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L'un est polyamoureux, l'autre non. Ca marche ?

Bases
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Isadora (invité)

le mardi 28 janvier 2014 à 13h07

Re-bonjour à tous,

j'ai cherché sur le forum des témoignages sur cette situation mais je n'ai pas trouvé grand chose, du coup je me permets de relancer le sujet.

Étant donné que je ne suis pas certaines que mon homme ait envie d'être "poly", j'ai l'impression que cela veut dire que de mon côté je ne le peux pas non plus...comme si la règle c'était "tout ou rien", "soit à deux, soit on laisse tomber".

Est-ce que certains vivent le polyamour comme cela ? Est-ce que cela peut fonctionner ? ça me parait encore plus difficile !?

"Quelles règles pour que celui qui n'est pas polyamoureux ne souffre pas, accepte que l'autre prenne du temps avec d'autres partenaires ?"

Merci d'avance pour vos lumières !

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(compte clôturé)

le mardi 28 janvier 2014 à 14h05

Je dois partir travailler et rentrerai tard ce soir. Sache Isadora que c'est possible et que non, ce n'est pas "soit à deux, soit on laisse tomber". Sache aussi, qu'évidemment, c'est beaucoup plus difficile. Sauf que personne n'a dit que la vie était facile. A toi de savoir si tu es prête à laisser le temps au temps, à te retrousser les manches positivement. Expliquer, aider à comprendre, ne pas chercher à imposer. Si l'autre veut ton bonheur, c'est possible. C'est aussi là que le mot compersion prend tout son sens.

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PolyEric

le mardi 28 janvier 2014 à 14h15

Tout le monde souffre, à un moment ou à un autre
Rapports de forces permanents, longues heures de discussions par jour
10 ans de galère assurée même si le mono est potentiellement poly
sauf abandon des protagonistes par épuisement
Aucune chance entre un mono profond et un poly profond

Déjà beaucoup de discussions sur ce forum à ce sujet, dont celle-ci qui rôde en ce moment

Il existe des techniques pour éviter les éccueils (être sûr de soi et assez ferme, beaucoup dialoguer, expliquer), mais pour éviter la galère, pas de recette.

Enfin, ce n'est que mon humble avis (enfin, c'est quand-même l'avis de quelqu'un qui a a joué à ce jeux pendant 30 ans et qui a encore quelques petits problèmes résiduels aujourd'hui, certes beaucoup moins qu'il y a 10 ans, mais rien n'est parfait).

Un mono convaincu ne devient jamais totalement poly et un poly, même peu convaincu, ne redevient jamais mono fidèle et tout le tain toin. Enfin, s'il y en a, ils ne sont plus sur ce forum, certes, mais on n'en voit très peu dans la nature qui disent avoir été poly en liberté et qui apprécient maintenant pleinement de (re)vivre en cage. :-)

Attention : il existe des monos dits ici "polycompatibles", qui restent monos tout en acceptant sans problème que leur conjoint soit poly. Assez rare, mais ça existe.

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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homme_partit

le mardi 28 janvier 2014 à 14h49

Je pense qu'il n'y a pas de réponse magique, si cela peut fonctionner, cela peut ne pas fonctionner.

Personnellement, je n'ai accepté le poly de ma femme, malgré le fait d'avoir essayé de le comprendre.
Si tu es certaine de ton poly, alors dialogue avec ton homme, prend le temps de comprendre ses angoisses, avance petit à petit. Divers points de blocage apparaitront et c'est à deux qu'il faut les analyser, les comprendre et travailler sur cela.

Mais si tu te sens poly, ton mari a le droit de ne pas l'être, voilà toute la difficulté.

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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gdf

