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Ruptures monos // ruptures polys ?

Engagement
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ScottBuckley

le lundi 11 mars 2013 à 21h59

Ruptures monos // ruptures polys ? Des couleurs différentes ?

* Dans des relations monoamoureuses “classiques”, lorsqu’il y a rupture, il y a parfois le risque que le couple se sépare, voire divorce (si elle/il sont marié-es), brusquement, pour différentes raisons, et ne souhaite plus du tout se parler (routine étouffante, tromperie, désaccords majeurs, mauvaise communication relationnelle…), et l’on passe parfois d’une relation d’amour… à une fin de relation tout court - sans (re)passer par la case “amitié”.

Chaque membre du couple a parfois beaucoup “misé” sur l’autre, engagé beaucoup de sentiments, de temps, de l’énergie, de la communication, de l’amour, de l’exclusivité, et avait parfois idéalisé une vie de couple (avec ou sans enfant) avec cette personne pour un moyen voire (très) long terme (quelques années à quelques décennies), et le choc de la rupture est d’autant plus grand.

La communication est rompue, et parfois l’éloignement géographique s’ensuit (déménagement loin…). Les ami-es de l’un-e n’adressent parfois plus à la parole aux ami-es de l’autre (chacun repart parfois avec son “réseau d’ami-es”).

* Dans des relations polyamoureuses, dans lesquelles on ne mise Pas forcément tous ses sentiments amoureux sur une seule personne de façon “exclusive” (pour se combler mutuellement et exclusivement “à deux”), dans lesquelles la ‘frontière’ entre amours et amitiés est plus poreuse et s’estompe, et où les figures du “Prince et Princesse charmante idéalisés”, la question du “mariage” et-ou d’ “avoir des enfants ensemble”, sont moins voire pas présentes, d’après vous, les ruptures sont-elles différentes ? Moins brusques ?

D’une autre couleur, teinte, nuances, telle de l'aquarelle ?

Les relations entre polys qui s’aiment et-ou se sont aimé-es sont-elles plus “durables” ?

Si oui en quoi ? Dans quelles cas de figures ?

Vos ressentis et vos avis m’intéressent.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Nanou-monogame

le lundi 11 mars 2013 à 22h34

GreenPixie
Ruptures monos // ruptures polys ? Des couleurs différentes ?


* Dans des relations polyamoureuses, dans lesquelles on ne mise Pas forcément tous ses sentiments amoureux sur une seule personne de façon “exclusive” (pour se combler mutuellement et exclusivement “à deux”), dans lesquelles la ‘frontière’ entre amours et amitiés est plus poreuse et s’estompe, et où les figures du “Prince et Princesse charmante idéalisés”, la question du “mariage” et-ou d’ “avoir des enfants ensemble”, sont moins voire pas présentes, d’après vous, les ruptures sont-elles différentes ? Moins brusques ?



Message modifié par son auteur il y a 30 minutes.

Du coup je suis perdue là...la phrase que tu as écrite et que j'ai mise en gras m'interpelle....Je pensais que les sentiments dans les couples poly pour chacun des "amoureux" étaient entiers....et pas partager entre chacun d'entre eux.?!

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ScottBuckley

le lundi 11 mars 2013 à 23h23

Oui, en effet ce n'est pas simple, car toute la géographie et les couleurs des sentiments se présentent de manières bien différentes.
Alors je m'explique :

* dans une relation mono qui marche et se passe bien, tu peux avoir des sentiments entiers pour ton/ta partenaire, et a priori tous tes sentiments amoureux sont tournés vers ce ou cette partenaire (de façon exclusive) : tu es censé-e n'aimer d'amour que lui/elle.
Tes autres relations sentimentales sont censées être : amicales ou familiales.

* dans une relation poly qui marche et se passe également bien, là aussi tu peux avoir des sentiments entiers pour ton/ta partenaire, Et / Ou pour chacun-e de tes partenaires, sans exclusivité.
Tes autres relations sentimentales peuvent être : amoureuses, et amicales, ou familiales.

Tous tes sentiments amoureux ne sont Pas tournés vers "une seule et même personne" durant cette période de la vie. Tu peux aimer d'un amour fort et réciproque une et même plusieurs personnes, et c'est autorisé par les libertés que chaque poly s'accorde.

