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Réflexions après une année de polyamour "concret"

Témoignage
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Bexi

le samedi 21 décembre 2013 à 10h43

Belle ouverture, beau chemin.
Au bout du compte (du conte ?) je ne sais pas si je peux vivre plusieurs relations amoureuses simultanément.
J'ai expérimenté. Ce n'est pas mon chemin. Pour moi trop de dispersion. De magnifiques rencontres, de profondes réflexions sur l'amour, le sens de la vie, des relations, sur les notions de non possessivité.
Amour des personnes qui m'entourent, oui, énorme.
Je ne peux vivre la relation amoureuse avec ce qu'elle implique d'intimité physique (dans mon cas cela est intrinsèque à la relation amoureuse) avec plusieurs partenaires, passant ainsi de l'un à l'autre.
Je l'ai vécu un temps. Cela ne me correspond pas.
Ce n'est pas un constat d'échec. C'est un constat personnel.
Mais je suis certainement une monogame en série poly-compatible pour employer un jargon bizarre sans doute compréhensible ici !

Sinon, mais cela n'a rien à voir avec ce qui est écrit précédemment, même si ce sont bien mes différentes relations amoureuses qui m'amènent à cette réflexion, je m'aperçois, je me suis aperçue, à quel point le passé, le mien ainsi que celui de mes partenaires, pouvait entraver la liberté, l'amour plein et libre, dans l'instant présent. Rattrapés par des «  fantômes », des sensations passées que l'on cherche à dépasser (pour les douloureuses) ou à reproduire, à atteindre à nouveau (pour les merveilleuses).
Je me déleste de mon passé. Je ne le nie pas. Il fait partie de moi mais il ne m'entrave pas.
Tout est toujours nouveau.

J'ai aussi souvent ressenti un tiraillement entre l'envie de vivre l'amour sans attachement (ou plutôt sans chaînes !) et un besoin de sécurité affective, de repères à peu près «  stables » …
Je vis avec ce paradoxe et l'accepte. Je me recentre. La sécurité est en moi, pas dans les autres.

Le polyamour n'est pas un modèle, pas plus que le monoamour. Il a le mérite de me faire réfléchir sur des schémas ancrés et usés, m'a mis face à moi-même, mes failles profondes, mes blessures «  narcissiques ».
Mon ego a été mis à mal, et c'est très bien. Je lui donne sa juste place, là où il me fait tenir debout, avec fierté, mais sans excès, tout en reconnaissant ma profonde vulnérabilité.

Le base première est le respect de soi, profondément. L'amour de soi, profondément. Car comment respecter les autres et les aimer profondément si on ne le fait pas déjà pour soi-même ?
Ne pas être fondu dans le désir de l'autre, dans le désir de lui correspondre, de lui plaire.

Je renais à l'Amour. Je reconnais qui je suis. J'accepte mes limites tout en sachant que l'amour, lui, est illimité.
Il m'anime, me fait tenir debout, me fait me lever et sourire à la vie.

Merci mes amours, mes amis, mes compagnons de route … infiniment.
Nous avons certes des blessures et nous nous blessons encore parfois, même mutuellement, la vie est mordante ( !) mais nous avançons sur un chemin de pleine conscience et d'ouverture.
Nous sommes bien vivants.

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Pinklady

le samedi 21 décembre 2013 à 11h12

Ton questionnement m'interpelle... je me pose depuis qq mois cette question moi aussi : est ce mon chemin puisqu'il me procure tant de difficulté ? A ce soir Bexi et au plaisir de peut être parler de tout cela si le cœur t'en dit.

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Bexi

le samedi 21 décembre 2013 à 12h50

oui, avec plaisiiiir !!

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(compte clôturé)

le samedi 21 décembre 2013 à 12h51

Que de justesse dans tes propos Bexi (+)
Bravo j'<3

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Anarchamory

le samedi 21 décembre 2013 à 14h32

Chacun voit midi à sa porte : la liberté, c'est choisir ses contraintes (et j'ajouterais : sans les imposer aux autres).

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(compte clôturé)

le samedi 21 décembre 2013 à 14h42

Oui, sauf que lorsque l'on est poly (même simplement affectivement) et que l'on vit entouré de non poly, d'une certaine manière on "impose" son choix à son entourage affectif. Après, évidemment, chacun a sa liberté d'accepter l'autre ainsi ou non. D'où la difficulté à la base d'être poly, du moins en ce qui me concerne. Je sais qu'aujourd'hui, celui, celle qui ne m'accepte pas ainsi ne peut trouver sa place auprès de moi que ce soit pour une amitié (classique si j'ose dire) ou pour un rapprochement plus important. Les autres sont des connaissances ou, bien entendu, la famille, qui même si elle ne m'accepte pas et ne me comprend, reste malgré tout ma famille... (Joyeux Noël 2013 à toi gcd68, ça va être la "fête").
Bexi a le mérite de savoir, d'avoir su comprendre ce qui lui convenait ou non mais surtout de comprendre autrui, dans toutes ses différences. A mes yeux, c'est important.