le mardi 28 janvier 2014 à 23h25

S'il y a un truc certain, c'est que la vie n'est jamais "tout ou rien".
Il y a une infinité de variantes, mais il y a aussi une infinité de critères.
Peut être est-il farouchement non poly amoureux aujourd'hui. Sans doute pourra-t-il évoluer un peu ou beaucoup demain, selon l'énergie que tu voudras investir et les risques que tu voudras prendre. Vous pourrez trouver votre variante à vous.
Mais ce qui me parait important, c'est que la qualité de votre relation commune, ou la qualité de ton bonheur personnel ne se mesure pas uniquement sur la liberté d'avoir ou non des relations multiples. Certains te diront que c'est, pour eux, une condition sine qua non. Mais ce n'est pas forcément le cas pour tout le monde.
Quand tu vis avec quelqu'un depuis 10 ans ou même plus, il y a forcément eu des compromis, des choses auxquelles tu as du renoncer, mais en contrepartie, tu as reçu plein d'autres choses. Si au final le bilan de ton couple est positif, c'est que les choses qu'il t'a apportées valaient plus que celles auxquelles tu as renoncé.
Pour ma part, je me reconnais beaucoup dans ta situation, et j'ai plutot fait le choix du renoncement. Ce n'est pas forcément un choix définitif dans le temps, ça peut évoluer. Mais c'est un choix que je ne regrette pas car j'ai eu beaucoup de bonheur depuis que je l'ai fait.

Gdf

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Green-Man-Outside

le mercredi 29 janvier 2014 à 03h34

Ca peut marcher. Si le "non-poly" accepte la non-exclusivité de son partenaire.

Si sa grille de lecture est "tu es non-exclusif donc tu ne m'aimes pas donc je suis malheureux" c'est mort.

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bouquetfleuri

le mercredi 29 janvier 2014 à 08h44

L'un est polyamoureux, l'autre non. Ça marche ?

Oui. Le travail à faire dans une relation d'amour, quel que soit le schéma dans lequel on l'appréhende est bien d'affiner sans cesse le respect nécessaire, la connaissance de soi et de l'autre, sa sollicitude et sa responsabilité. Que l'on se targue d'être mono-amoureux ou poly-amoureux. Ainsi la relation met en présence deux personnes qui peuvent fonctionner différemment, mais quelques freins se desserrent au gré du travail effectué, je pense par exemple à la possessivité, à l’illusion de la fusion, à l’aliénation. Cela ne règle ni les problèmes d’agenda ni les emboîtements différents des bagages sexuels, mais c’est possible.

Non. Quand une relation choisit de se construire adossée à son expression sociale, la remise en cause du schéma identitaire conduit à une remise en cause de l’identité des partenaires, ce qui est impossible à résoudre. En revanche, on peut changer de voie et décortiquer tous les compromis qui ont permis d’ériger et d’intégrer cette prison sociale. On en revient au premier cas, mais c’est beaucoup plus long et douloureux

Il est bien sûr impossible de répondre par oui ou par non à cette question (sinon, je ne l'aurais pas fait, hahaha). Mais elle est intéressante parce qu'elle pose la question du poly-amour à l'épreuve de la société, en réduisant le cercle social à sa plus petit expression, un couple, en conservant toutes les questions, les problèmes et les avancées qui s'y rattachent.
Dans votre cas, vous seuls connaissez la combinaison qui articule votre relation, entre plus de travail personnel, plus de confrontation sociale, familiale, plus de culture ou d'économie, plus de transparence et d'indépendance ou d'autonomie etc. C'est à vous de nous dire si, dans votre cas, c'est possible et comment c'est possible. Et vos réponses valides pour votre expérience recèleront des enseignements généraux, utiles à tous.

Le seul écueil à éviter, me semble-t-il, serait de prendre parti avant d'essayer, ou de se fixer un objectif. C'est la meilleure façon d'échouer dans la conduite d'une évolution de couple qui peut révéler de belles surprises.

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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(compte clôturé)

le mercredi 29 janvier 2014 à 10h49

Bcp de nouvelles pistes de réflexion. Chaque relation est unique et rester dans une relation doit se faire consciemment et sans contrainte insurmontable. Et puis, des beugs, il y en a et pas seulement dans ce cas de figure.

Une bonne connaissance de soi s'impose, mais pas seulement en surface. J'ai 45 ans passé et récemment, je me suis encore découverte. Je vis en couple, avec le même homme, depuis plus de 25 ans, et récemment, nous avons encore découvert... et avons été les premiers surpris de cela.

Evoluer, tracer sa propre route, sans l'autre, mais avec l'autre (complicité, etc...). Mon mari est mon compagnon de vie, mon meilleur ami, mon amant. Ce discours, est beau, sauf que concrètement, il faut sans cesse expliquer, rassurer, dialoguer, laisser le temps à la réflexion... Ca marche si l'on sait, à deux, chasser le brouillard dès qu'il montre le bout de son nez.

