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Anarchie relationelle, codépendance et BDSM

Témoignage
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JulienPoly

le mercredi 04 décembre 2013 à 07h04

Bonjour tout le monde et merci à tous d'exister et pour toutes vos contributions manifestées par et à travers ce site et les rendez-vous et débats qu'on y organise (+)

Depuis un peu plus d'un an que j'ai commencé à aller à des événements polys d'abord à Avignon puis à Paris, j'ai enfin la sensation de ne plus être un cas isolé dans le monde. OkCupid aide aussi à trouver les aiguilles polyamoureuses dans la botte de foin monogame ;)

Une fois n'est pas coutume je viens partager mon expérience personnelle, mes difficultées et mes joies dans ce fil qui me servira de journal public. J'aimerais ainsi prendre du recul sur ce que je vis, éventuellement grâce à vos réactions.

Petit contexte biographique et historique pour commencer: Si je me sens heureux "childfree" et décidé à le rester, bisexuel, puis pansexuel seulement depuis quelques années (je ne parlerai dans ce fil que de mes relations amoureuses hétérosexuelles, pour simplifier un post déjà bien indigeste, les autres relations n'étant à mon sens pas directement dans la thématique de cette discussion, mais je peux en parler si on me le demande), je me suis toujours senti polyamoureux. Si bien que dès le début du collège j'avais une pensée clairement formulée sur ma façon de percevoir l'amour et la non exclusivité, même si je ne connaissais pas encore le mot "polyamour" en lui même. Cela venait d'un ressenti, d'une réflexion et d'observation des dynamiques amoureuses dès mon enfance.

J'ai un souvenir clair datant de la maternelle, d'être à un goûté chez "mon amoureuse": Séverine. Notre petit goupe d'amis était constitué de 3 ou 4 "couples" et nous nous étions mis à jouer naturellement et joyeusement à un jeu où toutes les filles embrassaient sur la bouche chacun des garçons qui glissaient tour à tour d'un tobogant et vice versa, jusqu'à ce que le père de Séverine, "mon amoureuse", nous voit faire et se mette en colère et mette immédiatement fin au goûté en nous congédiant chacun chez nous.

Petite digression sans lien direct, qui n'est cependant pas dénuée d'importance: plus tard mes parents ont décidé que je devrais aller à la ville, Bordeaux; pour l'entrée au primaire, car ils étaient contre la méthode globale pour apprendre à lire et à écrire. Je me souviens que c'était un déchirement pour moi, et j'ai de fait perdu cette amoureuse et tous mes amis qui étaient eux restés à l'école du village, Listrac-Médoc. Une fois à Bordeaux, je n'ai plus été en "relation amoureuse" jusqu'à ce que je passe le bac et sois accepté en classe préparatoire Math-Physique. Pendant ce temps j'étais secrètement amoureux, généralement de plusieurs filles. Notamment, en CE1, d'une fille, Anne-Sophie qui était à mes yeux très belle et en plus "la 1ère de la classe". Je crois que le changement d'école a cassé quelque chose dans ma manière d'intéragir avec les autres et notament avec les filles. De plus, j'ai dû vivre le choix de mes parents comme signifiant que mes études, mon travail, "ma réussite" sont plus importantes que les interactions sociales, amicales et amoureuses. En effet à partir du CE1 je me suis absorbé dans cette réussite scolaire, notament les sciences, en partant par les mathématiques. Il me semble que c'est vaguement une espèce de sublimation de cet amour non exprimé pour Anne-Sophie, cette "1ère de la classe". C'est donc en observant les autres que j'ai continué à percevoir et à penser l'amour pendant ce temps. A le fantasmer également.

Pendant le collège, j'avais à certain moment un regard assez dur sur les relations amoureuses de mes camarades, que je trouvaient puériles et non abouties car de courte durée et peu sexualisées. Tout au plus des pertes de temps et d'énergie, des freins à la réussite. Le "jeu" n'en semblait pas valoir la chandelle. Pourtant à y réfléchir maintenant je crois que c'est là que j'ai creusé un sérieux déficit dans le jeu de la séduction hétéronormative et des échanges sociaux superficiels en général (small talk). Deux domaines où je suis particulièrement mal à l'aise alors que je suis comme un poisson dans l'eau quand il s'agit de discussion profondes, intellectuelles, ou d'intimité physique, psychologique, émotionelle ou spirituelle. Mal aise probablement vecteur d'une certaine forme d'"anorexie sociale" (concept issu de la litérature sur la dépendance affective et sexuelle).

Après le bac, et jusqu'à maintenant, j'ai été principalement dans 5 relations, respectivement de 1, 3, 3, 6 et plus de 2 ans (cette relation est toujours d'actualité). Les deux dernières relations se chevauchant sur 1 an. Dans un soucis de simplification, j'ai volontairement tu les relations de moins d'un an ou très épisodiques ou aérées dans le temps. Dans chacune de ces relations j'exprimais ma vision de l'amour et la réaction de l'aimée étaient souvent de l'incompréhension ou du rejet. Et dans les faits elles exerçaient toutes la liberté de non exclusivité au moins sexuelle pendant, soit qu'elle rejetaient cette manière de voir l'amour, soit qu'elles l'acceptaient dans un premier temps mais qu'elles le refusaient pour moi, une fois que je rencontrais quelqu'un d'autre. C'est ce qui s'est passé à l'issue de l'année 2011-2012 (je parle d'année scolaire car j'ai arrêté de travailler pour suivre un Master 2 de physique théorique cette année là - depuis je n'ai pas validé le Master et je n'ai pas repris d'emplois, j'essaye de travailler en freelance mais ça ne donne pas grand chose pour l'instant). Celle avec qui j'étais pendant 6 ans et qui est maintenant la dernière ex a fini par rompre avec moi car j'ai refusé son ultimatum de rompre avec la nouvelle amoureuse, Eva, avec qui je suis encore en relation amoureuse. Pendant 6 ans, elle avait pourtant exercé sa liberté, sexuellement et aussi amoureusement. J'avais même rencontré plusieurs de ses amoureux platoniquement et toujours joyeusement (je suis très compersif) et même libertinement. Ca s'est toujours très bien passé. J'ai même consolé une ou deux fois un de ses amoureux avec qui elle était en froid.

Quand j'ai rencontré Eva, elle était très intéressée par l'idée de polyamour. Mais Eva et l'ex se sont comporté de manière très territoriale avec moi, considérant l'une et l'autre comme des rivales bien plus que des amies.

C'est toujours le cas d'Eva et elle se rend compte récemment que cette perception quelque peu paranoiaque des autres partenaires amoureux que je fréquente lui vient de sa dépendance affective. Elle suit depuis 2 mois les programmes en 12 étapes des codépendants anonymes et des dépendant affectifs et sexuels anonymes (sex and love addicts anonymous). Elle se rend compte que c'est quelque chose dont elle a toujours souffert, et qui l'amenait même dans ses relations passées à avoir des comportements abusifs et de perdre tout intérêt pour une relation une fois qu'elle avait obtenue tout ce qu'elle voulait, principalement au niveau affectif dans son cas. Je m'intérroge moi même sur une certaine dépendance sexuelle. Notament dans le fait d'être souvent forcé par son comportement de renoncer à fréquenter les nouveaux partenaires que je rencontre pour préserver la relation que j'ai avec elle.

Nous nous entendons rationellement sur le polyamour. Elle fréquente amoureusement d'autres personnes sans que je lui impose de contrainte. Je m'indentifie dans l'anarchie relationelle, mais pas elle et dans les faits je ne peux contester que notre relation a un caractère "principal". Ce qui la fait paniquer ce n'est pas la perte d'exclusivité sexuelle, mais la perte d'exclusivité affective.

Depuis qu'elle s'est intéréssée à sa dépendance affective, j'ai décidé de ne plus chercher à contrer son émotion et son comportement. Nous avons même formalisé les limitations de cette codépendance dans un double jeu 24/7 (sauf pendant le travail) simultané BDSM (Bondage: jeu de contôle physique, Discipline: jeu de contrôle psychologique et comportemental, Domination/Soumission: jeu de pouvoir, Sadisme/Masochisme: jeu de souffrances physiques ou psychologiques).

A - jeu principalement asexuel: Eva est "Supreme Commander" (référence au film "The Dictator", j'aurais aussi pû dire "Tatrix" pour coller à "Kajira of Gor"). Elle me contrôle. Je dois notament répondre à tous ses appels téléphoniques et sms. Je dois la tenir au courant de tous mes contacts avec d'autres partenaires éventuels, interrompre ou même annuler mes rencontres si elle le souhaite voire même faire un break pour une durée indéterminée avec n'importe quel autre partenaire si elle le veut. C'est ce qui crée le plus de souffrance pour moi et auquel j'ai le plus de difficulté à me soumettre. Elle ne peut pas me demander de rompre définitivement avec quelqu'un. Elle peut également me forcer à certains actes sexuels ou me fesser, giffler, battre, mais ce n'est pas la dimention la plus douloureuse pour moi.

B - jeu principalement sexuel: Eva est ma kajira. Ce mot désigne une sorte d'esclave sexuelle dans une série de romans dont fait partie "kajira of Gor", le terme est utilisé dans le milieu BDSM. Mieux que soumise, une kajira est obéissante et démontre sa valeur par ses talents, sa volonté de plaire, de faire plaisir et de divertir. Je suis son maître, je la possède, notament son corps est à moi. Je peux utiliser ma kajira quand je veux, où je veux, par où je veux, comme je veux et avec qui je veux. Je peux contrôler certains aspects liés à son corps, notament ce qu'elle ingère, ou son aparence, la fesser, giffler, battre. Je ne peux pas la marquer, la tatouer, la faire saigner, la couper ou engendrer toute modification corporelle irréversible. Et toutes les pratiques sexuelles avec d'autres sont strictement protégées.

