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Être poly : d’autres formes d’engagements ?

Engagement
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ScottBuckley

le vendredi 24 mai 2013 à 12h40

Bonjour,

Être une personne polyamoureuse peut revêtir bien des formes différentes, et de l’extérieur, même en étant compris-e (au moins en partie), il y a une pensée-réflexe qui ne manquera pas souvent d’apparaître en face, chez une personne “mono” ou “poly” :

une personne “poly” risque de “papillonner” (peut-être plus qu’une personne “mono”), d’être un-e partenaire instable, de ne pas être assez “rassurante”, peut ne pas nous choisir comme partenaire principal-e (si c’est notre souhait), et ne sera peut-être pas “mon compagnon/ma compagne principale” tel un roc solide dans un couple ou une personne sur laquelle on pourrait s’appuyer face aux tempêtes, du début jusque dans nos derniers jours (par exemple dans le cas où on a au moins un enfant en commun), car elle pourrait “aller voir ailleurs” (comme c’est d’ailleurs parfois déjà le cas dans une relation officiellement “mono”).

Or en période de “crises” (écologique, sociale, économique...), la recherche d’un-e partenaire stable peut sembler très légitime, pour tenir debout face aux aléas et accidents de la vie (maladies, séparations, chômage, disparitions...).

D’où l’importance, dans certains cas , de pouvoir montrer et de vivre ces amitiés intimes et ces amours plurielles de façon concrète, avec d’autres formes d’engagements et de responsabilités, ponctuelles ou durables (bien plus qu’un mariage en CDI... à durée parfois limitée),
avec d’autres règles inédites, fixées entre les différents partenaires.

Doit-on rassurer tous nos partenaires affectifs intimes ?

Que nos partenaires soient : des amant-es, des lovers, des amitiés intimes, sexuelles, un amour, le père/la mère /la personne co-responsable d’un enfant en commun, ou une autre relation affective intime différente, qu’attendent-ils/elles de nous ?

Comment construire de la confiance mutuelle ?

Comment pérenniser nos relations affectives plurielles ?
(si c’est notre souhait)

Doit-on s’engager de la même façon auprès de tous nos partenaires ?

S'imagine-t-on grandir, mûrir et vieillir avec eux/elles ?

* Avec des engagements, en ce qui concerne les nombreux aspects de la vie d’un duo ouvert (prises de décisions multiples dans la vie quotidienne, partage des moments ensemble, parenthèses exclusives à deux ou +, partage des factures, éducation des enfants s’il y en a...) ?

* Avec des valeurs (recherche d’équité femmes/hommes, éthique, valeurs humaines essentielles, qualité de communication relationnelle...),
avec une philosophie de vie ?

Et si oui lesquelles et comment ?

→ Vos expériences concrètes, vos regards multiples, vos suggestions et paroles, quelque soit votre situation (avec ou sans enfant) ou votre âge, m’intéressent, et je serai ravi de les partager avec vous !

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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(compte clôturé)

le vendredi 24 mai 2013 à 13h52

Coucou GreenPixie,
Je réponds succinctement car pas bcp de temps.
Je crois que l'on doit être présent et rassurer toutes les personnes qui ont besoin de nous, quelque soit la nature de la relation.
Est-ce que la confiance mutuelle se construit ? Je crois plutôt qu'elle s'installe : elle existe ou elle n'existe pas. J'ai pu constater à une époque que l'un de mes intimes était intervenu alors que mon homme avait un problème important. Ils n'avait fait que lui téléphoner (puisque pas sur place) mais ce dialogue avait fait du bien et sans doute les avaient rapprochés. Mon intime avait fait cette démarche spontanément. Ils avaient donc un lien particulier entre eux. Mon intime savait que si mon compagnon de vie n'allait pas bien, moi non plus et comme j'étais moi même concernée (enfin moi je vivais plutôt bien cette situation délicate) et que je ne savais plus quoi faire pour l'apaiser. Ce n'est qu'un exemple.
Cela m'amène à la seconde question : comment pérenniser des relations affectives plurielles ? En le désirant, je pense que c'est indispensable. En le vivant bien, ça évite les écueils. Pour moi, en faisant bénéficier aux autres ce que chaque relation m'apporte qualitativement : le bonheur, le rayonnement, la joie, et si possible la sérénité et la liberté. Des composantes indispensables.
Oui, je m'imagine, et c'est mon souhait mûrir et vieillir avec eux. Je ne l'envisage pas autrement. Leur apporter et recevoir encore longtemps même si les situations seront différentes avec chacun puisque je tiens à ma vie de couple. En vieillissant, tous dans la même maison de retraite !!!
Les engagements seront forcément différents avec chacun, les valeurs ? la philosophie de vie ? Pour l'instant je me préoccupe surtout du présent et de son questionnement actuel. Mais si la question est : est-ce que je conçois l'ensemble de mes relations sur du long terme alors la réponse est oui, oui, oui. De toute façon, certaines relations, qui bien plus effectives car interrompues concrètement, ont encore une existence intérieure bien réelle pour moi et donc perdurent.
Voili, voilà, faut que j'aille travailler :-/

