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Culpabilité, amoureuse depuis trois ans de mes amoureux

Témoignage
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Simone

le vendredi 21 juin 2013 à 17h37

Bonjour à tous,
Alors voilà : un grand besoin de vider son sac, du ras le bol d'être incomprise et une grande joie à la découverte de ce forum !
Depuis plus d'un an, je suis folle amoureuse de deux êtres, et ma vie sentimentale est chaotique. Quel bonheur de découvrir un site où je me reconnais sans rabâches de la morale sociale : c'est la faute à maman, la faute à papa, à la putain ou au bovarysme !
Prête plusieurs fois à tout envoyer en l'air, ma vie, mes relations, mon âme. Je ne cesse de culpabiliser de les aimer, tout les deux.
Pour expliquer la situation très brièvement, elle dure depuis presque trois ans et est faite d'un tas de rebondissements, mes deux amours sont amis de longue date. Une réelle amitié les unies depuis le lycée.
Je les ai rencontré alors que j'étais encore étudiante, et débarquais dans une nouvelle ville. Coup de foudre instantané pour chacun d'eux. Je ne savais pas alors qu'ils se connaissaient, qu'ils étaient colocataires... Je ne comprenais pas vraiment ce qu'il m'arrivait et reposait ceci sur le fait que j'étais fraichement célibataire et avide de nouveauté. Pour faire très vite, j'ai été d'abord le plan sexe de H., puis après quelques semaines, je me suis rapprochée de M. (je ne fréquentais plus H)., nous avons été ensemble pendant plus de un an, passionnelle, mais cependant l'amour pour H. qui faisait parti de mon quotidien s'agrandissait lui aussi.
Nous vivions ainsi une sorte de trio très soudé, mais pas de consommation entre H et moi, M étant très jaloux, il comprenait mais rien n'était explicité.
J'étais perdue dans la situation, une amie à moi me rabâchait qu'il fallait que je sois sincère avec eux, qu'il fallait que je fasse un choix. J'étais paniqué de leur faire du mal. Je savais que tout deux m'aimaient, et j'étais folle d'eux, mais la situation n'était pas sincère et frustrante de ne pouvoir le vivre pleinement avec H autant qu'avec M.
J'espère ne pas trop vous perdre à ce stade de la lecture, et merci au courageux de s'accrocher.
Bref, j'ai rompu avec M. J'ai commencé une relation avec H, passionnante et douce.
M. me manquait à m'en tordre de douleur trop souvent.
Au mois de février j'ai décidé de tout dire, j'étais claire avec moi, j'acceptais enfin que oui, j'étais amoureuse des deux et qu'ils m'étaient essentiels. Je leur ai écris du plus sincèrement que je pouvais. J'avais revu M entre deux, qui ne se relevait pas de m'avoir perdu, toujours aussi amoureux.
J'ai revu M, quelques jours, c'était bon de repasser du temps près de lui. Mais H ne le supporte pas. En faite, ils ne supportent pas l'idée de me partager. Ils se voient plus entre eux deux. Je m'en veux de leur faire du mal, je culpabilise, j'ai du à nouveau faire un choix. Je suis revenu avec H mais je pleure M toutes les larmes de mon corps même si je ne m'imagine pas perdre H, non plus.
Enfin voilà, cela m'a fait du bien de vider mon sac, et remercie ceux qui ont eu la patiente de lire.

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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Anarchamory