Je perçois théoriquement l'anarchie relationelle comme étant un idéal relationnel que la codépendance et d'autres limitations empêchent de vivre complètement mais peuvent devenir un jeu à dans un cadre BDSM. Les deux sont en effet à mon sens très complémentaires: dans l'anarchie relationelle et l'indépendance, il y a cette recherche de respect, de liberté et d'égalité du moins d'absence de hierarchie y compris dans le rôle des genres, ou plutôt son absence. Dans le BDSM au contraire on joue pour exprimer des rapports de pouvoir et de contraintes dans des rôles très différenciés. Je comprends ces deux choses un peu comme main droite et main gauche, magie blanche et magie noire des dynamiques relationelles, ou pour les fans de Star Wars, côté clair et côté obscur de la force des relations humaines. Une exploration simultanée des deux côtés permet une plus grande maîtrise et compréhension des relations.

Concrètement la formalisation des limites dues à la codépendance et sa démarche pour devenir abstinente de son addiction affective changent beaucoup la dynamique de notre relation et l'interaction que j'ai avec d'autres partenaires potentiels. Avant ce jeu, les limitations n'étaient pas clairement exposées au sein de ce couple avec Eva, et aux autres. Ce qui générait beaucoup de mauvaises surprises et de situations émotionellement difficiles pour tout le monde , de grosses prises de têtes interminables et beaucoup de désespoir. Avec ce jeu, je peux exposer clairement les limitations auquelles d'autres partenaires peuvent s'attendre et les potentiels avantages (Eva est ma kajira, je peux l'utiliser avec qui je veux si ça intéresse une partenaire qui voudrait se "venger" ou simplement jouer).

Le jeu asexuel où Eva est le "Supreme Commander" est comme un boutton de secour qu'elle peut activer à tout moment, dès que la peur la gagne. Mais elle travaille justement à devenir moins dépendante affective et donc à ne pas avoir ce genre de comportement. Sur Paris de janvier à juin 2013 j'avais commencé à fréquenter 3 autres partenaires dont 2 de manière plus régulière, l'autre ayant ressenti dès le début qu'Eva avait encore trop de choses à clarifier pour que ça se passe bien. Parmis ces 2 partenaires, une relation s'est rapidement désexualisée mais est restée très affectueuse. Une autre est assez dégenrée et asymétrique dans le désir notament physique, elle ayant plus de désir que moi de passer du temps ensemble et de partager une intimité sexuelle. Eva ressentant plus la jalousie que la compersion, s'est comporté avec chacune de manière plus ou moins agressive à un moment ou un autre, notament face à des signes d'affection.

Celle qui a ressenti dès le début qu'elle ferait mieux de ne pas trop s'investir avec moi a le mieux compris l'attitude d'Eva et n'a pas eu une attitude de défense agressive mais au contraire la bonne attitude compréhensive. Les deux autres ayant plus ou moins violement contre attaqué et par la suite refusé tout contact avec Eva, créant ainsi une situation très cloisonnée qui est encore plus anxiogène pour Eva, et pas vraiment ce qui me plait le plus pour moi même. Je comprends biensûr la réaction de contre attaque de ces personnes, moi même étant souvent dans cette attitude avec Eva quand je me sens trop menacé, mais à vrai dire si les réactions d'Eva dénotent une certaine immaturité émotionelle et relationelle, la contre attaque démontre également une certaine immaturité émotionelle et relationelle, je parle tout du moins pour moi-même. En parallèle j'avais rencontré une Canadienne Julia avec qui nous avions fonctionnés en triade pendant quelques jours/semaines. Pendant ces jours, Julia plus jeune que nous faisait preuve de beaucoup plus de maturité émotionelle et relationelle, réussissant toujours à apaiser Eva et moi même dans nos conflits. Ses études et son travail dans le domaine psycho-social sont sûrement pour quelque chose dans son aisance relationelle. Nous avons gardé contact après son départ et elle est récemment revenu passer des vacances en Europe. Une série de mauvaise organisation de la part de Julia puis d'angoisse de la part d'Eva et enfin d'immaturité émotionelle et relationnelle de ma part (contre attaque sur l'angoisse d'Eva) ont fait que Julia et Eva se sont vues mais que je n'ai pas vu Julia, ou plus exactement que j'ai refusé de voir Julia sous les conditions qu'Eva imposait mais que Julia acceptait. Je me rends compte maintenant que si nous avions ce jeu, le problème ne se serait pas posé sous cet angle et Julia, Eva et moi nous serions très probablement vus ensemble et séparément dans des conditions finalement satisfaisantes pour chacun de nous et malgrès les problèmes d'organisation du début.

De retour à Paris cet hiver, Eva en tant que "Supreme Commander" m'a imposé de faire un break avec la seule femme avec qui j'avais une relation sexualisée. J'utilise ma kajira avec des couples échangistes presque hebdomadairement. J'exécute les ordres de la "Supreme Commander" immédiatement. Aujourd'hui par exemple je lui ai demandé sa permission de contacter Julia avec qui je n'ai pas eu de contact depuis plus d'un mois. Sa première réaction a été de me dire qu'elle ne m'autorisait pas à la contacter car elle avait essayé de la contacter plusieurs fois ces derniers jours sans réponse de Julia. Je lui ai dit que sa réponsse me faisait mal, et que je n'avait même pas eu l'occasion de bien expliquer notre jeu BDSM à Julia. Je lui ai assuré cependant que je respecterai son ordre et que je ne contacterai pas Julia. Quelques minutes ou heures après elle m'a finalement autorisé à envoyer un mail à Julia. Je ne comptais pas faire autre chose, donc je suis satisfait. Sans ce jeu, j'aurais contre attaqué et ça aurait finit en drame et prise de tête interminable pour finalement n'avoir que des mauvaises nouvelles à raconter à Julia. Avec ce jeu, je peux de plus transformer l'energie négative de la réponse initialement désagréable en énergie positive par le jeu sexuel.

Tout dernièrement, une américaine polyamoureuse et libertine dans l'âme mais sans expérience (que l'on nomera K) avec qui nous avions simpatisés et pour qui nous ressentions, Eva et moi, une forte attirance vient de rompre avec son copain plutôt monogame qui ne lui laissait aucune liberté. Eva a eu l'occasion de la rencontrer plusieurs fois avant cela, plus souvent que moi. Nous avions avant cette rupture discuté (entre autres sujets) ouvertement de polyamour avec elle y compris de nos problèmes, également de libertinage et BDSM, et dernièrement du double jeu BDSM et elle semblait très intéréssée. Sous mes directives, nous l'avons invitée juste après sa séparation et elle nous a affirmé vouloir profiter de sa nouvelle liberté pour jouer avec nous. Nous avons alors joué un jeu de "mise en scène", où Eva avait un rôle de "metteuse en scène" donnant des ordres aux "acteurs" que K et moi jouions tout en participant. C'est un jeu qu'Eva en tant que kajira et moi avions mis préalablement en place en prenant en compte les éléments que K m'avait préalablement communiqué sur ses préférences (soumission, passivité, exhibitionisme) lors d'une discussion informelle et les désirs d'Eva (contrôle, voyeurisme et candaulisme après que la démarche de séduction/consentement au jeu soit réalisée). Dans ce jeu sexuel, Eva a vu son besoin de contrôle totalement comblé, K a vu son désir de soumission, de passivité dans la séduction et de jeu également très satisfait (exhibitionisme moins satisfait vu qu'on a fermé les rideaux de la baie vitrée ;) ) et j'ai moi même adoré exercer les directions d'Eva, étant relativement passif dans la séduction pour un homme. A ma grande surprise, les directions d'Eva se sont révélées d'une grande sensualité tour à tour pleines de tendresses et de fougue. A ma grande surprise effectivement, car ce sont ces caractéristiques qui lui font habituellement peur dans mes relations avec d'autres. Ce premier jeu tous les trois (Eva et K sont bisexuelles) était très connecté, contrairement aux relations qui étaient devenues très cloisonnées. Nous avons ensuite très tendrement câliné et dormi ensemble.

Je ne sais pas ce que cette relation avec K va devenir, peut-être n'ira-t-elle pas beaucoup plus loin que du libertinage et du jeu BDSM, mais elle part en tout cas d'une relation amicale et sur des bases très claires, fruits de beaucoup de communication et de réflexion et sous de délicieux auspices. Eva se sent encore plus attirée par K après ce jeu, et en confiance car au contrôle. Quant à moi, j'ai la sensation d'avoir réalisé un rapprochement avec K que j'aimerais amoureux, et qui est de fait en tout cas déjà amico-sexuel, après avoir décidé quand il se produirait si K affirmait son désir et son consentement, tout en ayant involontairement mais délicieusement délégué à Eva tous les détails et les décisions de la partie pour moi anxiogène de "faire le premier pas" physiquement et juste avant laquelle j'ai tendance à rester bloqué. Partie transformé en jeu, et qui a repris, pendant ce temps, à mes yeux sa dimention originale de jeu amusant et non pas de casse tête ou de casse pipe.

Ce double jeu BDSM exhibe clairement une caractéristique: Eva est dépendante affective et toute perte de contrôle sur l'affection que je donne a tendance à lui faire peur et à la faire paniquer. Pour contrôler mon affection et s'assurer que je ne vais pas arrêter de lui en donner, elle s'assure que je suis sexuellement dépendant d'elle. En effet, même si elle ne se fait pas directement avec elle, ma sexualité doit passer par elle plus ou moins directement. Elle joue, à mon sens, sur un manque de confiance de ma part dans la démarche de séduction hétéro-normée active qui me fait tomber facilement dans une certaine dépendance sexuelle.