Tu peux aussi avoir, par exemple, des relations d' amitiés-amoureuses, qui peuvent être plus espacées dans le temps (avec un amour qui habite dans une autre région ou pays, par exemple), d'une autre teinte et nuance que la couleur de l'amour quotidien sous le même toit.

Avoir des sentiments entiers est une chose, mais ça n'empêche pas la relation et l'engagement entre les deux personnes d'être différents, pour chacun des duos ou couples ou trouples polys tissés par la personne polyamoureuse.

Les désirs et attentes sont différentes dans chacun des duos polys que tu tisses, tu ne te projettes pas forcément de la même façon avec chaque partenaire : avec l'un-e tu peux par exemple aimer faire l'amour sans vouloir avoir d'enfant, et avec un-e autre avoir envie d'un enfant à deux et devenir parents d'un bébé.

Chaque relation sentimentale amoureuse, sensuelle, sexuelle, a sa propre couleur et son propre parfum, sa propre fraîcheur, qui évoluent, en parallèle des autres relations.

Chaque amour poly peut être entier tout en ayant des couleurs et particularités bien à lui.

L'engagement poly n'est donc pas basé sur le même schéma que s'il s'agissait d'un couple de monos qui veulent avoir un enfant ensemble, se marier, et qui n'ont pas de relations amoureuses parallèles à leur couple.
( à dessiner sous forme de croquis & BD ce serait sans doute un peu plus simple à présenter et à décrire qu'avec juste un clavier )

--> D'où ma question : lorsqu'il y a "rupture" dans un duo / un couple, est-elle différente chez les duos monos par rapport à celle des duos polys ?

A quoi ressemblerait une "rupture" chez des polys ?

Est-ce que cela ressemblerait plus à un break , plus ou moins temporaire ?

Et y a-t-il moins de "ruptures" chez les polys, du fait de ces relations sentimentales, amoureuses, sensuelles, sexuelles, différentes, non-exclusives ?

(message que j'ai modifié à 23h50 ce 11 mars)

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Nanou-monogame

le lundi 11 mars 2013 à 23h31

Ok; moi ça me peine de lire ça car du coup je me dis qu'avec le poly (si ça en est bien un) avec qui je suis il n'y a que du sexe mais qu'avec une autre il voudra construire sa vie.... ça craint pour moi....
Cela dit je suis (presque) impatiente de connaitre les réponses qu'apporteront les poly de ce site.

J'imagine que tu es mono GreenPixie?!

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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ScottBuckley

le mardi 12 mars 2013 à 00h09

Nanou-monogame

J'imagine que tu es mono GreenPixie? !

Non, Nanou, je ne suis plus mono, mais suis un poly débutant, un polyamoureux convaincu mais qui se pose encore pas mal de questions, puisque les amours plurielles bouleversent Tous les schémas et cadres artificiels dans lesquels "on" m'avait formaté depuis ma naissance
( "on" = la société occidentale française chrétienne, la famille, les films hollywoodiens & son "Prince charmant" alias le VRP de la monogamie, mes ex amoureuses, mes couples d'ami-es, le vocabulaire du dictionnaire français Le Petit robert/Larousse qui est très phallocratique et hétéronormé...).

Et puisque ma géographie amoureuse et sentimentale est toute différente et positivement poly chamboulée , je suis en train de revoir Toutes mes relations aux autres, et aussi de trouver mon propre langage, avec d'autres mots néologismes et nuances pour en parler (en m'inspirant parfois du vocabulaire neigeux des Inuits, ou du vocabulaire gay / in english, ou des peintres aquarellistes ;) ).

C'est nouveau, parfois long, mais passionnant : on défriche ses propres sentiments, son propre coeur, c'est rafraîchissant !!