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LuLutine

le samedi 21 décembre 2013 à 15h40

Bexi
La sécurité est en moi, pas dans les autres.

Le polyamour n'est pas un modèle, pas plus que le monoamour.

Je ne peux que plussoyer (et le reste du message aussi...) !

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Anarchamory

le samedi 21 décembre 2013 à 16h02

gcd68
Oui, sauf que lorsque l'on est poly (même simplement affectivement) et que l'on vit entouré de non poly, d'une certaine manière on "impose" son choix à son entourage affectif.

Oui mais non, justement, tu n'imposes pas ton choix, puisque tu ne les forces pas à être poly. C'est pourquoi je disais que la liberté, c'est choisir ses contraintes (le polyamour comporte ses difficultés propres, et il revient à chacun d'examiner, pour lui-même, quelles sont les difficultés qui lui paraissent les plus gérables, les moins contraignantes, etc. : le poly, le mono, le célibat consacré, etc.) et ne pas les imposer aux autres. Or, tu n'imposes pas tes contraintes à ton entourage, en étant poly, puisque eux demeurent libres de ne pas être poly, et si ça ne leur plaît pas d'avoir quelqu'un de poly dans leur réseau de relations, ils peuvent toujours couper les ponts : c'est dur, c'est de mon point de vue franchement idiot et symptôme d'un profond manque d'acceptation d'autrui, mais ça a le mérite de ne rien imposer à personne par la force.

gcd68
Après, évidemment, chacun a sa liberté d'accepter l'autre ainsi ou non. D'où la difficulté à la base d'être poly, du moins en ce qui me concerne. Je sais qu'aujourd'hui, celui, celle qui ne m'accepte pas ainsi ne peut trouver sa place auprès de moi que ce soit pour une amitié (classique si j'ose dire) ou pour un rapprochement plus important. Les autres sont des connaissances ou, bien entendu, la famille, qui même si elle ne m'accepte pas et ne me comprend, reste malgré tout ma famille... (Joyeux Noël 2013 à toi gcd68, ça va être la "fête").

(+) Pour un rapprochement plus "amoureux", que la personne soit poly-acceptante m'est indispensable désormais. Pour de l'amitié, qu'elle soit au moins poly-comprenante est requis. J'ai par exemple un ami qui n'est pas poly, qui ne voudrait pas d'une relation "amoureuse" avec une personne qui serait poly ou qui se découvrirait poly, mais qui comprend intellectuellement l'idée et qui n'y voit rien d'immoral tant que personne n'est lésé, c'est-à-dire tant que tous les participants sont d'accord sur le principe. Si cet ami était une amie, elle pourrait tout à fait demeurer une amie, mais elle resterait juste une amie, quand bien même nous serions réciproquement raides dingue amoureux l'un de l'autre. Il vaut mieux renoncer à une relation amoureuse potentielle avec quelqu'un que de renoncer à soi-même...

gcd68
Bexi a le mérite de savoir, d'avoir su comprendre ce qui lui convenait ou non mais surtout de comprendre autrui, dans toutes ses différences. A mes yeux, c'est important.

Oui, je suis d'accord. C'est l'exemple typique de la personne qui a fait un vrai choix en connaissance de cause (et non simplement par défaut parce que la société l'a dit), c'est appréciable.

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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LuLutine

le samedi 21 décembre 2013 à 16h28

MetaZet
Il vaut mieux renoncer à une relation amoureuse potentielle avec quelqu'un que de renoncer à soi-même...

Oui.
Et je l'ai fait plusieurs fois ces dernières années. Au moins quatre (mais j'en oublie peut-être).

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(compte clôturé)

le samedi 21 décembre 2013 à 17h38

Merci MetaZet. C'est vrai je n'oblige pas à rester avec moi. C'est ce que j'admire chez mon mari, outre le fait qu'il me supporte au quotidien (humour !!!), c'est qu'il m'offre (en quelque sorte) ma liberté, et qu'il a évolué pour comprendre cela sans qu'à aucun moment il n'est fait de chantage affectif ou remis notre couple en cause. Jamais (+) .