Nous avions une règle selon laquelle Eva et moi devons nous voir au minimum 3 jours par semaine. Avant sa démarche sur la dépendance affective et ce jeu, c'est Eva qui demandait plus à se voir et qui demandait à ce qu'on passe plus de temps ensemble. Depuis le jeu cette tendance se renverse et c'est moi qui ai tendance à ralonger ces 3 jours. Avant elle me contactait énormément par téléphone et sms, elle me harcelait parfois. Depuis, nos échanges téléphoniques se sont équilibrés, peut-être même que j'initie le contact un peu plus souvent. Avant elle était plus demandeuse de calins et souvent j'étais trop contrarié pour lui donner, depuis mes contrariétés sont moins sérieuses car parties du jeu et transmutées en énergie positive par le jeu sexuel, du coup mon affection est débloquée et je suis en permanence prêt et désireux de câliner, de dormir ensembles. Je ne cherche plus à contacter et voir coûte que coûte d'autres partenaires polyamoureuses et préfère organiser des rencontres libertines en attendant qu'elle le prenne vraiment bien. Si bien qu'Eva a récemment exprimé le désir que je rencontre d'autre partenaires amoureuses de manière à ce qu'elle puisse s'exercer sur l'indépendance affective ou exercer son pouvoir en cas d'échec de sa part d'indépendance affective. Dans tous les cas, construire sa confiance, en elle ou en moi. A part peut-être K bientôt, il n'y a encore personne avec qui j'ai en ce moment l'occasion de le faire étant en break avec une et n'ayant pas de désir de prévoir de rencontrer l'autre et de risquer de la décevoir à cause du nouveau jeu BDSM qu'elle n'aura pas forcément bien compris sans une entrevue préalable en tête à tête.

Je n'ai jamais été aussi peu "combatif" pour que mon caractère polyamoureux soit respecté, je ne me suis jamais résigné à laisser autant de libertés dans les mains de quelqu'un et pourtant je ne me suis que très rarement senti si apaisé et je n'ai jamais ressenti autant le pouvoir de faire ce qui me plait. Est-ce durable, ou une illusion éphémère? Est-ce le seuil de la concorde ou ai-je vendu mon âme au diable?

Eva arrivera-t-elle à encore plus d'indépendance affective? Pourra-t-elle ressentir de la compersion? Que va devenir cette relation avec K? Suis-je finalement plus dépendant sexuel que polyamoureux, ou est-ce comme je le crois le fait d'être contrarié dans ma nature polyamoureuse qui me pousse dans une certaine forme de dépendance sexuelle? Je vis à différents endroits dans le monde. Comment ça va se passer quand Eva et moi seront séparés par de longues distances pendant plusieurs semaines ou mois?

Ou encore: C'est grave docteur? Au secours, qu'est-ce que je dois faire? Y'a-t-il quelqu'un sur ce forum pour résoudre tous mes problèmes existentiels et trouver la solution à la fin dans le monde? A quand la faim du monde?

La réponse à toutes ces questions, biensûr, est 42 ;)

La suite au prochain numéro si vous me permettez ce genre de pavé nombriliste.

Et pour ceux et celles qui se sont trouvés le courage de lire jusqu'ici, je vous remercie pour votre attention et tout commentaire, troll, remarque, question, idée, indignation, suggestion, insulte ou conseil que vous voudriez poster dans ce fil de discussion :)

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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(compte clôturé)

le mercredi 04 décembre 2013 à 13h25

En tant que anarchique relationnel "pur et dur", mon besoin de liberté est assez incompatible avec quelconque engagement 24/7 (y compris celui connu sous le nom de mariage). Pour moi, même la relation avec une personne dans un engagement 24/7 est presque impossible.

Comment fais-tu pour concilier les deux?

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Apsophos

le mercredi 04 décembre 2013 à 13h52

Si j'étais en position de le faire, je t'embaucherais.

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Siestacorta

le mercredi 04 décembre 2013 à 14h34

JulienPoly

Je n'ai jamais été aussi peu "combatif" pour que mon caractère polyamoureux soit respecté, je ne me suis jamais résigné à laisser autant de libertés dans les mains de quelqu'un et pourtant je ne me suis que très rarement senti si apaisé et je n'ai jamais ressenti autant le pouvoir de faire ce qui me plait. Est-ce durable, ou une illusion éphémère ? Est-ce le seuil de la concorde ou ai-je vendu mon âme au diable ?

Je crois que tu as trouvé un espace de dialogue.
Plus classiquement, ça aurait pu être fait avec un conseiller conjugal ou en s'engageant sur des règles de conversation on violente.

Whatever works...
Disons que tu as réussi à investir du plaisir dans les contraintes, ce qui est, à un niveau personnel, généralement une bonne façon de régler des problèmes.
Dans un cadre polyamoureux, c'est plus compliqué, tu n'es pas le seul individu à ressentir le cadre auquel tu a trouvé ton adaptation. Tes engagements ont un effet direct sur les partenaires à venir, pas seulement sur ta vie affective et ou sexuelle.

Du coup, le "safe button" du commandeur suprême, je comprend que ça puisse être mal ressenti par un tiers qui s'intéresse à toi : c'est assez absolu pour que quoi que ce soit que tu définisses avec un partenaire, prendre un pot ou passer un w-e ailleurs, c'est susceptible d'être remis en cause. Comment le prendre bien ? Comment vivre avec l'idée qu'un tiers peut décider à notre place que les moments de notre relation vont avoir lieu ou non ?
Que tu gères la jalousie et la dépendance d'Eva, oui, mais impliquer les autres dans ton positionnement et t'attendre à ce qu'ils ne ressentent pas "de l'immaturité émotionnelle", c'est vouloir que tout le monde soit mature à la place d'Eva.
Je vais oser un parallèle caricatural : si Eva était alcoolique et que pour la soigner tu décidais de lui en fournir 10 fois plus que nécessaire (bon la logique du self-control serait encore plus étonnante, certes), tu demanderais donc aux amis qui viennent vous voir d'apporter toujours au moins un peu de vodka et de tolérer de voir Eva ivre, même s'ils ne connaissent pas Eva ; sinon vous voir sera pas possible, parce qu'Eva pourrait être en manque.
Ne pas vouloir être concerné et t'en vouloir d'avoir fait cette proposition ne serait pas forcément une preuve que les gens ne tiennent pas assez à toi.

Par ailleurs, le jeu de "kajira", qui te donne une compensation érotique et semble rééquilibrer les enjeux d'autorité n'intéressera pas forcément tous tes partenaires : ils n'ont pas forcément envie d'un tiers dans leur relations sexuelles avec toi, et même dans ce cas, n'auraient pas forcément de sentiment d'équité à travers ce genre d'arrangement...

Sinon, ce que tu dis, c'est qu'Eva te casse tes plans sex pour être certaine qu'il y ait pas de relation affective ensuite, mais qu'en fait, elle a pas de jalousie sexuelle ? Tu es sûr que tu te fais pas carotter, là?

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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JulienPoly

le mercredi 04 décembre 2013 à 17h02

@Apsophos: Tiens un Bordelais sur la planète poly :) Cool! Je suis à Bordeaux à partir du 17 Décembre si tu veux me faire passer un entretien d'embauche pour le job que tu n'as pas à me proposer ;)

@Marco1003: Comment je concilie les deux? Justement je ne les concilie pas vraiment et de fait je suis bien loin de mon idéal d'anarchie relationnelle. L'écart est justement formalisé dans ce jeu et la fréquence et l'imtemsité de son itilisation.

Je pense que Siestacorda met d'ailleur bien le doigt là où le bas blaisse. C'est vrai que c'est bien ce qui m'inquiète. Car si l'idée initiale est de fournir un filet de sécurité à Eva pour qu'elle sorte de sa zone de confort sereinement et finisse par ne plus ou presque plus utiliser son pouvoir, rien n'indique que c'est ce qui se produira. Dans l'histoire une des autres relations n'est pas en mesure de participer au jeu (et n'y trouveraiy jusqu'à présent aucun intérê)t et donc de lui apporter sa drogue comme tu le dis bien Siestacorda et se retrouve du coup en stand by ce qui est incontestablement une souffrance pour elle et moi.

Eb ce qui concerne mes "plans sexe" comme tu le dis, non je ne crois pas qu'Eva m'en empêche, elle a plutôt twndance à m'encourager dans ce sens là ce qui me pousse encore plus dans un schema de dependant sexuel.

En effet les relations que j'ai commencé à explorer sur Paris sont exclusivement avec des polyamoureuses bien versées dans l'amarchie relationelle, je crois d ailleur que c'est ce qui m'a le.plus séduit chez elles qui ont d'ailleur pris un rôle relativememt actif dans la séduction. Il y est question bien plus de philia affectueuse, d'acceptation et d'encouragement mutuels dans notre nature poly, de câlins et de bisous. Le côté eros physique est en effet pour moi très ténu avec l'une ou devenu inexistamt avec l'autre car la relatiom est devenue asexuelle.

D'autre part elle m'encourage par exemple à rencontrer des personnes monogames dans l'opacité la plus complète par rapport aux relations polyamoureuses que je vis et dan le seul but de "plan sexe". J'ai essayé dans un autre pays où j'étais mais ce jeu de dupes ne m'a vraiment pas plu même si pour le coup j'étais sexuellement très attiré par la personne en question, l'aspec érotique étant alors intense. L'attitude même de cette monoamoureuse qui me semblait d'ailleur cacher le fait de papilloner avec plusieurs incarnait tout ce que je déteste dans la dynamique de monogamie simplement ostentatoire, du déni de non exclusivitée. C'était vraiment avilissant de me retrouver quelques semaines dans cette "relation" basée sur l'hypocrisie et la superficialité.

