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RobotEtourdi

le vendredi 23 août 2013 à 10h03

Depuis quelques temps, je me demande si le diktat le plus impérieux issu de la norme en matière de relation amoureuse ne serait pas, non pas la monogamie, mais cette idée qu'une relation doit être durable.

Les modèles relationnels encore majoritaires aujourd'hui ont été inventés à une époque où l'espérance de vie était deux fois moins longue et où il fallait concevoir de nombreux enfants pour compenser la forte mortalité infantile.

Aujourd'hui encore, on recherche encore "l'amour de sa vie", celui avec lequel on va vieillir et qu'on aimera jusqu'à sa mort.

Les polyamoureux sont-il plus enclins que les autres à accepter les relations à durée limitée ? La possibilité de ne jamais connaître d'amour durable, pour toujours, leur est-elle supportable, ou plus acceptable ?

Je suis pour ma part convaincu qu'une histoire n'a pas besoin d'être longue pour être belle, et j'ai rédigé et lu quelques nouvelles que l'on aurait gâchées à vouloir trop les prolonger pour en faire d'ennuyeuses épopées.

Pourtant, même dans une configuration polyamoureuse, je me sens poussé à créer des relations pérennes. Une partie de moi probablement conditionnée, me dit qu'avec l'âge, il faudra "se caser".

Je n'y vois pourtant aucune raison logique et je ressens cette contrainte comme celle de la monogamie : vouloir faire entrer un rond dans un carré, ou les aspirations d'un individu dans un modèle inadapté.

Quelle libération ce serait de ne plus craindre les ruptures et de ne plus en souffrir ! De simplement se dire "On a trouvé une belle fin à notre histoire, une jolie conclusion. Peut-être écrirons-nous une suite, à l'occasion".

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Vaniel

le vendredi 23 août 2013 à 18h06

Il est possible de trouver "une belle fin", provisoire ou non, à une histoire et d'en souffrir quand même. Je crois pouvoir dire que chez beaucoup de poly il y a davantage des transformations dans les dynamiques des relations que des ruptures nettes et définitives. Dans tous les cas, les changements peuvent être difficiles à vivre. Il ne faut cependant pas les redouter et ne pas craindre, de manière maladive, de souffrir. La souffrance, quand elle ne s'éternise pas, est une émotion par trop dévaluée. Elle possède ses qualités. Refuser la souffrance, c'est, bien souvent, refuser de vivre, refuser d'évoluer.
Le choix d'être poly nous expose davantage que d'autres à la souffrance puisque nous risquons de perdre davantage de personnes très proches de nous. C'est un choix, un prix que je n'hésite pas à payer.

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Geraldin-e

le vendredi 23 août 2013 à 21h19

D'accord avec Vaniel ci-dessus. (+)

J'ai tendance à souhaiter plutôt des relations (quel que soit leur type) durables.
Sans doute qu'on peut y déceler l'effet d'une norme culturelle, et aussi le désir de sécurité.
Mais il n'y a pas que ça, il peut y avoir le souhait de continuer une relation qui se passe bien et apporte plein de chose, on peut aussi considérer qu'il faut souvent beaucoup de temps pour se connaître, se comprendre, s'apprécier, et que si on recherche ça (approfondir, découvrir plein de facettes) il vaut donc mieux que nos relations durent.

Après, on est dans les questions insolubles concernant le mystère insondable et les différents sens/niveaux de ce qu'est l'amour, l'attachement...

D'un côté il faut en effet viser une sorte de détachement permettant des ruptures/éloignements/changements sans trop de douleurs.
De l'autre, on observe que l'attachement et l'amour, quand ils ont été forts/réels, ont tendance à durer chez la plupart (?) des gens quoiqu'il arrive. On a donc l'impression que ça fait vraiment partie de la vie (et pas seulement à cause de nos hormones), que ce n'est pas qu'une norme. Et donc, qu'il est vain de le refuser, de le refouler, mais qu'il faudrait plutôt chercher quoi en faire.
Mais c'est vrai que quand la relation est morte, ou destructrice, mieux vaut arriver à prendre de la distance, ce qui n'est pas forcément facile. Je ne crois pas que ce soit vraiment lié au fait de se vivre mono ou poly, mais le polyamour, par des relations généralement plus conscientes, multiples et plus communicantes, aide bien quand même.
Pour moi, l'amour/amitié ne cessent pas vraiment, même longtemps après, même après une séparation, même en cas de gros désaccords. Pour que ça cesse, il faut vraiment des actes très déplaisants, répétés, de gros problèmes insolubles.
N'empêche que parfois, il faut arrêter même si l'amour/amitié est encore là, ce pour des raisons pratiques, d'engagements, de pensées trop divergentes. Et là c'est dur dans tous les cas.
Mais j'imagine que tout le monde ne vit pas ces choses là de cette façon.

Je vis ça comme le fait qu'une fois que de multiples portes sont ouvertes, elles ne se referment pas vraiment. On emprunte ces portes plus ou moins souvent, en entrant l'une chez l'autre plus ou moins loin, de différentes manières, nue ou en armure. Mais les portes sont comme gravées.

