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Le polyamour vu de l'extérieur

Culture
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(compte clôturé)

le dimanche 19 janvier 2014 à 18h18

J'ai lu cet article sur le blog de Brigitte Lahaie et le trouve intéressant, car il montre que l'idée d'amours plurielles fait doucement son chemin, les deux psys qui le commentent sont extrêmement nuancés et bienveillants, tout en précisant- avec raison- que c'est une voie au moins aussi difficile que le couple monogame. Bref, on est loin du voyeurisme encore en vogue il y a peu, idem pour les deux com' de lecteurs.
www.brigittelahaie.fr/m/blog/view/le-polyamour-sol...

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(compte clôturé)

le dimanche 19 janvier 2014 à 18h54

merci aimerplusieurshommes pour ce lien intéressant.

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Vaniel

le mardi 21 janvier 2014 à 14h43

Brigitte Lahaie
[Le polyamour] devrait pouvoir être une solution viable pour tous mais pour cela, il faudrait que nous soyons tous matures. Ce qui bien sûr est loin d’être le cas. Le plus grand obstacle à l’harmonie relationnelle, c’est bien sûr notre immaturité. Mais rien ne nous empêche d’essayer de grandir au fil du temps !
Alors, sans vouloir devenir un couple polyamoureux, chacun devrait déjà apprendre à se respecter, à respecter l’autre dans ses envies de s’ouvrir à d’autres rencontres [...]

(+)

Elle touche là à quelque chose d'important. On dit souvent sur ce site et dans les cafés poly que le polyamour n'ouvre pas à des modes relationnels supérieurs à la monogamie. J'ai l'impression que c'est très simplificateur et "politiquement correct" de l’énoncer ainsi. Peut-être peut-on nuancer cette formulation ? On connaît les dangers de l'énonciation de la supériorité d'un modèle sur un autre. Mais, justement, il me semble que le polyamour n'est pas un modèle. Et la monogamie, est-ce un modèle ? Pas complètement mais on s'en rapproche, c'est quelque chose de plus normé (enfin, il y a plusieurs manières d'utiliser le mot "monogamie" ; voir une récente discussion sur facebook sur le groupe polyamour ou sur le mur de l'un des membres du groupe, j'ai oublié). Monogamie ne rime bien sûr pas avec immaturité et il existe des couples monogames plus matures que certains polyamoureux. Cependant, le polyamour me paraît plus apte à stimuler certaines formes de maturité pour s'approcher de ce que B. Lahaie appelle une "harmonie relationnelle". Le polyamour ne serait donc pas supérieur mais plus efficient pour atteindre "l'harmonie relationnelle".
Ce que j'aime dans le passage que j'ai cité, c'est cette idée de l'utilisation du polyamour comme outil de réflexion pouvant être utilisé par des personnes choisissant les relations monogames pour rendre les dynamiques relationnelles internes et externes à leur couple plus agréables pour tous.

Bon, tout ça mériterait d'être discuté plus finement, peut-être dans une discussion spécifique. Considérez ce que j'ai écrit ci-dessus davantage comme une ébauche de réflexion, des hypothèses, que des certitudes. Pour l'instant, j'y vois juste un peu plus clair.

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(compte clôturé)

le mardi 21 janvier 2014 à 14h57

Yves Alexandre Thalmann parle de cela (sauf erreur de ma part, je lis tellement) dans son ouvrage "les dix plus gros mensonges de l'amour et de la vie de couple" à moins que ce ne soit dans "garder intact le plaisir d'être ensemble".

Car oui, l'harmonie relationnelle peut être et perdurer au sein du couple, ainsi que l'harmonie sexuelle. Le tout étant d'évoluer ensemble dans une même volonté positive. Ce qui ne veut pas dire que l'on ne peut pas évoluer aussi en dehors du couple et si en plus on peut faire profiter l'autre de son évolution personnelle, c'est encore mieux.

A prendre aussi pour ce que c'est : ma vision des choses.

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Siestacorta

le mardi 21 janvier 2014 à 15h04

Je me demande si c'est pas comme pratique non-institutionnelle autant que comme pratique à plusieurs intervenants que le polyamour favoriserait la maturité affective.

MAIS, dans une société où il serait la norme , peut-être que finalement on se retrouverait avec des manifestations d'égoïsme différentes, comparables à celles qu'on rencontre dans les rapports familiaux...