Il me semble donc que c'est vraiment mes "plans affection & anarchie relationelle" qu'elle casse. Où est-ce la combinaison de toit qu'elle casse? En effet je ne crois pas être interdit de continuer à explorer la relatiom asexuelle. Mais peut-être que je passe à côté de ce dont tu voulais vraiment me mette en garde? Car oui, de manière générale, je sens bien que globalement je me fais toujours carroter: elle maintient le monopole "affectif+sexuel" directement ou imdirectement

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Siestacorta

le mercredi 04 décembre 2013 à 18h33

J'ai surinterprété

Julien
elle s'assure que je suis sexuellement dépendant d'elle.

Du coup si elle panique à l'idée de ta vie affective et si elle s'assure une dépendance sexuelle, elle te laisse que de la liberté conditionnelle, quoi.

Comme je te dis, je comprend la motivation érotique à jouer le jeu, et il y a sûrement un truc dans votre arrangement qui te convient presque malgré tes désirs ; tomber sur une fille qui mette tellement de force à te retenir, ça peut avoir un côté flatteur, et si elle a du caractère, un côté sidérant. Et même si on a une nature indépendance, se laisser porter par la force émotionnelle de l'autre, c'est tentant.

Par contre je comprend pas bien le coup de la confiance dans l'usage de son self control, alors qu'elle travaille sur sa dépendance.
Enfin,si, de ta part de personne aimante, je comprend, essayer d'offrir à l'autre un espace pour se trouver, mais psychologiquement, ce qui fait qu'elle peut changer, c'est quoi ? Qu'est-ce qui différencie ta démarche d'un tirage du loto ? Parce qu'une thérapie, c'est pas magique, ça soigne pas comme on soigne un rhume : quelle partie de sa personnalité garantit qu'elle puisse préférer changer à rester comme ça ?

Julien

Dans l'histoire une des autres relations n'est pas en mesure de participer au jeu (et n'y trouveraiy jusqu'à présent aucun intérê)t et donc de lui apporter sa drogue comme tu le dis bien Siestacorda et se retrouve du coup en stand by ce qui est incontestablement une souffrance pour elle et moi.

Mais c'est pas seulement "être en mesure", c'est que du point de vue de quelqu'un qui, à ta différence, ne se voit pas comme un aide-soignant pour Eva, lui fournir sa dose et la voir vivre son addiction sans contrainte, c'est une contrainte !
Personne ne va l'accepter comme ça, juste parce que ça ressemble vaguement à un beau geste, ce qui est par ailleurs assez discutable.
Je détesterai devoir amener de quoi maintenir le mec d'une copine dans l'alcoolémie, juste pour avoir le droit de voir la fille ! Je veux pas participer à plan aussi louche, et je veux pas qu'on me dise que voir la fille dépend du bon vouloir d'un alcoolo qui risque à tout moment de mettre le dawa dans ma relation.

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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(compte clôturé)

le mercredi 04 décembre 2013 à 18h55

Et là je me pose (et je te pose) quelques autres questions:

Quel est le prix que tu gagnes en jouant à ce jeu? Quel gain tu tires en laissant Eva décider pour toi ce que tu dois faire et ce que tu ne dois pas faire avec tes autres amoureuses? Qu'est-ce le plus important entre ta relation avec Eva (et avec sa dépendance affective) et tes valeurs basés sur l'anarchie relationnelle?

Seras-tu capable de te sentir à l'aise sans elle? Est-ce que tu seras prêt à jouer en solo dans l'arène polyamoureuse?

Et puis je note un point que tu avais dit dans ton introduction à propos de ton dédain pour la séduction hétéronormative et les small talk: as-tu trouvé une alternative? Est-ce que tu es à l'aise sur ce point?

J'ai eu pas mal de soucis aussi avec la séduction héteronormative et le small talk, du coup j'ai créé mon jeu à moi, largement basé sur la culture LGBT. En plus je sais que une histoire d'amour classique (hétéro-mono) est pour moi plus une source de soucis qu'une source de joie, donc toutes mes démarches de séduction visent d'abord à éliminer toutes personnes qui pourraient ménacer ma vision poly

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Profil

JulienPoly

le mercredi 04 décembre 2013 à 20h31

Oui, le jeu formalise bien le fait que je suis en liberté conditionnelle. Je l'ai toujours été dans cette relation sauf qu'avant ce n'était pas explicité. Je l'ai également toujours été dans les relations précédentes, sauf que c'était encore plus hypocrite et à deux vitesses: elles exploraient la liberté qu'elles avaient alors qu'elle trouvaient le fait que je les laisse libre comme étant un preuve que je n'était pas moureux ou alors elle se disaient d'accord sachant que je n'avait de toute façon pas d'opportunité ou ne recherchait pas activement d'autres relations puis finalement m'interdisaient tout ou me largait dès que je commençait une relation sentimentale avec quelqu'un d'autre. Généralement je vis donc cette relation comme un progrès vers un certain idéal d'anarchie relationelle. Mais pour reprendre les propos de mon colloc et vieil ami: "Donc maintenant tu est en couple monogame libertin et BDSM avec Eva.". Dans les faits il a objectivement raison!

La partie sexuelle du jeu se retrouve du coup plus que satisfaisante pour ce qui est de ce que je peux vivre sexuellement en tout cas. J'ai du mal à me projetter par exemple dans le fait de quitter Eva du part parce qu'elle est unique et donc irremplaçable, d'autre part parce que jusqu'à présent je ne connais personne qui serait à la fois polyamoureuse avertie et avec qui j'aurait le désir de passer autant de temps. Au delà de l'aspect sexuel, il y a une foule d'autres aspects affectifs, intellectuel et spirituels sur lequel je m'entends à merveille avec elle. En fait le point quasiement unique de tension se centralise sur ce problème de liberté polyamoureuse et a été clairement formalisé dans le jeu asexuel. Une des vertues de ce jeu est de pouvoir clairement exposer les limites aux nouveaux partenaires potentiels.

Je ne me retrouve pas du tout dans le côté flatteur ou sidérant de la chose par contre, ce n'est pas agréable d'être bridé dans cette liberté, c'est une source de tension et c'est aujourd'hui la seule chose qui pourrait un jour me pousser à devoir rompre un jour avec elle alors que je l'aime. C'est peut-être plus une solution de facilité, une solution pragmatique dans le court terme et qui permet d'amorcer je l'espère une solution de fond pour continuer à construire la relation et discuter de nos limites dans le long terme.

De plus j'ai l'impression qu'il y a plein de gens qui viennent au cafés poly et qui finalement ne gèrent pas beaucoup mieux leur jalousie qu'Eva, en tout cas celles qui m'attirent physiquement. Y'en a plusieurs qui dans les faits fréquentent plusieurs hommes n'ont encore jamais eu à affronter le fait de laisser l'un d'eux fréquenter quelqu'un d'autre et rien n'indique que ça se passerait mieux qu'avec Eva (Pour souligner ça, voici la perception d'un café poly à Paris par Eva et voici ce qui s'y passe pour moi - sauf que là c'est une fille habillée en vert qui parle.). J'étais aussi fort étonné d'apprendre de la bouche d'un copain d'une femme fort engagée sur la question du polyamour qu'il s'était vu interdit par elle de fréquenter son unique autre amoureuse du moment et de faire un break pendant plus de 4 mois alors qu'elle même continuait de fréquenter d'autres hommes depuis bien longtemps... Même si c'est pas formalisé, ça n'en fait pas moins une autre "Supreme Commander" en puissance quoi! (Puissance émanant du pouvoir de séduction? Capital de séduction statistiquement plus élevé chez les femmes dans le cadre hétéronormatif? Pour être passif et recevoir la pénétration avec les hommes masculins dans les rapports homosexuel je sens bien que je suis alors dans un tout autre rapport de forces de séduction, et que la situation est clairement à mon avantage au sens où je pourrais l'utiliser pour acquérir un certain contrôle sur l'autre ou demander des preuves d'affections sous d'autres formes).

Tout le monde a des angoisses à des moments et je me demande si finalement une des vertues de ce jeu n'est pas aussi de me faire progresser sur ma maturité émotionelle et comprendre que des fois si elle m'interdit quelque chose, ce n'est pas qu'elle veut vraiment m'interdire cette chose, mais juste qu'elle panique et a besoin d'être rassurée. Et au lieu que je monte sur mes grands chevaux et défende corps et âmes ma liberté et mes idéaux d'anarchie relationnelle à coups de grands discours rationels, je ferais mieux de communiquer sur un plan émotionel. Ce jeu BDSM est à mon sens à compléter avec des principes de communication non violente, ça ne peut pas faire de mal de se renseigner sur le sujet. (+)

Rien ne garanti qu'elle puisse changer comme ça, en revanche je trouve qu'il y a déjà un gros mieux. Et son assiduité aux groupes de parole et au travail sur elle même me remplit d'espoir. Elle semble profondément intéréssée pour elle même de devenir abstinente. Elle sent que ça lui pourri la vie et ses relations. Pour suivre de loin les programmes je dois dire que c'est un travail de fond qui me semble très intéressant et vrai. Aussi, il me semble qu'on est tous un peu dépendants affectifs et/ou sexuels et/ou anorexique sexuel, affectif ou social et que ce genre de programme est très intéressant à suivre, ne serait-ce que pour se remettre les idées en place. C'est ce qui me laisse présager que ce n'est pas qu'un pur tirage loto.

Autre point, quelques semaines avant ça, je pense que notre relation a touché le fond sur cette tension et qu'elle allait imploser si on ne trouvait pas un terrain de communication. Ca faisait plusieurs mois qu'Eva me faisait découvrir le BDSM auquel je ne connaissait rien du tout il y a de celà un an et à mesure que je découvrait, l'idée d'un cadre où exprimer la violence de notre relation a germés dans mon esprit. Le fait qu'elle commence la démarche d'abstinence sur sa dépendance m'a semblé être le moment opportun, un déclic. Depuis je suis impressionné par l'ampleur positif du rebond de notre relation. J'ai un peu cette impression de nager sur un nuage, c'est peut-être grisant et une inquiétude d'ultérieur retour de manivelle m'a poussé à partager cette expérience avec vous.