J'ai toujours tendance à voir une rupture nette et définitive comme une sorte d'échec (par rapport à une sorte d'idéal de communion/entente globale, multiple, sociale...). Ce qui n'est pas tout à fait la même chose qu'un changement dans le "mode" de relation, amitié qui devient plus épisodique, amour vécu sur tout les plans qui devient amitié "classique". Même si là aussi, je considère plutôt comme un échec le fait d'enlever des "dimensions" à une relation.
D'autre part, les ruptures ne sont pas forcément définitives.

On peut avoir des relations pérennes sans pour autant se caser il me semble. Si ces relations par exemple sont liées à des activités communes, à un projet de vie. Et encore plus si on a aussi d'autres relations moins pérennes ?

Bref, c'est une "gymnastique" compliquée, comme souvent en équilibre entre deux pôles contradictoires (attachement/détachement, durable/court), une tension entre des oppositions.

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Deneb

le vendredi 23 août 2013 à 23h14

Vaniel
Elle possède ses qualités. Refuser la souffrance, c'est, bien souvent, refuser de vivre, refuser d'évoluer.

oui !
La souffrance, la mort, sont liées à la vie même.
La souffrance, comme la peur (celle qui nous accompagne peut-être le plus dans notre quotidien de façon inconsciente) la joie, la tristesse, toutes nos émotions nous « structurent » puisqu’elles génèrent des réactions aux évènements dont elles sont à l’origine et ensuite une adaptation (efficiente ou pas, après c’est selon l’individu…) tout au long de notre vie…
Pour la souffrance je dirai que dans nos sociétés riches on a cherché à s’en délivrer au maximum, la souffrance physique dans un premier temps et psychologique plus récemment, la souffrance de l’inconfort aussi (habitat, environnement de vie facilité) c’est bien humain.
On peut se poser la question de savoir si l’on est « apte » à la souffrance et à s’en remettre et de voir ce que l’on va en faire… certains montagnards du Yemen, du Tibet et tant d’autres, vivent dans des conditions si rudes, que la souffrance est une sorte de compagnon quotidien qu’ils ont plus ou moins réussi à dompter pour vivre avec…
Mais quand c’est la faim, la maladie sans soins, les blessures mortelles, la pauvreté extrême à vie, la mort violente (débris éparpillés de corps d’humains explosés au milieu de la foule, enfant mort dans les bras de sa mère atteint par la balle d’un snipper…) comment va-t-on s’adapter pour continuer à vivre malgré tout ? Quelle réponse ? Devenir terroriste et répondre par la violence, devenir pacifiste et militer pour la paix, se suicider, devenir fou, garder des séquelles psychologiques, subir à vie sa condition…
Quant à la souffrance de la rupture en amour, je pense que l’on est dans une autre dimension, plus facilement résoluble si l’on s’en donne les moyens….

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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Deneb

le vendredi 23 août 2013 à 23h26

Geraldin-e
J'ai toujours tendance à voir une rupture nette et définitive comme une sorte d'échec

Et bien, c’est selon les individus, je dirais que ce n’en est pas forcément un ! C’est selon le vécu de la relation en question, si les individus considèrent qu’ils n’ont pas autre chose à vivre ensemble sur le long terme, et que ce qu’ils ont vécu a été positif et heureux dans un temps qu’il ont choisi de vivre, alors ce sera une réussite… je pense qu'on ne peut établir une évaluation sur le temps vécu : durée = réussite temps limité = échec.
On peut être affecté de n’avoir pu accomplir ses projets, rêves etc… avec la personne avec qui ils étaient prévus, et selon le degré de souffrance, de frustration qu’on en éprouvera on pourra alors le vivre comme un échec…selon les individus je dirais que ça pourrait même leur donner envie de les réaliser encore plus fort avec une autre personne !

Geraldin-e
Pour moi, l'amour/amitié ne cessent pas vraiment, même longtemps après, même après une séparation, même en cas de gros désaccords.

Ca s'observe assez souvent je trouve, maintenant que plein de gens ont plusieurs « ex » (ou de futur ex :-) ) grâce au divorce facilité entre autres, ils se voient plus ou moins régulièrement, s’invitent parfois autour d’une table avec des amis communs, ont gardé un contact dans les cas bien sûr où il n’y a pas eu d’évènements « graves » ne pouvant être résiliés facilement..
Je pense en effet que quand on a aimé ou partagé des évènements agréables avec quelqu'un, le cerveau en garde la "mémoire" et établit une sorte de connexion sentimentale rémanente avec l'individu.

