet de faire des trucs qu'on aurait évité au début.
C'est ce que je te disais que l'amour passionnel, les premiers temps ou la NRE nous donne la souplesse pour laisser l'autre vivre sans être inquiet de rien, ou cette inquiétude est compensée par un bien-être. Bon, avec le temps, ça n'est plus suffisant, il faut dialoguer dialdiadialagain-oh-ghé, jusqu'à retrouver la bonne longueur d'onde facile à capter pour les deux, qui remplacera ce confort affectif spécifique à certains débuts.

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no one is innocent (invité)

le mercredi 20 août 2014 à 13h52

Message modéré pour la raison suivante : Injures.

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pierre

le mercredi 20 août 2014 à 15h03

tiens encore un jaloux mal informé qui s'est perdu par ici...

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(compte clôturé)

le mercredi 20 août 2014 à 19h28

Tant qu'on y est, je précise que nous sommes pacifistes, en plus d'humanistes : on tire tout ce qui bouge et pas sur tout ce qui bouge :-D

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boucledor

le jeudi 21 août 2014 à 00h24

Bonsoir Wotan,
Je pense effectivement que la liberté ne peut qu'aller de pair avec la responsabilité et que le fait de vivre ouvertement son polyamour ne doit pas nous "dédouaner" du respect que l'on doit à l'autre, respect qui, il me semble est également un des "fondements" du polyamour.
Sans pour autant porter de jugement, j'ai l'impression que même si le fait d'entretenir d'autres relations soit quelque chose de totalement accepté dans votre couple, on peut tout de même envisager que pour l'autre, l'annonce de ces 4 relations simultanées puisse être vécue comme une certaine "violence" et je pense important de savoir tenir compte de la souffrance de l'autre et de ne pas seulement y voir une tentative d'entrave à sa propre liberté...

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boucledor

le jeudi 21 août 2014 à 00h27

Aimer l'autre tel qu'il est avec ses désirs, ses besoins
Cela vaut pour elle, mais aussi pour toi, non?
Elle a peut-être besoin d'être rassurée, elle désire peut-être partager plus de temps avec toi ou, au moins, conserver le temps que vous partagiez avant que ces relations prennent autant de place....

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Driver

le vendredi 22 août 2014 à 20h56

wotan


Voilà, j'espère avoir été clair...


Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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LuLutine

le dimanche 24 août 2014 à 04h23

boucledor
Elle a peut-être besoin d'être rassurée, elle désire peut-être partager plus de temps avec toi ou, au moins, conserver le temps que vous partagiez avant que ces relations prennent autant de place....

Cette remarque me paraît très juste.

Imaginons, un(e) partenaire avec qui j'entretiendrais une relation "établie", depuis plusieurs années, et avec qui j'aurais l'habitude (depuis des années, donc) de passer un certain temps chaque semaine.

Si cette personne me dit "J'entretiens 4 nouvelles relations" mais que cela ne change que peu de choses au temps passé ensemble, et surtout à la qualité du temps passé ensemble....je pense que ça m'ira très bien.

Mais si du jour au lendemain, la personne n'est plus là que la moitié (voire moins) du temps qu'on passait ensemble avant...je vais sans doute le vivre mal (ou pas, mais en tout cas ça peut arriver) !

L'être humain (en général) n'aime pas le changement, alors un bouleversement comme ça, voir l'autre qui "disparaît" du jour au lendemain, ça n'est pas toujours facile à encaisser !

A noter que lorsqu'un partenaire avec qui je vivais est parti en mission à l'étranger, je ne l'avais pas très bien vécu....pour moi, le souci n'était pas ce qu'il faisait sans moi, c'était le temps que je passais sans lui...!

