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S'auto-suffire nécessite-t-il un minimum de distance ?

Bases
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Yoni

le lundi 14 octobre 2013 à 15h09

Bonjour, je m'excuse d'avance je vais certainement mal formuler mon propos car c'est assez vague dans ma tête.

Pour bien vivre le fait que son partenaire passe du temps avec quelqu'un d'autre, de façon intime (émotionnellement et/ou physiquement), je pense qu'il faut se détacher de l'autre. Sans pour autant cesser de penser à l'autre, j'aurais tendance à croire qu'on ne peut pas se sentir bien si on ne se recentre pas sur soi même, sans replacer son "point de gravité" sur soi, quelque part s'auto-suffire.
Je vois ça un peu comme un équilibre, lorsqu'on s'appuie sur quelqu'un et qu'à un moment il s'enlève, on doit retrouver appui sur ses deux jambes.

Avec une expérience trop fraiche mais pas mal d'introspection, j'en viens à me dire que cet équilibre nécessite un minimum de distance avec l'autre, ou plutôt de "laisser du mou" aux connexions que l'on a avec lui/elle. Sinon ça tire, et ça peut même arracher des parties de nous. Par connexions, je veux dire besoins/désirs/attentes et probablement beaucoup d'autres choses. Tout ce qui fait qu'on a envie/besoin de l'autre.
D'un autre côté je me dis que ça peut venir avec le temps, qu'on s'habitue à être en équilibre et s'auto-suffire sans pour autant se reculer, s'éloigner ; juste que l'on tient mieux sur ces jambes même quand on est "tirés".
Ou alors ça dépend avant tout des personnes (avoir cette force ou pas) et pas tellement de l'expérience. Qu'en pensez vous ?

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dominik

le lundi 14 octobre 2013 à 15h58

selon mon point de vue , ça dépend avant tout de chaque personne .. de chaque individualité et de ses propres vécus ...
oui , ça peut déséquilbrer ce qui pour toi a été une source d'équilibre ...
oui , ça peux tirer et arracher des parties de nous ...

j'essaye de t'aider au moyen de passages d'un bouquin qui est en train de bien m'éclairer sur ce genre de sujet ..

déja , tu parles de besoin et d'envie, je remplace volontairement le mot envie par le mot désir ... je pense que c'est ce que tu voulais formuler , et pis de toutes façons , dans mon bouquin , ils emploient le mot désir

Désir et besoin , ... tous deux sont liés au manque et à l'absence , mais besoin , mot francique ( comme besogne) signifie soigner tandis que désir , viens du latin , de sidera , signifie privé d'étoile , séparé des astres ... autrement dit , le besoin est enraciné dans la survie alors que le désir tente de nous faire dépasser notre condition animale ... désir et besoin ne sont nullement contradictoires et l'on pourrai dire qu'au départ , chez le nouveau né , ils se confondent .. mais le projet humain porte en lui la rupture de de cette confusion originelle . confondre désir et besoin ce serait en quelque sorte nier la condition humaine , la seule ou le désir sexuel est libéré de la nécessité de reproduire , comme le montre freud , en faisant de la pulsion le fruit de la différence entre désir et besoin ...

je continuerai ce soir ou demain , quand j'aurai un moment , avec d'autres extraits de ce même livre ..

EDIT , je reprends par un autre paragraphe du même bouquin :

DESIR ( violence du désir) dans les relations humaines , le désir a toujours deux faces 1er : mon désir vers l'autre , caractérisé par le mouvement , la créativité , l'offrande : j'ai envie d'être avec lui (tiens voila le mot envie qui rapplique) , envie de lui parler , de lui donner , de le connaitre , de m'apporter à l'autre ... 2eme : mon désir sur l'autre : j'ai envie qu'il ait envie de moi , de m'écouter , de recevoir ce que j'apporte , de se laisser connaitre , envie qu'il entre dans mon désir , si je te désires , je désire que tu me désires ... cette 2ème face du désir est la plus difficile a vivre car elle nous confronte à nos limites . lorsque le désir est frustré il peut nous conduire aux exigeances et aux aberrations relationnelles du type : tu dois m'ailmer , tu ne peux pas me faire ça , tu dois t'occupper de moi puisque je ne peux pas me passer de toi ... ce désir là , débouche sur la violence contre soi même et contre l'autre car nous n'avons pas de prise sur le désir de l'autre , nous n'avons que le pouvoir restreint de l'éveiller , et de le stimuler (éventuellement) . le désir de l'autre appartient à l'autre , il est spontané , ou il n'est pas ... cette impuissance là , quand nous découvrons nos limites sur le désir de l'autre , n'est jamais vraiment acceptée . elle blesse les reliquats de notre toute puissance perdue , alors nous rencontrons notre refus profond , notre inacceptation intime d'être dépourvu de ce pouvoir .. et c'est difficile à vivre , parfois insupportable à accepter ...

