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De la justification des choix

Politique
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LittleJohn

le jeudi 06 juin 2013 à 17h11

Quand j'étais très jeune, et déjà très athée, je passais beaucoup de temps à essayer de convaincre des gens — de mon entourage, à l'école — qu'on pouvait être athée et avoir une morale (oui, je sais, on part de loin ^^).
Maintenant, je m'en fous. Les gens qui pensent ça peuvent rester dans leur monde avec leur idées bien fixes.

Sur ce forum, sur les groupes facebook, nous passons beaucoup de temps à chercher des arguments pour convaincre les gens "normaux" (les monos, quoi) et nous même que nous ne sommes pas des monstres assoiffés de sexe — vous comprenez, nous c'est de l'amour — des égoïstes patentés, d'éternels insatisfaits, des inaptes au choix, des insensibles...

Nous trouvons des arguments naturalistes, évolutionniste, psychologique, sociologique (voire des mélanges de tout ça) pour justifier que c'est normal, naturel et que la monogamie ne le serait pas. Et, en effet, il est confortable de (se) dire "je suis normal" ou "c'est naturel".

Nous nous réjouissons et publions en pagaille des articles pseudo-scientifiques qui montrent que l'homme n'est pas naturellement monogame et rageons d'en lire d'autre qui disent le contraire le lendemain, alors qu'ils sont tout autant faibles les uns que les autres.

Nous nous cherchons des gages de sainteté, des indices que nous serions, si ce n'est meilleurs, au moins aussi bien que les monos. Que nous sommes plus ouverts, au moins aussi altruistes, doués etc. Et que, au moins, le polyamour c'est bien (voire mieux).

Le problème, c'est que je ne suis pas normal, que la norme évolue en permanence et qu'elle est différente pour chaque personne (et je ne parle pas ici de norme statistique, parce que, de fait, personne n'est dans la norme statistique, pile sur la ligne du graphique).
Le problème, c'est que je ne suis pas "naturel", personne n'est naturel, qu'on voit la nature comme une sorte d'idéal passéiste (rien de "naturel" à lire un article sur un écran), une sorte de norme inamovible (plus personne ne vit comme on vivait il y a 10-20-100 ans), ou un concept déiste quasi religieux.
Le problème, c'est que je ne suis pas un saint. J'ai mes faiblesse, mes égoïsmes, mes petitesses. Je ne suis pas meilleur que les monogames parce que je suis polyamoureux. Je ne suis pas très différent de quand j'étais monogame, il y a quatre ans de cela, à part que je ne suis plus exclusif. Je ne suis pas meilleur.

Le problème... c'est que, pour moi, tout ça n'est pas un problème...

Je suis non exclusif—anarchiste relationnel—polyamoureux et c'est comme ça. Je n'ai pas besoin d'être approuvé, je me fous d'être regardé de travers, d'être un pervers, un égoïste, un libertin, un danger potentiel pour lui, un salopard pour elle. Je me fous d'être bon, ouvert, altruiste auprès de gens qui ne me connaissent pas ou assez peu pour penser ça.

Si la science devait finir par prouver, sans l'ombre d'un doute que la monogamie est normale et universelle, alors je serai anormal et particulier et ça serait pareil.

Je suis non exclusif—anarchiste relationnel—polyamoureux parce que c'est mon choix et que ça me convient.
Je veux bien expliquer aux curieux ce que c'est, ce qu'il apporte à ma vie.
Mais je ne veux plus me justifier ! Parce que c'est comme ça !

Et ceux que ça dérange... (il est où le smiley "doigt d'honneur ? ^^)

.

Je changerai peut-être d'avis si, un jour, je me retrouvais dans une situation d'ostracisation, une situation de limitation de mes droits, mais alors, je me justifierai auprès des personnes concernées.

Ça ne veut pas dire que je me planque, au contraire, même si ma situation personnelle, qui ne semble intéresser aucun média, ne m'aide pas à témoigner ^^.

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(compte clôturé)

le jeudi 06 juin 2013 à 17h46

Tout pareil comme Miguel.

Et je rajouterais : j'ai d'autant moins besoin de me justifier que je ne fais de mal à absolument personne en vivant comme je l'entends.
L'éthique minimaliste (ne pas nuire) me semble être carrément suffisante. Si déjà tout le monde se contentait de la pratiquer avec assiduité, sans vouloir en plus faire le bonheur des autres malgré eux, le monde serait bien plus plaisant à habiter.

Bref, LittleJohn, merci !