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Neytiri

le mercredi 17 septembre 2014 à 23h50

Bonsoir à tous, je tombe par hasard sur cette discussion qui me concerne puisque je suis "ELLE".
Merci à vous pour vos commentaires qui me rassurent sur ce que je ressens.(+)
Siestacorta, tu as raison : "il y a quelque chose dans le passé récent de ELLE, dans le cadre de votre relation ou pas, qui était le terrain qui a préparé le conflit.
Il suffit de retourner sur une discussion sur ce même site d'il y a 3 ans qui s'appelle : "Trop c'est trop, la question du nombre et du sens".
A cette date, il me parlait de 3 relations et finalement c'était 12 en 6 mois, et encore il en avait oublié une, la pauvre....Quel sens ?
Après cela, il avait réduit et espacé le nombre de ses conquêtes me permettant de récupérer émotionnellement entre chaque.
Shamal, tu as raison aussi : "quand ton partenaire fait plusieurs nouvelles rencontres en peu de temps, tu peux être amenée à te demander pourquoi il a besoin de rencontrer autant de nouvelles personnes, ça te remet en question (sur le thème de "je ne lui suffis pas ?"), tu peux craindre que l'autre soit moins impliqué dans votre relation (puisqu'il en a "plein" d'autres)"
Boucledor, c'est tout à fait cela aussi : "le fait de vivre ouvertement son polyamour ne doit pas nous "dédouaner" du respect que l'on doit à l'autre, respect qui, il me semble est également un des "fondements" du polyamour "(...) "on peut tout de même envisager que pour l'autre, l'annonce de ces 4 relations simultanées puisse être vécue comme une certaine "violence" et je pense important de savoir tenir compte de la souffrance de l'autre et de ne pas seulement y voir une tentative d'entrave à sa propre liberté..."
Il prône l'amour inconditionnel, le tout est possible, le sans limite, je me suis retrouvée à devoir me respecter moi même en refusant catégoriquement d'être impliquée dans cette "boulimie de gâteaux", je pense avoir le droit de ne pas TOUT accepter.

Mais finalement ce n'est pas ce qui m'amène aujourd'hui sur le site, je venais car j'avais besoin d'avis sur la question : "S'il n'y a pas de fidélité sexuelle, est il possible/raisonnable de demander, au moins, de pouvoir compter sur l'autre en cas de coup dur ?"
Car je me sens en totale insécurité dans cette relation : il a un emploi du temps surbooké (par des cours de danse 2 soirs/semaine, par des cours de sport quasi tous les jours, par son travail, on se voit le mardi soir et le weekend quand il n'est pas en déplacement professionnel.
Je n'ose pas l'appeler car je tombe 9 fois sur 10 sur son répondeur. Quand il part en déplacements professionnels, son portable est toujours éteint. Il n'y a que lui qui peut m'appeler lorsqu'il le décide. Jeudi dernier, j'étais malade, bloquée du dos, je n'ai pas osé dans un premier temps lui demander de passer me voir redoutant qu'il me dise qu'il n'était pas disponible. J'ai souhaité justement en parler avec lui ce WE, lui parler de ma peur, savoir si je pouvais compter sur lui en cas de coup dur (maladie, accident...). Il m'a répondu qu'il ne pouvait pas me répondre, que tout était possible, qu'il pouvait être disponible ou pas, que cela dépendrait du moment....qu'il n'était pas un petit toutou, qu'il n'était pas ma béquille.
Au bout de 4 ans de relation, où je suis sensée être sa relation prinicipale, où il me dit qu'il m'aime, ma peur est confirmée : en cas de coup dur, peut être que je devrais me démerder parce qu'il aura décidé que ce n'est pas le moment pour lui de me soutenir, qu'il a mieux à faire. Et c'est dur car je me sens finalement bien seule.

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Siestacorta

le jeudi 18 septembre 2014 à 08h54

J'ai donc parcouru les deux fils, le premier était là.

Il y a deux thèmes, derrière "trop"
- le nombre de relation, en fait, c'est l'appétit affectif de wotan. Si lui a besoin d'être disponible pour son appétit (les relations qu'il engendre), il a moins de disponibilité (en temps à donner comme en rapidité de réaction) pour chaque relation antérieure. Qu'il y ait 3, 4 ou 12 personnes concernées : est-ce que les rythmes de wotan et de Ney peuvent se croiser assez souvent pour que la relation semble assez consistante aux deux.

- l'autre thème, c'est la façon dont on respecte une personne qu'on aime sans renier nos propres désirs. C'est la question du "sens", qui était déjà posée dans le fil d'il y a trois ans. Pour moi, c'est le sens de "principal", pas de "polyamour", qui est en cause. Vous dites que c'est une relation principale, qu'est-ce qui la rend principale ? Quand wotan prononce ce mot, c'est pour dire quoi de la relation? (j'aurais dit "primaire", moi, mais bon... )
Est-ce que c'est une mesure subjective des sentiments, une mesure du temps passé, ou est-ce que ça parle d'engagements pour un avenir commun (poly, pas forcément seulement pavillon/rôtiledimanche chez mamie/crédit/chien/couches) ?