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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Anarchamory

le vendredi 23 août 2013 à 23h40

Pour moi, le principe de la durabilité fait partie de l'amitié et de l'"amour" et une amitié ou un "amour" qui se terminent, je vois ça comme un accident de parcours, un échec, et non pas un processus "normal" et "naturel". Ainsi, que serait une amitié qui n'existerait que les jours pairs ?... Ça ne serait tout simplement pas une amitié du tout ! Si je ne peux pas compter sur mon ami pour me secourir, par exemple — et sauf s'il a évidemment de bonnes raisons à faire valoir — simplement parce qu'on va être le 1er, le 3, le 5, etc. du mois... puis-je vraiment considérer qu'il m'aime, ne serait-ce que les jours pairs ?... A mon sens non : quand on aime quelqu'un on aime aussi le fait de l'aimer de façon ininterrompue. Et cet "amour", cette amitié, se caractérisent notamment par l'existence d'une obligation mutuelle et continuelle, en conscience, d'un point de vue éthique. Sinon, il faut appeler ça autrement : "prestation de service" par exemple.

Je suis peut-être vieux jeu et réac :P

A mon avis, ce qu'il y a de bien, aussi, avec la non-exclusivité, c'est qu'elle permet l'indissolubilité — en principe — du lien et la fidélité à l'autre, sans instaurer de double contrainte, sans devoir s'enfermer dans une relation.

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Deneb

le samedi 24 août 2013 à 00h21

Metazet
Pour moi, le principe de la durabilité fait partie de l'amitié et de l'"amour"

On peut se le poser comme un idéal et quand même vouloir positivement arrêter une relation parce qu'elle ne fait plus sens ?

Metazet
Ainsi, que serait une amitié qui n'existerait que les jours pairs ?

:-)
Quand je parlais de temps "limité", ce n'était pas "en alternance" bien sûr !
J'aurais du employer longue durée/moyenne ou courte durée...:-/

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RobotEtourdi

le samedi 24 août 2013 à 14h38

Sur la question de la tristesse, je ne suis pas d'accord. Je pense qu'il faut l'éviter tant qu'on le peut. Si elle survient néanmoins, il faut savoir en tirer un enseignement, ne serait-ce que pour mieux l'éviter à l'avenir. L'optimisme est un devoir, une politesse élémentaire que l'on doit faire à ceux qui vivent dans la tourmente alors que nous vivons au paradis.

Néanmoins, le chagrin n'est pas tellement au centre du débat lorsqu'on se place dans un schéma de pensée où la durée n'est pas une obligation.

Prenons l'exemple de deux amis qui se sont connus à la fac. Ils étaient inséparables et on vécu intensément leur amitié. La fin des études arrivent et l'un part bosser à New York tandis que l'autre s'installe à Rome. Les contacts se font moins fréquents mais restent chaleureux. Chacun se crée un nouvel entourage, chacun change. Le Romain veut préserver cette douce immaturité qu'il avait lors de son adolescence. Il aime faire la fête, draguer et vivre à cent à l'heure. Le New Yorkais s'épanouit dans une vie qu'il considère comme plus adulte et responsabilisée. Il rêve de fonder une famille, et prend plaisir à organiser la fête des voisins.

Les deux amis retournent en France, à Paris tous les deux, pour y vivre. Peut-être auront-ils la nostalgie de leur complicité passée, mais faut-il pour autant qu'ils se revoient de manière soutenue ? Après tout, ils ont chacun fait de nouvelles rencontres, construit de nouvelles aspirations... et même s'ils pourront probablement passé un bon moment à l'occasion, je ne suis pas sûr qu'il faille nécessairement s'acharner à retrouver la connexion d'antan.

Il m'est arrivé, en quelques occasions, de rencontrer une fille avec laquelle je partage une forme de connexion intime. Un agréablement moment passé ensemble à rire dans un climat d'attraction mutuelle, par exemple. Je suis alors convaincu qu'elle et moi avons quelque chose à vivre, quelque chose qui restera beau si on le prolonge au-delà d'une seule nuit. Une semaine ? Un mois ? Un an ?

Non. Pas un an. Un an c'est trop parce que déjà je sens poindre des problématiques liées à la durée. Des projets de vie géographiquement incompatibles. Deux visions de la vie difficilement réconciliables (ce qui n'est pas gênant quand l'histoire est courte mais peut l'être quand elle s'inscrit dans la durée). La simple prémonition qu'une fois la période de passion retombée, la connexion ne saura pas évoluer sous une autre forme comme elle le fait parfois...

Que faire ? Dois-je m'interdire de vivre cet amour-là avant même d'y avoir goûté ? Dois-je le vivre et m'acharner à le faire perdurer ? Ou bien dois-je vivre l'instant présent, acceptant qu'un jour elle se détachera de moi quand la bise sera venue, peut-être au profit d'autres histoires amoureuse, tandis que je découvrirai moi-même dans les bras d'autres chéries la chaleur qu'une connexion effacée n'aurait pu apporter ?

Une belle histoire de plus est écrite. Et la nostalgie enrichie ma plume pour les histoires à venir, car j'apprends de la tristesse, certes, mais tout autant de la joie.

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(compte clôturé)

le samedi 24 août 2013 à 15h27

Pour moi, le temps permet une meilleure connaissance de soi et de l'autre. Une "histoire" pérenne permet un développement. Par contre, notre vie est faite de rencontre plus ou moins succinctes donc le court terme peut aussi faire avancer et permet de partager, mais différemment.

