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La compétition

Bases
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pauline (invité)

le dimanche 20 janvier 2013 à 01h32

bonjour à toutes et tous

comme d'autres avant moi, je vous ai lus longtemps avant de me décider à me présenter, et ce qui m'y pousse aujourd'hui est en quelque sorte la nécessité de m'enrichir sur un sujet qui me blesse ces derniers temps

d'abord je me présente brièvement : je m'appelle pauline, j'ai 33 ans et je vis à paris. après moults échecs dans mes tentatives de vivre l'anarchie amoureuse, pour des raisons diverses et notamment des soucis de confiance en moi, j'ai finalement commencé une relation avec une femme (ah oui, je suis lesbienne aussi) il y a deux ans et demi, alors qu'elle avait une autre relation, depuis des années. ce fut dès le départ une relation consentie et heureuse, très honnête et c'est d'ailleurs ce qui m'a facilité la tache et éclairée sur les lacunes de mes précédentes tentatives. l'honnêteté, la transparence, quel bonheur !!

je fais court mais je pourrais répondre à vos questions si vous en avez :)

il y a un an, l'autre partenaire de mon amie l'a quittée et ça a provoqué un véritable raz de marée dans sa vie, et beaucoup de tristesse, que nous avons eu le plus grand mal à surmonter dans notre relation à nous. je pense que cet évènement a chamboulé en grande partie notre lien et j'en suis aujourd'hui encore très marquée. depuis quelques mois, je sentais que je plongeais de plus en plus dans la déprime et notamment j'ai remis en question cette relation avec mon amie, tant je vivais d'angoisses d'abandon et limite de persécution. depuis quelques semaines j'ai acté en quelque sorte que j'étais déprimée et que j'avais grand besoin de repos. j'ai pu mettre une pause dans mon travail et je prends du temps pour réfléchir à ce qui m'arrive.

et là je bute sur un truc, c'est la compétition entre deux partenaires polyfidèles. la compétition de qui a et qui n'a pas une autre relation (moi en ce moment je n'ai qu'elle dans mon univers "amoureux", même si je réfléchis aussi aux limites qu'on pose entre l'amour, l'amitié et tous les liens divers qu'on crée avec d'autres personnes). elle aussi n'a que moi dans cet univers là mais vit depuis quelques mois dans une grande sociabilité et elle sort beaucoup, a beaucoup d'activités et ne se prive pas de flirter un peu avec qui la branche. sur le papier, ce n'est pas tellement compliqué pour moi à accepter, sauf sous un aspect : moi je ne fais pas tout ça en ce moment et en fait je suis plutôt renfermée, pas tellement rigolotte et pas vraiment portée vers la bagatelle. du coup, se pose entre nous, à mes yeux j'entends, un déséquilibre que j'ai du mal à dépasser ...

je me dis que ce sont des mécanismes qui dépassent le cadre du polyamour, j'imagine que ce genre de choses arrive dans les relations exclusives, sous des aspects différents ... ou semblables ... mais ce qui m'intéresse, c'est quelles réponses apporter dans le cadre d'un "contrat" amoureux poly, puisqu'on aborde les relations différemment et que sur cet aspect, je pense que je manque de clés

voila, si mes questions vous inspire un petit quelque chose, je serais heureuse de le lire

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zina

le dimanche 20 janvier 2013 à 21h19

Bonjour Pauline,

Ce que tu racontes me touche, peut être parce que je suis moi même en relation avec une amoureuse qui a aussi un rythme de vie différent du mien.

Comme tu le dis, ça dépasse un peu le cadre du polyamour, même si le polyamour me semble y occuper une place.

Tout d'abord, permets moi une question : as tu pu avoir de l'aide quand à ta baisse de régime (que ce soit ou non une dépression) ? C'est primordial de pouvoir en parler, et pourquoi pas à un thérapeute si ça peut aider.

Sinon, l'équilibre n'est pas simple. Mais j'ai un peu l'impression que dans ton cas, rien ne t'empêcherait de sortir si tu le voulais? Ou bien il y a un empêchement? Est ce que sortir et flirter serait aussi une chose que tu voudrais faire?

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papagab

le lundi 21 janvier 2013 à 16h47

Bonjour Pauline
Je suis aussi concerné par la compétition dans mon couple. Mais je suis le seul à la ressentir. Ma compagne est également dans une grande sociabilité, et en plus c'est une (belle) femme. Moi je suis plus introverti, et je suis un (quand même pas trop moche) homme. Et je ressens ce déséquilibre, et j'ai du mal à le dépasser aussi. J'ai tendance à compter les points, pour tout, pour les tâches ménagères, pour les sorties, pour les ami(e)s. Pourtant je sais bien que cette compétition elle n'est que dans ma tête. Je n'ai pas de solutions miracles à t'apporter, mais je pense que la clef se trouve dans l'acceptation de ce qui est, les différences, le lâcher prise, et l'amélioration de l'estime de soi. J'ai l'impression d'évoluer, lentement mais sûrement, dans le bon sens. Il y a de bonnes lectures sur l'estime de soi. Je recommande par exemple L'estime de Soi de Christophe André et François Lelord, Imparfaits Libres et Heureux, de Christophe André (celui-là je suis en train de le finir).

