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Nous polyamoureux tous grands philosophes...

Culture
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bodhicitta

le mardi 19 novembre 2013 à 17h22

L'essence de la philosophie:l'amour

Il existe beaucoup d'excellentes définitions de la philosophie, mais aucune n'est meilleure que son étymologie:
l'amour de la sagesse
philosofia_philo (j'aime) sofia (la sagesse)
Contrairement aux idées reçues, un philosophe n'est pas un intellectuel. Ce n'est pas un expert, un savant, un professeur, ni même un étudiant en philosophie. C'est une personne qui ressent de l'amour pour la sagesse, qui désire en faire la conquête et oeuvre dans ce sens de toute son âme.

humm les mots

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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(compte clôturé)

le mardi 19 novembre 2013 à 17h46

Je crois que je connais des philosophes mais je n'en connais qu'un qui propage l'amour à travers le monde : le "musicien" Marc Vella. J'ai commencé de lire "Le funambule du ciel" et cette histoire est très... philosophique !? Est-ce que d'autres connaissent ?

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pierre

le mercredi 20 novembre 2013 à 12h35

attention que le terme amour en français recouvre quatre sentiments distincts de la Grèce antique : l'éros, la philia, l'agapè et la storgê.

La philia se rapproche de l'amitié telle qu'on l'entend aujourd'hui, c'est une forte estime réciproque entre deux personnes de statuts sociaux proches. [...]. C'est une extension de l'amitié.

(merci Wikipédia)

Donc ce n'est pas vraiment un sentiment amoureux comme on pourrait l'entendre.

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(compte clôturé)

le mercredi 20 novembre 2013 à 18h11

Moi qui ne veut pas installer de frontière nette entre amour et amitié, tout me va. Rien n'empêche de câliner un ami et rien n'oblige à coucher avec un amoureux. Enfin, ça c'est mon opinion, évidemment.
Je dois être relativement philia

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LuLutine

le mercredi 20 novembre 2013 à 18h48

En fait, une même relation peut inclure plusieurs dimensions de l'amour.

Par exemple une relation amoureuse peut au départ comporter une forte proportion d'eros (désir) et glisser tout doucement vers un équilibre où c'est philia qui l'emporte.

Après en avoir discuté il y a quelques mois avec un amoureux qui m'a exposé ce point de vue, je trouve que c'est beaucoup plus logique comme ça que de vouloir mettre les relations dans des cases complètement rigides et univoques (ce qui ferait dire par exemple : "cette relation n'est que philia" ou "cette relation n'est qu'eros").

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bodhicitta

le mercredi 20 novembre 2013 à 19h08

pierre
attention que le terme amour en français recouvre quatre sentiments distincts de la Grèce antique : l'éros, la philia, l'agapè et la storgê.

Les Grecs ne consideraient pas seulement Eros comme une maladie de l’âme, une source d'illusion. Deux magnifiques mythes révélent sa veritable nature avec une exceptionnelle clartée.
C'est d'abord le mythe de Psyché qui montre que l'ame ne peut accéder au bonheur que si elle se libére de l'Eros pathologique et accéde à la forme saine par un travail de connaissance.
C'est aussi le mythe de la création du monde qui fait de l'Amour la force créatrice de toutes choses à l'origine du monde. Eros ne symbolise plus alors le sentiment amoureux mais le dieu de la naissance, cette force que les philosophes grecs appellent la phusis, la force universelle de la nature.
Lorsque Socrate proclame qu'il faut honorer Eros, ce n'est donc pas en tant que symbole de l'amour physique ou des passions excessives et passagéres, mais en tant que dieu de l'amour universel et de la création.
De nombreux philosophes, d'Empédocle à nitzsche, d'Epicure à Spinoza, d'Aristote à Bergson, ont affirmé cette idée: la philosophie ne fait que prolonger le désir naturel qui pousse le vivant vers de plaisir. Mais c'est sous une forme non passionnelle que le désir érotique agit dans celui ou celle qui pratique la philosophie.
Les Grecs nomaient philia cette forme évoluée de l'Eros. On traduit généralement ce terme par affection ou amitié, mais il signifie plus généralement l'amour sain, équilibré, clairvoyant et raisonnable, par opposition à l'amour déraisonnable, plus ou moins aveugle, illusoire, exessif et pathologique

source: L'amour de la sagesse initiation à la philosophie de Bruno Giuliani

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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bodhicitta

le mercredi 20 novembre 2013 à 19h13

oui oui ouiii les filles zen (j'aime) beaucoup ce que vous dites!
On cherche à vivre avec plaisir l'évolution de l'amour...