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ScottBuckley

le mardi 28 mai 2013 à 11h45

Merci bien gcd68 pour cette première réponse.

@ : Et vous autres, que pensez-vous des questions soulevées par ce post ?

Comment cherchez-vous à vous engager (ou pas) dans une relation affective et/ou amoureuse, tout en restant un être libre d'aimer ?

( aparté : hier lundi soir j'ai relu un passage de Krishnamurti à propos de l'amour, qu'il présente comme une flamme libre, qui ne se possède pas et ne peut pas être exclusif, et son texte m'a une fois de plus beaucoup parlé, surtout venant de lui, si subtil, un anti-gourou qu'il est agréable de lire sans adoration ni religiosité )

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Trillian

le mardi 28 mai 2013 à 14h20

On peut être poly et s'engager dans une voir plusieurs relations... Exemple: je vais me marier en septembre ! Je sais que beaucoup de gens ici sont contre le mariage, souvent à cause de mauvaises experiences j'ai l'impression. Mais qu'en est il si on est deja ouvertement poly avant de se marier ? Je vous raconterai =)
Doit on rassurer nos partenaires ? Oui oui et OUI !! Tout le monde a besoin de se sentir en securité dans son couple (je parle ici de couple dans le sens "lien entre deux personnes" peu importe le nombre d'autres liens qui existe autour).
Mon petit ami (pas mon fiancé) m'a dit il y a peu dans une conversation "à propos de nous" : "Mais tu vas faire ta vie, tu vas te marier!" je lui ai repondu que ma vie il en faisait parti, que ca ne changerai rien, je ne sais pas vraiment de quoi il avait peur, que je me transforme en mono une fois la bague au doigt? (lol) En tout cas maintenant ca va mieux.
Mon fiancé, quand mon autre relation a demarré, m'a dit quelquechose du genre "mais si tu te rends compte qu'il est mieux que moi? Tu vas me quitter?" Là aussi il a fallu que je le rassure. Dans ces deux cas, aucun des deux n'a voulu porter atteinte à ma liberté ou remettre en cause notre fonctionnement. Ils ont juste parlé de leurs craintes pour être rassurés.

Doit on s'engager de la même facon dans toutes nos relations? Oui et non, je pense que toute relation demande un engagement, mais chaque personne est differente, chaque relation est unique et un "couple" n'a pas forcement les même besoin qu'un autre. C'est comme elever des enfants, il faut s'adapter au caractere de chacun et ce qui marche pour l'un ne marchera pas forcement pour l'autre. C'est ce qui fait la richesse des relations poly !

(désolée pour les fautes d'orthographe)

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(compte clôturé)

le mardi 28 mai 2013 à 20h46

Je suis d'accord avec Trillian. Mais je reste convaincu que le mariage enferme plus qu'il ne libère. On peut "s'engager" en effet différemment avec chaque personne. Comprendre cela c'est déjà comprendre beaucoup...