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Caline

le samedi 21 décembre 2013 à 17h44

gcd68
Merci MetaZet. C'est vrai je n'oblige pas à rester avec moi. C'est ce que j'admire chez mon mari, outre le fait qu'il me supporte au quotidien (humour !!!), c'est qu'il m'offre (en quelque sorte) ma liberté, et qu'il a évolué pour comprendre cela sans qu'à aucun moment il n'est fait de chantage affectif ou remis notre couple en cause. Jamais (+) .

Waw !

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(compte clôturé)

le samedi 21 décembre 2013 à 18h16

Ne pas s'y fier, ça n'a pas été facile, ni pour moi, ni pour lui mais nous avons toujours eu ce désir d'évoluer ensemble, sans détruire inutilement. Il y a toujours eu cette volonté commune, même lorsque je me sentais extra-terrestre. Il m'a toujours je dirais soutenu, d'une certaine manière et c'est lui qui me ramasse à la petite cuillère lorsque je vais mal, même si c'est à cause d'un autre...

Si je peux être ainsi, c'est aussi beaucoup grâce à lui. Parfois même, il "assume" à ma place, surtout vis-à-vis de ma mère qui elle n'y comprend rien à rien. Elle n'a pas le bon système d'exploitation ni les bons logiciels, enfin, pas possible quoi...

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Anarchamory

le samedi 21 décembre 2013 à 21h32

En plus, toi t'es une extraterrestre parmi les extraterrestres : t'es poly, et tu ne couches pas avec tes amoureux (et je viens d'apprendre dans un autre des messages posté sur le forum que tu gardes tes habits et que tu ne les embrasses pas non plus sur la bouche :P ). Les personnes qui croient qu'on est polys parce qu'on est avide de sexe déluré et de partouses à tout crin doivent s'arracher les cheveux sur ton cas qui ne rentre pas dans leurs cases... Il va bien falloir qu'ils se rendent à l'évidence ! On est polys, tout simplement parce qu'on peut aimer (affectivement ou franchement amoureusement) plus d'une personne à la fois, qu'on ne trouve pas immoral de vivre cette affectivité/amour en acte, à partir du moment ou chacun y consent de manière éclairée, et que l'on souhaite accorder cette liberté à tout le monde.

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(compte clôturé)

le samedi 21 décembre 2013 à 22h48

Euh ! si les bisous sur la bouche ne me dérangent pas. T'as mal lu ou mal interprété, je crois.
Tu as du mélanger plusieurs post de ma part :-D

MetaZet
On est polys, tout simplement parce qu'on peut aimer (affectivement ou franchement amoureusement) plus d'une personne à la fois, qu'on ne trouve pas immoral de vivre cette affectivité/amour en acte, à partir du moment ou chacun y consent de manière éclairée, et que l'on souhaite accorder cette liberté à tout le monde.

Ben ouais, c'est pourtant simple et naturel comme attitude...

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oO0

le dimanche 22 décembre 2013 à 03h47

Salut Bexi,

je me retrouve plus ou moins dans ton constat sauf que je retrouve une période de ma vie qui s'approche des dix ans, un constat qui s'est répété plusieurs fois.

Ma question est la suivante :

"Est-ce une que cela ne te convient pas ou est-ce que tu as besoin de maturation ?"

Cela représente un changement de vie important à assimiler, tout comme plusieurs relations en un an. Je n'ai pas eu à assimiler ce changement de vie, mais je n'ai pour ainsi dire jamais eu assez de temps pour assimiler l'effet de confusion de plusieurs relations, de temps passé avec et de temps qui passe.

En plus de çà, je constate un manque de maturité énorme qui touche tous types de relations confondues : la précipitation dans l'attachement et, en réaction, la fuite de l'attachement. Une relation de quelques jours n'est pas la même qu'une relation de plusieurs mois ou encore, plusieurs années. L'amitié fait souvent preuve de davantage de maturité car, ce n'est qu'avec le temps qui passe qu'elle voie l'évolution de leur degré de proximité. Cela n'empêche pas de faire des projets très tôt, de vivre tout aussi tôt des événements qui vont créer cette proximité, de se faire tout aussi tôt confiance, se confier et créer de l'intimité. Les moments de distances font naturellement partie du rythme de la vie sans que cela ne remette en question l'amitié. Les amis cherchent à se voir le plus souvent possible, mais s'offensent pas de ne pas pouvoir se voir autant qu'ils le voudraient.

Le manque de maturité dont je parle est l'impatience de l'amour là où, le plus souvent, cette impatience ne se manifeste pas en amitié car l'amitié ne se pose pas autant de questions. Même dans les moments de doute et de froid, justement, c'est là qu'elle ne se pose pas toutes ces questions et attend patiemment de voir ce qui se passe avec le temps. Elles ne se pose pas des questions de hiérarchie parce que ce genre de questions n'ont rien d'amicales.