a te lire , quelque chose me dit que tu es dans le dur ( je peux me tromper et c'est a toi de le dire , pas à moi ) => mais quand tu écris => Je vois ça un peu comme un équilibre, (qui d'une certaine façon semblait te satisfaire, mais que tu dois ré ajuster ) , ou encore " ça peut même arracher des parties de nous.".. soit que cela t'aies déjà joué ce genre de tour , soit que tu aies la conscience que cela puisse arriver , m'a fait penser à l'innacceptation de notre impuissance face à la découverte de nos limites sur le désir de l'autre .. et les blessures , refus profond , difficultés , voire insupportabilité a vivre avec ..
je peux me tromper , je ne suis pas psycho , mais ça m'y a fait penser .. d'ailleurs , si ya un siesta qui pouvait nous éclairer un peu , ça serait super ...
bref , ça évoque ça selon mon pt de vue ...
certaines personnes semblent mieux armées que d'autres pour supporter ces choses là .. rien qu'en lisant evavita ou gdc on peut en être persuadé , d'autres témoignages ne devraient pas tarder a arriver ..
a titre perso , je n'ai malheureusement aucun conseil à te donner car je me suis déjà retrouvé dans ce cas là et que je n'avais pas trouvé la solution .. n'est pas "poly-détendu" sur ces choses là qui veut .. ces choses là ne se décrètent pas et sont liées à nos vécus, et ce depuis la plus tendre enfance ..
j'espère toutefois qu' en te proposant cette lecture , cela va te permettre de comprendre ces mécanismes , pour peu que ce soit ceux là qui se jouent en toi ... et pour peux que je ne me sois pas trompé de mécanisme bien entendu ..
entendu aussi que bien d'autres mécanismes qui ne sont pas abordés ici ne manqueront pas de se rajouter à celui là ..
a toi , a nous , si nous nous retrouvons dans les mêmes questionnements , de sentir , d'identifier si ça fait mal , un peu , beaucoup .. pas du tout , et éventuellement à se faire aider ...

bis répétita , si ya un psycho qui pouvait nous éclairer un peu , ça serait super ... car il me semble que ce genre de question / situation , où l'un souffre de voir l'autre avoir du désir pour un où une autre , reviens assez fréquemment sur le fofo ...

j'espère t'avoir aidée ..

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Evavita

le lundi 14 octobre 2013 à 16h49

Salut Yoni,

Je ne sais pas si il y a un remède "miracle" au fait de mieux vivre le fait son partenaire passe du temps avec quelqu'un d'autre. S'auto-suffire est à mon sens important de manière générale pour que je vive mes relations de manière zen (qu'il ai présence d'autres partenaires ou pas).

Par contre, je ne ressens pas le besoin de me détacher de manière plus importante quand quelqu'un d'autre viens s'ajouter à l'univers d'un de mes partenaires car je ne ressens pas ce tiraillement dont tu parles. Par moment il m'arrive de chercher à m'effacer volontairement pour "laisser de la place" aux autres. C'est le même principe que si j'étais autour d'une table avec des amis. Si un nouvel arrivant pointe le bout de son nez, je me pousse/recule pour élargir le cercle et laisser un peu de place à ce dernier.

A moins qu'on ne me fasse part d'un besoin contraire, je vais maintenir la même proximité avec mon partenaire, entre autre parce que je pense que quand je vois les choses de près, elles sont bien plus rassurantes que de loin où je risque d'y ajouter ma touche d’imaginaire.
Je pose donc toutes les questions que je veux (laissant à l'autre la charge de me dire qu'il ne veut pas y répondre), l'encourage à me dire où il en est dans sa ses relations comme je le fais avec un amis. C'est ainsi que je développe moi même le plaisir de les savoir heureux avec d'autres que moi. Si je prend trop de distance, je ne me sens pas concernée et laisse donc place uniquement à mes propres émotions.