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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Katouchka

le mardi 21 janvier 2014 à 15h10

Vaniel,

Je pense que ni la monogamie, ni le polyamour ne peuvent être taxés de modèle à moins de servir de base à une norme. Ce qui est le cas dans notre société occidentale pour la monogamie.
Le problème n'est donc pas à mon sens la monogamie ou le polyamour mais la norme!

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(compte clôturé)

le mardi 21 janvier 2014 à 16h04

Je renvoi ici à la vidéo "nos amis terriens" (je ne sais pas comment la trouver sur le net) mais ceux à qui je l'ai transmise comprendront. L'humain, restera toujours ce qu'il est, quelque soit la norme. De toute façon, c'est utopiste de vouloir changer quoi que ce soit dans son ensemble. C'est par contre réaliste d'évoluer soit dans ce qui nous parait meilleur. Je ne crois pas qu'il y ait un schéma meilleur qu'un autre, seulement vivre individuellement tel que l'on est et ceux qui ont cherché à se connaitre vraiment -et non tel qu'autrui désire que l'on soit- savent que c'est avant tout une affaire individuelle et personnelle. Sauf que voilà, nous vivons en société et celle-ci ne nous reconnais qu'en nous mettant dans un ensemble.

Je renvoi aussi à l'étude d'un étudiant de sce po de Grenoble dont j'ai déjà parlé. Il y explique tellement bien ce que je pense : le polyamour ne doit pas être une norme. Le polyamour, enfin la polyaffectivité dans mon cas, doit être avant tout affaire individuelle car mon ressenti et mon évolution affective ne concerne que moi. Après j'ai la maturité (je l'espère en tout cas) de vouloir le bien être des personnes qui sont à l'origine de mes sentiments, de toutes ces personnes. Après je suis humaine, donc imparfaite.

En résumé, je vis sans norme et je m'adapte à la société dans laquelle j'évolue, y compris parmi des personnes importantes pour moi et pour qui les normes sont concrètes. Aussi ces personnes ne sont pas moi, elles sont donc différentes de moi et différentes les unes des autres. C'est là que j'apprends, de chacune.

D'autre part, je crois qu'en amour (je parle de liens affectifs, pas de sexe), entretenir une relation est compliqué -reprendre ici d'autres post explicatifs- alors en entretenir plusieurs simultanément... Par contre, je m'enrichis plus en quantité et donc plus en qualité.

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PolyEric

le mardi 21 janvier 2014 à 16h49

Vaniel
On dit souvent sur ce site et dans les cafés poly que le polyamour n'ouvre pas à des modes relationnels supérieurs à la monogamie. J'ai l'impression que c'est très simplificateur et "politiquement correct" de l’énoncer ainsi.

Au début j'avais effectivement l'impression que c'était pour ne pas trop heurter. En effet, lorsqu'on lance une discussion en présentant le polyamour comme le remplaçant du mono amour, il y a une levée de bouclier unanime et immédiate chez les monos, et même une levée de bouclier majoritaire chez les polys. Donc il n'y avait aucun d'avenir à présenter les choses comme ça.

Par contre, il y avait un avenir à couper les opposants en deux camps. Le premier camp des vilains monos qui voulaient imposer leur norme, qu'il fallait combattre et sur lesquels on pouvait se défouler vu qu'ils ne se gênaient pas eux-même, et de l'autre, les monos ouverts avec qui il n'y avait pas de problème. C'est un peu diviser et isoler les faibles pour régner.

Brigitte Lahaie n'a pas ce problème car elle procède autrement. Notez qu'elle peut se permettre de faire croire qu'elle guide tous les monos vers le polyamour sans générer de lever de bouclier. Pourquoi ? Parce que tous les monos ne l'écoute pas, seulement ceux qui boivent la parole d'une ancienne pro du sexe. Il ne s'agit donc pas vraiment de tous les monos, mais seulement de ceux qui veulent bien croire, que tous les monos font comme eux, à savoir : l'écouter.

En vérité, le tri est déjà fait parmi ses auditeurs, vu son cursus. Il n'y a donc quasiment aucun risque qu'elle soit considérée totalitariste. Ce qui ne l'empêche pas d'avoir une portée énorme, et c'est là toute la subtilité. Les auditeurs supposent qu'elle parle à ses fans, c'est à dire "pas à eux", qui ne sont que simple auditeur de passage, pour voir sans rien payer.

Les auditeurs l'écoutent en interprètent son message comme s'adressant aux autres (= les obsédés par exemple), mais bien entendu pas à eux.