le vendredi 21 juin 2013 à 18h13

Bonjour Simone, et sois la bienvenue sur ce forum. A mon sens, tu n'as pas à te culpabiliser ni à te reprocher de quoi que ce soit. Tu es simplement différente. Ton "crime", après tout, c'est d'avoir un trop grand cœur avec de la place pour deux. Je pense que tu as été honnête avec eux. Si eux ne sont pas prêt à te "partager" (j'aime pas le mot concernant des êtres humains : ça présupposerait que tu serais leur propriété, donc ça présupposerait la monogamie exclusive, qui est précisément ce qui te pose problème), hé bien tu ne peux pas les forcer, mais eux ne peuvent pas non plus te forcer à choisir l'un plutôt que l'autre. Visiblement, leur jalousie a eu raison de leur amitié. Là encore, tu n'y es pour rien. Tu as fait ton possible pour les satisfaire tous les deux sans te nier toi, mais arrivé à un certain point, s'il n'y a pas de changement dans la manière d'envisager les relations amoureuses, la rupture semble, hélas, inévitable. Peut-être pourrais-tu parler du polyamour à tes deux hommes et leur indiquer l'adresse du site ? Peut-être s'angoissent-ils parce qu'ils ne comprennent pas vraiment ce que tu veux et l'amour que tu leur portes à eux deux, sincèrement. Il est vrai que dans une optique monogame, fréquenter deux personnes ne peut que signifier un cœur hésitant alors que d'après ce que je lis, tu n'hésites pas : ton amour pour eux deux est entier et inébranlable. L'apparence d'hésitation n'est due qu'au choix qu'ils t'imposent (et probablement que cela induit un auto-renforcement). J'aimerais te poser une question : quelle serait ta réaction si M ou H, ou les deux, avai(en)t une deuxième femme dans sa (leur) vie ?

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(compte clôturé)

le vendredi 21 juin 2013 à 18h30

Bonjour Simone,
Je ne reviendrai pas sur ce qu'à très bien exprimé MetaZet.
Je pense que tu dois te trouver et te comprendre si tu veux pouvoir t'expliquer à ceux qui te sont chers. Je te propose donc de consulter les ouvrages de Y.A. Thalmann et notamment "vertus du polyamour" (la magie des amours multiples). Ce livre est simple et facile d'accès. Il est de 2006 et j'espère se vend toujours. Je t'invite aussi à lire des ouvrages sur le développement personnel, le bien-être.
Je suis, comme l'a rappelé Eric_50 récemment sur une autre fil de discussion, la madame bibliothèque de ce site.
Si tu désires ma liste d'ouvrages ainsi que l'essai que j'ai écrit en 2011 sur la complexité des relations amoureuses (car c'est pas si simple d'aimer, surtout au pluriel, faut pas croire tout ce qui se dit :-D ) contact moi en MP.
La dernière phrase, ou question, de MetaZet est pertinente je trouve.

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Simone

le vendredi 21 juin 2013 à 18h41

Je suis d'accord pour le mot partager, il est arrivé que je partage mon temps pour eux, mais surement pas mon amour, ni mes attentions... Je suis passé par plusieurs phases, parfois je veux partir loin pour me cacher, parfois je suis, de façon irrationnelle, fâchée contre eux de ne pas s'écarter des normes. Les peu de fois où j'étais avec les deux en même temps (c'est arrivé, mais cela ne dure jamais par leur pression), ils le voyaient bien que les moments étaient plus intenses, que j'étais heureuse et cela pleinement. Eux même, chacun leur tour sont venus me parler de trouple, comme si ils l'imaginaient puis se "raisonnaient" tout à coup en parlant de partage, jalousie... Je sais que la rupture est inévitable, cependant, je préfère avoir à faire encore une fois un choix, que de perdre les deux, car les perdre, c'est me perdre complétement. C'est qui est troublant c'est qu'ils alimentent malgré tout cette situation labyrinthique, car ils font pression pour que je fasse un choix, mais aucun des deux ne souhaitent une rupture et viennent frapper à ma porte lorsque je suis avec l'autre.
Je me suis souvent posée la question, si ils rencontreraient quelqu'un d'autre. M a eu plusieurs histoires en parallèle, H en a eu une alors que j'étais avec M. Je le comprendrais et j'avoue que ça permettrait qu'ils se rendent compte que oui, c'est possible, d'aimer plusieurs êtres sans qu'aucune valeur ne soit retirée.