Je recommande (dixit ma bibliothèque, encore elle) "la rupture pour vivre" de Simone Barbaras (faire les bons choix pour un nouveau départ)... l'auteure y décrit très bien le phénomène de rupture et pas seulement dans les relations amoureuses.

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Len

le samedi 24 août 2013 à 15h42

Salut RobotEtourdi,

Ton sujet est intéressant, j'ai envie d'y partager mes réflexions.

Au-delà, des polyaffectifs, des monoaffectifs, bref des étiquettes je pense que l'être humain à besoin de repère, de stabilité dans sa vie.

Il a aussi besoin de bouger, de vivre des aventures, des victoires.

Alors pour vivre heureux, il est évident que certaines relations vont durer dans le temps. Pourquoi?

Parsque des êtres auront choisi de ne pas seulement faire vivre sur un seul plan, une seule connexion. Des premières connexions qui les ont attirés l'un à l'autre, elles vont approfondir, enrichir la relation de manière que des connexions seront de plus en plus multiples.

Et la durée dans ce cas à du sens. Et franchement, je crois fermement que les relations qui durent ne sont pas basées sur des intérêts, des enrichissements communs.

Non elles sont basées sur le don, le don de soi à l'autre, sans rien attendre en retour. L'envie d'entourer, d'accompagner l'autre dans sa vie en l'écoutant et en essayant de l'aider du mieux possible à évoluer dans sa propre vie.

Peu de relations sont à mon avis vouées à être durable, solides et approfondies, enfin de mon point de vue ça me parait compliqué d'aller au fond des choses, d'être dans une pure connexion avec 3/5/10/20... individus.

Je pense aussi que le jeu de la comparaison avec une relation très approfondie joue en défaveur des relations naissantes. Tout le monde compare (consciemment ou inconsciemment) et c’est naturel, en tout cas personnellement je compare et mon étalon c'est ma relation la plus approfondie.

Et malheureusement, chaque nouvelle relation souffre de cette comparaison, puisqu’elle n'atteint jamais le 1/10 de la satisfaction que l'on peut ressentir au contact de ces gens qui nous sont proches.

Bien sûr on peut accepter de vivre des relations sur peu de plans voir un seul, certaines personnes y trouverons un intérêt, peut-être bien que les polyaffectifs sont plus enclins à apprécier ce genre de relation.

J'avoue pour ma pat à avoir beaucoup de mal avec ça, comme un manque d'intérêt et aussi la connaissance où le regret par avance que de toute manière je n'aurais jamais le temps d'approfondir chacune des relations....et j'ai toujours envie d'aller en profondeur avec chaque être (avec qui une bonne connexion de départ a été établie).

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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bodhicitta

le samedi 24 août 2013 à 15h57

RobotEtourdi: "Aujourd'hui encore, on recherche encore "l'amour de sa vie", celui avec lequel on va vieillir et qu'on aimera jusqu'à sa mort. "
Ce n'est pas forcément contradictoire avec ma vision de l'amour. Lorsque je fais dans mon coeur de la place pour quelqu'un, ce quelqu'un aura toujours sa place dans mon coeur.
C'est sous quelle forme, va vivre cet amour qui peut (et doit) évoluer en méme temps que nos envies, notre personnalité, nos priorités etc...
mais la relation elle, elle est permanente, que l'on se voit tout les jours ou tout les ans ne change rien, la relation est là et peut évoluer à tout moments.
Je pense que les relations d'amour existe toujours lorsqu'une connexion a était faite, qu'elles changent de forme, qu'on aime plus ou moins mais l'amour est tjs là.
Ps: en lisant le post à Len plus haut (envoyé en court de rédaction du mien) je vois qu'un mot nous est cher: CONNEXION ... et oui c'est la clef je pense

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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(compte clôturé)

le samedi 24 août 2013 à 17h11

Geraldin-e
D'accord avec Vaniel ci-dessus. (+)

J'ai tendance à souhaiter plutôt des relations (quel que soit leur type) durables.
Sans doute qu'on peut y déceler l'effet d'une norme culturelle, et aussi le désir de sécurité.
Mais il n'y a pas que ça, il peut y avoir le souhait de continuer une relation qui se passe bien et apporte plein de chose, on peut aussi considérer qu'il faut souvent beaucoup de temps pour se connaître, se comprendre, s'apprécier, et que si on recherche ça (approfondir, découvrir plein de facettes) il vaut donc mieux que nos relations durent.

Après, on est dans les questions insolubles concernant le mystère insondable et les différents sens/niveaux de ce qu'est l'amour, l'attachement...