Le polyamour est très énergivore. Il demande sans cesse d'accepter de se remettre en question, d'abord vis à vis de soi, puis de transmettre. L'autre, s'il n'est pas naturellement poly doit vouloir comprendre, même s'il a mal. Avoir mal est difficile, mais parfois, chez certaines personnes, c'est un cap à franchir. Notre couple évolue par "palier", plus ou moins espacé dans le temps, et parfois l'un attend l'autre. Curieusement, c'est souvent moi, qui tergiverse, qui suit à la traine... Laisser le temps au temps, toujours !

Accepter que l'autre, les autres, ne soient pas comme nous. Accepter qu'ils ressentent et veulent vivre différemment. S'adapter, sans se minimiser soi.

Je dirais surtout, et je crois que c'est extrêmement important : ne jamais se mentir à soi-même et s'écouter. Rester soi, c'est rester en vie, ne pas s'éteindre, ne pas se faner. Prendre soin de soi est à la base, car si tu ne vas pas bien, ton entourage ne pourra être bien. Donc, dire "je suis mal à l'intérieur", est un bon début. Reconnaitre le mal être de l'autre, des autres, est également important.

Cela amène à la culpabilité, qui dans ce cas de figure va souvent de paire avec la jalousie ou le mal être de l'autre (des autres). Personne n'est responsable du ressenti d'autrui. Si l'un est jaloux, tu peux l'aider à exprimer cela, mais pas prendre en charge sa jalousie dont tu n'es pas responsable. Si l'autre a du mal à accepter que tu étais déjà en couple, tu peux également l'aider à exprimer cela, mais sans prendre en charge son désarroi dont tu n'es pas responsable. Se préoccuper d'autrui, faire preuve de compassion et d'empathie, aimer l'autre, ne signifie pas que tu sois responsable d'autrui.

Il y aurait encore beaucoup à dire.

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(compte clôturé)

le mercredi 29 janvier 2014 à 10h54

Je rappelle ici certains ouvrages : "Vertus du polyamour" de YA Thalmann ; "les 10 plus gros mensonges de l'amour et de la vie de couple" de YA Thalmann ; "garder intact le plaisir d'être ensemble" de YA Thalmann ; "aimer plusieurs hommes" de Françoise Simpère ; et "la salope éthique" de Dossie Easton & Janet W. Hardy.

Il y a encore de nombreux autres ouvrages sur le développement personnel et le bien-être. L'important est de se reconnaitre à travers ses ouvrages et ces lectures peuvent aider à se découvrir mais également à comprendre l'autre, les autres...

Je rappelle aussi la vidéo "oui, mais..." avec Gérard Jugnot dans l'un des principaux rôle.

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homme_partit

le mercredi 29 janvier 2014 à 12h03

Un film évoquant le poly amour: Marie Jo et ses 2 amours.

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homme_partit

le mercredi 29 janvier 2014 à 12h11

gcd68
Personne n'est responsable du ressenti d'autrui.

J'ai du mal avec cette affirmation, car le ressenti d'une personne dépend d'une situation subit dont elle n'est pas responsable.

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(compte clôturé)

le mercredi 29 janvier 2014 à 13h14

Je comprends homme_partit. J'ai un mari qui doit faire face à sa jalousie parce que je suis polyaffective. Pour autant, suis-je responsable de son ressenti. Comme tu le dis, c'est la situation qui provoque. Certains, comme mon mari, ont malgré tout la volonté de faire face, surtout s'ils sont soutenus, d'autres ne se donnent pas cette peine et "jette l'éponge".

D'ailleurs, dans mon cas, je ne parlerai donc que de ce que je connais, suis-je responsable de mes sentiments envers autrui ? En ce qui me concerne, je ne laisse généralement personne dans la détresse, surtout si cette personne est importante pour moi. A savoir que souvent la culpabilité de l'un s'associe à la jalousie de l'autre. Mon mari m'aide à me sentir bien dans ma peau de polyaffective et moi je l'aide également. Nous faisons face ensemble à nos démons intérieurs.

Intellectuellement parlant, qu'est ce qui légitimerait plus une relation qu'une autre ? J'ai "sacrifié" une relation au profit du bien être de mon couple, sauf que voilà, j'en ai été tellement malheureuse que notre couple en a de toute façon souffert. Dans le sens où j'avais fait en sorte qu'aucun retour en arrière ne serait possible, même mon mari n'a pu "réparer les dégâts" à ma place. S'il l'avait pu, il l'aurait fait, je crois.