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Anarchamory

le mardi 28 mai 2013 à 23h04

Trillian
On peut être poly et s'engager dans une voir plusieurs relations... Exemple : je vais me marier en septembre ! Je sais que beaucoup de gens ici sont contre le mariage, souvent à cause de mauvaises experiences j'ai l'impression. Mais qu'en est il si on est deja ouvertement poly avant de se marier ? Je vous raconterai =)

Mariage civil + religieux ou mariage civil seul ?
Dans le 1er cas, c'est un peu de la tromperie quelque part, car on est censé s'engager à l'exclusivité amoureuse et sexuelle quand on se marie à l’Église (catholique du moins). C'est vrai que le mot "exclusivité" ne figure pas tel quel dans les documents officiels de l’Église catholique concernant le mariage mais tout le background permet de comprendre que c'est ainsi — notamment — qu'est comprise l'injonction à la fidélité et la condamnation de l'adultère.
Dans le 2nd cas, c'est un peu plus "souple" depuis 1975, mais très concrètement, si on se réfère à la jurisprudence, les relations sexuelles et amoureuses extra-conjugales, si elles sont suffisamment "graves" et répétées, peuvent être retenues contre le conjoint s'y étant adonné, dans le cadre d'une procédure de divorce pour faute. Alors bien sûr, l’État ne divorce pas les gens contre leur gré et ne punit pas les époux "volages" si leur conjoint ne s'en plaint pas. Mais c'est un peu paradoxal quand même que de signer de son plein gré un contrat en s'entendant par ailleurs avec l'autre partie pour que ni l'une ni l'autre ne respecte le dit contrat... Du reste, si ton conjoint changeait d'avis et décidait finalement de ne plus tolérer ton polyamour, il aurait alors un outil juridique (la mal-nommée "fidélité conjugale") clé en main à sa disposition pour te mettre la pression...

Bon, je suis sans doute mal placé pour ramener ma fraise étant donné que je me suis moi-même marié, qui plus est à l’Église. Néanmoins, c'était loin d'être une volonté enthousiaste de ma part. J'ai dit "oui" à contre-cœur, pour faire plaisir à ma femme... et j'en subis aujourd'hui les conséquences délétères...

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LuLutine

le mercredi 29 mai 2013 à 01h40

MetaZet
J'ai dit "oui" à contre-cœur, pour faire plaisir à ma femme... et j'en subis aujourd'hui les conséquences délétères...

Cette conclusion pour ma part, me conforte dans les décisions que j'ai prises par le passé, de ne pas faire de compromis sur qui j'étais, ce en quoi je croyais, ce qui me convenait ; et ce, même si aujourd'hui je me retrouve complètement "seule" (par "seule", j'entends "sans projet de vie avec quelqu'un", puisqu'amoureusement - et amicalement, ce qui compte aussi ! - je suis loin d'être "seule").

Pour recoller au sujet, j'ai pris plusieurs fois des engagements dans mes relations, et je les ai toujours tenus (les projets de vie ne se sont pas réalisés parce que systématiquement le partenaire concerné m'a laissée tomber, mais moi, j'étais restée fidèle au projet).

Et en effet, ce n'étaient pas les mêmes engagements d'une relation à l'autre.

Notamment, il y a une promesse (aujourd'hui caduque puisque la personne m'a laissée tomber) que j'avais faite à un amoureux, parce que je savais que de son côté il la tiendrait aussi. J'avais refusé de faire cette promesse à quelqu'un d'autre auparavant, car je savais que lui ne la tiendrait pas (même si de fait, je l'aurais tenue, mais par principe je ne voulais pas promettre alors qu'il n'y avait pas le même engagement en face...)

La question de l'engagement finalement, elle se pose aussi dans la réciprocité éventuelle, en fonction des sensibilités et priorités de chacun.

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Trillian

le mercredi 29 mai 2013 à 11h14

Metazet, nous n'allons pas nous marier à l'église (Quel gros mensonge ce serait en effet!) ce sera un mariage civil puis nous feront une ceremonie d'engagement, à notre façon, avec des officiants choisis parmis nos amis et notre famille, qui ne nous feront pas jurer fidélité. (ou bien fidélité envers nous même peut être ?)
Pour ce qui est du divorce, difficile pour une future mariée d'imaginer son mariage mal finir ! Mais si il peut retourner contre moi mes relations extraconjugales, alors je peux en faire autant, nous sommes donc à egalité ^^
Pourquoi vouloir nous marier? Parcequ'on veut passer notre vie ensemble, peu importe ce qui se passe autour de nous, peu importe l'importance ou le nombre de nos autres relations, on veut toujours être là l'un pour l'autre.