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Simone

le vendredi 21 juin 2013 à 18h45

Je te remercie chaudement pour les références des livres, j'irai jeté un œil. Ayant fait un mémoire l'année dernière sur les théories du genre (de foucault à preciado), j'avoue préférer philo socio aux livres de bien-être ;)

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(compte clôturé)

le vendredi 21 juin 2013 à 19h03

Chère Simone, si je puis me risquer à te dire ceci. N'interprète pas leurs sentiments ni leurs ressentis ou leurs manières de voir les choses. Tu n'es pas en eux et exprimer son soi-intérieur est impossible même pour les plus grands philosophes. Dans les livres de bien-être ou de développement personnel il n'y a pas que du "livre business". Certains auteurs, dont celui que je t'ai cité (entre autres), sont intéressants et parfois profond. Je suis aujourd'hui persuadée que l'on ne peut sortir des normes sans bobo sans se connaitre, se reconnaitre, se respecter et faire de même pour autrui.
Je te communique en MP mes coordonnées car ton mémoire est sans doute intéressant à consulter.

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Siestacorta

le vendredi 21 juin 2013 à 20h02

Simone, en socio, tu as les bouquins de serge chaumier, "la déliaison amoureuse",
www.amazon.fr/La-D%C3%A9liaison-amoureuse-romantiq...

et en philo, je te conseille Ruwen Ogien "la panique morale", qui ne traite pas uniquement du couple et de l'amour, mais qui fournit de la contradiction éthique aux culpabilisations.

Et bien sûr, La salope éthique, qui en plus d'être pratique, donne énorément d'outils critiques.

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Anarchamory

le vendredi 21 juin 2013 à 20h09

Pour poursuivre sur les références bibliographiques, La polygamie, pourquoi pas ? de Catherine Ternaux est aussi à lire.

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(compte clôturé)

le samedi 22 juin 2013 à 13h32

MetaZet, je confirme ce livre "bouscule" les principes de notre société même si certains poly regrettent que l'auteur, ne vivant pas dans la situation qu'elle défend, n'y met pas assez de conviction personnelle. Moi, je trouve que c'était déjà une bonne chose que quelqu'un est écrit un ouvrage intéressant sur ce sujet.
Il est sujet ici d'une polygamie CHOISIE. On est donc proche du polyamour puisque certains vivent à plusieurs sauf que la notion de mariage est abordée.

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Anarchamory

le samedi 22 juin 2013 à 17h59

gcd68
MetaZet, je confirme ce livre "bouscule" les principes de notre société même si certains poly regrettent que l'auteur, ne vivant pas dans la situation qu'elle défend, n'y met pas assez de conviction personnelle.

Elle défend tout simplement le libre-choix, et en un sens, elle vit donc dans la situation qu'elle défend. En outre, je trouve ça intéressant, sur le plan rhétorique face aux anti-poly, qu'elle puisse défendre cette idée alors qu'elle n'en aurait pas besoin pour défendre son choix de vie monogame. On ne pourra donc pas l'accuser de chercher à se trouver des bonnes excuses.

gcd68
Moi, je trouve que c'était déjà une bonne chose que quelqu'un est écrit un ouvrage intéressant sur ce sujet.
Il est sujet ici d'une polygamie CHOISIE. On est donc proche du polyamour puisque certains vivent à plusieurs sauf que la notion de mariage est abordée.

Oui, c'est ça. D'ailleurs le polyamour est brièvement évoqué à un endroit, et toute l'argumentation développé pourrait d'ailleurs aisément s'appliquer au polyamour qui est, au fond, moins subversif que la thèse qu'elle défend.

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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(compte clôturé)

le samedi 22 juin 2013 à 18h40

Je crois en effet que ce que défend C. Ternaux va au-delà du polyamour. Moi aussi j'ai beaucoup apprécier cet ouvrage.

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LuLutine

le dimanche 23 juin 2013 à 00h49

Simone
Je sais que la rupture est inévitable, cependant, je préfère avoir à faire encore une fois un choix, que de perdre les deux, car les perdre, c'est me perdre complétement.

Chacun ses choix bien entendu, mais pour ma part dans ce genre de situation, je préférerais perdre les deux que de me perdre.
Pour moi, c'est accepter d'en choisir un qui serait me perdre complètement !