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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bouquetfleuri

le mardi 12 mars 2013 à 11h53

Je reviens avec mon grand cheval de bataille : je ne suis pas sûr qu'il y ait une réelle différence entre les monos et les polys du point de vue de la rupture, pas plus que du point de vue de la qualité des relations.
Le seul avantage que je me concède en tant que poly est la liberté plus affirmée d'exprimer un besoin d'amour, une envie d'aimer qui ne serait pas contrainte par des cadres moraux ou sociaux étrangers à ma personne et de vivre en fonction de ces besoins verbalisés ou montrés d'une autre manière.
C'est déjà énorme !
Mais des monos peuvent très bien se séparer agréablement, en faisant le constat qu'il vaut mieux arrêter de vivre ensemble, sans toucher à leurs sentiments amicaux, voire amoureux, comme des polys peuvent bien rompre une relation avec fracas.

La géométrie variable des relations polyamoureuses, que ce soit une juxtaposition de relations de type monoamoureux ou une triangulation ou quadrangulation dépend des libertés que l'on s'échange ou s'octroie en terme de réalisation et de contraintes mécaniques, temps, espace etc., mais elle est à dissocier du contenu de chacune des relations.

À ce titre, il n'y a aucune raison qu'elles diffèrent des relations monoamoureuses.
Il y a de ce point de vue un autre spectre à prendre en compte, un spectre qui va des relations polyamoureuses qui seraient une mosaïque de relations ayant chacune un attribut ou un caractère différent (entre amitié et amour, au gré des définitions de chacun, avec ou sans sexe etc) et qui "comblerait" des besoins identifiés, considérant les relations comme des apports caractérisés, jusqu'aux relations polyamoureuses qui seraient chacune le tout d'un tout.

Ce qui brouille la (ma) réflexion est sans doute le fait que l'expérience s'affronte souvent à la théorie et que l'on ne s'inscrit pas de la même manière dans les relations polyamoureuses selon la vision que l'on en a, le schéma que l'on s'en fait.

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(compte clôturé)

le mardi 12 mars 2013 à 13h14

Personnellement, j'ai connu voilà presque un an maintenant une rupture avec un amoureux (relation secondaire) et j'ai alors pris un grand coup de masse derrière les oreilles. Curieusement, je pensais que ça "réjouirait" mon mari qui a un comportement et un naturel plutôt mono mais en réalité, il a accusé aussi le coup. Je pense qu'il s'est senti aussi trahi car il avait accordé sa confiance à cet homme afin qu'il m'aime et qu'il prenne soin de moi, afin qu'il m'apporte du bonheur. Et tout d'un coup patatrac !
Il y avait un équilibre qui s'était instauré et s'était ce qui me permettait de m'épanouir grâce aux deux. L'équilibre a été rompu et mon mari et moi avons du tout redéfinir...
Une rupture poly est de toute façon aussi douloureuse qu'une rupture mono. Je crois que l'important est de tirer les leçons du passé et de savoir renaître de ses cendres. C'est valable pour chacun, mono ou poly. Une rupture aura obligatoirement un impact et dans le polyamour elle peut apparemment avoir aussi des répercussions sur l'autre amoureux...
Chaque relation amoureuse est unique, chaque individu agit suivant sa personnalité, ses convictions, etc et dans une rupture, comme dans la relation amoureuse, chaque protagoniste vit cela à sa manière. Mon mari était peut être émotionnellement plus impliqué que ce que je pensais dans ma relation avec cet ancien amoureux (que j'aime toujours malgré les souffrances infligées).
Quelque soit la relation, trouver un équilibre satisfaisant chacun est important. C'est en tout cas ma vision des choses et elle n'engage que moi.

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ScottBuckley

le mardi 12 mars 2013 à 14h01

bouquetfleuri
Ce qui brouille la (ma) réflexion est sans doute le fait que l'expérience s'affronte souvent à la théorie et que l'on ne s'inscrit pas de la même manière dans les relations polyamoureuses selon la vision que l'on en a, le schéma que l'on s'en fait.

Bonjour,

En effet, tu fais bien de préciser tout cela, et notamment cette phrase cher Bouquet fleuri, et je t’en remercie.

Nos vécus sont différents, et respectables, ceci explique donc que nos ressentis et visions soient parfois différentes aussi.