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alps

le jeudi 06 juin 2013 à 18h08

Message modéré pour la raison suivante : Hors sujet.

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alps

le jeudi 06 juin 2013 à 18h12

Bon ciao all

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bouquetfleuri

le jeudi 06 juin 2013 à 23h05

Ben voilà, il faut arrêter d'en parler et le vivre !

Et pour suivre Janis, une éthique minimale couplée à une soif éperdue du bonheur me suffit largement à remplir tous mes espaces. Je m'explose à vivre comme je vis. C'est de la jouissance en cascade et cela me va bien.
Merci la vie !

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(compte clôturé)

le jeudi 06 juin 2013 à 23h25

"Je suis comme ça, et alors?" A partir du moment où je me suis dit cela en toute sincérité, je me suis sentie légère, détendue, tranquille, et si de temps à autre je viens discuter ici, c'est davantage pour le plaisir de discuter que par envie de convaincre. Surtout que je n'ai pas envie de convaincre, le polyamour ne convient pas à tout le monde. Si quelqu'un préfère être monogame, libertin, ou chaste, why not? Sous réserves qu'il ne vienne pas gonfler grave ceux qui ne sont pas comme lui.

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juby

le vendredi 07 juin 2013 à 00h41

:)
Merci!

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LuLutine

le vendredi 07 juin 2013 à 01h49

LittleJohn
Nous trouvons des arguments naturalistes, évolutionniste, psychologique, sociologique (voire des mélanges de tout ça) pour justifier que c'est normal, naturel et que la monogamie ne le serait pas. Et, en effet, il est confortable de (se) dire "je suis normal" ou "c'est naturel".

Je ne sais pas qui est ce "nous" mais je pense que la majorité des poly justement, ne cherchent pas à prouver que la monogamie serait "non-naturelle".
Je pense qu'un certain nombre d'entre nous se posent la question (et c'est humain), surtout au moment où ils découvrent qu'ils ne sont pas les seuls poly dans le monde (et purée, ça fait un bien fou quand même !), mais qu'ensuite une fois qu'on a compris que "je suis comme ci, d'autres sont comme ça, et puis c'est tout", il est courant d'adopter un point de vue semblable à celui de Françoise :

aimerplusieurshommes
Si quelqu'un préfère être monogame, libertin, ou chaste, why not ? Sous réserves qu'il ne vienne pas gonfler grave ceux qui ne sont pas comme lui.

Et justement, je me demande si ce n'est pas en réaction à des réflexions de personnes exclusives venues "les gonfler grave" que certains cherchent des arguments, des articles avec une base scientifique etc.

LittleJohn, tu ne vis peut-être pas avec une personne exclusive qui essaie à longueur de journée de te prouver que ton choix n'est pas naturel, est immoral ou quoi que ce soit du genre.

En ce qui me concerne, je suis d'accord avec toi et j'ai - il me semble - la même attitude mais je comprends la démarche de ceux qui subissent les réflexions quotidiennes de "monogames" et qui du coup, cherchent des contre-arguments. C'est humain. (Et les polyamoureux sont des humains. Waoh le scoop ;) )

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oO0

le vendredi 07 juin 2013 à 04h18

Cela me rappelle ce que j'ai un jour répondu à ma mère : "Mais ce n'est pas ton consentement qui importe, Maman." - elle a rit.

Mother Fucker d'Oedipiste !
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Me justifier ou convaincre pour une relation me donne le sentiment de forcer la relation.

La question que je me pose souvent, c'est ainsi de savoir comment j'en arrive à me justifier ? (Cà, c'est farce, le c... - je me dis en parlant de moi sans assumer qu'il s'agit de moi - il disserte sur le con...sentement, mais chacune de ses dissertations ne sont finalement qu'un moyen de pression intellectuel sur le consentement d'autrui et donc une force contraire au libre consentement sous prétexte d'éclairage, de consentement éclairé. Ce c... de moraliste, je n'ai heureusement à supporter sa gueule que lorsque je la croise dans un miroir.) Oui, ce genre de question ou la suivante.

Il y a ce désir d'être soi dans une relation, mais il y a toujours des malentendus sur soi ce qui amène à se justifier. Être soi devient alors un argument : "Je veux bien faire semblant, mais ce n'est pas moi." Surgit alors d'autres malentendu sur soi et il faut encore se justifier : "Tu peux me voir pire que je ne suis, cela ne fera que te rendre la vie pire encore." (C'est très grave la liberté, c'est ...) Pendant des années, je me suis foutu de ce qu'il était possible de penser ou de dire de moi, j'en ai même joué et j'en joue parfois encore : j'adore même trouver de francs partenaires de rire pour s'en foutre avec moi et se foutre de moi avec, surtout. Peu importe ce que je me ramasse, je ne me sens pas mal d'être moi ...