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(compte clôturé)

le mercredi 29 mai 2013 à 15h05

Je suis mariée et donc mal placée aussi pour causer mais en l’occurrence je pense que MetaZet a un peu raison. Pourquoi se mettre une chaine volontairement alors que ce n'est pas indispensable ? Pourquoi se mettre en cage alors que l'on a sa liberté et que l'on en est conscient ? Après, si vous êtes d'accord tous les deux et si cela ne posera pas préjudice plus tard !!! Le hic, c'est que l'on ne peut connaitre préalablement les conséquences de nos décisions actuelles. A 20 ans je me suis mariée VOLONTAIREMENT parce que c'était dans l'ordre des choses mais presque 24 ans plus tard, la situation me correspond toujours sur le fond (je suis très heureuse avec mon mari et nous vivons très bien ensemble) mais plus du tout sur la forme (je n'ai pas mon entière liberté afin d'exprimer et de vivre mes sentiments en dehors de mon couple). Ca pose problème parce que pour mon mari le fait que nous soyons MARIES a une signification d'engagement exclusif l'un envers l'autre. Même s'il comprend et ne condamne pas ma franchise et mon naturel d'aimer et d'être aimer par ailleurs, il a du mal à accepter la situation d'autant plus qu'aujourd'hui, je ne la cache pas. Je m'affirme comme polyaffective et emm.... ceux que cela dérange.
Nous ne restons pas mariés par "obligation" mais par choix, par amour. C'est là l'erreur. Le mariage n'est pas conçu pour régir l'affectif mais des biens, des filiations, etc. Pour moi, aujourd'hui, à quoi cela servirait-il de vendre la maison que nous avons eu tellement de mal à acquérir et dans laquelle nous nous sentons bien ? A quoi cela servirait-il de payer des frais de divorce alors que je pense que dans tous les cas nous continuerions à vivre ensemble et à nous aimer ? Toutefois, le simple fait d'être mariés occasionne un certains emprisonnement pour moi (rien d'insurmontable) et une blessure pour lui (si elle était insurmontable, on serait certainement déjà séparé) donc... l'éternelle question : le mariage est-il une bonne chose ? L'engagement exclusif (car c'est tout de même de cela qu'il s'agit) est-il humain ?
Malgré tout Trillian, tu dois faire ton propre choix suivant tes propres inspirations. L'important c'est ton bonheur et si tu penses qu'il est là, alors fonce !

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Trillian

le mercredi 29 mai 2013 à 21h35

Le polyamour ne me fera pas renoncer au mariage, et ce n'est pas un enfermement pour nous car nous sommes tous les deux d'accord sur la non exclusivité dès le depart.
Etre poly ne doit pas m'empecher de me pavaner pendant toute une journée dans une robe de princesse !!!!!! Plus serieusement, je prefere remodeler le mariage à ma facon, plutot que d'y renoncer et de le laisser aux monos. Qui sait ? Peut être que je vivrai assez longtemps pour voir la polygamie légalisée =D (mais ceci est un autre debat)
Retournons au sujet de depart !

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lam

le mercredi 29 mai 2013 à 22h23

LuLutine
La question de l'engagement finalement, elle se pose aussi dans la réciprocité éventuelle, en fonction des sensibilités et priorités de chacun.

Oui carrément. C'est chouette là c'est pile les mots qui décrivent où j'en suis de cette réflexion.
Parce que bon ne pas faire de couple ne m'empêche pas d'avoir envie de projets de vie collective sur du long terme, comme de m'impliquer dans le cadre de vie d'un enfant en tant que 'parent'. Pour moi c'est dans ce cas de figure que la question de comment on s'engage se pose, et c'est ça qui m'intéresse: Comment on s'engage dans une relation de co-parentalité. Comment on prend à plusieurs la responsabilité d'un-e ou de plusieurs enfants.
J'envisage complètement d'ailleurs d'être parent avec des personnes avec qui on partage un amour platonique.
Et avec un-e partenaire avec qui on fait du sexe j'aurais besoin de prendre en compte le coté irrationnel que partager du sexe peut saupoudrer sur les relations, les réactions (oui je ne crois pas qu'on déconstruit l'appartenance à l'autre ni son appropriation à 100% très rapidement). J'aurais besoin de planifier à l'avance comment notre relation de coparent et d'ami-e-s platonique est à choyer, mais est ce que c'est possible de s'engager à ne pas laisser le fait de faire du sexe ou pas créer des enjeux???
Quelles priorités, anticiper le comment on s'aime et on échange et on aime les enfants et on continue nos projets ensemble même si on ne baise plus.
Moi en fait ça me rassure de penser à ça avant d'essayer. Mais ça fait flipper.