Mes parents ont vécu et vu Mai 1968, et les emplois en CDI pour presque toutes et tous …. Mais moi non : j’ai vécu et vu les Indigné-es, Stéphane Hessel (“fils de Jules et Jim”), internet et tous les chamboulements du numérique, le chômage de masse et les CDD, les printemps arabes, les couples qui se créent sur le web, les ami-es qui se disent “en Couple” sur facebook, un Ministère des Droits des femmes qui cherche -enfin- à abolir la prostitution…

Cela me permet de préciser ceci : je ne veux surtout Pas que mes relations polys, sentimentales, sensuelles, amoureuses, sexuelles, et/ou sans étiquette, ressemblent aux relations monos (si conformistes, si normées et remplies d’options par défaut, pesantes, étouffantes) que j’ai eues ou vues dans le passé.

Dans mes relations monos, il y avait : une étiquette à porter (le mot “amour” est très vite posé), il y avait un statut à supporter (“on est en Couple”, “on est Ensemble”, et de façon exclusive), il y avait des non-dits ("c'est à Toi de m'inviter à danser / de me demander mon 06.", “tu m’appartiens, ton coeur et ton corps”, “on doit vivre ensemble sous le même toit”, “tu es L’homme de ma vie/ The One”, “on va se marier”), des attentes (avec les idéaux liés aux “prince & princesse charmantes”).

Et quand on se posait des questions de ‘couples monos’, intimes, difficiles, des questions pas dans la norme officielle du couple “classique” actuel, on n’avait (hélas !!) pas de “cafés monos” pour en parler, seul-e ou à deux avec d’autres, ouvertement, pour avoir des regards extérieurs et Vraiment francs, Sans tabous, ouverts, riches, multiples, de différentes générations, pour se confronter à d’autres vécus personnels d’individus, de duos, de couples.

Or ces paroles libres et ces cafés là manquaient Cruellement. Pour respirer d'autres souffles, et peut-être s'en inspirer.

D’où des ruptures, trop souvent brusques, quand j’étais monoamoureux, des ruptures liées à un peu tout cela.

Quand on a la trentaine (c’est mon cas), et que l’on sort avec une femme qui en a environ autant (ou pas beaucoup plus ni moins, entre 25 et 35 ans par exemple), il y a en elle parfois, et de plus en plus avec le temps, des rappels, des pressions : sa propre horloge biologique, et puis la pression des ami-es, ou plus fort : celui du père, ou de la mère qui lui demande “Quand est-ce que tu t’y mets ma fille ?” , sous entendu : “Fais-nous un bébé, pour que je sois grand-mère”.

Et parfois, voire souvent, il y a cette petite phrase intérieure de la jeune femme : “je veux me caser et pas finir ma vie seule comme une vieille fille”.

Or mon coeur mon âme et mon corps ont envie d'élans de légèreté, de créativité, de sentiments frais (pas pré-réchauffés au micro-ondes par des films hollywoodiens), ont envie d’honnêteté réciproque ( ← Très Important, Essentiel ! - ), de choix réellement assumés (les amours plurielles ne sont pas une option par défaut), d’une belle qualité de communication relationnelle et régulière de duos, de couples (en plus de nos supers cafés polys !),

... d'équité entre femmes et hommes, de féminisme partagé (sans femme dominée ni homme dominant), de fidélité à soi, de polyfidélité aux êtres aimés,
de se ré-inventer, de se construire un nouvel imaginaire amoureux avec de la féerie (oui, même et surtout “en temps de crises”), ET surtout pas d’ “étiquette définitive”, de “statut fixe”, d’attentes idéalisées, de "mariage en CDI" ou de “toit en commun” obligatoire ou trop tôt.

Envie d’avoir un bébé ? Oui, à condition que les deux en ait discuté pleinement, en aient envie à deux, et pas dans mon dos (si si, ça arrive, des paternités “imposées”, l’avocate Mary Plard vient d’écrire un livre à ce sujet).

Avec chacune de mes relations polyamoureuses, à la question “vous êtes Ensemble ?”, je n’ai pas forcément envie que nous (ou l’un-e de nous) ayons la réponse là tout de suite. Est-on obligé d’avoir une réponse d’ailleurs ? Pas sûr.

Car une belle relation ça se construit avec le temps, avec nos choix Très personnels, et avec nos sensations, nos sentiments et-ou nos propres mots, et avec notre ‘poly nouveaucabulaire’ à nous (pas ceux du dictionnaire français franco-centré et normé du Petit robert, que je trouve d’une pauvreté telle, d’un manque d’imagination énorme !).