Cependant, j'ai bien conscience que ce n'est pas un comportement qui pourrait convenir à tout le monde, pour n’importe quelle relation ou à n'importe quel stade de sa vie.

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(compte clôturé)

le lundi 14 octobre 2013 à 17h37

Bonjour Yoni,
Tout d'abord j'adore les motifs celtic, cool ton symbole, je suis fan.
Je pense en effet que chacun a son mode de réaction face à une situation similaire, donc te conseiller reste de l'hypothèse. Tu parles d'équilibre et je pense que nous ne sommes pas tous égaux face à cela. Personnellement je suis du style à m'adapter et à vivre relativement dans l'incertain. Comme Evavita, une nouvelle personne, et bien soit la bienvenue, chouette ! Pour d'autres, ce sera un inconnu, qui est-il ? etc ?... Donc certains ont plus de temps à s'adapter à la nouveauté et à se lancer sereinement vers l'inconnu. Mon mari serait plutôt de ceux-là, alors avec moi, il est mis à rude épreuve. Notre "équilibre" émotionnel et surtout le sien (sa crainte de l'abandon, se comparer à l'autre, etc...) est à chaque fois à stabiliser. Je le sais, alors "j'ajuste" mes actes, je freine parfois volontairement l'amplitude que pourrait prendre une relation, etc... Je compose.
Par contre, ça me ferait mal qu'il s'éloigne de moi car je crois qu'il me mettrait moi en insécurité. Il n'est pas poly et se "revendique" même comme pas d'accord. Toutefois, il vit cela avec moi. Il m'accompagne à des rencontres poly, il m'a assisté pour une organiser une (une bonne dizaine d'adultes + 4 jeunes de 8 à 17 ans, sans compter récupérer untel en gare, préparé le lit d'ami, etc) et aussi vient avec moi dans mes "déplacements" de polyaffective. Il a la liberté de ses convictions et de ses actes et j'ai la mienne. Nous aussi nous essayons que l'autre ne soit plus notre deuxième jambe. De mon côté, je m'envole toute seule maintenant plus régulièrement (liaison amicale ou amoureuse). Je m'arrange pour le faire lorsque lui est occupé de son côté. Je trouve cela important. Nous prenons d'autant plus de plaisir à nous retrouver. Pour moi, c'est aussi cela la polyaffectivité.

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Yoni

le lundi 14 octobre 2013 à 18h31

Tout d'abord, comme je l'ai lu ici je ne sais plus où, il s'agit plutôt de lire des témoignages et des expériences que des conseils ;-)

@dominik : je ne parlais pas spécialement de désir en parlant d'envie, car je généralisais à un peu tout, une envie de faire quelque chose ensemble pas forcément charnel, juste partager quelque chose.
Bien entendu, la limite entre les "envies" avec les amis et celles avec les amoureux(ses) se situe sans doute autour du désir. Mais bon à la limite la question peut se poser pour absolument n'importe quel type de relation, y compris amicale.

(gcd68 merci !)

Vous parlez d'accueillir dans un cercle, laisser la place à quelqu'un. Moi j'avais plutôt en tête des relations 1 à 1 en l'occurrence ! Comme je le lisais dans un autre fil (http://polyamour.info/discussion/-va-/Partir-en-week-end-ou-en-vacances-avec-une-amoureuxse-et-les), tout le monde n'a pas le même comportement mais on a quand même tendance à se "concentrer" sur une personne quand on passe du temps avec elle. Je pensais surtout à ces moments là où l'autre ne sera pas présent (ou peu) car avec quelqu'un d'autre. Des moments où au final il faut apprendre à "se débrouiller avec soi même", ou en tout cas s'occuper autrement.
Après bien sûr que il ne s'agit pas de distance de façon générale, plutôt à certains moments.

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Evavita

le lundi 14 octobre 2013 à 19h02

Yoni
tout le monde n'a pas le même comportement mais on a quand même tendance à se "concentrer" sur une personne quand on passe du temps avec elle. Je pensais surtout à ces moments là où l'autre ne sera pas présent (ou peu) car avec quelqu'un d'autre. Des moments où au final il faut apprendre à "se débrouiller avec soi même", ou en tout cas s'occuper autrement.
Après bien sûr que il ne s'agit pas de distance de façon générale, plutôt à certains moments.