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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(compte clôturé)

le mercredi 20 novembre 2013 à 21h08

Lulutine
je trouve que c'est beaucoup plus logique comme ça que de vouloir mettre les relations dans des cases complètement rigides et univoques

Oui, complètement d'accord. Je connais un homme depuis quelques années et je n'aurai jamais imaginé lors de notre première rencontre qu'il évoluerait ainsi, que moi j'évoluerai aussi de cette manière, et que je prendrais plaisir à me serrer dans ses bras et à passer du temps avec lui. Comme quoi ?! Je ne ressens pas vraiment d'amour pour lui mais on retire mutuellement du bonheur à être ensemble et à être câlin l'un avec l'autre. Lui a se déclic que je n'ai pas et nous gérons à ce jour très bien notre relation. Nous avons appris à nous connaitre, à nous reconnaitre et le naturel relationnel est venu lentement mais de lui-même (complicité notamment).

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bodhicitta

le mercredi 20 novembre 2013 à 22h11

D'y réfléchir d’avantage, avec vous,

lulutine
je trouve que c'est beaucoup plus logique comme ça que de vouloir mettre les relations dans des cases complètement rigides et univoques (ce qui ferait dire par exemple : "cette relation n'est que philia" ou "cette relation n'est qu'eros").

ça rejoint une autre réflexion dans autre discution sur l'intimité et ses limites.
Limites qui limitent un peu les cases dont tu parles.
Cest surement ce qui m'aide à pouvoir passer "facilement" d'une relation à une autre

gcd68
Je connais un homme depuis quelques années et je n'aurai jamais imaginé lors de notre première rencontre qu'il évoluerait ainsi, que moi j'évoluerai aussi de cette manière,

tu ne parlais p t etre pas d'un si gros changement mais...
est ce que pour en arriver à un "changement de statut" (eros/philia) ne doit on pas passer par l'intime?

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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(compte clôturé)

le jeudi 21 novembre 2013 à 11h50

bodhicitta8
est ce que pour en arriver à un "changement de statut" (eros/philia) ne doit on pas passer par l'intime ?

Oh que si ! La relation s'est dénouée à partir du moment où il y a eu confession à propos de son passé et d'une rupture douloureuse. Je l'ai aidé à digérer cela et sans le ménager en plus. De l'avis de tous ces proches que j'ai eu le bonheur de rencontrer cette année, il a tellement évoluer d'une manière positive depuis quelques années... Je ne pensais pas que ce changement se répercuterait sur sa vie et surtout qu'il serait visible à ce point par son entourage proche (famille, amis depuis très longue date). Evidemment, prendre soin de l'autre, le soutenir, le valoriser, ça aide à une relation importante et saine. Le deuxième cap franchi fut le contact (tendresse, câlins). Aujourd'hui, nous avons un bel équilibre et c'est important.

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bodhicitta

le jeudi 21 novembre 2013 à 12h45

oui oui ouiii !
tout se rejoint ! faut passer par l'intime
Donc pour passer de l'amour Eros à sa forme plus évolué, amour philia

gcd68
il y a eu confession à propos de son passé et d'une rupture douloureuse.

l'intime, et il faut passer par la vérité, qui est chére aux poly... (du moins c'est pour cette vérité que je suis poly)

La définition du vrai est trés simple: Est vraie la pensée qui est conforme au réel. Est fausse la pensée qui n'est pas conforme au réel, et d'autant plus fausse qu'elle s'en éloigne.
"La premiére signification de vrai et faux semble avoir son origine dans les écrits, remarque spinoza Et l'on a dit vrai un récit quand le fait raconté était réelement arrivé. et faux quand le fait raconté n'était arrivé nulle part

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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le jeudi 21 novembre 2013 à 17h20

Personnellement, je me sens mieux lorsque l'intime a pu s'extérioriser mais une relation peut être belle sans cela, sauf qu'il y aura toujours une ombre au tableau, un truc pas clair en toile de fond. Par contre, oui, il faut savoir laisser à l'autre choisir son ouverture (en terme de mode d'expression, de moment souvent inconsciemment choisi, etc), reconnaitre l'effort et avoir beaucoup de respect pour cela. Après, il est en effet difficile de savoir ce qui relève de l'intime et qui pourrait me paraitre à moi comme banal... Le partage des valeurs à ce niveau est difficile à appréhender.

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bodhicitta

le jeudi 21 novembre 2013 à 18h24

gcd68
Personnellement, je me sens mieux lorsque l'intime a pu s'extérioriser mais une relation peut être belle sans cela

Tu es donc un bon exemple de philosophe.
et on ne sait plus si c'est:
l'amour de la sagesse
ou
la sagesse d'aimer
ou
les deux

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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le jeudi 21 novembre 2013 à 18h53

J'ai eu récemment entre les mains un ouvrage dédicacé comme suit : "aime, aime, avec douceur, sans hâte, tout est là". L'auteur de cette dédicace est un sage mondialement reconnu ce qui n'est pas du tout mon cas mais je partage l'idée qu'en amour (à part la passion dont je me méfie et que je refrène généralement) il faut laisser le temps au temps et que tout vient à temps à qui sait attendre.

Après, j'ignore si je peux être un bon exemple ? Je m'efforce d'être moi et de respecter l'autre, les autres tels qu'ils sont. Je ne dis pas que ce soit facile toujours, mais c'est un excellent début pour aimer réellement...