Surtout que d'un point de vue concret, ce choix me force à faire à nouveau un choix exclusif la prochaine fois que je tomberai amoureuse de quelqu'un. Alors que refuser de choisir une fois pour toutes ouvre les possibles : je n'aurai pas à fermer ma porte au prochain qui se présentera (ou bien à mettre dehors "l'ancien" à coups de pied aux fesses !).

Pour moi c'est une question de cohérence : j'aime deux personnes (ou plus), je ne vois pas pourquoi je devrais faire un choix exclusif ( = qui exclut certaines personnes).

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Simone

le dimanche 23 juin 2013 à 11h24

Tout d'abord, merci pour toutes ces précieuses références, je vais dés demain à la librairie !
Je sais que la culpabilité que je ressens est celle de la salope de morale, que nous évoluons dans une société qui veux nous imposer ses normes dés la naissance et ainsi dirige et bouleverse nos désirs, nos codes, nos envies... Ce sont des questions très proche des Gender théorie. ( La volonté de savoir, histoire de la sexualité de Michel Foucault est pour moi une des vraies pierres posées pour la liberté de la personne, puisque c'est ici, que l'on comprend entre autre comment l'on dirige les foules et les masses dans les directions qui sont celles de l'état et bien avant, de la religion. ) Ma culpabilité tient aussi sur le fait de les voir malheureux.

LuLutine
Chacun ses choix bien entendu, mais pour ma part dans ce genre de situation, je préférerais perdre les deux que de me perdre.
Pour moi, c'est accepter d'en choisir un qui serait me perdre complètement !

Surtout que d'un point de vue concret, ce choix me force à faire à nouveau un choix exclusif la prochaine fois que je tomberai amoureuse de quelqu'un. Alors que refuser de choisir une fois pour toutes ouvre les possibles : je n'aurai pas à fermer ma porte au prochain qui se présentera (ou bien à mettre dehors "l'ancien" à coups de pied aux fesses !).

Pour moi c'est une question de cohérence : j'aime deux personnes (ou plus), je ne vois pas pourquoi je devrais faire un choix exclusif ( = qui exclut certaines personnes).

Je comprend tout à fait Lulutine t'a prise de position, celle de ne pas te renier. Et c'est clairement courageux. Je sais ce que je suis maintenant, et à l'avenir, je m'affirmerai comme tel. En attendant, je les aime tellement forts, que mon esprit ne peut s'imaginer les perdre. Je suis bien lâche, j'en ai conscience.

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Anarchamory

le dimanche 23 juin 2013 à 12h00

Simone
Je sais que la culpabilité que je ressens est celle de la salope de morale, que nous évoluons dans une société qui veux nous imposer ses normes dés la naissance et ainsi dirige et bouleverse nos désirs, nos codes, nos envies...

Quand j'essaye de réfléchir à ces normes, je me dis qu'à la base, si elles ont été adoptées, c'est qu'elles devaient bien servir à quelque chose. Sans doute qu'elles constituaient un progrès par rapport à une situation antérieure. Elles ont donc été adoptées, en tout premier lieu, par des progressistes soucieux de trouver une solution concrète à un problème concret. Comme ça fonctionnait bien, ça a ensuite été adopté par les générations qui ont suivi. Puis, progressivement, ces normes ont été, plus ou moins inconsciemment, adoptées sans réfléchir. Puis, progressivement, on en est venu à perdre le sens de leur utilité mais comme nos parents, nos grands-parents, nos arrières grands-parents, etc. les avaient adoptées, ça a suffit à ce qu'on les adopte aussi. Puis certains se sont imaginés que si les normes étaient bonnes, alors les appliquer avec une plus grande rigidité était encore mieux. Plus ou moins en parallèle, progressivement, les conditions circonstancielles qui avaient donné un sens à ces normes ont disparues, mais on a continué de les adopter bêtement, puisque de toute façon ça faisait bien longtemps qu'on les adoptait sans plus du tout savoir à quoi elles servaient. Face à la contestation de certains esprits forts, les tenants des normes se sont alors creusés la tête pour leur trouver des justifications post-hoc. Comme il n'y avait plus de raison concrète pour les adopter, ils se sont ingéniés à leur trouver des justifications philosophiques, métaphysiques voire religieuses... Entre tenants des normes ils ont réussi à se persuader qu'ils avaient trouvé la bonne réponse à l'existence des normes. Et c'est ainsi que ce qui à la base était le fruit d'un esprit progressiste et libéral est devenu du conservatisme sclérosé.

