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Ma nature polyamoureuse

Bases
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Cendre

le samedi 09 février 2013 à 18h44

Préambule : je suis navrée pour le pavé, je me doutais bien que j'étais longue, mais pas à ce point. Je remercie d'avance tous ceux qui auront l’obligeance de tout lire...
Merci.

Je suis en train de me découvrir une passion dévorante. Une passion pour l'amour, qui croit à mesure que j'en découvre toujours plus sur le polyamour, et que je me reconnaît de plus en plus dans sa démarche...

C'est ainsi que j'ai envie de me laisser emporter par cette passion nouvelle, d'y passer tout mon temps libre et plus encore.
Pour moi qui me suis toujours considérée comme une personne raisonnable et pondérée, cette démesure me fait un peu peur. Sur l'emprise qu'elle peut prendre sur ma vie, sur ce que je vais y sacrifier. Et en même temps, cette envie ne me lâche pas.
Comme un drogué à la nicotine qui ne peut plus imaginer ne pas allumer sa clope à partir du moment où la possibilité en a été évoquée...

Ainsi, j'ai envie d'en savoir plus sur l'amour.
J'ai envie de lire et d'écrire sur le sujet à longueur de journée, que ce soit dans ses aspect purement théoriques que dans la confrontation à la pratique.
J'ai envie de comprendre ce qui se passe, comment cela fonctionne, d'en savoir plus sur l'étincelle magique qui va passer entre deux être, qui va modifier leur relation, qui les lie l'un a l'autre, comme aimantés...
Et surtout, j'ai envie de renouveler personnellement cette expérience. Je peux toujours arguer mon approche scientifique de la chose, dans un but d'observation et de compréhension, mais soyons honnête avec soi même, c'est avant tout parce que je prend un plaisir immense à tout cela, et en particulier à sentir les relations s'établir en moi, à entendre mon cœur battre sur trois fois rien, sur une connivence, un regard...
Enfin, je passe vite fais sur les plaisirs sexuels, où j'ai encore tant à apprendre...

Sensations intellectuelles et physiques, à la fois reproductibles, universalemment connues, chantés par tous les poètes, ressentie par chacun d'entre nous (avec plus ou moins de variantes) et pourtant, sensations impossibles à planifier, qui savent fuir quand on cherche à les forcer, et qui peuvent survenir dans un contexte parfaitement inattendu, nous prendre complètement par surprise.

Cette passion me fait vraiment peur. Par le temps que je peux y consacrer.
J'ai peur d'y sacrifier tous mes plaisirs quotidiens qui faisait auparavant le socle de ma bonne humeur, et même de la constance de mon humeur.
J'ai peur de prendre du retard sur tout le reste, tout ce qui ne sera pas classé comme prioritaire dans ma caboche, de mon boulot à l'administration de l'appart (entretien/paperass), ou pire encore de négliger toujours plus mes autres relations amicales ou familiales (Je suis déjà une « copine en carton » qui prend jamais le temps de donner des nouvelles, mais ça pourrait devenir encore pire)
J'ai peur enfin de devenir inconstante, effrontément heureuse ou au contraire irritable pour mon entourage en fonction de mes avancées ou recul de ma passion. Comme le supporter de foot qui gueule sur sa compagne parce que son équipe a perdue. S'en est vexant de se dire que je suis prête à me laisser aller à de telles tels comportements, mais je les sens là, prêts à éclore...

Ces remarques-là sont valable pour n'importe quelle passion excessive. Céder à l'euphorie, s'investir à fond, quitte à morfler en cas de déception...
Mais à ces peurs là s'ajoutent encore d'autres peurs, plus liées à l'objet de cette passion : l'Amour.

C'est une passion qui n'est pas reconnue en société, qui est même plutôt associée à un manque de maturité, un maque de respect, même quand elle n'est pas excessive. J'étais déjà un extraterrestre social, je m'enfonce toujours plus dans l’excentricité.
Et enfin, c'est une passion qui concerne l'un de mes pilier d'avenir : la famille.
Je croyais que je voulais construire un cadre rassurant et sécurisant pour y éduquer des enfants, que c'est même pour cela que l'on avait mis tant de temps à se marier. Et voilà que je prend le risque de tout foutre en l'air, que j'ouvre la boite de pandore, et tout ce qu'elle peut contenir comme incertitudes, comme phases de négociations délicates, comme évolutions futures impossibles à prévoir à l'avance...
C'est difficile d'imaginer situation plus instable.

Tout ça pour quoi ?
Pour satisfaire une envie irrépressible...

C'est quand même un péché de gourmandise.
Vous êtes un certain nombre à comparer nos amoureux à des pâtisseries (chacune apportant des plaisirs différents). Et ben là, moi, j'ai une furieuse envie d'acheter tout l'étal de la boutique, et j'ai vraiment peur de passer pour une morfale qui sait pas se contrôler...

Alors, je traîne une vague honte, une culpabilité sourde qui me gâche pas mal ma relation à ma nouvelle passion. Pourquoi moi ? Qu'est ce que ma petite personne a de supérieur ou de différent pour que je m'autorise à m'investir dans cette passion, là où tant font l'effort de bien se tenir ? Qui suis-je pour leur balancer à la figure qu'ils ne sont que des idiots, qu'ils auraient du se laisser tenter plutôt que de rester coincé avec leur balais...

Mais en même temps, assumer ce que je suis.
Ma nature polyamoureuse ne fait aucune doute, elle m'est fondamentale.
Elle est suffisamment inhérente à moi-même pour que deux personnes dont je suis très proche (mon conjoint et un très vieil ami) se sente complètement démunis face à ma révélation, dans l'incapacité complète de nourrir le moindre espoir de me changer, dans « l'obligation » de prendre en compte cette nouvelle donne, qui n'est que l'expression de quelque chose qu'il ont toujours su en moi...