Il y a une phrase à dissertes de philo de lycée qui dit : "choisir, c'est éliminer". On peut la continuer ainsi : ".... jusqu'à la prochaine situation de choix".
En gros, s'engager dans un certain nombre de contraintes - faire des projets communs à moyen-long terme, donner une régularité au temps passé ensemble, trouver la façon "vivable" de parler de ce qui se passe en dehors, exprimer ses élans affectif, être prêt à répondre aux questions et à offrir des moyens de rassurer - ça n'efface pas la liberté de vivre autre chose par ailleurs. Ca empêche de faire des promesses trop vagues aux unes et aux autres, mais ça n'empêche pas de faire des promesses satisfaisantes. Ca empêche de vivre dans l'impro, mais ça donne à chacun des repères ; chacun prend SA liberté de mouvement en fonction de celle des autres (tandis que si un seul utilise sa liberté de mouvement en permanence, ça oblige les autres à être figés pour que les rencontres ne soient pas totalement improbables).

Voilà, mes deux centimes sur l'histoire telle quelle.

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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bouquetfleuri

le jeudi 18 septembre 2014 à 09h43

Trop c'est trop, je suis bien d'accord.
Sans rentrer précisément dans cette histoire et sans juger aucun des acteurs, elle me ramène quand même à ce que j'appelle le grand mensonge des polyamoureux.

Polyamoureux, on dénonce le chantage et le rapport de force, on vante l’indépendance. Curieusement on parle peu d’autonomie, mais on installe l’autre comme le répondant de quelque chose qu’il faut combattre ou amoindrir.

Qu’est-ce que ce « chantage » dans une relation de deux personnes qui s’aiment, qu’est donc ce « rapport de force » sinon l’établissement nécessaire des outils de la compréhension, du respect, de la sollicitude ?

Entendons-nous bien, je pourfends le rapport de force, il est (à mon sens) le principal obstacle à toute relation amoureuse, mais il ne se détruit pas contre l’autre ni même avec l’autre, il se réduit par devers soi. Et quand on dénonce un rapport de force, on ne fait que reconnaître sa propre impuissance devant le travail qui reste à faire.

Construire une relation amoureuse, plusieurs relations amoureuses n’exonère pas du respect dû à chaque protagoniste.
Et cela commence avec un discours de réalité. « Je veux pouvoir vivre comme je veux, ou je veux pouvoir consommer de la relation amoureuse ou de la relation sexuelle, je veux pouvoir mixer les deux », « j’ai besoin de ceci, j’ai besoin de cela », « j’ai envie d’une histoire somptueuse et qui grandisse sans cesse » etc.

À partir de là commence une négociation qui ne ressortit pas du rapport de force, mais est une réduction de l’asymétrie entre les besoins et les envies de chacun, un ajustement des plus petites nuances de toutes les notions nécessaires à la vie d’une relation qui vont de l’usage de l’argent à la caresse légère, de l’usage d’un surnom à la conception d’un enfant, jusqu’aux sens premiers, du regard à l’acuité olfactive.

Mais il n’y a rien là de spécifiquement « polyamoureux », il s’agit juste de vivre avec, autour, en compagnie, en même temps que quelqu’un d’autre que soi, parfois plusieurs fois, parfois pas une fois, et pour vivre ce miracle permanent un travail permanent est obligatoire, si on veut avoir la chance de ne pas reproduire les procédures, multipliées, que la société nous transmet.
Polyamoureux est un constat que l’on peut faire quand on réussit simultanément à vivre plusieurs relations, pas un label, encore moins une licence à faire n’importe quoi, sinon on commence par un mensonge, petit ou gros, mais un mensonge quand même.

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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MagentadeMars

le jeudi 18 septembre 2014 à 10h38

Si on décide un jour de s’entraîner pour le marathon, cela aussi impacte sur son couple établi. Idem pour changer de boulot, ou... avoir une autre relation. La soustraction de disponibilité me semble un enjeu réel pour le couple.