Wow. Chui pas sur de trouver facilement/rapidement des ami-e-s avec qui entourer des vieux enfants ensemble. O_O

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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lam

le mercredi 29 mai 2013 à 22h44

GreenPixie
Or en période de “crises” (écologique, sociale, économique...), la recherche d’un-e partenaire stable peut sembler très légitime, pour tenir debout face aux aléas et accidents de la vie (maladies, séparations, chômage, disparitions...).

Ben tiens je viens de trouver pourquoi ce bout de ton très-chouette-sujet-très-bien-posé qui parle de crises me fait un truc bizarre: c'est qu'en fait en période de crise l'adaptabilité est essentielle et on ne peut répondre aux contraintes que par une combinaison de stratégie r ou K pour nos relations (parallèle avec la biologie des espèces):
c'est à dire faire tout plein de relations où on investit pas trop ou vraiment une ou deux relations auxquelles on se consacre exclusivement.

à l'heure des cancers qui augmentent (le prédateur n°1 dans les pays occidentaux), c'est surement mieux d'être entre les deux.

Et dans tous les cas cultiver beaucoup de liens humains dans sa vie ça rend heureuse-x

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Anarchamory

le mercredi 29 mai 2013 à 23h35

Trillian
Le polyamour ne me fera pas renoncer au mariage, et ce n'est pas un enfermement pour nous car nous sommes tous les deux d'accord sur la non exclusivité dès le depart.

Oui mais y'a un troisième larron dans l'affaire : l'Etat. Tant que tout ira bien, il restera silencieux, mais si un jour ça ne va plus, il risque de se rappeler à ton bon souvenir... J'espère donc que ton ami ne changera pas d'avis sur le polyamour en cours de route...

Trillian Etre poly ne doit pas m'empecher de me pavaner pendant toute une journée dans une robe de princesse !!!!! !

Te pavaner pendant toute une journée dans une robe de princesse ne doit pas t'empêcher de rester célibataire ;)

Trillian Plus serieusement, je prefere remodeler le mariage à ma facon, plutot que d'y renoncer et de le laisser aux monos.

Le problème c'est que le mariage n'est pas qu'un contrat. C'est aussi une institution républicaine. Donc ta marge de manœuvre dans le remodelage reste limitée.

Trillian Qui sait ? Peut être que je vivrai assez longtemps pour voir la polygamie légalisée =D

A mon avis, ça viendra plus vite qu'on le pense. Le mariage polygame pose moins d'objections que le mariage homosexuel, si on prend un peu de recul.
Contrairement à ce dernier, il est biologiquement fertile (un des principaux arguments contre le mariage homosexuel ne s'y applique donc pas). De plus, à l'échelle de l'histoire et du monde : le mariage polygame est et à été très répandu depuis des millénaires, tandis que le mariage homosexuel est un phénomène très récent et très "européen" (culturellement parlant je veux dire : j'inclus donc les USA, l'Australie, etc.). L'impression du contraire vient à mon avis de trois facteurs essentiels :
1) La polygamie a été discréditée par son association à l'Islam, lui même discrédité par son association à l'Islamisme intégriste et violent.
2) Les homosexuels ont subi beaucoup plus de persécutions et soulevé bien plus d'indignations au cours de l'histoire humaine que les polygames, qu'ils soient officiels (polygamie instituée) ou officieux (adultère). De nos jours, par une sorte de surcompensation, le focus est mis sur les homosexuels par les médias. De plus, ils ont su s'organiser pour défendre leurs revendications, ce qui n'est pas trop le cas des poly, nettement moins revendicatifs.
3) La monogamie est survalorisée par son association à l'amour romantique, qui est très médiatisé, et qui est lui-même présenté comme la seule façon d'aimer, à tel point que lorsque l'on parle d'amour, sans préciser, la plupart des gens pensent à l'amour romantique.