Accepter l'autre tel qu'il est, est-ce si compliqué à comprendre. Je suis une grande affective, ma nature est ainsi. Mon mari n'est pas comme moi. Et alors, devrait-on mettre un terme à une vie de couple heureuse pour cela ? Quel imbécile ferait cela ? Mon mari a une nature jalouse (et encore, tout dépend des circonstances), j'en tiens compte, je compose avec.

Qui a dit que les relations humaines, et surtout affectives, amoureuses, étaient simples... certainement pas moi. J'ai besoin de me sentir bien dans ma peau, de me sentir libre de mes sentiments et de certains de mes actes, sinon je ne suis plus moi, sinon je meurs, je fane,...

Je ne peux là encore parler que pour moi. Donc, non, personne n'est responsable du ressenti d'autrui. Cela ne veut pas dire que l'on doit dédaigné et ne pas tenir compte de cela.

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homme_partit

le mercredi 29 janvier 2014 à 13h30

gcd68
Accepter l'autre tel qu'il est, est-ce si compliqué à comprendre

Tu acceptes l'autre lors de la création d'un couple, d'une histoire commune. Ce qui est compliqué, c'est d'accepter l'évolution de l'autre. Perso, je me suis marié avec une femme mono qui s'est découvert poly par la suite.

gcd68
Et alors, devrait-on mettre un terme à une vie de couple heureuse pour cela ?

A te lire, le bonheur a été quelque peu gâché par des événements de la vie. Tu as raison en disant que les relations humaines restent d'une grande complexité, que le but d'une personne est d'être heureuse pour soi avant tout. Mais cela est vrai également pour le conjoint.
Lors d'une sérieuse remise en question d'un mode de vie, comme le poly, rien ne prédit que le mono pourra y adhérer. Sans refaire le débat qui a tort ou raison, l'évolution de l'un prenant une autre direction que son conjoint n'a pas beaucoup d'autre solution qu'un sacrifice de l'un ou une séparation des 2, malgré tout le bonheur vécu.

Je suis actuellement à la ramasse totale, étant le mono du couple. J'ai décidé de divorcer car je ne peux pas interdire à ma femme de mener sa vie comme elle ne peut m'interdire de me séparer. Ma capacité d'acceptation est dépassée. Chaque histoire est différente, mais les solutions ne sont pas si nombreuses.

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(compte clôturé)

le mercredi 29 janvier 2014 à 14h03

Je suis désolée que ton couple n'est pu affronter cela. Je sais que c'est difficile. Sache que mon mari a toujours eu la possibilité de vouloir mettre un terme à notre union et à notre vie commune. Nous avons toujours éviter de s'accrocher à l'autre au point de lui faire du chantage affectif afin de satisfaire notre vie personnelle.

Nous nous surnommons "les vieux cons", en rapport avec les personnages principaux du film "la soupe aux choux". Ces deux vieux, qui quoi qu'il advienne, resteront ensemble. Nous sommes dans le désir de laisser l'autre, le plus possible, maitre de ses propres choix, de sa propre évolution mais nous lavons toujours notre linge ensemble. Son avis m'importe toujours, même si parfois il est partial et dicté plus par son ressenti que par sa volonté. Mon mari me comprends et de là, nous composons notre propre partition. Je lui fais partagé aussi la musique que je compose à l'extérieur et souvent il l'a trouve belle également. Je dépense largement, sinon plus d'énergie et de talent à la musique composée au sein de notre couple, qu'à celles auxquelles je contribue en dehors. J'ai cette capacité et il l'a reconnait. Mes relations extérieures n'ont jamais entachées notre relation de couple, je peux même dire qu'elle s'en est enjolivée. Aujourd'hui, nous composons une même partition, dans des styles différents, mais nous essayons qu'elle sonne juste et qu'elle soit belle. Perso, j'adore le mélange des genres s'ils sont harmonieux : opéra-rock...

Je dois aller au boulot. Je suis ouverte aussi à reprendre cette discussion avec toi en mp. Bon apm à toi homme_partit.

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aviatha

le mercredi 29 janvier 2014 à 15h37

Bonjour à tous,

Je reviens brièvement, mes interventions vont se faire plus rares, et je m'en excuse mais je ne peux pas faire autrement.