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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JulienPoly

le mercredi 04 décembre 2013 à 21h29

Merci pour vos réactions!

Marco1003 tu soulèves de bonnes questions. Nos posts se sont croisés et je pense avoir répondu à certaines questions.

Pour te répondre plus spécifiquement: dans les faits la partie asexuelle était déjà existante, elle a juste été explicitée et formalisée donc je gagne en clarté sur les limites vis à vis des autres relations.

Et maintenant il y a une partie sexuelle à ce jeu qui n'existait pas avant. De la même manière que j'ai préalablement consenti à ce qu'elle me contrôle, même si sur le moment ça peut être une souffrance, elle a préalablement consenti à être en permanence sexuellement consentante, même si sur le moment elle n'en a pas réellement un fort désir. Je suis par exemple le seul à décider de quel couple libertin nous rencontrons, elle n'a pas son mot à dire et elle doit se montrer obéissante et volontaire de faire plaisir. Donc le fait d'expliciter le jeu est pour l'instant directement tout bénef pour moi, c'était une nécéssité pour réiquilibrer la balance sans quoi je pense que la relation aurait implosée. Ca me permet de l'accompagner sereinement dans sa démarche d'abstinence par rapporrt à la dépendance affective. Sans ce jeu je perdrais tout et je ne gagnerais rien.

Ou alors je perdrais la relation et je gagnerais la liberté d'explorer pleinement la relation asexuelle et la relation que je sexualise faiblement, en même temps que je me retrouverais la "proie" d'autres polyamoureuses plus séduisantes à mes yeux que ces dernières, mais pas forcément plus anarchistes relationnelles qu'Eva... Dans le court terme, ici à Paris, ça ne me semble pas du tout gagnant comme situation de me retrouver seul dans l'arène du polyamour. Je pars ensuite en asie du sud est fin janvier pour 4 mois et plus tard en Californie cet été pour 4 mois aussi. J'aimerais continuer par la suite à vivre entre ces 3 endroits.

Entre l'idéal d'anarchie relationnelle et ma relation avec Eva, je n'ai pas envie de choisir ou du moins je dirais que le choix ou l'adaptation se fera plus par elle même si le champs des possibles venait à s'étendre pour moi et que j'ai le sentiment qu'elle abuse de son pouvoir et ne progresse pas réellement dans son abstinance. Peut-être que je suis là en train de répéter un schéma voué à l'échec et que je drevrais activement choisir? En même temps j'ai l'impression que ce nouveau jeu, joue quelque part le rôle de filtre pour des partenaires potentielles: si une personne n'est pas émotionellement, psychologiquement et sexuellement assez flexible pour jouer et trouver un intérêt à ce double jeu, je crains bien de me retrouver encore avec quelqu'un qui cherche un rapport de séduction en sa faveur et va challenger ma liberté tôt ou tard.

Oui, j'étais dans le dédain par rapport au jeu de séduction et au small talk, je ne le suis plus maintenant et je me rend compte de mes lacunes. J'essaye de me bouger sur ce sujet et d'être plus actif mais je progresse doucement sans trop savoir ce que je fais. Bizarement je me sens plus à l'aise, libéré et joueur dans la langue de Shakespeare que dans celle de Molière qui est pourtant ma langue maternelle. Mais en français et notament avec les françaises je perds bizarement plus mes moyens, je me sens plus oppréssé, jugé, regardé de haut, je fais plus attention à ce que je dis et à comment je le dis et ça me bloque. En anglais, je parle comme ça vient, peu importe que ça soit ou pas du charabia, je me sens pardonable: ce n'est pas ma langue maternelle. En écrivant ces quelques mots, je me rends compte qu'il y a peut-être quelque chose qui s'est joué quand je suis passé de mon village à la ville. J'ai déjà dit avoir vécu une certaine brisure dans mon rapport au autres et notament aux filles, qui ne s'inscrivait plus dans le jeu. Ce que je n'ai pas dit c'est que j'avais alors un accent très prononcé de mon village: l'accent médocain comme un accent Bordelais très exagéré, qui était constamment souligné par tout le monde à la ville. J'ai dû vaguement vivre ça comme une forme d'humiliation ou de honte. S'ajoute à ça le fait que c'était à l'entrée dans le primaire où on apprend à lire et écrire et donc à parler correctement et où j'étais constament repris sur ma façon de parler par les adultes et les professeurs. En anglais je me fout de mon accent, il pourrait même être un attout selon certain(e)s. Dans mon esprit je crois que j'ai inconsciement associé le français à une sensation d'opression et l'anglais à une sensation de libération. De la même manière je me sens de moins en moins attiré par ce que je perçois statistiquement de la mentalité des femmes françaises. C'est purement subjectif. Ce serait stupide de dire que toutes les femmes française sont comme ça mais il est vrai que ma perception subjective s'enferme malheureusement de plus en plus dans un cliché qui pourrait être grossièrement décrit dans cet article grotesque sur les parisiennes. Ce n'est heureusement pas le cas des personnes que j'ai rencontrées dans la nébuleuse polyamour!

Par contre ta stratégie me semble bien être la bonne et réveille tout mon intérêt. Peux-tu m'en dire plus?

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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(compte clôturé)

le mercredi 04 décembre 2013 à 22h58

oui, volontiers! et je part de ton vidéo:

Normalement la séduction est: une femme qui offre ses qualités + des hommes qui se battent pour la conquérir. Il y a ceux qui réussissent, il y a ceux qui prennent des râteaux, il y a ceux qui restent confinés au rôle d'amis...

Personnellement j'arrive pas. Devoir démontrer mon amour pour une femme, faire ce que je peux pour être intéressant à ses yeux c'est pas ma tasse de thé.

Si je dois rentrer dans ce jeu, je préfère être moi même l'objet du désir!

Donc je bouge, je sors, je vois du monde, je lance des idées folles, je dis des conneries...bref, je m'amuse, je fais plein de choses intéressantes et je donne envie aux gens d'être avec moi. Et puis je ne cherche rien: s'il y a quelque chose que doit arriver, ça arrive tout seul. Quelques fois c'est l'amour qui arrive, des autre fois c'est le travail (je suis indépendant, donc je cherche souvent des nouveaux clients), des fois c'est une info intéressante, des fois une prise de conscience...

je laisse venir ce qu'arrive et, souvent, ce que arrive est beaucoup!

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Une_autre (invité)

le jeudi 05 décembre 2013 à 01h10

JP :
"Et pour ceux et celles qui se sont trouvés le courage de lire jusqu'ici, je vous remercie pour votre attention et tout commentaire, troll, remarque, question, idée, indignation, suggestion, insulte ou conseil que vous voudriez poster dans ce fil de discussion :)"

Chef, oui chef !
On peut s'indigner ?
Bah suffit de demander hein...

JP :
"Celle qui a ressenti dès le début qu'elle ferait mieux de ne pas trop s'investir avec moi a le mieux compris l'attitude d'Eva et n'a pas eu une attitude de défense agressive mais au contraire la bonne attitude compréhensive. Les deux autres ayant plus ou moins violement contre attaqué et par la suite refusé tout contact avec Eva, créant ainsi une situation très cloisonnée qui est encore plus anxiogène pour Eva"

Merci de ne pas avancer de fausses affirmations.
Accepter à plusieurs reprises (!!!) de donner sa chance à Eva alors qu'elle se comporte de manière détestable ET extrêmement douloureuse pour les autres, qu'elle fait des promesses et systématiquement n'en tient aucune, ne plus lui donner sa chance pendant un temps (limité !) parce qu'elle a épuisé toute l'énergie de la personne en face, ce n'est PAS "contre-attaquer violemment" (même avec la précision "plus ou moins"). Ce n'est même pas "contre-attaquer", c'est se protéger d'une situation destructrice et hyper violente !

Et bien sûr, la situation où Eva contrôle tout, c'est pas du tout anxiogène pour les autres, non non, ça les fait pas souffrir et c'est normal et sain...!!!

D'autre part, ajouter plus loin cela :

"si une personne n'est pas émotionellement, psychologiquement et sexuellement assez flexible pour jouer"

...c'est dévaloriser quelque part des personnes qui ont fait des efforts énormes (et douloureux) pour au final se retrouver complètement méprisées par Eva, et par ricochet aujourd'hui également par toi, vu que tu lui obéis.

JP :
"Mais pour reprendre les propos de mon colloc et vieil ami : "Donc maintenant tu est en couple monogame
libertin et BDSM avec Eva.". Dans les faits il a objectivement raison !"

Il a totalement raison, à 200%, et il n'est pas le seul à l'avoir compris. Tu as fait le choix d'une situation d'exclusivité, c'est très clair et indéniable.

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Siestacorta

le jeudi 05 décembre 2013 à 10h45

Bon ben j'espère que la partie description personnelle de la situation empêchera pas la réflexion, mais ça me semble assez représentatif de ce que je disais :

Siestacorta, lui-même, Imperator de son canapé
c'est assez absolu pour que quoi que ce soit que tu définisses avec un partenaire, prendre un pot ou passer un w-e ailleurs, c'est susceptible d'être remis en cause. Comment le prendre bien ? Comment vivre avec l'idée qu'un tiers peut décider à notre place que les moments de notre relation vont avoir lieu ou non ?

Que tu gères la jalousie et la dépendance d'Eva, oui, mais impliquer les autres dans ton positionnement et t'attendre à ce qu'ils ne ressentent pas "de l'immaturité émotionnelle", c'est vouloir que tout le monde soit mature à la place d'Eva.

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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Une_autre (invité)

le jeudi 05 décembre 2013 à 17h38

Merci Siestacorta, tu me rappelles que je voulais justement reprendre cette partie de ton message (cela dit tout le reste est aussi très bien, je trouve que tu tombes très juste).