D'un côté il faut en effet viser une sorte de détachement permettant des ruptures/éloignements/changements sans trop de douleurs.
De l'autre, on observe que l'attachement et l'amour, quand ils ont été forts/réels, ont tendance à durer chez la plupart (?) des gens quoiqu'il arrive. On a donc l'impression que ça fait vraiment partie de la vie (et pas seulement à cause de nos hormones), que ce n'est pas qu'une norme. Et donc, qu'il est vain de le refuser, de le refouler, mais qu'il faudrait plutôt chercher quoi en faire.
Mais c'est vrai que quand la relation est morte, ou destructrice, mieux vaut arriver à prendre de la distance, ce qui n'est pas forcément facile. Je ne crois pas que ce soit vraiment lié au fait de se vivre mono ou poly, mais le polyamour, par des relations généralement plus conscientes, multiples et plus communicantes, aide bien quand même.
Pour moi, l'amour/amitié ne cessent pas vraiment, même longtemps après, même après une séparation, même en cas de gros désaccords. Pour que ça cesse, il faut vraiment des actes très déplaisants, répétés, de gros problèmes insolubles.
N'empêche que parfois, il faut arrêter même si l'amour/amitié est encore là, ce pour des raisons pratiques, d'engagements, de pensées trop divergentes. Et là c'est dur dans tous les cas.
Mais j'imagine que tout le monde ne vit pas ces choses là de cette façon.

Je vis ça comme le fait qu'une fois que de multiples portes sont ouvertes, elles ne se referment pas vraiment. On emprunte ces portes plus ou moins souvent, en entrant l'une chez l'autre plus ou moins loin, de différentes manières, nue ou en armure. Mais les portes sont comme gravées.

J'ai toujours tendance à voir une rupture nette et définitive comme une sorte d'échec (par rapport à une sorte d'idéal de communion/entente globale, multiple, sociale...). Ce qui n'est pas tout à fait la même chose qu'un changement dans le "mode" de relation, amitié qui devient plus épisodique, amour vécu sur tout les plans qui devient amitié "classique". Même si là aussi, je considère plutôt comme un échec le fait d'enlever des "dimensions" à une relation.
D'autre part, les ruptures ne sont pas forcément définitives.

On peut avoir des relations pérennes sans pour autant se caser il me semble. Si ces relations par exemple sont liées à des activités communes, à un projet de vie. Et encore plus si on a aussi d'autres relations moins pérennes ?

Bref, c'est une "gymnastique" compliquée, comme souvent en équilibre entre deux pôles contradictoires (attachement/détachement, durable/court), une tension entre des oppositions.

Je suis d'accord à 100%!

Je suis depuis quelques semaines dans cette phase de renégociation dans une de mes relations: une renégociation que pourrait avoir de multiples issues, qui vont de la rupture complète à la continuation du rapport amoureux. Et des deux côtés c'est difficile, il y a de l'amour, de l'orgueil, de la peur, de la mélancolie... il y a l'envie de continuer, au même temps la peur que ça peut tourner mal, l'envie que tout soit simple...

Difficile d'expliquer tout ça avec des mots, je laisse plutôt parler la musique:
www.youtube.com/watch?v=26X6SRqJ_VU

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Green-Man-Outside

le dimanche 25 août 2013 à 03h58

RobotEtourdi
Les polyamoureux sont-il plus enclins que les autres à accepter les relations à durée limitée ? La possibilité de ne jamais connaître d'amour durable, pour toujours, leur est-elle supportable, ou plus acceptable ?

Bien que le polyamour soit pour moi une manière de permettre aux relations de durer en évitant des choix tranchants, tranchés et absurdes (à mes yeux) entre une personne et une autre, entre une personne puis une autre, je te rejoins complètement quand tu écris :


Depuis quelques temps, je me demande si le diktat le plus impérieux issu de la norme en matière de relation amoureuse ne serait pas, non pas la monogamie, mais cette idée qu'une relation doit être durable.

Une petite nuance cependant : malgré le prisme culturel qui influence beaucoup de gens (voire carrément tout le monde) il y a plusieurs approches personnelles possibles en matière de "durée" de la relation, ce pour des raisons liées à la psychologie de chacun en tant qu'individu. Certains ne supportent pas qu'une histoire se finisse, d'autres passent facilement à autre chose. Certains ont besoins d'histoire courtes, d'autres sont incapables d'histoires longues. Certains vivent comme une mort le désamour de leur partenaire, d'autres acceptent (voire aiment) le conflit, la séparation. Certains sont ligotés à leurs souvenirs, d'autres s'appuient sur ces souvenirs pour avancer. Certains veulent oublier, d'autres considèrent que la rupture ne les sépare pas vraiment, au fond.

;)

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Deneb

le dimanche 25 août 2013 à 10h51

Green-man-outside
il y a plusieurs approches personnelles possibles en matière de "durée" de la relation, ce pour des raisons liées à la psychologie de chacun en tant qu'individu. Certains ne supportent pas qu'une histoire se finisse, d'autres passent facilement à autre chose. Certains ont besoins d'histoire courtes, d'autres sont incapables d'histoires longues. Certains vivent comme une mort le désamour de leur partenaire, d'autres acceptent (voire aiment) le conflit, la séparation. Certains sont ligotés à leurs souvenirs, d'autres s'appuient sur ces souvenirs pour avancer. Certains veulent oublier, d'autres considèrent que la rupture ne les sépare pas vraiment, au fond.

(+)
Nous avons tous de par nos capacités « cognitives » personnelles une variabilité dans l’analyse et le vécu de nos émotions, heureuse ou malheureuse parfois (pathologies) dans les divers domaines de la vie…
Lors d'un pique-nique, un polyamoureux a évoqué exactement son ressenti en ces termes quand je parlais de "désamour", pour lui c'était la mort ! Cette idée ne m’a jamais effleuré l’esprit pour ma part.