Alors ?
Pour gérer tout ça, j'essaie de conserver le même cap, la même ligne directrice qui me guide depuis 5 mois maintenant : Ne jamais faire ce que je ne saurais avouer/assumer par la suite ; que ce soit en action ou en inaction, que ce soit en amour ou en tout autre domaine. (exemple : j'ai couché avec untel -ou bien- J'ai zappé un rendez-vous professionnel)
Quand il s'agit d'un truc qui n'est pas public, l'aveu se conçoit aussi bien immédiatement, beaucoup plus tard ou jamais. L'important, c'est qu'il ait été prévu dès le départ et pas qu'il soit extorqué par une contraire extérieure. Et c'est justement cette possibilité de dire, de transformer l'aveu (de quelque chose de honteux) en une simple information (au fait, il s'est passé ça), qui me permet de me regarder dans la glace tous les matins, et, outre de m'y trouver belle (et lui, le polyamour a pas mal regonflé mon estime personnelle) de m'y trouver digne.

Digne de la confiance de mes proches, en particulier.

Je pense que j'en suis capable. Que je peux le faire.
Il n'empêche que je joue les équilibristes. Je risque gros sur ce coup là.
Mais peut être puis-je faire confiance à mon mari, qui me connaît mieux que moi même sur certains points : il m'a toujours trouvé une certaine propension à incarner un élémentaire du chaos...

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Maintenant_séparé (invité)

le samedi 09 février 2013 à 20h15

Cendre, depuis que je te lis, tu sembles perdre tes repères pour ton PA, tellement que cela devient obsessionnel pour toi.

Fais attention tout de même de ne pas aller trop loin dans une situation qui risque de te coûter plus que ce qu’elle pourrait te rapporter.

Penser que ton mari te connait mieux que toi est un signe d’errance de soi et te permet de te disculper de tout remord.
Mais cela ne reste que mon avis, pas un jugement.

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Profil

bodhicitta

le samedi 09 février 2013 à 21h40

moi je pense qu'au contraire Cendre semble avoir trouvé son équilibre ou elle se trouve, plus belle, plus digne etc (dixit)
En lisant ses post elle ne me semble au contraire à l'écoute d'elle méme (jamais facile). Tu as lu ce qui t'arrangeait elle dit qu'en certains points son mari la connait mieux un regard extérieur sur nous même peut être plus objectif que le notre
la passion de l'amour je connais... et je me sens bien, heureuse. le coté "trop c'est trop" des début va se calmer. Mais quand on prend conscience de nouvelles choses qui sont en nous (belles comme l'ouverture à l'amour et l'intellect en question) et bien au début c'est comme un nouveau joujoux au début on ne pense qu'à ça pour bien savoir jouer avec. Dans ce cas il nous suit partout ,c'est en nous, donc on s'y fait on y pense moins.
Je trouve le message de cendre plein de bonnes énergies
La vie me semble belle car j'aime aimer et ces amours sont une belles sources d'énergie (entre autres)

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(compte clôturé)

le dimanche 10 février 2013 à 10h37

Je connais bien cette sensation que cendre exprime si bien: c'est l'énergie que prépare à un gros saut dans le vide! on sait d'où on part (le couple classique, telle que nos parents nous l'avaient promise) mais on ne sait pas où on va (comment on crée une polyfamille? comment on gère les relations entre partenaires, vie professionnelle, enfants des uns et des autres...)

Il y a des matins où je me dis que tout ça c'est très beau, il y a des matins où je me dis que tout ça c'est du n'importe quoi, il y a des matins où je me dis que ça aurait mieux d'être une de ces familles traditionnelles père - mère - deux enfants et pas de doutes comme ceux-ci et il y a enfin des matins où je me dis que je vais y arriver et que la solution est proche!

Courage cendre dans ta démarche!!!

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tentacara

le dimanche 10 février 2013 à 11h12

Bonjour Cendre,

Cette soif inextinguible, cette boulimie, cette recherche frénétique, une fois identifiée cette "nature" que l'on se connaissait déjà sans lui donner de nom, sans savoir à quelle pensée, quels gens la rattacher, de savoir quel polyamoureux(se) on est, je l'ai connue comme toi, il y a quelques années lorsque j'ai découvert ce forum. Je ne pensais plus, n'écrivais plus, ne parlais plus que de polyamour. Je cherchais à confronter mes idées aux expériences des autres, à avoir des repères à partir desquels me positionner.
Et puis, j'ai commencé à le vivre au quotidien, c'est devenu la trame, le canevas de ma vie, ma principale grille de lecture. Et dès lors je n'ai plus ressenti ce besoin. Le mécanisme fonctionnait, mon modus vivendi était opérationnel, la théorie était assez bien assimilée pour ne plus avoir à l'oraliser. Tu es dans la phase de recherche et c'est passionnant. Profite au maximum, apprends ce que tu peux, rencontre des gens, et élabore ta propre vision. Ensuite, lorsque la pratique sera installée et stable, savoure le bonheur intense et quotidien de vivre selon ta vision du monde.

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LittleJohn

le dimanche 10 février 2013 à 19h36

Just do it ! ^^

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Profil

Cendre

le dimanche 10 février 2013 à 19h49

Merci à tous pour vos encouragement.

On en reparle lundi, hein ?

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Profil

LittleJohn

le dimanche 10 février 2013 à 19h57

Yep !

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