Siestacorta :
"Comment le prendre bien ? Comment vivre avec l'idée qu'un tiers peut décider à notre place que les moments de notre relation vont avoir lieu ou non ?

Que tu gères la jalousie et la dépendance d'Eva, oui, mais impliquer les autres dans ton positionnement et t'attendre à ce qu'ils ne ressentent pas "de l'immaturité émotionnelle", c'est vouloir que tout le monde soit mature à la place d'Eva."

En effet, je ne pense pas qu'une personne non aliénée puisse accepter ce genre de "deal", et que non on n'a pas à compenser l'immaturité d'Eva en devenant insensibles à tout ce qu'elle peut nous faire subir (directement ou indirectement). Du moins c'est ma position.

Je rajouterais que tu fais bien de mettre "de l'immaturité émotionnelle" entre guillemets, puisqu'en réalité la seule personne dans l'histoire qui fait preuve d'immaturité, c'est Eva, ce ne sont pas les autres, bien au contraire. Et lire cette expression appliquée à celles qui ont fait de réels efforts, qui ont pris sur elles, ça m'a fortement choquée. En fait, j'arrive toujours pas à en revenir...

(En ce qui concerne ma personne, je précise que je ne me juge pas moi-même, je me fonde sur ce que m'ont dit de moi les gens qui me connaissent.)

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Siestacorta

le jeudi 05 décembre 2013 à 19h23

JulienPoly


Je ne me retrouve pas du tout dans le côté flatteur ou sidérant de la chose par contre, ce n'est pas agréable d'être bridé dans cette liberté, c'est une source de tension et c'est aujourd'hui la seule chose qui pourrait un jour me pousser à devoir rompre un jour avec elle alors que je l'aime.

C'est pas parce qu'on est flatté par le comportement de quelqu'un à notre égard que ce même comportement ne peut pas poser problème. Par exemple, une fille qui m'inonderait de cadeaux pour me remercier d'exister, ya des moments où je pourrai être super content même si ça m'inquiéterait beaucoup. On est fait de sentiments contradictoires !

Pour la sidération, c'est autre chose.
Pour donner un exemple, je vais piquer quelque chose sans me rappeler d'où je l'ai pris.
Dans how I met your mother, un personnage dit qu'en ultime recours de drague, et que la fille semble pas vouloir faire l'amour alors ça fait longtemps qu'il tente de la persuader, un jour qu'ils sont chez elle, il attend qu'elle sorte de la pièce, et il se met à poil. La fille est "sidérée", elle a pas de références face à une situation si inédite et si brusque envers son intimité, et donc elle perd ses éfenses, et quand il se met à la câliner, ça marche.

Ben ça peut être la même chose, en amour. La personne qu'on aime est importante, et une réaction émotionnelle très forte, abusive, on sait pas quoi faire, on cède.
J'ai eu une ex qui avait des colères, des caprices. Et vraiment, au delà du fait que je suis plutôt un garçon doux, je ne savait pas quoi faire. Je ne savais pas rétablir la situation dans une position compréhensible. Donc, je m'adaptais, je faisais cesser la colère, sans la refuser, puisque ça aurait été pire. Bien sûr, elle s'excusait après, disait qu'elle se sentait bête... mais ça revenait. Et son caractère fort me fait penser qu'elle hésitait pas à passer ainsi à la force de l'émotion dans d'autres situations. Et c'est pas seulement parce qu'on l'apprécie ou qu'on l'aime, que ça passe, c'est aussi parce que c'est difficile de réagir sainement face à une explosion d'émotions.
Ya un moment, on est le lapin qui regarde les phares éblouissant.

Tu t'es protégé de la violence de cette situation on l'explicitant, en la nommant. Mais ça veut pas dire que quand il y a une crise de jalousie, tu le vois comme quelque chose de normal. C'est violent, et c'est cette violence qui a "conditionné" votre couple.
Disons que même si Eva avance, ta façon de gérer la chose te montre à ses yeux comme quelqu'un qui souhaite s'adapter, plutôt que comme quelqu'un qui refuse la violence de la jalousie par principe.

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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JulienPoly

le samedi 07 décembre 2013 à 03h38

Merci pour vos réflexions et indignations qui me semblent tout à fait justifiées.

On est bien d'accord que dans toutes ces situations Eva s'est comportée de très loin le plus immaturement. Et dans toutes ces situations ma perception des choses est que les deux autres personnes se sont comportées avec plus de maturité en terme de communication et d'émotions que moi même. Ma perception des choses est également que Julia dans des situations similaires s'est comportée d'une manière qui dépasse de loin notre maturité en terme de communication et d'intelligence psycho-sociale. En même temps c'est son terrain d'étude et son boulot: c'est une professionnelle de la gestion des situations émotionellement difficiles avec des personnes qui se comportent potentiellement de manière immature ou qui sont dans des situations très difficiles (enfants, personnes en situation de fragilité, etc...). Elle a cette intelligence qu'à la manière d'un Mr Spok dans Start Trek, je n'ai pas. Cette intellignece qui lui permet de jongler avec une facilité déconcertante entre les plans de communication emotionnels et rationnels, et de ne pas rester bloqué comme moi sur un seul de ces niveaux. Je ne sais pas si ce que j'exprime est clair ou pas, et ça doit pas l'être tellement vu que je ne connais presque que dalle à ce sujet. Moi c'est plus les mathématiques, la physique, le philosophie et la métaphysique mon rayon... Toujours est-il que quand une situation commençais à partir en vrille, Julia disais des choses, avait une manière de dire les choses, de les prononcer, d'y mettre une intonation précise et adaptée à chaque situation, de lire le langage corporel de chacun et faisait des gestes qui arrivaient à tout apaiser. Je ne saurais pas dire qu'est-ce qu'elle faisait et certaines choses me semblaient des fois tellement contre intuitives qu'il m'est arrivé de m'emporter contre elle. Mais force est de constater que j'avais tors. J'imagine qu'elle utilisait des techniques testées, connues et utilisée dans son milieu professionel mais qui pour le primate de la communication que je suis relèvent litéralement de la pure magie...

Je ne me prononcerait pas pour K, car le jeu BDSM explicite toutes les limites et donc il n'y a plus de tensions cachées ni de terrain miné à débusquer puisqu'on joue selon les règles du jeu. Pas de situation explosive à gérer puisqu'Eva est sous contôle, toutes ses limites sont respectées. Alors que malheureusement ce n'était pas le cas pour Julia ou pour les 3 autres partenaires qui ont fait face à tout un tas de situations foireuses qui leur ont pété à la gueule de manière inatendue et imprévisible...

Enfin, ce sont des instantanés dans des conditions uniques, avec des personnes uniques, je ne doute pas que dans d'autres situations, avec d'autres personnes chacun pourrait se comporter de manière tout à fait mature. Bref, je ne me permet pas de juger de la maturité de ces personnes en général, juste donner ma perception sur ces situations là qui étaient extrêmement foireuses principalement par des comportement particulièrement excécrables et douloureux générés par la peur d'Eva et sa manière immature de l'exprimer.

La partenaire avec qui la relation est devenue asexuelle et celle avec qui Eva m'a ordonné de faire une pause m'ont dit n'être absolument pas intéréssées par les jeux BDSM et il me semble selon toute vraissemblance qu'elles ne connaissent pas ou très superficiellement de quoi il s'agit, du moins pour l'une d'entre elles - à moins que ça ait changé entre temps. Moi même ces jeux m'étaient totalement inconnus il y a de ça moins d'un an et je n'y comprenais rien au début, ça me faisait même peur et me dérangeait énormément car c'est en apparence diamétralement opposé à des valeurs d'égalité, de liberté, d'hédonisme... Mais ce n'est peut-être qu'en apparence que cette opposition semble exister.

Comme tu le dis bien "parce qu'elle a épuisé toute l'énergie de la personne en face", j'ai ressenti moi même à plusieurs moment que j'étais vidé de mon énergie psychique. Il faudrait que je réfléchisse mieux à comment l'expliquer, mais le fait de transformer toutes ces limitations en jeu a transmuté ce flux d'énergie destructrice en source d'énergie positive. Aussi, et non ce n'est pas un jugement de valeur ou une façon de dévaloriser la personne (en tout cas ce n'est pas mon intension), si quelqu'un n'est pas disponible et intéréssé par ce genre de jeu c'est un fait qu'être impliqué dans cette relation va être destructeur et qu'il faut s'en protéger. L'expression "contre-attaquer" n'est pas le meilleur choix pour décrire l'attitude défensive nécessaire à se protéger dans ce cas de figure. De même quand je parle de "filtre", ce n'est pas pour dénigrer certaines personnes, mais simplement pour dire qu'en explicitant ce qui ne l'était malheureusement pas, il y a moins de risque de tomber dans une telle incompatibilité de fonctionnement. Ca ne veut pas dire que telle ou tellle personne est meilleure qu'une autre ou que je méprise telle ou telle personne.

Toujours est-il que cette incompatibilité existe et que si certaines personnes vivront l'expérience que toute interaction avec moi est sous le contrôle d'Eva comme un effort douloureux et donc une perte d'énergie psychique très destructrice dont il faut se protéger, d'autres personnes comme K ont adoré cette expérience et en redemandent car c'était pour elle un plaisir et une grande joie. Moi même je l'ai vécu comme une immense douleur sans ce jeu, et maintenant que je prends ça ludiquement je suis impressionné par le résultat sur moi même justement en terme d'énergie psychique: j'ai ressenti une grande joie qui m'est restée plusieurs jours. Une grande énergie à l'opposé d'un état de perception morose ou plus ou moins dépressif lorsque je me sentais vidé de mon énergie. Je suis toujours la même personne, je ne crois pas être devenu soudainement meilleur ou moins bon, je ne crois pas être devenu méprisable ni l'avoir été. Et je n'ai eu des relations dans la nébuleuse polyamour, qu'avec des personnes formidables que j'aime beaucoup. Je suis simplement triste que ces personnes ne puissent s'entendre ou ne soient pas compatibles.