Je reviens sur cette histoire d'être "responsable" du ressenti d'autrui, et qui m'a déjà valu une bonne prise de tête (avec plein de bisous derrière) avec LuLutine.
On peut prendre cette expression dans deux sens. Le premier : je ne suis pas responsable au sens où je n'en ai pas la charge, ce n'est pas à moi de le gérer. Ce qui est en partie vrai, on peut aider l'autre mais si lui ne veut s'aider tout seul, ça risque pas d'aller mieux. Le second : je ne suis pas responsable au sens où je n'en suis pas la cause. Et là j'ai aussi du mal.

Parce que à mon sens, dire "je fais telle ou telle chose, mais si tu as mal c'est à cause de ta réaction et pas de mes actes", j'ai l'impression d'entendre quelqu'un qui vient de m'écraser le pied de toute sa force avec un marteau me dire "hé, c'est quand même pas ma faute si ton système nerveux transmet l'information au cerveau, moi j'ai juste tapé le pied, c'est la faute de tes nerfs si tu sens que tu as mal, t'as qu'à dire au cerveau de pas les écouter"
Alors, techniquement c'est vrai, entre quelqu'un qui te broie le pied avec un marteau et ton cerveau qui interprète la douleur, y a une marge, et cette marge t'appartiens, puisque c'est tes nerfs. Mais à partir du moment où on sait qu'il y a un lien de cause à effet direct, on a conscience que notre acte va déclencher la douleur de l'autre, on en est effectivement responsable, fusse par un lien indirect.
Après, il y a effectivement plusieurs possibilités. On peut se dire que si on tape moins fort, c'est supportable pour l'autre, ou l'autre peut choisir de rester et de se bourrer de morphine, mais il ne faut pas non plus s'étonner à mon sens si la réaction la plus commune, c'est de nous retourner le marteau dans la tronche.

Alors, bien sûr, l'exemple est extrême, histoire de frapper un peu, parce que c'est une idée que j’entends souvent ici et qui me met les nerfs en pelote à chaque fois, et bien sûr, aimer quelqu'un d'autre n'est pas un geste de violence. Il n'empêche que, quelles que soient nos actions, si on sait qu'en les faisant on va générer la souffrance de quelqu'un d'autre et qu'on le fait en pleine conscience et qu'effectivement il souffre, on est responsable (au deuxième sens) de son ressenti (chagrin, jalousie, angoisse...). Ça ne veut pas dire qu'il faut tout arrêter pour autant, et on peut effectivement chercher des positions intermédiaires, mais je pense qu'il ne faut occulter cette responsabilité pour autant.

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bouquetfleuri

le mercredi 29 janvier 2014 à 16h11

aviatha, je souscris en partie à ce que tu dis.

Il me semble que l'objet d'une relation d'amour est aussi la responsabilité des ressentis de son partenaire. La combinaison de cette responsabilité et du respect conduit à ne pas prendre en charge seul sa souffrance, si souffrance il y a, ni à dicter ses ressentis ou à les fabriquer, mais c'est un minimum que de constituer des actes qui mettent en jeu chacun des partenaires dans une responsabilité partagée.
Et c'est bien parce qu'il y a respect et responsabilité que peut se développer l'individuation de chacun, sans que se superpose une individualisation égoïste ou indifférente.

De la même façon, et pour les mêmes raisons, on n'est pas responsable de l'instrumentalisation qu'organise l'autre de sa souffrance ou de son déplaisir.
Être responsable de l'autre est à mon sens le meilleur moyen d'échapper au contrat, c'est à dire à l'ersatz de dialogue ou à un dialogue figé. C'est en même temps reconnaître que si j'évolue, (et j'évolue, sans cesse) ma liberté prend corps dans celle de l'autre.

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Genkishi

le mercredi 29 janvier 2014 à 20h19

Pour ma part, cela a détruit notre couple, notre famille.
Moi mono et ouvert d'esprit, ma XX se disant poly.
Malgré des heures de discutions, des lectures sur le sujet et les forums. Je n'ai jamais accepté cette double vie de la part de ma XX.
Je l'a laissai partir chez son amoureux. Elle me disait être fier de moi et moi je souffrais terriblement. A ses retours d'escapade, elle retrouvait un mari en mal être et ne comprenait pas.
Finalement nos discutions se sont transformées en disputes. Elle n'a pas voulu cessé d'elle même ce 2ème amour malgré l'évidence du déséquilibre familiale que cela a engendré.