Avec nos mots et nos maux, et avec les langages infinis de nos yeux, de nos sens, de nos coeurs, de nos langues, de nos corps… Librement.

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ScottBuckley

le mardi 12 mars 2013 à 14h21

gcd68

Une rupture poly est de toute façon aussi douloureuse qu'une rupture mono. Je crois que l'important est de tirer les leçons du passé et de savoir renaître de ses cendres. C'est valable pour chacun, mono ou poly.

Oui gcd68, je suis tout à fait d'accord avec toi, dans les deux cas les ruptures peuvent être très douloureuses.

Cependant, dans mon cas personnel (qui n'engage que moi), ma 'culture mono' et mon 'terrain monoculturé' du passé (au sens agricole du terme) étaient Très différents de mes valeurs et de ma 'culture poly' actuelle.

D'où mon besoin aujourd'hui, comme tu le dis si bien, de regarder en arrière pour tirer les leçons du passé, afin de (re)démarrer chaque relation sur de nouvelles bases honnêtes, fraîches et franches.

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Nanou-monogame

le mardi 12 mars 2013 à 14h30

GreenPixie


Cela me permet de préciser ceci : je ne veux surtout Pas que mes relations polys, sentimentales, sensuelles, amoureuses, sexuelles, et/ou sans étiquette, ressemblent aux relations monos (si conformistes, si normées et remplies d’options par défaut, pesantes, étouffantes) que j’ai eues ou vues dans le passé.

Quelque part tu mets une étiquette toi aussi...."relation polys, sentimentales, sensuelles, amoureuses, "etc....
Et à quoi ressemble tes relations "sans étiquette" ?

GreenPixie

Quand on a la trentaine (c’est mon cas), et que l’on sort avec une femme qui en a environ autant (ou pas beaucoup plus ni moins, entre 25 et 35 ans par exemple), il y a en elle parfois, et de plus en plus avec le temps, des rappels, des pressions : sa propre horloge biologique, et puis la pression des ami-es, ou plus fort : celui du père, ou de la mère qui lui demande “Quand est-ce que tu t’y mets ma fille ?” , sous entendu : “Fais-nous un bébé, pour que je sois grand-mère”.

Ca c'est clair! et c'est encore pire quand on ne ressent pas le besoin ni l'envie d'en avoir.....mais ça ne veut pas dire qu'on va céder, ....après j'imagine que c'est une question de tempérament et/ou de vécu personnel...

GreenPixie

Et parfois, voire souvent, il y a cette petite phrase intérieure de la jeune femme : “je veux me caser et pas finir ma vie seule comme une vieille fille”.


Je ne suis pas poly et je ne sais pas si ça change quelque chose ou pas mais je n'ai jamais vu mon avenir comme ça.....
Je ne me suis jamais vraiment vu vivre avec quelqu'un (peur de la routine?et pas envie de me lassé de "l'autre"); j'ai toujours prôné une indépendance financière et sentimentale (même si j'ai souvent eu des dépendances affectives mais qui sont surtout le reflet de mon manque de confiance en moi ...ça c'est autre chose). Bref....à long terme finir avec une personne avec qui j'ai passé 40 ans de ma vie sans vivre autre chose....est une idée qui me semble bien triste et monotone....

GreenPixie



de se ré-inventer, de se construire un nouvel imaginaire amoureux avec de la féerie (oui, même et surtout “en temps de crises”), ET surtout pas d’ “étiquette définitive”, de “statut fixe”, d’attentes idéalisées, de "mariage en CDI" ou de “toit en commun” obligatoire ou trop tôt.

ahhh sacré "statut".....ce mot là m'aura poignardé plus d'une fois....

