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Se sentir impliqué dans les œuvres de fictions normées.

Culture
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RobotEtourdi

le dimanche 10 novembre 2013 à 10h40

Depuis un moment, j'ai l'impression de ne pas toujours vivre pleinement certaines histoires dans les œuvres de fiction (films, romans, BD, etc). En effet, j'ai du mal à me sentir impliqué par les enjeux dramatico-romantiques lorsque ceux-ci n'existent que dans le modèle monogame le plus répandu.

Ces histoires postulent par exemple que l'on ne peut aimer qu'une personne en même temps, qu'il existe une âme sœur, qu'on doit l'aimer toujours, que dans l'adultère c'est l'acte sexuel et non la malhonnêteté qui est dommageable, que notre amour doit être notre sauveur, etc.

Entendons-nous bien : ce ne sont pas de mauvaises histoires. Ce ne sont pas non plus des histoires qui se contentent de promouvoir le modèle dominant. Non, elles ont d'autres propos, parfois intelligents, et les tensions dramatiques engendrées par les situations normée sont parfois même anecdotiques.

Il n'empêche que je n'arrive pas toujours à rentrer dedans. Parfois, j'ai vraiment l'impression que les personnages s'inventent des problèmes qui n'en sont pas. Que pour moi, tout serait plus simple. Du coup, je m'identifie moins à ces personnages, je m'implique moins dans l'histoire et je n'en profite pas à fond.

C'est grave, docteur ? La philosophie polyamoureuse nous rend-elle inapte à apprécier pleinement les œuvres de fiction plus normées ?

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(compte clôturé)

le dimanche 10 novembre 2013 à 11h01

J'ai tendance à également ressentir ce RobotEtourdi. Je me prends parfois à dire devant un film : ben voyons, pourquoi j'aurais pu le deviner.

J'avais été très surprise d'un film où la princesse [version de Blanche Neige je crois] tombait amoureuse de deux hommes, l'un mercenaire et l'autre "prétendant aux épousailles" et qu'à la fin la princesse devient reine afin de succéder au trône de son père et régner mais que l'auteur ne lui ai pas demander de choisir. Les deux hommes l'ont sauvé, tous les deux (elle a de la chance elle a droit à deux baisers sauveur) et ils sont tous les deux à ses côtés pour son couronnement et ils se connaissent, se respectent malgré leur différence, font preuve en quelque sorte de compersion. Le clou de l'histoire en fait, à mes yeux, c'était ça... Les deux sont là, pour elle, différemment mais sans préférence (l'un pour sa protection, l'autre pour l'aider dans sa mission de reine). Je ne m'encombre pas de retenir les titres, noms des acteurs(trices) mais ce film m'avait marqué pour cela. C'était bien la première fois que j'appréciais autant un conte de fée.

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tsampa

le dimanche 10 novembre 2013 à 16h13

Assez d'accord avec toi RobotEtourdi, par contre ça a un côté sympa : quand je vais voir un film bien normé avec des potes qui savent que je suis poly, c'est l'occasion de plein de petits clins d'oeil et commentaires marrants :-)
Sur les pré-supposés de jalousie et de possessivité, sur l'intégration de la norme dans le scénario et les réactions des personnages, sur le choix des mots dans les dialogues, sur la complication que les les personnages ajoutent à leur vie dans l'unique but de respecter la norme (OK ça c'est un peu ironique), etc... ;-)
Y'a toujours un 2ème degré auquel regarder le film. Bon, c'est vrai que du coup te tu laisses moins porter par l'histoire, mais c'est quand même un bon moment :-)
Vivement Lutine, pour changer tout ça !

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(compte clôturé)

le lundi 11 novembre 2013 à 11h11

Bon il parait que le film dont je parle plus haut s'appelle "Blanche Neige et le chasseur". C'est relativement récent

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Green-Man-Outside

le mercredi 13 novembre 2013 à 23h59

J'aime bien ce sujet. :-)

J'ai eu le plaisir d'emmener une de mes dulcinées découvrir Excalibur de Boorman sur grand écran (au passage, ce film est un chef d'oeuvre) et elle a eu cette réplique bien sentie à la fin : "sans la monogamie rien de tout ça ne serait arrivé". :-D
En effet, entre Uther qui rompt son pacte d'alliance pour se taper Igraine de Cornouailles et Arthur qui plonge le royaume dans la famine quand il découvre l'adultère Guenièvre/Lancelot...
[en Spiral Dynamics, Excalibur décrit le passage de Rouge à Bleu avec la disparition progressive de l'animisme Violet au profit du monothéisme]

Cependant, si la partie "conjugale" du film est datée, reste un hilarant et so british Merlin, des charges héroïques sur O Fortuna, des régicide, matricide, inceste et manipulations dignes de la Bible mais en mode shakespearien (c'est vachement mieux), une réflexion sur les âges de la vie, du psychédélisme... bref, il y a de quoi se mettre sous la dent.

RobotEtourdi
Du coup, je m'identifie moins à ces personnages, je m'implique moins dans l'histoire et je n'en profite pas à fond.

C'est peut-être ça le truc. Il y a X manières d'apprécier un film, et pas forcément en s'identifiant aux personnages : la photo, le scénario, l'interprétation, la bo... Il n'y a pas beaucoup de personnages auxquels je m'identifie, ça m'empêche pas d'aimer certains films.

La photo de History Of Violence, les travellings et l'interprétation hallucinée de Good Fellas, le suspense des Enchainés, l'humour de North by Northwest, la puissance de Jacob's Ladder, le message métaphorique de They Live, l'univers de Ghost In The Shell, le dénouement de Runaways Train, la manière de filmer la ville qu'ont Mann et Friedkin... (+)
Bref, j'évite la liste exhaustive (dont les qualificatifs et détails ne sauraient l'être, eux, exhaustifs) mais des films stimulants malgré la norme sociétale qui les entoure, il y en a légion.

D'ailleurs, une oeuvre peut-elle être autre chose que le fruit de son environnement ?

En plus, dans certains cas, le cadre monogame n'enlève rien à l'intrigue relationnelle : si on prend History Of Violence, le fait que Bello et Mortensen vivent en couple avec deux enfants ne limite pas la portée de ce qu'ils traversent, puisque la problématique de leur relation n'est pas du tout liée à l'exclusivité sexuelle.

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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