Ça me fait penser à une expérience (de pensée ?) dont j'ai découvert le récit sur Internet :

www.hiti.fr/2010/cinq-singes.php

C'est tout à fait ça !

Simone
Ce sont des questions très proche des Gender théorie. ( La volonté de savoir, histoire de la sexualité de Michel Foucault est pour moi une des vraies pierres posées pour la liberté de la personne, puisque c'est ici, que l'on comprend entre autre comment l'on dirige les foules et les masses dans les directions qui sont celles de l'état et bien avant, de la religion. ) Ma culpabilité tient aussi sur le fait de les voir malheureux.

Et est-ce qu'ils culpabilisent de te rendre malheureuse, eux ?

Simone
Je comprend tout à fait Lulutine t'a prise de position, celle de ne pas te renier. Et c'est clairement courageux. Je sais ce que je suis maintenant, et à l'avenir, je m'affirmerai comme tel. En attendant, je les aime tellement forts, que mon esprit ne peut s'imaginer les perdre. Je suis bien lâche, j'en ai conscience.

Non, ce n'est pas de la lâcheté. On n'a pas dit que c'était facile. Au contraire. Quelque part, vouloir se sacrifier pour leur bonheur, ça peut être aussi une forme d'altruisme. Sauf que tout sacrifice ne vaut pas la peine. Se sacrifier soi-même dans ce qu'on a de plus essentiel pour satisfaire le désir d'exclusivité de deux mecs sachant que de toute façon, il y en aura quand même un de malheureux dans l'affaire, je ne pense pas que ça soit un bon sacrifice.

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Cendre

le dimanche 23 juin 2013 à 21h42

Merci de m'avoir retrouvé l'expérience des singes. J'en avais entendu parler, mais j'avais aucune référence :-)

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alps

le dimanche 23 juin 2013 à 23h12

MetaZet
Quand j'essaye de réfléchir à ces normes, je me dis qu'à la base, si elles ont été adoptées, c'est qu'elles devaient bien servir à quelque chose. Sans doute qu'elles constituaient un progrès par rapport à une situation antérieure. Elles ont donc été adoptées, en tout premier lieu, par des progressistes soucieux de trouver une solution concrète à un problème concret. Comme ça fonctionnait bien, ça a ensuite été adopté par les générations qui ont suivi. Puis, progressivement, ces normes ont été, plus ou moins inconsciemment, adoptées sans réfléchir. Puis, progressivement, on en est venu à perdre le sens de leur utilité mais comme nos parents, nos grands-parents, nos arrières grands-parents, etc. les avaient adoptées, ça a suffit à ce qu'on les adopte aussi. Puis certains se sont imaginés que si les normes étaient bonnes, alors les appliquer avec une plus grande rigidité était encore mieux. Plus ou moins en parallèle, progressivement, les conditions circonstancielles qui avaient donné un sens à ces normes ont disparues, mais on a continué de les adopter bêtement, puisque de toute façon ça faisait bien longtemps qu'on les adoptait sans plus du tout savoir à quoi elles servaient. Face à la contestation de certains esprits forts, les tenants des normes se sont alors creusés la tête pour leur trouver des justifications post-hoc. Comme il n'y avait plus de raison concrète pour les adopter, ils se sont ingéniés à leur trouver des justifications philosophiques, métaphysiques voire religieuses... Entre tenants des normes ils ont réussi à se persuader qu'ils avaient trouvé la bonne réponse à l'existence des normes. Et c'est ainsi que ce qui à la base était le fruit d'un esprit progressiste et libéral est devenu du conservatisme sclérosé.

