OK Clémentine, développons un peu tout ça,
Donc pour le modèle polyamoureux, n'en faisons pas une panacée. Je retire donc naturel et harmonieux, mais je confirme au moins le cohérent ce qui est déjà pas mal (plus que les 3 autres modes de fonctionnement incriminés), avec quand même l'épineuse question des enfants en suspens...
Pour la personne, qui se complaît dans l'adultère car il y trouve une petite piquûre d'adrénaline (j'ai déjà ressenti ce genre de choses, avant d'aller ratisser au fond du jardin), à mon avis ce n'est pas l'amour qui lui semble fadasse, mais plutôt sa vie, du coup il cherche à faire quelque chose d'un peu subversif pour avoir l'impression d'exister (se démarquer d'une société dans laquelle il se sent bridé). ça renvoit à mon avis plus à un autre type de manque...
Si on parle échangisme, je veux pas faire de jugements de valeur, d'autant plus qu'avant de me sentir résolument polyamoureux, alors que les premiers symptômes étaient déjà là (sensation de manque de diversité affective et sexuelle), il m'était arrivé d'envisager ce genre de pratiques...
Mais à mon avis, ça reste une sexualité très superficielle, ou les sentiments passent au second plan, voir sont interdits. ça peut aider à réaliser certains fantasmes, à se délivrer de certains tabous pesants, à prendre du plaisir immédiat ( ce qui est d'ailleurs le but premier de la chose), mais à mon avis c'est une libération superficielle, peut-être une étape intermédiaire, mais non-nécessaire vers quelque chose de plus évolué, de plus accompli, ou carrément une fausse route.
En plus, ça désacralise l'acte sexuel, et ça je dois dire que je n'aime pas trop, on passe brutalement de la diabolisation, à la banalisation de quelque chose qui n'est pas du tout banal.
Certains s'y plairont, d'autres s'y complairont, il y en a sûrement aussi qui en reviendront.
Quant aux monogames en série, je suis d'accord que mon argument peut également s'appliquer aux polys, mais il y a quelque chose qui m'exaspére dans le comportement des monogames en série.
Leur comportement implique l'obligation de pratiquer des ruptures nettes et souvent définitives avec des gens qu'ils ont beaucoup aimé, et avec qui ils ont beaucoup partagé et vécu. Et puis du jour au lendemain, ça devient casse-toi, je ne veux plus te voir. Ici ce n'est pas la sexualité qui est banalisée mais le sentiment amoureux.
D'une certaine manière, ça les oblige à amputer, à estropier leur sentiment et les rapports qu'ils entretiennent avec leurs proches.
Je ne peux pas m'empêcher de penser à l'histoire que j'ai raconté par ailleurs. On peut la résumer, comme ça :
Tu me plais, je te drague à fond, à mince t'es marié, casse-toi, j'en ai plus rien à faire de toi, ensuite, regarde-moi bien comme je suis heureuse, je viens de trouver quelqu'un de libre, j'ai vraiment bien fait de te jeter, de toute façon tu n'es rien pour moi, puis, finalement c'était un gros tocard, mais toi t'es pas si mal, et enfin, ben qu'est ce que t'as, pourquoi tu me sautes pas dessus, je suis libre actuellement, c'est bien ce que tu voulais non...
Entre deux, les sentiments n'ont pas disparu, mais la relation a tellement souffert, de toutes ces sautes d'humeur et brusques changements de cap, qu'il devient presque impossible de revenir à la case départ sans rancoeur.