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anders

le mardi 26 août 2014 à 01h49

Bonjour

Belle discussion, qui me donne l'occasion de revenir à mes classiques et de continuer sur un concept qui a été cité au début mais pas repris, l'Agapé, et qui a, en quelque sorte « en creux » une importance pour définir sinon « le polyamour » au moins les relations ouvertes telles que je les envisage.
Eros et Philia et leurs interaction ont été bien définies, on peut voir entre les deux une différence de degrés ou de nature, on peut voir – ou pas – une évolution possible de l'un vers l'autre, leur coexistance ou leur exclusion mutuelle. Cette distinction est un bel outil d'invention de soi car elle permet de mettre des mots sur différentes formes de l'expérience amoureuse, et donc, de mieux la vivre.
Les concepts, ça se crée et ce que je souhaite retenir de ces deux là, c'est une co-définition :
L'amour Eros est à entendre comme désir, La Philia est une manière d'être à l'autre en le reconnaissant comme sujet de désir (Eros) et de volonté, et de l'aimer pour cela précisément comme un pair, parce que je ne peux pas imaginer que l'aboutissement logique de mon désir pour l'autre soit de lui interdire le désir.
Cet agencement conceptuel, c'est ce qui me semble définir le plus justement mon approche des relations ouvertes.

Or il y a un troisième amour, qui n'entre pas dans cette co-définition et qui me semble même, au contraire, la rendre impossible s'il s'y immisce.
L'Agapé, c'est bien du Grec mais le sens s'est constitué autour de l'usage chrétien que en a été fait : c'est l'amour inconditionnel du prochain, le cadeau, c'est magnifique dit comme ça, mais ça n'inclut aucune forme de prise en compte de l'autre comme sujet. L'autre reçoit, ce qui le met en position de débiteur. Le bénéficiaire est symboliquement mis en demeure de rendre un bien qu'il n'a même pas sollicité. Le fait que le donneur se défende d'avoir donné en vue d'une contrepartie ne dédouane pas le bénéficiaire en réalité, mais permet au contraire d'installer une relation de commerce implicite sous couvert de désintéressement.
Le cadeau malvenu, on l'a tous fait.
En réalité, combien d'actes d'attention sont des actes de prise de pouvoir sur l'autre : je t'offre une bague, elle m'a coûté très cher, maintenant tu vas devoir faire quelque chose pour ne pas être une ingrate ( sois gentille parle pas trop fort).
Ça peut partir de la meilleure intention du monde, mais l'Agapé produit des transactions plutôt que des occasions de s'inventer.
J'essaie plutôt d'offrir des outils, des livres qui continuent des discussions, des preuves de complicité les plus dérisoires possibles pour faire sens sans faire dette.

Voilà, c'était mon ajout, petite distinction conceptuelle que j'essaie d'appliquer au quotidien.

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MagentadeMars

le mardi 26 août 2014 à 09h28

Merci, c'est intéressant cette histoire d'agapé. Je n'ai pas de formation rigoureuse en philosophie, mais j'ai croisé l'idée d'agapé dans le tantra (où ma formation n'est pas plus rigoureuse qu'en philosophie grecque). Là il sert aussi comme cadeau, mais surtout dans l'acte sexuel pris au sens large : toute interaction avec un-e autre où l'énergie sexuelle est engagée.
Dans ce contexte on parle de l'aspect divin, mais pas dans le sans chrétien. C'est plutôt une reconnaissance de la sexualité en soi, un amour de toute femme, ou de tout homme (ou les deux, selon). La différence de ce que tu décris me semble dans la volonté de présence, nécessairement des deux côtés. Car si l'acte sexuel est vu comme un rite sacré, l'agape qui advient est le produit de ce rite et de ce consentement mutuel. C'est un cadeau, mais un cadeau invité.... même s'il n'est pas conditionnel sur la réception d'un cadeau de retour.
On risque là de dire que le rite en question, ce soit le mariage. C'est bien la version chrétienne, mais c'est loin du version tantra, où le rite n'a plus de validité au delà de l'instant. Je suis là, je participe, je suis consentant. Après le déjeuner, il faut rétablir le consentement où non.
Bien sûr, pour entrer dans un tel rite il faut un niveau de confiance en sa partenaire... et c'est souvent plus facile d'avoir ce confiance avec une personne qui m'accompagne dans la vie. Mais pas uniquement. D'ailleurs, au fur et à mesure de gagner confiance en soi, on devient moins dépendent de l'autre... et paradoxalement plus capable de ressentir de la joie plutôt de se tourmenter avec des doutes "est-ce que je fais ça correctement, est-ce que je lui plaît, est-ce qu'elle va jouir ?"
L'inconditionnelle peut avoir du beau, alors, pourvu qu'elle ne soit pas abusé.

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bodhicitta

le vendredi 24 octobre 2014 à 14h56

un autre fil ou on a abordé les différents types d'amours... qui peut p t etre alimenter cette discussion aussi: /discussion/-jn-/Les-7-degres-de-l-amour/
que LuLutine a fait remonter pour des gens visiblements intérés pdt café poly

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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