[...]

... mais moi, être moi pour l'autre ? Face à moi-même, je ne doute pas de moi-même. Face à l'autre, je ne doute pas de moi-même, mais - par contre - je redoute les effets que j'ai pour l'autre : j'ai peur de moi pour l'autre.

LittleJohn
... je me fous d'être regardé de travers, d'être un pervers, un égoïste, un libertin, un danger potentiel pour lui, un salopard pour elle.

Je m'en fous mais je sortirais pas moi-même avec un pervers, égoïste, libertin, un danger potentiel pour autrui et un salopard qui salope tout ce qui passe, même sous son regard, car je ne voudrais même pas qu'il me regarde.

Un moment donné, ce genre de regard a fini par devenir une seconde peau : je n'écoute plus de musique, je ne dessine plus, je ne lis plus, je n'écris plus - enfin, presque plus, je suis à ramasser en civière. C'est épidermique : "L'autre est bien mieux sans quelqu'un comme moi !" C'est devenu une seconde peau. Intellectuellement et affectivement, face à moi-même, c'est calme, très calme : je me connais, je ne vois pas de quoi il y avoir peur, j'ai plus peur que je ne me fais peur. Idem face à l'autre intellectuellement, mais affectivement, c'est insupportablement calme : je me sens littéralement mort. C'est épidermique : "L'autre est bien mieux sans quelqu'un comme moi !" C'est devenu une seconde peau. Mon premier réflexe affectif face à l'autre est qu'il vaut mieux que je n'existe pas pour l'autre et donc, de faire comme si je n'existais pas ou que je n'avais jamais existé.

Il y a une estime de soi qui ne dépend pas de soi, parce qu'il ne s'agit pas du regard qu'il est possible d'avoir sur soi ou encore, du regard qu'il est possible d'avoir sur les autres et qui influence la perception du regard des autres sur soi. C'est une estime qui n'appartient souvent même pas aux regard des autres, juste quelques autres parfois - même pas mal intentionnés - qui projettent leurs peurs sur soi et, à force, un jour, ces peurs deviennent une seconde peau ...

... qui me coupe de la mienne et de n'importe quelle autre. J'ai aussi perdu mon humour, c'est même mon humour qui me fait le plus peur car il fait plus peur qu'il ne fait rire, limite si ce n'est pas ce qui fait le plus peur. (C'est sensé faire rire ?!? Il faut rire ? Il faut ?!? Comment, çà, il faut ? Il faut être obligé de rire, maintenant ?!? Mais quel ... ! Mais quel ... !?! Mais quel ... ! À en perdre son français.)

Voilà, LittleJohn, le petit morceau de bravoure que tu viens de sortir me donne envie de quelque choses dont je ne me sens - heureusement - guère plus capable. Sinon, je t'aurais dit que cette liste de défauts était trop courte ; que, pour être altruiste, il faut l'allonger, que l'altruisme doit aller jusqu'à s'humilier dans ses moindres défauts en passant par ses défauts les plus honteux sinon il n'y a plus d'humiliation et ce n'est pas honnête sur la marchandise ; il n'y a personne d'autre de mieux placé que soi pour mieux connaître ses défauts, c'est çà l'honnêteté ; il faut être sans pitié avec ses défauts pour épargner à l'autre ce sentiment poisseux et pathétique, bref, d'une honnêteté sans pitié aussi clinique qu'un cirque pour ne pas laisser l'autre se tromper elle/lui-même sur la marchandise en l'achetant par charité. Voilà, LittleJohn, c'est foutrement possible de s'en foutre, mais le problème, c'est ce qui fout le camp avec ... (La musique, le dessin, la lecture, l'écriture, tout ce qui cultive le plaisir de s'éprouver pour le plaisir. Reste que parfois, mieux vaut s'éprouver le moins possible, cela fait moins mal à soi et surtout ... aux autre ?!? C'est pas ce que je pense, c'est ce que je ressens bien malgré moi et malgré bien d'autres personnes biens sous de nombreux rapports !)