Il y a peut-être, plus marginalement, un 4ème facteur :
4) La monogamie a un côté social-démocrate : chacun sa chacune, chacune son chacun, de manière égalitaire. Le polyamour a un côté plus libéral : chacun est libre de s'associer amoureusement avec autant de personnes qu'il veut, à partir du moment où il y a consentement de toutes les personnes impliquées. Outre que le libéralisme est plutôt mal vu dans notre société, Houellebecq, dans son roman Extension du domaine de la lutte, a livré une analyse très sombre du "libéralisme sexuel", qui fait pendant à une analyse très sombre également — mais plus classique — du libéralisme économique :

« Dans un système économique où le licenciement est prohibé, chacun réussit plus ou moins à trouver sa place. Dans un système sexuel où l’adultère est prohibé, chacun réussit plus ou moins à trouver son compagnon de lit. En système économique parfaitement libéral, certains accumulent des fortunes considérables ; d’autres croupissent dans le chômage et la misère. En système sexuel parfaitement libéral, certains ont une vie érotique variée et excitante ; d’autres sont réduits à la masturbation et la solitude. Le libéralisme économique, c’est l’extension du domaine de la lutte, son extension à tous les âges de la vie et à toutes les classes de la société. De même, le libéralisme sexuel, c’est l’extension du domaine de la lutte, son extension à tous les âges de la vie et à toutes les classes de la société. Sur le plan économique, Raphaël Tisserand appartient au camp des vainqueurs ; sur le plan sexuel, à celui des vaincus. Certains gagnent sur les deux tableaux ; d’autres perdent sur les deux. »

Je pense que Houellebecq se trompe lourdement sur tous les tableaux, mais le fait même que ce genre d'analyse puisse être faite contribue probablement, dans une certaine mesure, à rendre le polyamour impopulaire, et donc le mariage polygame.

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oO0

le jeudi 30 mai 2013 à 02h18

Un engagement tacite dont la temporalité n'est pas la durée : ne pas reprocher à l'autre et au tiers leur relation. Je ne sais pas comment l'exprimer positivement, autrement que "ne pas ..."

Plus d'une fois j'ai été attendu au tournant par une partenaire, un tiers. Attendu, attente quelque part que je respecte un engagement. Je me rappelle d'une fois où cette attente est sortie sous la forme d'un reproche, l'ami en question ayant peur que je lui reproche d'être le tiers. La liberté d'avoir d'autre relation, d'avoir une relation avec une personne avec qui vous êtes en relation suscite, pour une part, une méfiance légitime. C'est bien plus souvent un interdit qu'une liberté à défaut d'interdit. À tout moment, il y a cette attente que cette liberté par défaut retourne à l'interdit dont elle s'est défaussée. Chaque situation où une personne m'a fait cette confiance, l'effort de surmonter le réflexe de cette méfiance légitime pour me faire cette confiance, je ne sais pas comment décrire l'émotion du moment ... Même les reproches font partie de cette confiance, d'un sens critique et d'une mise à l'épreuve légitime de cette confiance tant qu'il n'y a pas d'acharnement. Dans ces moments là, l'émotion du moment était à "honorer" un engagement, la confiance faite, une confiance que je ressentais comme un "honneur" qui m'aurait été fait. C'est un peu l'effet que me faisait leur confiance, une sorte d'honneur sans le cérémoniel social et tout le tuintuin.

Ce n'est pas un engagement dans la durée, c'est un engagement qui ne se respecte qu'une fois le moment de l'honorer se présente. Il s'agit de quelques uns des meilleurs moments de ma vie, des moments simples, mais où justement cette simplicité faisait s'évanouir toutes les appréhensions de reproches ou encore, où les reproches s'évanouissait aussi vite que les appréhensions qui les nourrissaient disparaissaient.

C'est très vague "ne pas reprocher à l'autre et au tiers leur relation", mais c'est ce genre de confiance en jeu dans de tels moments qui me parle le plus.