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Agapo (invité)

le mercredi 29 janvier 2014 à 20h31

Bonjour à tous, je suis perdue. Nouvelle sur ce site, je pense avoir ouvert la bonne page. Alors voilà mon histoire, jaime 3 hommes qui se connaissent bien, et qui acceptent que j'ai des rapports amoureux avec les 3. Nous avons investi dans une grande maison ou chacun entre et sort comme il veut. Le problème aujourd'hui est que je suis enceinte, mais je ne sais pas de qui. J'ai 37 ans, c'est mon 1er enfant, je n'en ai pas voulu jusqu'à présent. Ils sont ravis tous les 3 (j'ai vraiment la chance d'être tombée sur ces hommes à l'esprit large), mais le problème c'est moi. Cet enfant me fait prendre conscience de bcp de choses... Il va grandir, que vais je lui dire? Cela me pose problème et pour la 1ère fois de ma vie je me retrouve confrontée à une question d'ordre moral. Cet enfant sera t'il heureux dans cette configuration? Je suis une femme très libérale et très marginale, aujourd'hui je suis perdue. De plus, je suis tombée très amoureuse (pour la 1ère fois de ma vie) tout récemment d'un homme un peu lus jeune que moi, qui a envie de construire une histoire sérieuse. Je suis dans le flou total, à un tournant de ma vie relativement important. Aidez moi si vous le pouvez. Bien à vous.

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LuLutine

le jeudi 30 janvier 2014 à 00h52

Bonjour Agapo, tu devrais ouvrir un nouveau fil pour ton sujet, histoire de ne pas "squatter" celui-ci, déjà qu'on a un peu dévié...

gcd68
Rester soi, c'est rester en vie,[...]

J'ai besoin de me sentir bien dans ma peau, de me sentir libre de mes sentiments et de certains de mes actes, sinon je ne suis plus moi, sinon je meurs[...]

Ah, tu m'enlèves les mots de la bouche euh...du clavier !

aviatha
on peut aider l'autre mais si lui ne veut s'aider tout seul, ça risque pas d'aller mieux

Je suis d'accord avec toi aviatha, pour ma part je fonctionne également ainsi.

aviatha
on peut effectivement chercher des positions intermédiaires

Exactement. Parce qu'échanger une souffrance contre une autre, accepter de se mutiler voire se suicider pour que l'autre ne souffre pas, ça me semble extrême aussi.

Et pour répondre à la question initiale d'Isadora, je pense que ça peut fonctionner lorsque le "mono" est "polyacceptant". Mais bon, pour moi un "polyacceptant", c'est quelqu'un qui conçoit les relations plurielles pour son partenaire, et j'estime que c'est une condition suffisante pour être "polyamoureux". Donc, pour moi c'est la même chose.

J'appelle "mono" quelqu'un qui non seulement ne souhaitera entretenir qu'une seule relation sentimentale, mais qui de plus souhaitera que son partenaire fasse de même.

En résumé, pour moi un mono polyacceptant est en fait un poly. Mais on n'a pas tous la même définition... ;)

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Green-Man-Outside

le jeudi 30 janvier 2014 à 02h33

homme_partit
J'ai du mal avec cette affirmation, car le ressenti d'une personne dépend d'une situation subit dont elle n'est pas responsable.

L'affirmation est en effet un peu radicale, et j'ai moi aussi du mal avec... cependant elle est loin d'être fausse.

Pense à toutes les fois où tu as vécu la même situation (genre, une longue file d'attente en faisant tes courses, avec la petite vieille qui va à 2 à l'heure et le caissier qui - c'est bien le moment - doit changer le rouleau) : je parie qu'il y a des jours où tu étais sur un petit nuage et tu t'en battais les gonades, je parie qu'il y a des jours où ça t'énervais et tu t'impatientais grave.

Je me trompe ? ;-)

La différence entre les deux cas, c'était ton état d'esprit. Peut-être même as-tu tranquillement patienté dix minutes parfois et dans d'autres cas t'es-tu énervé au bout de deux.

Je ne dis pas que ça marche pour les cas extrêmes (viols, agressions, maladies, séparations, manipulations) mais certains le disent et ils me paraît intéressant d'avoir cette perspective à l'esprit - même si on ne la partage pas.

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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