Celà m'affecte énormément. Les deux personnes que j'aime mais que je ne vois pas depuis mon retour sur Paris cet hiver étaien amies à la base, avant que je soit en relation avec les deux, mais quelques temps après que la relation avec la deuxième débute elles se sont brouillées pour une histoire anodine de la vie courrante qui n'a apparement rien à voir avec des problématiques de polyamour et encore moins avec moi. Ce nouveau cloisonement de fait m'a également beaucoup attristé, c'est comme ça, et sur un certain plan, même si je sais que rationellement ça n'a aucun sens je n'arrive pas à m'empêcher de le vivre comme un échec personnel voire même une faute personnelle. Un peu comme un enfant qui se sent responsable du divorce de ses parents. Ce n'est bien sûr pas du tout sa faute. Bien sûr, pas du tout. Mais peut-être... Peut-être que quand même l'arrivée d'un enfant ça chamboule l'équilibre d'un couple et que certains couple n'y survivent pas ;) Mais bien sûr on ne va pas dire que c'est sa faute: il n'a même pas choisi de venir au monde ce gosse ;) Toujours est-il que ce cloisonement m'a douloureusement ouvert les yeux sur un état de fait: être en relation avec deux personnes préalablement très bonnes amies et complètement anarchistes relationnelles n'est absoluement pas un gage de garantie que ces personnes vont rester en bons termes.

Bref, il y a sûrement quelque chose à creuser: je ne sais pas pourquoi mais le polyamour cloisonné ça ne me correspond pas, je ne m'y sens pas à l'aise, j'ai besoin de voir que les gens que j'aime peuvent se voir courtoisement, si possible amicalement, et si en plus c'est affectueusement alors c'est juste génial.

D'ailleur en écrivant ces lignes c'est l'image de mes parents qui me vient soudainement à l'esprit et deuxième fois en quelques lignes que la notion de parents et enfant émerge. Mes parents étaient du genre à me couvrir d'affection mais les rares fois où je les ai vus montrer de l'affection devant moi doivent se compter sur les doigts de la mains. Ils étaient plutôt du style à s'humilier l'un l'autre, à se gueuler dessus pour un rien, plus ou moins violement et à se casser du sucre dans le dos. Ils sont toujours mariés et vivent toujours ensemble mais c'est la même rengaine. Et ma mère m'a dit assez tôt (j'étais encore au primaire) qu'ils n'avaient plus de rapports sexuels et ça n'avait pas l'air de lui faire plaisir... Elle se plaignait souvent que nous ne faisions plus rien tous les 3 ensembles, et c'est vrai que mon père me trainait dans ses trucs sportifs le week-end (match de foot par exemple - je déteste ça -), et le reste du temps je restais avec ma mère, il n'était pas là la semaine. Pas étonnant que leur image vienne de m'apparaître, y'a comme un parallèle avec les situations foireuses et douloureuses qui finalement débouchent sur une situation cloisonnée dans laquelle je me sens mal...

Il est tard là et je fatigue. Je continuerai plus tard de vous répondre, notament à Marco et Siestacorta, et ces introspections. On a revu K récemment et c'était super. Je vous raconterai aussi mais déjà en quelques mots: bien que sous le contrôle d'Eva de part les règles du jeu, nous avons tous les 3 partagé un moment d'égal à égal et agit librement sans qu'Eva interfère ou dirige quoi que ce soit. Pas de sexe cette fois mais plein de câlins et de bisous très sensuels et par moments très excitants et tout pleins d'affection.

En tout cas merci encore pour vos réactions y compris vos indignations <3 , elle sont bienvenues et font avancer la discussion notament en apportant d'autres points de vue et perceptions sur les mêmes faits. N'hésitez pas à lâcher quelques insultes au passage si vous en avez envie, ça fait du bien des fois ;)

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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Une_autre (invité)

le samedi 07 décembre 2013 à 09h01

"[Julia] J'imagine qu'elle utilisait des techniques testées, connues et utilisée dans son milieu professionel"

C'est fort possible, et comme l'a souligné Siestacorta, tu ne peux pas demander ça à tout le monde.
C'est un peu comme si tu prenais au hasard quelqu'un dans la rue et que tu lui demandais de résoudre une équation différentielle (là, certaines personnes qui lisent sont déjà perdues parce qu'elles ne savent même pas ce que c'est). Pour toi c'est sans doute facile ou au moins faisable vu que tu fais des maths. Mais pas pour tout le monde. Et c'est nor-mal !

Alors en effet, si tu ne veux sortir qu'avec des personnes capables de résoudre une équation différentielles, tu le précises d'entrée de jeu, pas après coup.

Ce que ton discours sous-entendait très clairement pour moi, c'est que n'importe qui devait être capable de compenser les insuffisances d'Eva. Et bien non. Et ça ne veut pas dire qu'on a moins de maturité que Julia. Tu l'as dit, ce sont des compétences pro-fes-sion-nelles ! Rien à voir donc...bon, c'est vrai que tu l'admets toi-même plus loin, mais honnêtement, c'est pas clair dans ton discours (je trouve). Donc c'est bien de préciser clairement que tu t'es mal exprimé.

Très honnêtement, vu de l'extérieur : tu trouves un milliard d'excuses à Eva, et les autres doivent juste fermer leur gu... - c'est ça le sentiment que j'ai en te lisant. Il faut que tu regardes la réalité en face.

Evidemment qu'en ce moment elle est toute gentille, elle a eu exactement ce qu'elle voulait : l'exclusivité. Elle a le contrôle de tout. Mais tu ne peux pas demander à d'autres d'accepter ce que tu acceptes, à savoir être sous son contrôle permanent, surtout que toi tu as des compensations (le deuxième jeu), mais pas les autres.

"il me semble selon toute vraissemblance"

C'est ton impression.

"c'est en apparence diamétralement opposé à des valeurs d'égalité, de liberté, d'hédonisme"

Ca aussi c'était *ton* impression. Je ne pense pas que beaucoup de gens aient la même, mais après tout, je n'ai pas tendance à penser comme la majorité, alors....peut-être ?

"j'ai besoin de voir que les gens que j'aime peuvent se voir courtoisement, si possible amicalement,"

Ben parles-en à ton Eva. C'est elle qui s'est mal comportée avec moi, j'ai toujours été correcte avec elle.
C'est elle qui éloigne les autres (qu'elle le fasse consciemment ou non n'est pas le problème).

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Siestacorta

le samedi 07 décembre 2013 à 11h30

JulienPoly
Bref, je ne me permet pas de juger de la maturité de ces personnes en général, juste donner ma perception sur ces situations là qui étaient extrêmement foireuses principalement par des comportement particulièrement excécrables et douloureux générés par la peur d'Eva et sa manière immature de l'exprimer.

Pouvait-il en être autrement ?
Comment une personne lambda pourrait être à l'aise avec quelqu'un qui agit sans réstriction (et à qui tu diras oui par principe) ? Qu'est-ce qui te fait croire que, dans une situation commune (le genre de situation où BDSM et super-pouvoirs de gestion psy sont pas inclus d'office), ça peut se passer sans problème ?

Si ça marche avec des gens qui ont une compétence sociale très très pointue, et/ou une culture BDSM qui leur permet de participer partiellement, est-ce que ça veut dire que :
- la solution ce serait de prendre le temps de former toutes tes rencontres à tout ça, et de motiver même celles que ça pourrait ne pas intéresser
- tu vas trouver un lieu de rencontre où tous les gens sont déjà matures, bdsm et super à l'aise avec les gens jaloux (dans un bois proche de celui des licornes ?)
- tu vas décider que puis que tu es bien dans la relation d'exclusivité, ben tes autres besoins passent au second plan, et c'est assumé (du coup pas parler à tes rencontres d'une non-exclusivite que tu t'es mis hors-d'état de pratiquer)
- tu vas décider que tes besoins sont présents, et prendre le risque de devoir faire évoluer la situation au delà des règles que vous avez actuellement, quitte à passer par un conflit (l'anarchie relationnelle, c'est pas l'harmonie, c'est un parti pris dans la gestion des relation, que ce soit dans les bons ou les mauvais moments).

JulienPoly
La partenaire avec qui la relation est devenue asexuelle et celle avec qui Eva m'a ordonné de faire une pause m'ont dit n'être absolument pas intéréssées par les jeux BDSM et il me semble selon toute vraissemblance qu'elles ne connaissent pas ou très superficiellement de quoi il s'agit,

Tes attirances sont-elles déterminées par les penchants BDSM des personnes, ou dorénavant, tu ingoreras tes attirances pour les personnes qui ne s'intéressent pas à ça ?

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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Apsophos

le samedi 07 décembre 2013 à 13h40

C'est quoi cette maturité dont vous parlez ? C'est comme pour les framboises ?

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JulienPoly

le samedi 07 décembre 2013 à 18h47

Beaucoup de bonnes questions que vous me posez et d'intéressantes réactions.

Notamment sur la question d'attirance. Je pense effectivement être attiré par des personnes qui ont cette faculté de communication et cette intelligence psycho-sociale, probablement en partie parce que j'ai le désir de progresser dans ce domaine.

Je ne pense pas que le fait que la personne soit ouverte à des pratiques BDSM ou pas soit déterminant dans mon attirance. Ou alors c'est très négligeable par rapport à d'autres choses. En revanche je pense que si quelqu'un est fermé au jeu existant, je ne peux pas le ou la forcer à y participer sous prétexte que je suis attiré... Je ne demande pas non plus à quiconque de se forcer et je ne m'attends pas à ce que ça puisse bien se passer avec n'importe qui.