Ça me fait penser à une expérience (de pensée ?) dont j'ai découvert le récit sur Internet :

www.hiti.fr/2010/cinq-singes.php

C'est tout à fait ça !


Simone

Ce sont des questions très proche des Gender théorie. ( La volonté de savoir, histoire de la sexualité de Michel Foucault est pour moi une des vraies pierres posées pour la liberté de la personne, puisque c'est ici, que l'on comprend entre autre comment l'on dirige les foules et les masses dans les directions qui sont celles de l'état et bien avant, de la religion. ) Ma culpabilité tient aussi sur le fait de les voir malheureux.


Et est-ce qu'ils culpabilisent de te rendre malheureuse, eux ?



Non, ce n'est pas de la lâcheté. On n'a pas dit que c'était facile. Au contraire. Quelque part, vouloir se sacrifier pour leur bonheur, ça peut être aussi une forme d'altruisme. Sauf que tout sacrifice ne vaut pas la peine. Se sacrifier soi-même dans ce qu'on a de plus essentiel pour satisfaire le désir d'exclusivité de deux mecs sachant que de toute façon, il y en aura quand même un de malheureux dans l'affaire, je ne pense pas que ça soit un bon sacrifice.

Marrant comme hypothèse. Mais je doute que les singes soient si betes. Je mise que le singe arrive à prendre l bannane sans arroser les autres. Ou que les singes acceptent d'etre arrosé chacun leur tour pour manger les bananes.etc...

fr.wikipedia.org/wiki/Mème

Ces gens là aussi ont quelque chose contre les normes. Mais bon vous pouvez dormir tranquille. Si ca fonctionnait de la sorte. Des gens bien intentionnés biensur :) auraient déjà employé de telles méthodes sur de grosses populations. Il y aurait bien moins de manifestants...

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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LuLutine

le dimanche 23 juin 2013 à 23h31

Simone
Ma culpabilité tient aussi sur le fait de les voir malheureux.

Mais est-ce que tu agis directement de manière à les rendre malheureux ?
Est-ce que tu peux vraiment t'estimer coupable, responsable de leur mal-être ?

Est-ce ton comportement qui génère ces sentiments chez eux, ou bien l'interprétation qu'ils en ont ?

Exemple de pensée typique d'une personne exclusive : "Elle passe du temps avec tel autre, ça veut dire qu'elle ne m'aime plus !"
Dans cette situation, est-ce ton comportement (passer du temps avec quelqu'un d'autre, même si tu continues à fréquenter la personne qui s'exprime plus haut) qui induit un mal-être chez ton partenaire ?
Ou bien est-ce son interprétation (probablement fausse !) de ce comportement ("elle ne m'aime plus !") ?

Je trouve que la question mérite d'être posée, non ?

A l'époque où je considérais "anormal" d'aimer ou de désirer deux personnes (ou plus), je me suis sentie coupable lorsque j'ai développé des sentiments pour un ami (alors que je fréquentais déjà un amoureux).
En revanche, à partir du moment où j'ai compris que ce n'était pas contre nature, anormal ou quoi que ce soit du genre, d'aimer et/ou de désirer plus d'une personne à la fois, cette culpabilité a disparu.

Je peux me sentir responsable d'avoir mal géré une situation donnée, mais pas d'aimer ou de désirer plus d'une personne, et pas non plus de choisir de le vivre, parce que c'est cohérent avec mon identité. Et personne ne me fera me sentir coupable d'aimer au pluriel.

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ScottBuckley

le dimanche 23 juin 2013 à 23h45

Simone

Quel bonheur de découvrir un site où je me reconnais sans rabâches de la morale sociale : c'est la faute à maman, la faute à papa, à la putain ou au bovarysme !

Oui, gare au bovarysme, cette romanesque maladie textuellement transmissible .