Merci d'avoir precisé Yoni. Je dirais pour ceux qui n'en n'ont pas l'habitude, qu'il s'agit plus de prendre plaisir à faire des choses quand l'autre n'est pas là. C'est une question de point de vue. Me dire que je m'occupe dans l'attente que l'autre revienne n'est pas du tout la même chose que de simplement reprendre mes occupations là où je les avais laissées. Et je pense que je be le vivrais pas pareil non plus.

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dominik

le lundi 14 octobre 2013 à 19h06

yoni , je viens de finir mon post , par un gros EDIT , dans le même tempo que tu écrivais ... donc faut remonter plus haut , a mon post initial , pour avoir la suite .. ... l'on peut y voir par exemple que les mots désir et envie sont très liés .. ou encore que je ne donne pas de conseils car j'en suis incapable , etc

@yoni , ... je ne parlais pas spécialement de désir en parlant d'envie, car je généralisais à un peu tout, une envie de faire quelque chose ensemble pas forcément charnel, juste partager quelque chose. Bien entendu, la limite entre les "envies" avec les amis et celles avec les amoureux(ses) se situe sans doute autour du désir. Mais bon à la limite la question peut se poser pour absolument n'importe quel type de relation, y compris amicale.

je suis d'accord avec toi yoni , l'écrit que je te propose , va "a priori" plus dans le sens d'une relation amoureuse qu'amicale .. encore que , cela parle de "relations humaines" sans autres précisions ... il ne "devrait" y avoir d'ailleurs "a priori" aucune raison d'avoir mal et de souffrir dans une relation amicale ... quand pensez vous ? .. moi jamais , ça fait mal a la tête ...

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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(compte clôturé)

le lundi 14 octobre 2013 à 19h07

Je ne sais pas pour Evavita mais ce que je voulais dire c'est que si une nouvelle personne s'intègre dans la vie de l'autre (amitié, amour, affectivité de toute sorte) d'une manière importante, cela aura je crois obligatoirement une incidence sur ta vie affective. Cette nouvelle personne entrera dans les discussions, dans les pensées, etc... donc il sera inutile de vouloir l'ignorer. Toute relation a besoin d'intimité afin de se développer sereinement. Pour moi, être avec EUX est important mais être avec CHACUN aussi. Juste, je m'efforce de ne pas "délaissé" (que l'autre se sente seul, comme abandonné) mon mari et m'inquiète du bon moment pour les autres, car ils ont une vie en dehors de moi (heureusement !). Je tiens à cela. Perso je ne me sentirais pas bien autrement. Je reconnais que l'ajustage n'est pas aisé, mais pas impossible. Après, on peut aussi expliquer si on ne peut pas faire autrement et que la situation ne satisfasse pas tout le monde.
Après, si par distance tu veux dire faire de ton côté des activités, des rencontres... fait le si tu penses que c'est bien pour toi. Par contre si c'est uniquement pour donner le change... Récupère ta deuxième jambe en douceur, gentiment, sereinement, laisse faire le temps... et laisse la récupérer la sienne à sa guise :-)

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(compte clôturé)

le lundi 14 octobre 2013 à 19h07

et moi j'ai rédigé le mien en mm tps que toi Dominik

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(compte clôturé)

le lundi 14 octobre 2013 à 19h11

Dominik
et il n'y a d'ailleurs a priori aucune raison d'avoir mal et de souffrir de quoi que ce soit dans une relation amicale ...

Je me permet de ne pas être d'accord. L'amitié et l'amour ont à mon sens une frontière très floue (et ce n'est pas le sexe) et l'on peut être plus intime et plus proche affectivement parlant d'un "ami" que d'un "amour". C'est la raison pour laquelle je parle à ce jour de polyaffectivité. Evidemment, tu as le droit de ne pas être d'accord avec moi, ce sont des nuances qui sont de l'ordre du ressenti, donc le mien n'est pas le tien.

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dominik

le lundi 14 octobre 2013 à 19h14

hello gdc , j'ai édité en mettant des parenthèses partout sur les mots clés et en complétant par un trait d'humour pour que cela devienne une question .. ... sur le fond , je suis d'accord avec toi ..