Cette façon d'attaquer le monde des monos est digne d'une spécialiste de la pénétration de la chose sexuelle chez les coincés du cul, une spécialité qu'elle a développée pendant toute sa carrière, une compétence que nous n'avons pas, ce qui explique pourquoi nous ne pouvons faire pareil.

Nous rêvons par exemple que nos idées passent au journal de 20h, une grave erreur stratégique. La même Brigitte Lahaie aurait bien du mal a dire la même chose au journal de 20h. Elle apparaîtrait alors totalitariste puisque ce journal est supposé s'adresser à tout le monde et non à ceux qui aiment une ancienne pro du sexe. Elle loge le polyamour dans la tête de ceux qui pensent qu'ils échappent à sa parole, parce que cachés derrière leur poste de radio. Si nous vouions suivre une stratégie qui s'inspire de la sienne, nous devrions créer "radio poly", et installer un présentateur ultra poly, pour que les auditeurs puissent écouter avec ferveur, tout en pensant que ce n'est pas pour eux.

Cela dit, je pense qu'elle se trompe, non pas au niveau de sa stratégie, mais au niveau de l'angle d'approche du polyamour. Seuls les polys refoulés ont intérêt à croire que le polyamour est l'avenir pour tous, car ils se sentent ainsi moins isolés, et ils vont franchir le pas en pensant qu'ils seront suivis par tout le monde. En vérité, il existe de vrais monos, qui ne sont pas des polys refoulés, et qui jouissent fortement de l'exclusivité, et qui ne seront jamais, mais alors jamais polys.

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bouquetfleuri

le mercredi 22 janvier 2014 à 08h48

Vaniel
On dit souvent sur ce site et dans les cafés poly que le polyamour n'ouvre pas à des modes relationnels supérieurs à la monogamie. J'ai l'impression que c'est très simplificateur et "politiquement correct" de l’énoncer ainsi

Comme dit Katia, s’il y a problème, il vient plutôt de l’existence d’une norme (et même pas de la norme en elle-même) mais ni de ce que l’on désigne par mono-amour ou poly-amour.

Dire que le poly-amour n’ouvre pas à des modes relationnels supérieurs est peut-être tout simplement la réduction claire de la frontière infranchissable que tous ceux qui réfléchissent à l’humain et son bagage relationnel s’imposent quand ils parlent des autres. Quand on parle des mono-amoureux ou des poly-amoureux, on parle d’un mono-amoureux ou d’un poly-amoureux, c’est-à-dire d’un sujet qui est confronté à lui-même et personne n'a le droit d' intervenir dans ce qui se passe entre un être et lui-même, en terme d’évaluation ou de jugement, sauf à être un gourou ou un guide, ou un sachant, positionné supérieurement, ce que personne ne revendique ici, heureusement.

Le poly-amoureux, parce qu’il est obligé de déconstruire quelque chose qui lui est extérieur (ce fameux rapport social organisé) a des appétences ou des conduites de libération de son individu facilement identifiables et reconnaissables par d’autres poly-amoureux, mais cela ne lui permet pas de dire qu’un mono-amoureux n’a pas les mêmes conduites d’individuation, même si elles ne prennent pas racine sur la déconstruction de la relation sociale ou amoureuse.
Or c’est bien le travail que chacun fait sur soi qui qualifie le mode relationnel.

Par conséquent, si je dis que le poly-amour n’ouvre pas à des modes relationnels supérieurs à la monogamie, ce n’est pas politiquement correct, c’est seulement une manière honnête de dire que je ne peux pas le savoir et qu’il y a des choses qui ne sont ni vérifiables, ni dicibles et qu’elles n’ont pas à l’être.

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Vaniel

le mercredi 22 janvier 2014 à 09h02

@ Eric_50 : Intéressante ton analyse de la réception.

@ bouquetfleuri : Je m'attendais plus ou moins à ce que tu écrives une réponse comme celle-ci. Je suis globalement d'accord avec toi ; tu as clarifié des idées qui étaient un peu embrouillées pour moi. En fait, débattre de cette question est, en partie, un piège, dans le sens où elle ne devrait pas être posée ou pas dans ces termes. Encore faut-il l'avoir posée pour s'en rendre compte :-).

Je garde l'idée de la dynamique de déconstruction du polyamour comme potentiel outil transférable, avec adaptations, en dehors du cercle poly.

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