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Simone

le lundi 24 mars 2014 à 15h45

Bonjour,
je fais remonter une discussion qui date maintenant.
Parce que j'arrive à un moment critique et me suis souvenue de ce post que j'avais laissé il y a quelques mois. Vos réponses m'avaient fait du bien, se sentir écoutées et comprise. A ce moment là, j'étais encore en lien avec la vie. Depuis beaucoup de choses ont changé.
Je me souviens que vous aviez parlé de me découvrir, de lecture... A l'inverse, je me suis bien perdue. Et puis, j'ai commencé une psychanalyse il y a peu, qui est constructive. J'apprends à me découvrir, à dévisser certaines choses de mon passé ou de mon caractère.
Depuis juin, j'ai vécu encore quelques beaux moments avec eux. Et puis... et puis H a décidé de me quitter, paradoxalement, de la plus belle déclaration d'amour que l'on a pu me faire. J'étais perdue et incapable de bouger sentimentalement, résignée. Je sais pourquoi il m'a quitté. Je regrette tellement.
J'étais sur le point de déménager pour une ville plus attractive professionnellement. M a voulu partir avec moi, et la perspective de partir dans une ville inconnue accompagnée d'un de mes amoureux me séduisaient (ou me rassurée, c'est là où je ne suis pas fière de moi). M et H étaient à ce moment là d’accords sur le fait qu'on " essaie" une relation où je serai avec les deux. H était prêt à me voir de temps en temps, sans que je n'entrave sa liberté, ni qu'il n'entrave la mienne. M était lui aussi libre de son coté, et ravi de partir avec moi à l'aventure. A quelques jours de partir, H a rompu. Il ne voulait plus de cette relation qui pour lui avait trop duré, il voulait se reconstruire seul. Il reniait l'amour, me disant, que je serai sa plus grande histoire et que, maintenant qu'il l'avait vécu, ne voulait plus rien vivre d'autre avec personne. Depuis cela, je sombre, l'arrivée dans la nouvelle ville fut pour moi très amer, je suis entré en dépression. Je l'ai pleuré. Et M ne supportant pas de me voir malheureuse a viré de comportement. Il est encore plus possessif, me rappelle à quel point j'ai pu lui faire du mal sans cesse et à quel point je lui en fais encore en pleurant l'autre. Je suis dans l'immobilisme totale depuis. Incapable de reconquérir H, car je suis étirée entre le respect de son choix et l'instinct romantique passionnelle. Incapable de rien. Un fantôme.
Cela fait des mois maintenant, de long mois, où le manque et la tristesse hantent mes jours et mes nuits. Je sais qu'avec M, il n'y a plus rien à faire. Je dois rompre, mais même cela je n'en trouve pas le courage. Nous avons gardé longtemps contact avec H, nous étions incapables de vraiment nous voir disparaitre de nos vies. Jusqu'à ce mois-ci, où le silence était de mise pour oublier, où le seul sms envoyé ne trouve aucun écho.
Je me sens pathétique, et je n'ai pas su gérer quelque chose qui me dépassait. Je me suis brûlais les ailes.
Je vous remercie si vous m'avez lu jusqu'ici.

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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Siestacorta

le lundi 24 mars 2014 à 16h25

L'analyse, ça va peut-être te faire du bien, oui.
Faut pas t'en vouloir d'avoir eu du mal à faire avec une situation complexe, même les plus expérimentés peuvent y perdre des plumes.

Tu dis que tu t'es perdue... et je crois que pour se perdre soi-même, il faut ne pas se connaître ni s'accepter.
Il y a des gens passionnés, qui ont pas l'air de savoir ce qu'ils veulent, parce qu'ils se définissent pas "seuls", mais toujours en regard d'un autre. Parce que leur personne n'est pas un repère, ils cherchent à se définir "dans l'action", sans recul.
Ca veut pas dire qu'on existe pas, si on est comme ça. Ca veut dire qu'on ne s'est pas compris soi-même, pas accepté.

J'ai l'impression que si tu fais ce travail là (psychanalyse, mais je te conseille aussi la sophrologie, ça aide à se "sentir" soi-même), tu seras moins perdue.
Bon, pour la peine et le manque, il n'y a que le temps, et vivre d'autres choses, d'autres plaisirs, et, quand on a assez avancé pour ne pas rejouer les mêmes histoires, d'autres amours.

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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