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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bodhicitta

le lundi 14 octobre 2013 à 19h20

<3

yoni
Sans pour autant cesser de penser à l'autre, j'aurais tendance à croire qu'on ne peut pas se sentir bien si on ne se recentre pas sur soi même, sans replacer son "point de gravité" sur soi, quelque part s'auto-suffire.

Oui en effet je le vie de la méme façon et c'est aussi pourquoi je suis polyamoureuse et je souhaite que <3 mon chéri <3 sois pleinement lui méme et en accord avec lui méme. Je l'aime parceque il n'a pas besoin de moi pour se tenir debout.
Auto-suffisant me semble un peu fort car, comme tu le dis aussi, "sans pour autant cesser de penser à l'autre" l'autre est tjs là, dans nos réveries, notre coeur, ...

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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dominik

le lundi 14 octobre 2013 à 19h24

@ gdc : L'amitié et l'amour ont à mon sens une frontière très floue (et ce n'est pas le sexe)

là je dirai que ça dépend des pts de vue , vécus , ressentis de chacun(e) , et de ce que chacun(e) met derrière les mots ..

pour moi , qui n'ai donc pas le même point de vue , les mêmes ressentis , vécus etc , l'amitié est une forme d'amour très puissante et sans sexualité , pour d'autres , la définition personnelle du mot amitié sera différente .. et tu le rappelles d'ailleurs très bien ...
ceci dit , là on s'éloigne du sujet initial .. ça serait cool pour yoni de ne pas trop lui détourner son fill .. d'autant qu'il est bigrement interressant ... bises et gros clin d'oeil à toi

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Yoni

le lundi 14 octobre 2013 à 22h07

gcd68
Après, si par distance tu veux dire faire de ton côté des activités, des rencontres...

Non pas vraiment, plutôt (en exagérant beaucoup) ne plus compter sur l'autre, accepter l'idée de ne compter que sur soi même, même si ça n'est pas définitif et même si c'est en réalité plutôt faux.
Il ne s'agit donc pas d'ignorer la nouvelle personne et tout ce que ça apporte/transforme dans la relation existante. Mais prendre un certain recul, je ne saurais pas expliquer comment, pour que ces impacts soient "extérieurs" à soi.

@dominik : effectivement tout ça rejoint sans doute ce que tu décris, le déséquilibre d'avoir trop compté sur le désir de l'autre et d'avoir comme un trou d'air dans ce qu'on reçoit de l'autre. Et c'est justement cette recherche d'un nouvel équilibre qui me faisait penser qu'on devait s'auto-suffire. Et donc prendre un minimum de distance ?

Comme gcd68 je trouve que la limite amitié/amour est floue, certains amis ont des relations sexuelles, certains amoureux n'en ont pas. Et si on commence en plus à faire la distinction entre la passion (relativement éphémère) et l'amour de longue date, ça devient encore plus compliqué de classer les relations !
Et ce n'est pas mon fil, c'est un débart ouvert, livre de dévier où il déviera ;-)

Pour en revenir au sujet, les termes étaient un peu forts mais en même temps ils ne semblent pas tellement exagérés. De ce que j'ai pu lire ici, beaucoup semblent être relativement indépendants et donc quelque part "auto-suffisants". Ce qui ne veut pas dire qu'on peut se passer des autres sans problèmes, juste que même sans eux on ne se casse pas la gueule :)
Mais je peux me tromper.
D'où la question de savoir, de quelle façon était vécue cette indépendance (ou disons plutôt comment elle était atteinte !).

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bodhicitta

le lundi 14 octobre 2013 à 22h56

J'ai toujours eu une tendance à étre trés indépendante, surtout quand j'ai, par des allez à de la vie, étais "obligé" de prendre du recul sur la vie, tout ce qui la constitue, l'amour et les relations bien entendu.
A cette période j'ai "découvert" le polyamour, (enfin des mots sur un amour qui me semblait vrai dans toute sa beauté) J'y ai tout de suite vu un merveilleux "outil":
-pour me permettre de rester attentive, à rester indépendante justement.
-pour ne pas avoir le germe de la possessivité en moi (je ne serai jamais amoureuse d'un homme que j'ai l'impression de posséder)
-garder ma liberté

et pour etre "dépendante" du présent avant tout !