Par contre, que l'on dispose des heures prises pour courir ou passer chez un-e autre, c'est là que la distinction relève potentiellement de jalousie, et qu'il y a une place pour faire valoir de certains arguments du monde poly.

Les rapports de force, c'est là vie. Dès qu'une personne ait une envie, elle va chercher à la satisfaire dans les limites des contraintes de la vie. Si cette envie n'est pas partagée avec ces partenaires, il y aura un conflit, une réflexion sur les pour et les contres, et éventuellement un changement d'équilibre. On peut parler tant que l'on veuille de travailler sur soi et l'Amour, mais il y a des offres, des demandes et de la flexibilité. Tout ce qu'on peut raisonnablement souhaiter, à mon avis, c'est que ces négociations se fassent dans le respect de chacun-e et sans l'emploi de comparaison avec des mythes de comportement idéal...

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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bouquetfleuri

le jeudi 18 septembre 2014 à 11h14

Ma vision du rapport de force est restrictive, nous pouvons tomber d'accord sur ce point.

Je souscris à ce que tu dis, MagentadeMars à un élément près : le rapport de force c'est une certaine vie, pas la vie.
La vie du rapport de force, c'est ce que les thuriféraires du libéralisme appelle l'ordre naturel, qui demande des vainqueurs et des perdants.
Quand on sort de cette forme de relation, on accepte qu'il n'y ait pas de perdants et pas de vainqueurs, seulement des personnes qui ont une parole, égale à celle de l'autre.

À mon sens, c'est une condition essentielle pour s'éloigner du jugement, par exemple, ce qui ne veut pas dire s'éloigner de l'évaluation ou de l'appréciation, mais plutôt ne pas s'inscrire dans des échelles de valeurs morales.

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Leolu

le jeudi 18 septembre 2014 à 11h16

Le champ du polyamour est vaste, avec un large éventail de possibilités :

- un amour quasi-unique avec, éventuellement, une amourette ponctuelle, juste pour tester son pouvoir de séduction et/ou sa réelle liberté amoureuse, ou simplement pour se laisser la possibilité de succomber quand une occasion se présente
- un amour principal et un amour secondaire "parce qu'on n'a pas su choisir" sur du très long terme
- un amour principal et plein d'aventures sexuelles complémentaires, successives plus que parallèles, bien souvent
- soi tout seul et plusieurs amours sur le mode amical, plus ou moins fidèles et constants, mais sans jamais s'oublier mutuellement

Il me semble que chacun de ces cas a besoin de quelques règles spécifiques... ou plutôt d'un équilibre à retrouver naturellement lorsque certains paramètres vont trop loin vers un autre de ces cas. Et il faut savoir en prendre compte.

Soit que l'on ressente personnellement ce souci, soit qu'on voit bien qu'on s'éloigne du besoin d'un partenaire (c'est mieux quand ça commence d'abord par là)

Dans cette histoire, l'équilibre pourrait se faire dans les deux sens :
- Monsieur limite le temps passé à l'extérieur pour bien montrer la permanence et la réalité de son amour (mais sa liberté, alors ? Lui n'est pas vraiment dans une optique de "principal/secondaire"...)
- Madame oublie son rêve d'amour "principal", au support solide en cas de coup dur, et le fait passer en secondaire (mais comment aimer autant quelqu'un d'autre ? C'était lui, le point d'encrage choisi...)

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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Leolu

le jeudi 18 septembre 2014 à 11h29

bouquetfleuri
La vie du rapport de force, c'est ce que les thuriféraires du libéralisme appelle l'ordre naturel, qui demande des vainqueurs et des perdants.

Je suis bien d'accord.
Il faudrait que le rapport de force soit moral, en chacun de nous, plutôt que social, l'un face à l'autre. Que chacun se repositionne pour rétablir un équilibre plutôt que de demander/obliger l'autre à changer quoi que ce soit.

Autrement dit :
"Je vois bien que je ne suis pas assez présent. Et puisque je suis amoureux, je sens que je devrais m'efforcer de prouver cet amour. Ou alors je le suis moins que j'imaginais et je préfère passer à autre chose"

plutôt que :
"TU n'es pas assez présent. Il faut que tu changes pour t'adapter à mon besoin, sinon ce n'est plus la peine..."