Green-man-outside
Certains veulent oublier, d'autres considèrent que la rupture ne les sépare pas vraiment, au fond.

Oui, pour moi une « rupture » peut nous séparer physiquement, mais le souvenir des moments heureux, magiques de la relation amoureuse demeure. Certains veulent oublier certes, pour mieux faciliter le vécu de la séparation. Mais dans le temps on peut faire remonter nos souvenirs à la surface, amplifiés, magnifiés parfois quand il s’agit de moments particulièrement heureux, surtout dans le domaine de l’amour….
Ce qui me fait penser que bien qu’étant séparés physiquement et volontairement, on conserve une connexion à un être aimé dans le passé.

Malgré une « rupture » (ne faisant pas suite à des évènements graves et traumatisants bien sûr) on peut souhaiter conserver la relation sous d’autres aspects, et la vivre sous d’autres formes qu’un rapport physique « intime », une complicité à travers le partage d’activités diverses, d’engagements communs, etc… ce qui a été relaté sur ce forum, la diversité des sentiments dans la relation « amoureuse » incluant l’amitié avec toutes sortes de variations personnelles.
Et comme dit plus haut, comment peut-on savoir si une rupture est définitive ?
De plus le terme de rupture à mon avis ne peut être employé également pour toute séparation entre deux personnes.
Pour certains c’est tout simplement un éloignement, une séparation certes mais sans la "cassure" que le mot rupture induit.

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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CharlieBear

le jeudi 16 janvier 2014 à 21h08

" True Love Never Dies"

Je suis polyamoureuse et pourtant j'adore complétement à cet adage. Pour moi, l'amour est un fil qu'on tisse entre deux personnes, et avec le temps, ça fait une belle écharpe. Si je rencontre une autre personne, le fil ne casse pas entre les deux premières (sauf cas particulier), mais rajoute une couleur à mon écharpe. Un lien créé entre deux personnes est illimité dans le temps, il est pérenne, voir éternel. ça c'est la théorie.

Au fil des situations de vie, du lieu où on vit, du temps qu'on a à consacrer à telle ou telle personne, l'écharpe change de dominante de couleur, mais elles sont toutes toujours là.

Bien sur, il arrive que certains fils cassent, parce qu'on est pas parfaits et que les conflits ça arrive aussi. Mais pour répondre à la question de RobotEtourdi, il me semble que le polyamour permette une vraie perennité des sentiments, parce que le choix n'est plus nécessaire, comme dans les relations monogames.

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LuLutine

le lundi 20 janvier 2014 à 03h57

RobotEtourdi
Pourtant, même dans une configuration polyamoureuse, je me sens poussé à créer des relations pérennes. Une partie de moi probablement conditionnée, me dit qu'avec l'âge, il faudra "se caser".

Je ne comprends pas le lien entre "relations pérennes" et "se caser" ?
Le mot "relation" désigne une réalité très large.

Pour ma part je ne vois la plupart du temps pas de raison de couper totalement les ponts avec une personne, donc je reste "en relation" avec elle, mais cette relation peut évoluer entre l'amitié, l'amour, avec ou sans sexualité etc. Donc mes relations sont pérennes. Mais leur forme évolue !

De plus, je suis plutôt d'accord avec :

CharlieBear
il me semble que le polyamour permette une vraie perennité des sentiments, parce que le choix n'est plus nécessaire, comme dans les relations monogames.

Pour autant, je n'ai absolument pas l'intention de "me caser" (oui, je peux rencontrer une ou plusieurs personnes avec qui je ferais ce qu'on appelle des projets de vie, mais simplement je n'appelle pas cela "se caser", ce terme me donne une idée d'enfermement, d'immobilisme qui ne me convient pas ou plus).

Donc, on peut entretenir des relations pérennes sans "se caser" !

Vaniel
Refuser la souffrance, c'est, bien souvent, refuser de vivre, refuser d'évoluer.

Je rejoins Vaniel, cette phrase me fait penser que je vis beaucoup mieux depuis que j'accepte et accueille mes émotions, positives ou négatives !
C'est en voulant se battre contre la souffrance et/ou l'éviter qu'on souffre le plus, à mon sens...

D'ailleurs je voulais poster depuis un moment un sujet à propos d'une émotion nouvelle (pour moi) que j'ai ressentie il y a peu...je ne l'ai pas refusée, je l'ai accueillie cette émotion...bien qu'elle soit négative (ou en tout cas vue comme telle de manière générale, et donc considérée comme non souhaitée).
Je l'ai vécue pleinement, j'ai expérimenté ce qu'elle créait chez moi, je me suis observée, j'ai appris. Et j'ai grandi. Et je me sens profondément reconnaissante vis-à-vis de la personne grâce à qui j'ai découvert cette émotion, même si elle n'y est absolument pour rien...mais bon c'est un autre sujet (qu'il va falloir que je crée ! ;) ).