Sinon, je veux rire, je veux rire de nos peurs, de toutes ces peurs avec lesquels nous nous défigurons les uns, les autres à force de se les jeter aux visages. Je veux, mais je peux pas ... Quand je pense, je ne cherche pas des arguments pour convaincre qui que ce soit, je cherche des arguments pour vaincre des peurs, des peurs qui font qu'on finit par vivre dans les peurs des uns et des autres alors qu'il n'y a rien de pire que de choisir dans la peur, sous l'emprise de la peur. Cela ne changera certainement rien aux choix qui seront fait et la peur sera toujours là, mais vivre au moins ces choix en dehors de son emprise, c'est tellement ... plus léger. (Oui, c'est léger, la plupart du temps, je me sens léger, sauf quand je suis sensé exister ou essayer d'exister un peu plus pour les autres, je me sens comme un poids mort.) Oui, je veux rire, je veux rire de nos peurs, de toutes ses peurs avec lesquels nous nous défigurons les uns, les autres à force de se les jeter aux visages. Je veux, mais je peux pas et quand j'essaie, je m'étale tellement en longueur que j'en ai honte.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Anarchamory

le vendredi 07 juin 2013 à 10h26

En tant que relativement "nouveau converti" — en 2009, date à laquelle j'avais posté mon sujet sur les "Arguments contre le polyamour et pour la monogamie strictement exclusive" — qui s'est fait "gonfler grave", notamment par son épouse et sa "belle-mère", à cause de ses idées et aspirations, parce que ces dernières n'ont cessé — certes, ni quotidiennement ni à longueur de journée, car je me suis vite résigné à ne plus aborder sur le sujet... — de me faire subir des réflexions désobligeantes, d'essayer de me persuader que mon "choix n'est pas naturel, est immoral ou quoi que ce soit du genre", je ne peux que boire comme du petit lait les propos de LuLutine :P

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Fleurdeschamps

le vendredi 07 juin 2013 à 11h55

C'est une discussion importante que soulève Little John car elle touche à un point profond de notre identité, il n'y a qu'à voir la réaction de RIP...

Pour l'instant, je ne sais pas quoi penser, entre l'épuisement à force de se justifier...qui fait qu'on finit par se dire "oh et puis je m'en fiche, je suis comme ça c'est pas si malheureux", et la tristesse et l'isolement dans lesquels on peut se retrouver quand "les regards des autres...les peurs...deviennent une seconde peau" à force de se dire que "L'autre est/serait bien mieux sans quelqu'un comme moi !" pour citer encore une fois Rip.

J'aimerais bien être capable de la même sérénité que certains dans ces discussions sur ce forum, qui rayonnent de leurs choix sans avoir à les justifier autrement que par leur existence assumée.

Mais bon, c'est parce que je n'en suis qu'au début, que le débat sur le polyamour avec un pas-poly est à peine amorcé qu'il est déjà coincé entre peurs et auto-contradictions...que pour ne pas faire de bêtises regrettables j'ai choisi de me résigner devant la toute-puissante exclusivité et d'être sage...mais pour le coup si je devais justifier de ce choix-là, je serais bien en peine d'asseoir mes arguments...
Et c'est peut-être ça ma bêtise la plus regrettable.
:-/

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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alps

le samedi 08 juin 2013 à 02h11

Peut être qu'arguer d'un sentiment est vain. Peut etre que vous vous connaissez moins bien que vous le pensez. Peut être qu'évoluer dans un univers stable ne peut pas se faire en s'embarrassant de cet univers stable.

Je vous conseille la lecture du jeu des perles de verre. d'herman hesse.

"en tout commencement un charme a sa demeure"

:)

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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oO0

le samedi 08 juin 2013 à 02h16

Sinon, pour le plaisir de rire, il y a de nombreuses personnes qui sont effectivement bien mieux sans moi. Les "non", les refus d'une relation quelconque sont plus fréquents, beaucoup plus fréquents que le contraire. C'est sain et c'est même très sain. La vie de chaque personne ne peut faire place qu'à quelques personnes. Et, la plupart des refus que j'ai eu à essuyer ne s'en prenaient pas à ma personne, donc ...