Et revenir à une situation où les dynamiques existantes, jeu ou non, ne sont pas clairement explicitées comme c'était malheureusement le cas quand j'ai rencontré les autres partenaires par manque de confrontation à l'expérience, ne me semble pas être une démarche honête maintenant que j'ai clairement conscience de ces dynamiques existantes. Cette histoire de jeu, c'est un peu comme l'expression "mieux vaut en rire (l'accepter, la tourner en jeu et s'en amuser) qu'en pleurer (prendre la situation sérieusement et vouloir résister puis s'appitoyer)". Ces dernière semaines, il m'a semblé que 2 autres personnes étaient peut-être intéréssées de me connaitre d'avantage et il m'a semblé que cet intérêt s'est évanoui quand j'ai parlé plus en détail de ce double jeu BDSM. J'interprête peut-être mal les choses ceci dit... En tout cas l'attitude de K quelques jours après m'a semblé au contraire redoubler d'intérêt quand je lui expliquait le double jeu, et c'est ainsi que nous avons "joué". Il me semble que ma part de responsabilité est d'expliquer le plus clairement possible quelles sont mes limites et que la responsabilité d'un partenaire est de décider si oui ou non ça semble compatible avec leurs attentes, la description du double jeu et le consentement ou pas d'y jouer est clairement un outil quii me facilite la tâche. C'est quelque chose que je n'ai pas fait avant et j'en suis désolé, ce qui a créer tout un tas de situations pourries dans lesquelles je n'ai finalement pas répondu aux besoins et limites de ces autres partenaires et c'était très douloureux tout particulièrement pour ces autres partenaires qui se voient maintenant imposés brutalement et unilatéralement ce jeu qui explicite et formalise les contraintes qui étaient déjà là. Je ne veux pas répéter cette erreur.

Dynamiques et jeu qui d'ailleur dans l'expérience naissante que nous vivons avec K semblent être compatible avec une certaine forme de relation qui pourrait devenir une certaine forme de polyamour. L'avenir nous dira ce qu'il en est. Et le fait qu'Eva associe un développement harmonieux et de plus en plus libre de cette relation à des marques de son progrès en matière d'abstinance par rapport à son comportement addictif me rend optimiste.

J'aime l'idéal d'anarchie relationelle mais je réalise en vous lisant que suis plus attiré par une forme de polyamour "connecté". Dans ce contexte, pour que ça fonctionne, il faut attirance mutuelle et aussi compatibilité des participants, notamment sur ce jeu. Compatibilité ne veut pas forcément dire plus mature ou plus versé dans le BDSM.

Dans les faits c'était pas très "kinky" ce qu'on a fait avec K, à part l'acceptation d'un certain échange de pouvoir et jeu de contrôle, les gestes et l'esthétique étaient tout à fait "vanille" il me semble. Et dernièrement nous nous sommes vus de 11h à 15h. Eva avait finalement un truc urgent à faire et n'est arrivée que vers 12:30. Je me suis retrouvé seul avec K au début. J'avais demandé en détail ce que je pouvais faire ou pas avec K en son absence; Elle m'avait notamment indiqué que je pouvais lui montrer certaines marques d'affections notamment à son arrivée. Mais finalement sur le moment je me suis plus senti jouer la carte de la sécurité et je me suis comporté de manière "purement amicale" avec K voire un peu distante dans ma gestuelle. On en a profité pour aborder quelques sujets relativement spirituels et partager une intimité spirituelle et intellectuelle tout en cuisinant, plutôt que de se sauter dessus. On a discuté également de sa liberté nouvelle et des autres rencontres qu'elle a récement eu l'occasion de faire.

Une fois que le repas était prêt il y a eu un petit moment de flottement avant qu'Eva arrive et j'ai exprimé que j'avais envie à ce moment là de lui faire un câlin mais que je préférais attendre qu'Eva soit là. K et Eva se sont vues plus souvent que je n'ai vu K et K connait les pensées et les émotions d'Eva sur le polyamour, notamment ses difficultés et sa démarche par rapport à la codépendance. C'est donc avec compréhension qu'elle a acceuilli mon propos. Eva est ensuite arrivée et a fait un gros câlin très chaleureux à K qui contrastait avec mon acceuil plus réservé.

Après déjeuner, on s'est alongés au soleil et s'en est suivit une séance de câlins et de bisous où on a tous les 3 ressenti une abondance d'affection. Eva n'a rien contrôlé et n'a rien interdit. A un moment, où K cherchait des photos pour montrer des coupes de cheveux très différentes qu'elle avait par le passé, Eva s'est mise à jouer machinalement à sugar crash et K lui a montré un niveau qu'elle ne connaissait pas du coup toute l'attention d'Eva s'est focalisée sur le jeu video pendant un moment où K et moi nous sommes retrouvés à câliner à 2. J'ai alors vite éprouvé le besoin d'avoir l'aval du "Supreme Commander" et j'ai vite fait demandé l'autorisation de faire ces bisous et ces câlins à deux tout en rappelant le safe word en cas de besoin. Eva a dit se sentir bien et nous a donné l'aval tout en continuant le jeu video. Après un moment K et moi avons essayé de récuper un peu d'attention de la part d'Eva en l'assaillant de calins et bisous. En discutant après coup avec Eva, elle m'a dit avoir commencé à ressentir juste avant qu'on l'assaille une petit inconfort sur lequel elle a sans problème pû ne pas agir et qui a très vite disparu lors de l'assault de calins qui a suivit ;) C'est pour moi un signe de progrès de la part d'Eva et aussi que nous étions tous les trois bien connectés.

Je prends la peine de décrire en détail cette partie pour montrer en quoi consiste très concrètement ce jeu BDSM, comment il s'est exprimé cette après midi là. Cette description est longue et détaillée, mais en réalité sur ces 4 heures il s'agit de quelques secondes de dialogue, le reste étant en fait des interactions complètement libres.

Un autre point qui souligne l'importance du caractère "non cloisonné" et "connecté": un moment après K et Eva étaient côte à côte concentrées sur le jeu et je me suis mis à les câliner toutes les deux en même temps et leur faire des bisous tour à tour. J'aime cette sensation où les deux autres partenaires sont ensembles concentré(e)s sur une même chose ou l'un(e) sur l'autre (j'ai cette même sensation quand il s'agit d'un trio avec un autre homme), et que l'attention n'est pas sur moi. J'aime avoir ce rôle sans pression de "bonus/agrément périphérique", je ne sais pas comment le dire mieux. Un peu après qu'elles aient fini de jouer à sugar crash sur le téléphone je leur ai fait part de ce sentiment et de mon envie de continuer un peu plus d'être en périphérie, K a chevauché Eva comme dans une position d'Amazone où Eva avait une position typiquement masculine dans une interaction hétéronormative. Elle se sont embrassées, les cheveux de K isolant leurs visages et leur vision me laissant pleinement les câliner et faire des bisous dans ce rôle périphérique dans lequel je me sens si bien.

Eva nous a fait remarquer que K est un petit peu plus petite, fine et légère qu'elle et que c'est la première fois qu'elle se retrouve dans cette situation de "supériorité physique" avec quelqu'un. Cette nouvelle expérience lui a instatanément donné la sensation claire d'être dans un rôle plus "masculin" que d'habitude. Chose dont nous avions discuté par rapport à mon expérience différente avec des femmes plus et moins grandes que moi mais dont elle réfutait l'importance en terme de différences de sensations. Cette expérience venait de lui prouver de manière très évidente et intuitive le contraire de ce qu'elle pensait.

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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Siestacorta

le samedi 07 décembre 2013 à 19h20

Julien
Je ne demande pas non plus à quiconque de se forcer et je ne m'attends pas à ce que ça puisse bien se passer avec n'importe qui.

Non mais tu sembles considérer que les partenaires antérieures étaient en parti responsables des conflits qui on mis fin aux relations... Alors que, tel que tu le racontes, la responsabilité, c'est Eva dans la dépendance, et toi qui a pris le parti d'aller totalement dans son sens.
T'as le droit, hein, mais si les autres estimes être trop lésés, c'est pas parce qu'ils savent pas faire, c'est parce que tu as choisi de privilégier Eva. La meilleure solution serait d'afficher d'emblée que la place d'autres partenaires sera ultra-limitée, et pas essayer de faire croire et de te faire croire qu'il y a de la place pour d'autres amoureuses.
J'insiste, ceux qui ne peuvent pas suivre, c'est parce que ce que vous proposez ne leur laisse aucune place personnelle, pas parce qu'ils ne savent pas bien la prendre.

JulienPoly

Notamment sur la question d'attirance. Je pense effectivement être attiré par des personnes qui ont cette faculté de communication et cette intelligence psycho-sociale, en partie parce que j'ai le désir de progresser dans ce sens.

Donc Eva, elle a cette intelligence et elle s'en sert pas, mais quand les autres rament, ils sont pas assez matures, ou tes attirances tombent par chance juste pile poil avec tes limites actuelles ?

"Polyamour connecté".
Bon,en gros, ton besoin, c'est plus vraiment d'être indépendant, tu assumes, tu veux plutôt trouver quelqu'un qui veuille être avec votre couple.
Plutôt une fille, j'imagine.
Si possible BDSM.
Si possible avec une intelligence sociale très forte.
Un licorne kinky, alors ?

Tu as conscience quand même que tu vas trouver plus des compagnons de jeu qu'autre chose ?

Pourquoi tu tiens à parler de polyamour, si en pratique tu ne peux pas aimer deux personnes ?
Parce qu'anarchie relationnelle, je sais sur le papier ça fait très joli et très avant-garde, mais c'est admettre une grande diversité des possibles ; là avec ton système très très très précise, l'anarchie me semble, heu, très réglementée.
Pourquoi revendiquer un comportement (et le proposer aux gens), quand en pratique tu ne vas pas le pratiquer ?

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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