GreenPixie

Envie d’avoir un bébé ? Oui, à condition que les deux en ait discuté pleinement, en aient envie à deux, et pas dans mon dos (si si, ça arrive, des paternités “imposées”, l’avocate Mary Plard vient d’écrire un livre à ce sujet).


lool et oui ce genre de choses arrivent très fréquemment et ce dans le but ultime de se dire qu'on gardera un lien avec l'être aimé....j'y ai déjà eu des pensées ainsi (ouhhhh pas bien) mais je reviens vite à la réalité en me disant :1/ Je ne pourrais pas assumer l'enfant par rapport à la vie que je mène, 2/ pas du touttt prête 3/ Meilleur moyen de perdre l’être aimé 4/ ah bah heureusement que je réfléchis un minimum parce que sinon je serai vraiment dans la me**e!
Et dans le cas d'une personne avec un polyamoureux j'imagine que ces pensées traversent l’esprit de plus d'une , surtout pour les relations mono-poly. (histoire d'avoir un pas d'avance sur les autres)

GreenPixie

Avec chacune de mes relations polyamoureuses, à la question “vous êtes Ensemble ?”, je n’ai pas forcément envie que nous (ou l’un-e de nous) ayons la réponse là tout de suite. Est-on obligé d’avoir une réponse d’ailleurs ? Pas sûr.

Car une belle relation ça se construit avec le temps, avec nos choix Très personnels, et avec nos sensations, nos sentiments et-ou nos propres mots, et avec notre ‘poly nouveaucabulaire’ à nous (pas ceux du dictionnaire français franco-centré et normé du Petit robert, que je trouve d’une pauvreté telle, d’un manque d’imagination énorme !).


Encore une histoire de statut.....moi j'en aurais besoin....

D'accord pour la relation et sa construction dans le temps....maintenant forcé de constater que la societé et ses normes nous bouffent dans nos choix et notre construction personnelle.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Nanou-monogame

le mardi 12 mars 2013 à 14h32

GreenPixie
Oui gcd68, je suis tout à fait d'accord avec toi, dans les deux cas les ruptures peuvent être très douloureuses.

Cependant, dans mon cas personnel (qui n'engage que moi), ma 'culture mono' et mon 'terrain monoculturé' du passé (au sens agricole du terme) étaient Très différents de mes valeurs et de ma 'culture poly' actuelle.

D'où mon besoin aujourd'hui, comme tu le dis si bien, de regarder en arrière pour tirer les leçons du passé, afin de (re)démarrer chaque relation sur de nouvelles bases honnêtes, fraîches et franches.

Intéressant, et quelles sont tes valeurs?

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Cendre

le mardi 12 mars 2013 à 16h48

GreenPixie
Et puisque ma géographie amoureuse et sentimentale est toute différente et positivement poly chamboulée , je suis en train de revoir Toutes mes relations aux autres, et aussi de trouver mon propre langage, avec d'autres mots néologismes et nuances pour en parler (en m'inspirant parfois du vocabulaire neigeux des Inuits, ou du vocabulaire gay / in english, ou des peintres aquarellistes ;) ).

C'est nouveau, parfois long, mais passionnant : on défriche ses propres sentiments, son propre coeur, c'est rafraîchissant ! !

J'en suis là aussi.
A me dire que le concept de polyamour m'a permis d'ouvrir cette porte là sur moi-même, d'envisager une remise en question de mon rapport à l'Autre en général, pas seulement les relations amoureuses, mais aussi, avec plus d'enjeu même pour moi, les relations amicales ou familiales (J'ai une famille plutôt standard, sans drame ni grand secret, et pourtant, je ne suis pas du tout satisfaite des relations que j'y ai construites)

Pour ta question de la rupture, je n'ai pas grand chose à ajouter, sinon reformuler ce que tu as déjà dit :
Je pense que la tendance que nous avions, en tant qu'humain formaté par notre environnement, à être en couple monogame par défaut, sans avoir réfléchi et mis en question de la relation à l'autre, est en effet un terrain propice aux incompréhensions, aux rapports de forces. D'où des ruptures violentes.
Ce qui ne veut pas dire que les couples monogame ne peuvent pas avoir ce recul nécessaire vis-à-vis d'eux-même pour connaître des séparations paisibles.
Ce qui n'empêche pas des poly de se prendre les pieds dans le tapis d'une situation qui avait été mal évaluée.

Je suis intimement convaincue cependant que le rapport à l'honnêteté, la volonté de s'abstraire du mensonge, le fait de vouloir assumer ses propres sentiments (et par conséquent de ne pas avoir à assumer les sentiments de l'autre) facilitent des relations saines, plus à même de se resserrer puis de se desserrer au cours du temps, en fonctions des besoins et des envies de chacun.