Mais qui de l'oeuf ou de la poule est arrivé le 1er...?
Poly parceque indépendante de nature? en touts cas depuis que j'y réfléchis, je suis poly, et j'y gagne en indépendance.
:-( j'vais p t etre pas t'aider :-(

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Siestacorta

le lundi 14 octobre 2013 à 23h00

Yoni

D'où la question de savoir, de quelle façon était vécue cette indépendance (ou disons plutôt comment elle était atteinte !).

Récupérée aujourd'hui même chez une poly : "je suis pas anti-social, je suis pro-solitude".
En gros, si tu veux te sentir moins dépendant, faut aimer ta solitude. Etre bien quand t'es tout seul, mais aussi trouver ta façon d'être bien en étant "seul avec les autres".
Pour ma part, je suis rêveur, introspectif et contemplatif, donc bon, quand je suis seul avec quelqu'un, je crains plutôt que ce soit lui qui s'emmerde.

Bref, aimer ta solitude : aimer ce que tu fais et ce que tu vis quand tu es seul. Aimer des activités dans lesquelles tu t'impliques beaucoup pour toi, qui te font découvrir des nouvelles choses souvent.
Et même, aimer s'ennuyer un peu, pas avoir peur du vide, mais s'en servir. Ne serait-ce que pour se reposer, mais aussi pour voir ce qui vient spontanément dedans comme envies.

T'es pas obligé, cela dit, de fonctionner à l'auto-suffisance. Il y a quelques polys fusionnels, qui apportent une solution au même problème que toi (bien vivre les nouvelles relations) en s'impliquant au contraire à fond dans la relation avec le tiers. Faut encore que le partenaire soit dans le même trip.

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Yoni

le lundi 14 octobre 2013 à 23h54

Oui je n'ai pas évoqué la possibilité de rester fusionnel et poly car ça me semble quand même difficilement réalisable. Je vois plutôt ça pour des couples très unis qui ajoutent des partenaires mais qui ne vivent pas réellement de relations indépendantes avec d'autres. Enfin ça existe peut être quand même, mais je suppose que ça reste une microrité (c'est comme une minorité mais en plus petit, j'appelle Larousse sur le champ pour déposer l'idée).

Sinon je me retrouve assez dans ce que tu dis sur le comportement un peu rêveur, introspectif et contemplatif. En fait je ne sais pas trop où je veux en venir avec ce fil, mais je me demande de façon vague à quel point le mode de vie poly "réduit" la proximité/l'aspect-fusionnel. Comme l'équilibre est différent, forcément certaines choses se retrouvent dosées différemment je suppose (dont l'aspect fusionnel).

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bodhicitta

le mardi 15 octobre 2013 à 00h08

Oui <3 ça se recroise, désir (et sexuel) , indépendance:
justement je "croise" dans ma lecture du moment: Désirs, passion & spiritualité de Daniel Odier:

"La fidélité qui préoccupe beaucoup de monde n'est pas un probléme.
Plus vous allez vivre pleinement, plus le désir va se trouver en frémissement continu, avec ou sans objet. Ce frémissement va venir de vous, de votre conscience, de votre coeur et va abreuver vos proches comme ceux qui vous croisent. Méme ceux prés de vous dans le bus vont en profiter.

Lorsque vous vous abreuvez de plus en plus à votre propre fontaine, il n'y a plus d'insatisfaction, il n'y a donc plus de demandes exterieure car c'est l'ensemble de la vie qui vous apporte le frémissement amoureux..."

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Yoni

le mardi 15 octobre 2013 à 01h08

J'avais déjà lu cette idée dans un livre psy, et je trouve ça assez vrai, même si plus facile à lire qu'à faire. Et justement cette idée de s'abreuver à sa propre fontaine c'est ce que je voulais dire par auto-suffisance. Qui permet du coup de "donner" plus facilement car on est déjà relativement comblé par soi même. Peut être que cet état là permet de réduire cette distance dont je parle à terme, pour rester très proche quand les moments le permettent et "occupé ailleurs" le reste du temps.

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(compte clôturé)

le mardi 15 octobre 2013 à 10h07

Yoni, je te propose, puisque tu aimes lire et que tu recherches des réponses dans les livres, de mettre à ta disposition une liste de références qui pourront t'aider globalement, pas seulement sur le sujet abordé ici. Comme tu l'as compris j'ai une conception plus globale et moins structurée des relations affectives et je serai heureuse de développer cela. Je t'envoie un mp (message privé).

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