Pour moi, c'est justement là la différence entre une relation amoureuse et une relation d'affaire (libéralisme) : l'adaptation interne mutuelle, plutôt que le conflit et la négociation.

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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Neytiri

le jeudi 18 septembre 2014 à 22h55

Siestacorta, pour te répondre sur notre vision de la relation principale (que l'on a défini ensemble), c'est celle qui est prioritaire // aux secondaires ; c'est être clair(e) sur l'existence de cette relation lorsque l'on rencontre quelqu'un ; c'est plus de temps ensemble que les autres relations, c'est partir en vacances ensemble, c'est partager sur ce que l'on vit aussi chacun de notre coté, sans avoir envie de vivre ensemble tout le temps ; c'est aussi avoir envie de vieillir ensemble. Et ce dernier point, c'est surtout lui qui en parle, car moi , j'arrive pas à croire qu'on y arrivera tellement c'est difficile parfois.
Nous avons une entente sur (pratiquement) tout sauf sur son besoin de "no limite", de "Tout doit être possible" en opposition à mon besoin de limite dans la quantité de relations, sur mon besoin qu'il soit disponible aussi pour du temps improvisé et pas seulement pour "les mardis soirs et les weekend si je suis là + une semaine de vacances (attention, pas plus) 2 à 3 fois dans l'année.
Bouquetfleuri, c'est tout à fait ce que je ressens, ce rapport de force et je n'ai pas envie de me battre contre cet homme que j'aime profondément, un homme formidable, intéressant, intelligent, tendre, doux, prévenant, attentionné, charmant, adorable, drôle, émouvant, attendrissant...
Je ne pense vraiment pas être une voleuse de Liberté, je voudrai seulement être assurée d'un amour vrai, profond et sécurisant.
C'est quoi d'ailleurs à votre avis un amour vrai, profond et sécurisant ?
Et pourquoi je n'arrive pas à me sentir en sécurité dans cette relation ? :-(

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ScottBuckley

le jeudi 18 septembre 2014 à 23h08

Bonjour,

@ à Neytiri93 et à Wotan :

En vous lisant, je me demandais si vous avez prévu d'en parler ensemble prochainement...
... et si oui : quand & comment ?

Il me semble que vous devriez dessiner & écrire sur une feuille, chacune, chacun, vos désirs & besoins, l’une & l’un envers l'autre, ce qui vous semble nécessaire pour vos sentiments personnels de bien être, de confort affectif, de sécurité qui rassure... juste entre vous deux pour commencer,

... et essayer de déplacer - par exemple - le curseur du temps passé ensemble, et*ou de l'intensité et*ou de l'exclusivité des moments & émotions partagées juste à deux...

On pourrait appeler cela ' un contrat de libertés & d'engagements plurielles ' , dont vous fixerez vous-mêmes à deux la durée de vie de ce ou ces contrats dessinés au crayon ( valable une semaine, un mois... ou bien + ) .

Dans ce cas là, expérimentez ce ou ces contrats & esquisses, l'espace d'un jour, d'une semaine, d'un mois, et faites le point régulièrement, seul-e avec vous-même, puis à deux...

Et écoutez vos ressentis intérieurs, par exemple : " - tiens, passer un week-end exclusif rien qu'avec elle/lui, une à deux fois par mois, ça me correspond bien et ça me rassure ‘en cas de coup dur’... et/ou : c'est déjà trop me demander " .

Et se poser ouvertement la question : ‘ cela veut dire quoi, être avec quelqu’un ?

> partager uniquement les bons moments ? sentir qu’il faut être là à tel moment quand l’autre en a bien besoin ?
être au moins disponible au téléphone quand on est loin ?

savoir être présent au monde, et savoir être réellement présent auprès de tel ou telle chéri-e, même quand l’orage est là dehors ?

savoir se rendre disponible pour lui rendre un précieux service (qui pourrait même être : s’occuper d’un enfant ou d’un proche ou parent qui n’est pas le sien...) ?

C'est à vous de déplacer ensemble le curseur de votre relation à deux, et d'essayer de trouver la bonne fréquence, comme on le ferait quand on cherche à bien capter une radio locale.

Qu'en dit votre coeur, à chacune et chacun de vous, ça vous parle ? l'expérience de nouvelles ondes vous tenterait ?

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