Vaniel
Le choix d'être poly nous expose davantage que d'autres à la souffrance puisque nous risquons de perdre davantage de personnes très proches de nous.

Oui, je me souviens d'une phrase de Françoise (dans une interview je crois) qui allait dans ce sens. Suite au décès d'une personne aimée, elle s'est dit quelque chose comme : "Cette douleur que certains ne vivent qu'une seule fois dans leur vie, je vais la vivre plusieurs fois ! Je n'avais jamais vu les choses sous cet angle-là...".

C'est un vrai choix, pas un choix de facilité, ce n'est pas anodin.

Geraldin-e
il peut y avoir le souhait de continuer une relation qui se passe bien et apporte plein de chose, on peut aussi considérer qu'il faut souvent beaucoup de temps pour se connaître, se comprendre, s'apprécier, et que si on recherche ça (approfondir, découvrir plein de facettes) il vaut donc mieux que nos relations durent.

D'accord avec ça.

Geraldin-e
l'attachement et l'amour, quand ils ont été forts/réels, ont tendance à durer chez la plupart (?) des gens quoiqu'il arrive

Comme le sous-entend ton (?), je ne sais pas si c'est une Vérité Universelle, mais c'est ce que je vis pour ma part. Je ne me détache pas comme cela d'une personne aimée. Etre indépendante oui, oublier quelqu'un...ah, je ne sais pas faire !

Je vis les choses d'une façon assez proche de la tienne je crois. D'accord avec le fait que parfois la prise de distance est nécessaire. Pour moi elle ne signifie pas la fin de la relation. Je vois ça un peu comme un fil invisible qui relie deux (ou plusieurs) personnes...même si - par exemple - elles ne se sont pas parlé depuis dix ans ou plus !
Pour moi s'il y a désaccord (y compris désaccord trop grand pour que la relation persiste "concrètement") c'est justement bien parce qu'il y a relation !
Comment je peux être en désaccord avec quelqu'un s'il n'y a pas de relation entre nous, pas de base d'échange ?

Geraldin-e
J'ai toujours tendance à voir une rupture nette et définitive comme une sorte d'échec

Ca dépend ce que tu appelles "rupture". Comme tu le dis plus haut l'éloignement est parfois la meilleure solution. Si on a choisi la meilleure solution, alors pour moi ce n'est pas un échec.

Je suis plutôt d'accord avec Deneb :

Deneb
si les individus considèrent qu’ils n’ont pas autre chose à vivre ensemble sur le long terme, et que ce qu’ils ont vécu a été positif et heureux dans un temps qu’il ont choisi de vivre, alors ce sera une réussite…

Et "définitive" ? Comme dirait Françoise : dans la vie rien n'est définitif (sauf la mort - et encore qui sait !).

Pour moi une rupture, comme je le dis plus haut, ne met pas fin à ce que j'appelle "la relation". La relation, le fil entre les protagonistes continue d'exister...même si certains de ses aspect n'existent plus (à ce moment-là en tout cas).

Mes relations présentes et passées, quels que soient leur forme ou leur "statut", vivent et vivront en moi tant que je serai de ce monde (après....je sais pas !). Les fils qui me relient à certaines personnes, je les sens même des années et des années après, même après une longue séparation qui ferait suite à ce que tu appelles "rupture nette et définitive".

Comme tu le dis, une porte qui a été ouverte ne se referme jamais totalement.

C'est sans doute lié aussi, à :

Deneb
quand on a aimé ou partagé des évènements agréables avec quelqu'un, le cerveau en garde la "mémoire" et établit une sorte de connexion sentimentale rémanente avec l'individu.

Geraldin-e
je considère plutôt comme un échec le fait d'enlever des "dimensions" à une relation.

Pas moi, pas si c'est ce qui convient aux protagonistes.

Je suis assez d'accord avec :

RobotEtourdi
Les deux amis retournent en France, à Paris tous les deux, pour y vivre. Peut-être auront-ils la nostalgie de leur complicité passée, mais faut-il pour autant qu'ils se revoient de manière soutenue ? Après tout, ils ont chacun fait de nouvelles rencontres, construit de nouvelles aspirations... et même s'ils pourront probablement passé un bon moment à l'occasion, je ne suis pas sûr qu'il faille nécessairement s'acharner à retrouver la connexion d'antan.

Et je considère plutôt comme option :

RobotEtourdi
dois-je vivre l'instant présent, acceptant qu'un jour elle se détachera de moi quand la bise sera venue, peut-être au profit d'autres histoires amoureuse, tandis que je découvrirai moi-même dans les bras d'autres chéries la chaleur qu'une connexion effacée n'aurait pu apporter ?

Sauf que pour ma part, et comme je le disais plus haut, je n'ai pas le sentiment qu'une connexion passée puisse totalement disparaître...

Comme le dit bodhicitta :

bodhicitta8
Lorsque je fais dans mon coeur de la place pour quelqu'un, ce quelqu'un aura toujours sa place dans mon coeur.

Et aussi :

Green-Man-Outside
Certains veulent oublier, d'autres considèrent que la rupture ne les sépare pas vraiment, au fond.