Il ne s'agit pas, ici, d'être ami, l'amitié ne se choisit pas. Il s'agit plutôt d'adopter et entretenir une attitude amicale. Une nouvelle rencontre ne peut espérer avoir un traitement équivalent qu'une relation de couple de plusieurs années, c'est affectivement impossible d'autant plus que les nouvelles rencontres tendent à confondre passion et relation. C'est d'ailleurs bien cette conscience de ne pas être encore une relation qui crée le plus souvent un sentiment d'insécurité compensé par les projections les plus folles.

Vivre plusieurs relations nécessite un certain art de se simplifier la vie : vivre simplement le moment présent et, tout doucement, soit avec le temps qui passe, apprécier les moments passés ensemble, apprendre apprécier leur valeur.

De toute évidence, cela ne te convient pas ... maintenant et dans un avenir proche. Tu verras bien après avec le temps qui passe si tu resteras sur ce sentiment.

Sinon, merci, parfois, j'ai envie de faire aussi ce genre de point sur mes choix et cela m'encourage à le faire.

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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Caline

le dimanche 22 décembre 2013 à 06h52

"Le polyamour n'est pas un modèle, pas plus que le monoamour. Il a le mérite de me faire réfléchir sur des schémas ancrés et usés, m'a mis face à moi-même, mes failles profondes, mes blessures « narcissiques ».
Mon ego a été mis à mal, et c'est très bien. Je lui donne sa juste place, là où il me fait tenir debout, avec fierté, mais sans excès, tout en reconnaissant ma profonde vulnérabilité.

Le base première est le respect de soi, profondément. L'amour de soi, profondément. Car comment respecter les autres et les aimer profondément si on ne le fait pas déjà pour soi-même ?
Ne pas être fondu dans le désir de l'autre, dans le désir de lui correspondre, de lui plaire. »
dixit Bexi

(+) (+)

Hier, à la lecture de tes mots, je cherchais cette phrase dans ma tête et je l’ai retrouvée, elle illustre assez bien ce que tu dis:

«   Je ne crois pas que nous puissions corriger quoi que ce soit dans le monde extérieur que nous n’ ayons d’abord corrigé en nous »

Betty Hillesum- une vie bouleversée

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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Anarchamory

le dimanche 22 décembre 2013 à 11h40

gcd68
Euh ! si les bisous sur la bouche ne me dérangent pas. T'as mal lu ou mal interprété, je crois.
Tu as du mélanger plusieurs post de ma part :-D

Oups alors :P
Par bisous sur la bouche, tu inclus toutes sortes de bisous sur la bouche ? ^^

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(compte clôturé)

le dimanche 22 décembre 2013 à 11h59

Eh ! MetaZet ! T'es bien curieux :-D
Oui, toutes sortes de bisous sur la bouche. La langue est un merveilleux appendice d'une sensibilité, d'une chaleur et d'une douceur incroyable.
Par contre, j'évite d’attiser les jalousies en présence d'autrui et je comprends que certains préfèrent en rester aux câlins sans contact des lèvres afin de ne pas susciter des émotions auxquelles je ne répondrais pas d'une manière entière et satisfaisante. Je respecte cela.
Je sais garder une certaine intimité, malgré ma volonté de ne pas cacher et d'être naturelle même en public.

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bodhicitta

le dimanche 22 décembre 2013 à 12h17

RIP
L'amitié fait souvent preuve de davantage de maturité car, ce n'est qu'avec le temps qui passe qu'elle voie l'évolution de leur degré de proximité. Cela n'empêche pas de faire des projets très tôt, de vivre tout aussi tôt des événements qui vont créer cette proximité, de se faire tout aussi tôt confiance, se confier et créer de l'intimité.

je plussoie, la relation évolue donc prend de la maturité...
Je vie mes relations amoureuse donc, de la façon la plus amicale possible... car:

RIP
l'impatience de l'amour là où, le plus souvent, cette impatience ne se manifeste pas en amitié car l'amitié ne se pose pas autant de questions. Même dans les moments de doute et de froid, justement, c'est là qu'elle ne se pose pas toutes ces questions et attend patiemment de voir ce qui se passe avec le temps. Elles ne se pose pas des questions de hiérarchie parce que ce genre de questions n'ont rien d'amicales.

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(compte clôturé)

le dimanche 22 décembre 2013 à 15h50

C'est peut être aussi pour cela que je ne désire pas de frontière entre amour et amitié et que je conçois l'amouritié. Je ne mélange pas, évidemment, mais je ne mets pas non plus dans des cases. D'autre part, je tiens compte du ressenti de l'autre et ensemble nous trouvons le juste milieu.

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