Sur ce, l'ouverture au polyamour, c'est également de pouvoir envisager ces relations intermédiaires, les amitiés amoureuses comme les amours amicaux, qui permettent de lisser nos sentiments, et d'offrir un autre voix pour atténuer la souffrance que de couper les ponts.

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(J'ai encore une autre réflexion, moi qui pensait avoir moins besoin d'écrire ici, je suis en train de me contredire sérieusement :D )

Je repense à un certains groupes d'amis, durant mes années lycées/études, où les couples se « prenaient pas la tête » comme ils disaient. J'ai essayé d'en intégrer quelques uns, toujours infructueusement, je trouvais leurs relations, leurs discussions bien trop superficielles pour moi. Je ne les comprenais pas.
Mais quelque part, ils pratiquaient une forme de polyamour (souvent avec exclusivité sexuelle, mais pas toujours) : des amis devenaient des PQR, des coups d'un soir devenaient des couples, ils s'installaient ensemble pour 6 mois, et en cas d'échec, revenait à leur état antérieurs (amis au sein du même groupe d'amis) avec une facilité qui me déconcertais. Nébuleuse de relations d'intensité variables dans laquelle je ne savais pas entrer.
Moi au contraire, j'ai toujours sur-investi mes relations amoureuses, au point de ne plus pouvoir supporter de rester en contact après ce que je considérais comme une dégradation du lien.
Je crois bien avoir positivement évolué sur la question.

On revient voir dans un an ce que cela a donné avec vous ?

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bouquetfleuri

le mardi 12 mars 2013 à 17h43

Continue d'écrire, Cendre, c'est très agréable de percevoir comment un dialogue fait émerger une pensée directrice.

Pour revenir au fil, il me paraît nécessaire de penser ensemble monoamour et polyamour non comme des antagonismes mais comme des parcours plus ou moins avancés, fruits d'une dialectique entre son individuation et les cadres ou normes à l'intérieur desquels elle se constitue.
Les cadres et les normes ne sont pas des règles figées mais des comportements sociaux et moraux produits et reproduits par des hommes. Tout est mouvant.

Les monoamours expérimentés en 2013 ne sont pas les mêmes que ceux de 1968 et les polyamours n'émergent pas de rien, ils sont pensés et vécus comme permettant de reproduire certains aspects des monoamours en conservant des valeurs ou en en imposant d'autres et en réfutant les freins et autres attributs mortifères des comportements stéréotypés. Je suis frappé par les qualités que l'on attribue aux polyamoureux sans préciser qu'on les trouve aussi chez certains monoamoureux.

Mais je ne refais aucune guerre. Bien sûr que les situations sont différentes et que, pour moi en tout cas, l'expérience polyamoureuse est génératrice de mieux être, de petits bonheurs empilés que je ne trouverais sans doute pas dans une vie monoamoureuse.
Je soutiens simplement qu'il ne faut pas projeter toutes ses peurs et craintes sur le monoamour sous peine de ne plus pouvoir les distinguer quand elles s'immiscent dans un schéma nouveau, par la passerelle naturelle qui existe entre ces différents modes de relation.
Cette passerelle, c'est l'humain et tout ce qu'il ne maîtrise pas dans ses choix et dans la mise en place de son projet.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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ScottBuckley

le mardi 12 mars 2013 à 22h28

Nanou-monogame
Intéressant, et quelles sont tes valeurs ?

Message modifié par son auteur il y a 8 heures.

Mes valeurs ? Des choses essentielles, qui me paraissent évidentes quand j'en parle à d'autres, mais que cette société ne sait pas forcément promouvoir comme il faudrait (à l'école, au travail, dans les médias et ailleurs) :

la non-violence, la communication non-violente, le féminisme / la recherche active et concrète de l'équité entre femmes et hommes, l'honnêteté réciproque, le libre-arbitre sentimental (parmi une pluralité de choix vastes), l'écologie amoureuse, les amours plurielles, la biodiversité dans la Nature, les relations humaines terrestres (sans écrans interposés), la créativité (plutôt que la consommation), la juste estime de soi, l'humilité, la sobriété, le goût de la marche, de la lenteur, la beauté des regards ....

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