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Geraldin-e

le jeudi 30 mai 2013 à 11h02

Assez d'accord avec Metazet ci-dessus.
Pour ma part, je suis contre le mariage, étant donné ses liens avec l'Etat et les Eglises, son côté "contrôle administratif". Mais je comprends tout à fait qu'on peut avoir envie d'un engagement symbolique fort (papier qu'on signe, cérémonie, fête).
Chaque couple (trouple ou autre communauté) pourrait s'inventer une cérémonie perso, pas forcément besoin du mariage non ?
Je sais, on est sous la coupe des lois, droits de successions, charge d'enfants, etc.. Dur de se débrouiller sans tout ça, faut beaucoup de confiance mutuelle et de compromis.
C'est pour ça que, bien qu'étant contre le mariage, je suis pour le mariage pour tous, vu que c'est le type d'organisation majoritaire, aucune raison que ce soit réservé aux seuls hétéros.
De même, aucune raison à ce qu'il n'y ait pas de contrats de mariage à 3 et plus (là aussi, indépendamment du sexe bio ou du genre, ou non-genre).
Dans le cadre de ce système qui se prétend laïque et libéral, il est totalement illogique et discriminatoire que le mariage soit réservé aux seuls couples.
(le genre d'affirmation qui fera la joie du sieur Barbarin, cardinal)

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Anarchamory

le jeudi 30 mai 2013 à 17h57

Geraldin-e
Je sais, on est sous la coupe des lois, droits de successions, charge d'enfants, etc.. Dur de se débrouiller sans tout ça, faut beaucoup de confiance mutuelle et de compromis.
C'est pour ça que, bien qu'étant contre le mariage, je suis pour le mariage pour tous, vu que c'est le type d'organisation majoritaire, aucune raison que ce soit réservé aux seuls hétéros.

C'est ce pragmatisme là qui a infléchi ma position : au début, je n'étais pas spécialement pour le "mariage (civil) pour tous". Par purisme libéral, je ne jurais que par l'abolition du mariage civil et son remplacement par le mariage libre. Mais vu que la séparation du mariage et de l’État n'est pas encore à l'ordre du jour, le mariage (civil) pour tous, en attendant mieux, peut permettre de régler concrètement certaines situations, attendu que le mariage civil a de toute façon déjà été dévoyé de son sens originel par les hétérosexuels : on est passé d'un mariage pour les enfants à un mariage d'amour. Puisque les homosexuels peuvent s'aimer entre eux, ils peuvent donc se marier entre eux.

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alps

le vendredi 31 mai 2013 à 00h13

La polygamie est interdite en france pour différentes raisons qui ont toutes à voir avec l'immigration et les droits des femmes depuis 30ans.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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(compte clôturé)

le lundi 03 juin 2013 à 17h56

@alps : je conseille de lire l'ouvrage de Catherine Ternaux ("la polygamie pourquoi pas ?") avant d'incriminer la polygamie. D'ailleurs, à 20 ans, j'aurai désiré faire ma vie avec deux hommes et la société (et ses évidences, surtout quand on a 20 ans) m'a contrainte à choisir. Je suis pour une polygamie CHOISIE.
D'autre part, tout est aussi question de personnes car j'ai vu des reportages sur des femmes "subissant" la polygamie dans leur pays et vivant cela très bien avec un mari commun humain et aimant et des co-épouses en bonne entente... Tout est question de personnes et d'intelligence !
CES PROPOS N'ENGAGENT QUE MOI et ce message s'autodétruira....:-D

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Etre-plus

le jeudi 24 octobre 2013 à 13h36

Du très court,
Si je reprend l'hypothèse de GreenPixie

"la recherche d’un-e partenaire stable peut sembler très légitime, pour tenir debout face aux aléas et accidents de la vie (maladies, séparations, chômage, disparitions...)"

Je dirais que oui une personne stable est plutôt une chose rassurante mais deux personnes stables le sont deux fois plus ;-)

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Etre-plus

le jeudi 24 octobre 2013 à 13h51

Pour ce qui est de l'engagement dans nos relations j'aurais répondu la même chose que Trillianle (avec quelque fautes d'orthographe en plus)

"Trillianle mardi 28 mai 2013 à 14h20"
Doit on s'engager de la même facon dans toutes nos relations ? Oui et non, je pense que toute relation demande un engagement, mais chaque personne est differente, chaque relation est unique et un "couple" n'a pas forcement les même besoin qu'un autre. C'est comme elever des enfants, il faut s'adapter au caractere de chacun et ce qui marche pour l'un ne marchera pas forcement pour l'autre. C'est ce qui fait la richesse des relations poly !

J'aurais juste rajouter qu'une relation peu aussi être légère et sans engagement et néanmoins aussi importante et source de joie pour les êtres qui la vivent.

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