Ce qui est moins sains, c'est cette pulsion épidermique qui exclut systématiquement le contraire, la possibilité de faire partie de ces quelques personnes. Celui qui trompe, c'est le bourreau. Il fait mal, il n'a pas le droit d'avoir mal. Ne pas être exclusif, c'est s'exposer à la peur d'être trompé des autres, à être systématiquement dans le rôle du potentiel bourreau.
_______________

Concernant le dialogue que tu as commencé avec la personne avec qui tu es, Fleursdeschamps, même si j'ai connu ce genre de dialogue difficile à vivre, chaque pas vers la reconnaissance de la différence de l'un et de l'autre en vaut la peine. Peu importe le degré d'exclusivité de la personne avec qui tu es, une personne reste merveilleusement riche et autrement plus importante que ce genre de considération. Cette reconnaissance demande un respect inconditionnel de ses personnes de part et d'autre et la capacité de surmonter des échecs, car les manques de respects ne manquent pas lorsque les peurs prennent le dessus, qu'elles volent au visage de l'un et de l'autre. (J'ai parfois l'impression d'avoir servi de sac de sable dans une salle de boxe, d'un sparing partner avec lequel l'autre lâche ses peurs comme sur un ring, voire dans une cage aux fauves.) Derrière ces peurs jetées à la figure et qui défigurent, il y a aussi le plaisir d'apprivoiser ses peurs.

1) Il n'y a le plus souvent pas de méchanceté, juste de la peur. Il y a quelque chose de beau, il y a une beauté tragique à reconnaître dans cette absence de méchanceté.. qui n'empêche pas de se faire méchamment mal.
2) L'autre ne veut pas faire mal, ne se rend même souvent pas compte que la manière de jeter ses peurs au visage fait mal. Le fait d'avoir mal ne permet souvent même pas à l'autre d'imaginer que cela fait tout aussi mal à soi, d'autant plus que l'autre se sent dans la position de "victime" et n'imagine pas son "bourreau" avoir mal : "C'est moi qui a mal pas toi qui me fait si mal !" L'autre a besoin de s'entendre dire que cela fait mal aussi, non seulement pour éprouver le soulagement de ne pas avoir un monstre insensible devant soi - "Ah, tu n'es pas une pierre, tu n'as pas un coeur de pierre ?" - mais aussi simplement parce que l'autre n'a pas envie de faire mal, que le laisser faire, c'est le laisser s'enfoncer dans quelque chose qu'il n'a pas envie de faire, une culpabilité dont il ne veut pas. Non seulement, c'est préserver ton identité, mais c'est préserver la sienne : ne pas être le voleur qui part avec le coeur de l'autre ; ne pas être la prison qui l'enferme. (Quelle quiche !?! Je cliche ! Quliché ...)
3) La vie fait mal, même si elle ne fait pas que mal. (Ca se passe de commentaire, ça pourrait se passer d'être dit, mais ça ne fait pas de tort de le rappeler.)

C'est là que ces distinctions mono/poly me ... dépassent, car, peu importe le degré d'exclusivité que souhaite une personne dans une relation, une personne reste une personne. Il n'y a pas de confiance sans méfiance, c'est sain d'exprimer ses peurs, mais il faut pouvoir les exprimer sainement aussi. C'est dans ce genre de situation qu'il est possible d'apprendre à cultiver une certaine paix face à la différence de l'autre ainsi que sa propre différence. C'est quelque chose que de se sentir en paix avec la différence de l'un et de l'autre, c'est aussi une paix qui s'entretient. (Aujourd'hui, je revoyais une amie avec qui j'ai vécu ce genre de conflit lorsque nous avons été intime, les mauvais réflexes reviennent vite, mais se reconnaissent aussi plus vite.)

Dans les pires moments d'une relation, je ne me suis jamais préoccupé de savoir si elle allait continuer ou pas, mais de comment il faudrait vivre avec le sale moment qui était en train d'avoir lieu, soit la question de vivre jusqu'à la fin de sa vie avec le souvenir d'une relation où chacun s'entredéchire ... ou pas.
_______________

Le rapport avec le sujet, c'est qu'apprivoiser ses peurs, se sentir en paix avec ses différences, ce n'est pas se justifier, jouer les justes. C'est juste s'ajuster au mieux, avec le moins de mal possible. Cela fait toujours mal comme il y a toujours mieux et cela fera donc toujours causer, lever des doigts accusateurs pour accuser de tous les maux, mais ce n'est pas ce qui aidera à se faire moins mal.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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alps

le samedi 08 juin 2013 à 02h36

rip
Il n'y a le plus souvent pas de méchanceté, juste de la peur. Il y a quelque chose de beau, il y a une beauté tragique à reconnaître.