C'est exactement ça. Je ne sais pas oublier. Je ne me pose même pas la question de le vouloir ou pas, du coup. Je ne peux pas considérer qu'une rupture coupe le fil dont je parle plus haut. Ce fil est toujours là...ne serait-ce que de par le souvenir.

C'est ce que dit Deneb, en fait (je lis et je complète ma réponse au fur et à mesure, mais ça se voit peut-être un peu ? ;) ) :

Deneb
bien qu’étant séparés physiquement et volontairement, on conserve une connexion à un être aimé dans le passé.

En fait je n'arrive pas à comprendre comment certains peuvent "oublier". Bon, je dis ça mais ce que j'ai surtout vu autour de moi (exclusivement même, mais je ne connais pas toutes les situations !), ce sont des gens qui prétendent "oublier" et qui n'y arrivent pas !
Moi j'ai juste renoncé à le faire... :)

CharlieBear
" True Love Never Dies"

Je suis polyamoureuse et pourtant j'adore complétement à cet adage.

J'aurais plutôt dit "Je suis polyamoureuse et par conséquent j'adhère complètement à cet adage" (le "j'adore", c'est un lapsus ? Intéressant lapsus en tout cas :) !).

CharlieBear
Bien sur, il arrive que certains fils cassent, parce qu'on est pas parfaits et que les conflits ça arrive aussi.

J'ai aussi employé la métaphore du fil, mais je préciserais que chez moi il ne casse pas. Il est élastique, ils se distend mais ne rompt point...

Après, tout ça (tout ce que je dis plus haut) ne reflète que ma jeune expérience, et peut-être que l'avenir me donnera tort ?

Enfin, c'est un peu H.S. mais je voulais ajouter quelque chose :

Deneb
certains montagnards du Yemen, du Tibet et tant d’autres, vivent dans des conditions si rudes, que la souffrance est une sorte de compagnon quotidien qu’ils ont plus ou moins réussi à dompter pour vivre avec…

Tout comme certaines personnes sont habituées à vivre avec une souffrance que d'autres ne supporteraient pas deux minutes...et cela souvent bien plus près de nous qu'on ne le pense. Nous sommes tous différents !

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Profil

lam

le lundi 20 janvier 2014 à 18h34

RobotEtourdi
Depuis quelques temps, je me demande si le diktat le plus impérieux issu de la norme en matière de relation amoureuse ne serait pas, non pas la monogamie, mais cette idée qu'une relation doit être durable.

Salut!

Je suis tout à fait d'accord avec le fait que c'est une norme de vouloir faire durer les relations. Après je ne jugerai pas en ordre de diktat croissant, sinon je risque fort de ne pas être d'accord et mettre l'hétéronormativité sur la 1ère marche.

Moi j'ai eu plusieurs relations où on s'est dit pour diverses raisons "on continue à s'aimer de manière platonique" et c'est super comme ça.
Pour moi c'est pas une histoire de "fini ou pas fini", c'est plutôt "quelle forme de relation qui nous convienne à toi et à moi en ce moment". Parce que comme beaucoup de gentes je n'arrête pas d'aimer des personnes juste parce que partager un certain type de relation devient impossible (car trop douloureux) à un moment donné.

Pour moi la contrainte que "ça dure" c'est comme la contrainte à la monogamie ou la contrainte à l'hétérosexualité: c'est à dire que cette contrainte m'emmerde (dans ma tête et dans celle des autres) parce qu'elle est si bien intégrée que c'est beaucoup de travail de la contrôler. Et après il faut encore trouver d'autres personnes à qui ça va de travailler là dessus pour pouvoir se faire une histoire ensemble sans trop se faire mal.

Ma manière de le gérer c'est de poser quand c'est le cas que c'est l'amour (et pas forcément le sexe) partagé avec une personne qui compte le plus pour moi.
Et que si les choses changent (dans les envies respectives de relation) eh ben moi je suis pas prête à sacrifier une belle relation d'amour juste parce que faire du sexe nous complexifie trop les choses. Ca m'a permis de garder de belles relations, des gentes avec qui on partage plein de truc même si on ne fait plus de sexe en ce moment (et avec qui je ne sais pas s'il ce sera de nouveau le cas un jour).
et c'est comme ça que je me suis dit comme RObotEtourdi "ben pourquoi faudrait-il toujours que ça dure longtemps?"

Il y a beaucoup de raisons pratiques à ce que les histoires d'amour-sexe durent. Par exemple souvent les gentes mélangent les personnes avec qui il y a une relation sexe-amour avec les personnes les plus proches, sur qui compter quand on est malade, déprimé, trop faible, moins valide, avec qui acheter une maison, avec qui faire des enfants...
Plus on mélange les engagements plus c'est complexe, me semble-t-il, de faire des relations courtes.
C'est pour ça que je passe beaucoup d'énergie à valoriser ce qui est partagé dans mes relations proches (platoniques ou non), à nommer les engagements, les habitudes qui émergent. Je trouve que je me sens mieux quand les mots sont posés sur les dépendances qui me lient à d'autres.

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