J'ai beaucoup aimé cette phrase. Elle m'a rappelé instinctivement celle ci. :)

a vous de trouver. Je n'arrive jamais à écrire son nom ;)
L'artiste tragique, que nous communique-t-il de lui-même ? N'affirme-t-il pas précisément, l'absence de crainte devant ce qui est terrible et incertain ? La bravoure et la liberté du sentiment devant un ennemi puissant, devant un revers sublime, devant un problème qui éveille l'épouvante, - c'est cet état victorieux que l'artiste tragique choisit et glorifie. Devant le tragique, ce qu'il y a de guerrier dans notre âme célèbre ses saturnales ; l'homme héroïque exalte, dans la tragédie, le destin de celui qui est habitué à la souffrance, de celui qui cherche la souffrance, - et c'est à lui seul que le poète tragique offre la coupe de cette cruauté la plus douce. " (Le Crépuscule des Idoles., IX. Flâneries Inactuelles, 24).

Je n'ai jamais rien compris à la poésie. Si ce ne sont quelques litanies de baudelaire. A lire ceci je peux regretter de ne pas la comprendre. Mais pas de ne pas être de ce genre de poètes. Quitte à choisi l'amour. autant choisir d'etre heureux.

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oO0

le samedi 08 juin 2013 à 03h20

... et le comique ? Je n'ai rien contre le tragique, pas de comique sans tragique, mais ce serait bien triste de se noyer dans des larmes de souffrances alors qu'il est à l'origine surtout question de jouissance. C'est ce qui est d'ailleurs tragique ... ou comique ?

Mes plus plates excuses, tant je me suis étalé de mon long, puis de tout mon plat de tant de longs verbiages plats. Il me fallait une taupinière que je puisse confondre avec une montagne de mots où enfouir ma tête telle une autruche en croyant me donner de hautes vues, triste spectacle, je sais : bottez moi les fesses !?! J'ai la tête dans le cul, pourvu qu'il y reste !

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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(compte clôturé)

le samedi 08 juin 2013 à 05h17

RIP
Cela me rappelle ce que j'ai un jour répondu à ma mère : "Mais ce n'est pas ton consentement qui importe, Maman." - elle a rit.

Mother Fucker d'Oedipiste !

kimchicuddles.tumblr.com/post/50506020140/conversa...

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alps

le samedi 08 juin 2013 à 10h31

RIP
... et le comique ? Je n'ai rien contre le tragique, pas de comique sans tragique, mais ce serait bien triste de se noyer dans des larmes de souffrances alors qu'il est à l'origine surtout question de jouissance. C'est ce qui est d'ailleurs tragique ... ou comique ?

Mes plus plates excuses, tant je me suis étalé de mon long, puis de tout mon plat de tant de longs verbiages plats. Il me fallait une taupinière que je puisse confondre avec une montagne de mots où enfouir ma tête telle une autruche en croyant me donner de hautes vues, triste spectacle, je sais : bottez moi les fesses !? ! J'ai la tête dans le cul, pourvu qu'il y reste !

Message modifié par son auteur il y a 7 heures.

Jeux de mots et de sons, je de momes et de sont. ;)

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Reveur

le samedi 08 juin 2013 à 19h20

LittleJohn
Et ceux que ça dérange... (il est où le smiley "doigt d'honneur ? ^^)

Pour élever le débat :
J'avais inventé ça à une époque : m!m ,comme smiley "doigt d'honneur", si çà intéresse quelqu'un ... (associé à dtc c'est très classe :-D )

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(compte clôturé)

le dimanche 09 juin 2013 à 12h24

Plus anciennement, etait simplement utilise ceci : ..|..

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Cendre

le samedi 15 juin 2013 à 11h32

RIP
Mes plus plates excuses, tant je me suis étalé de mon long, puis de tout mon plat de tant de longs verbiages plats.

Ne t'excuse pas RIP. J'ai mis du temps à te lire, parce qu'en effet, c'est un peu long, parfois confus, et surtout que j'avais un joli arriéré sur le forum, mais je suis au final très contente que tu aies pu écrire ça :
Parce que cela me donne un très bon contre-point à ce que dit LittleJohn en premier.

Il y a des gens autour de nous dont l'avis ne compte pas, et ceux là, on s'en fout.
Et puis il y a ceux dont l'avis compte. Et là, faut faire avec.

J'ai cru au prince charmant, j'ai cru qu'on était si semblable que jamais on ne se ferait du mal, que la vie ne pourrait que nous apporter du bonheur partagé.
Et ben non.
La vie, ça fait mal. Et plus encore peut être à plusieurs que tout seul. Parce qu'aimer, c'est se rendre vulnérable à la douleur de l'autre.

Alors affronter nos peurs. Les siennes, les miennes aussi, et tâcher d'en sortir grandis.

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