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pauline (invité)

le lundi 21 janvier 2013 à 19h52

bonjour à vous deux et aux autres qui liraient

pour répondre rapidement, et avancer peut être ensemble, sait on jamais .. je suis en analyse depuis trois ans, et c'est une chose qui me fait grandement progresser sur des tas de sujet, mais là c'est vrai que je rame un peu ..

le positif là dedans, c'est que j'ai le soutien de ma partenaire. elle n'attend pas de moi que je vive comme elle, mais plutôt que je vive comme c'est bon pour moi. (peut être encore ces notions de respect des limites et des besoin et de consentement qui me plait tant dans les relations poly).

dernièrement, j'ai tenté une chose qui je crois me fait du bien et me permet de recentrer mon équilibre sur mes propres envies et besoins : je lui ai demandé d'espacer nos rencontres, une façon pour moi de forcer mon cerveau à chercher d'autres espaces de bien être que les moments qu'on partage : pour une partie du problème, ça fonctionne ! j'ai plus de maitrise de mon quotidien et de plaisir à faire les choses que j'aime. en revanche, c'est difficile de contrôler mes émotions quand à ses sorties les plus festives dans lesquelles je sais qu'elle "se la donne" sévère !

disons que je ne me sens pas jalouse ou inquiète de ce qu'elle fait avec d'autres mais plutôt de ce que j'en suis actuellement incapable ! rien ne m'empêche, physiquement, de sortir et d'en faire autant, si ce n'est le moment que je traverse, gros questionnement sur le désir, la drague, le consumérisme qui peut s'y rattacher, et le type de relations qui en découlent.

en résumé, j'ai envie de renoncer à séduire par le biais de la drague et même, j'aimerais à terme éviter d'entretenir un rapport de séduction à seule fin de plaire, mais ça provoque pour moi un arrêt total de toute approche puisque je ne sais absolument pas comment m'y prendre autrement. et je suis bien trop timide pour m'approcher d'une personne pour lui dire tout de go "si tu as envie d'un moment d'intimité avec moi j'en serais ravie". je cherche encore une alternative ...

donc pour vous deux, au cas où je livre les trucs du moment : je me suis mise à la guitare et à la boxe, je me fatigue en rigolant pas même et je me concentre sur mes accords pour apprendre au moins une chanson pour voir :) ça peut sembler artificiel comme méthode mais ça me fait du bien, physiquement en premier lieu, et aussi dans la tête, qui se remplit d'autre chose que de mes questions... du coup, je compte moins les points :)

mais je m'interroge toujours sur les outils qu'on peut tirer d'expériences de relations poly dans ces moments de doute sur soi qui rejaillissent sur les autres et font parfois des dégats ..

bonnes soirées à toutes et tous

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bouquetfleuri

le mardi 22 janvier 2013 à 08h41

Bonsoir Pauline,

Je vis de temps en temps quelques instants qui ressemblent à ce que tu décris.
La question qui se pose est celle de la disponibilité et du partage du temps de proximité et à distance. Je crois bien qu'elle est insoluble. En tout cas elle ne repose pas sur la réciprocité que l'on peut attendre d'une relation et que l'on travaille à obtenir, non comme un droit mais comme l'expression d'un équilibre à l'intérieur d'un faisceau de relations, investies différemment par les différents acteurs

Mon amoureuse vit d'autres relations et je m'en réjouis pour elle, je sais que ses relations ne détruisent rien de ce que nous nous promettons, explicitement ou implicitement et je reste disponible et entièrement concentré sur son existence, sur sa présence que je ressens intérieurement, sur ce sentiment que l'on nourrit l'un envers l'autre, fort et dessiné aussi souvent qu'il est possible. Elle a bouleversé ma vie, et je ne m’imagine pas en ce moment explorer d’autres horizons.

Pour autant, quand elle se tourne vers d'autres pour saisir ce qui lui manque ou pour compléter un peu son paysage amoureux, ou simplement pour grappiller un plaisir supplémentaire, un déséquilibre dans la disponibilité (imaginée, fantasmée ou réelle la disponibilité est un comburant de cet amour à distance) s'installe que ne peuvent pas combler tout à fait les lettres que je lui écris ni ma réflexion qui continue d'alimenter l'intérêt, l'amour que je lui porte.

Mais il me semble vain de vouloir occuper ce temps par une autre relation, ou par une occupation quelconque, vain d’imaginer possible de remplacer un temps de douceur par un temps d’agitation, ce serait surtout insensé et ressemblerait à une approche économiste de la relation amoureuse. Tu as cet amoureux, je compense par cette amoureuse ou par ce film, où s'arrêterait une telle comparaison, que serait cette vie ?
Sauf à satisfaire un protocole nécessaire pour décrocher le label "polyamoureux" je ne vois pas l'intérêt de forcer une rencontre dont je n'ai pas besoin.
Donc, je me retrouve au creux de mon amour pour elle quand elle s’envole ailleurs, dans ce nid douillet qu’elle ne quitte jamais vraiment.

Ma façon de vivre mon polyamour m’a permis de supporter une solitude inexorable à la mort de certaines de mes amoureuses, il me permet aussi de vivre un éloignement qui ne dit pas son nom et qui se matérialise par un temps qui n’a pas les mêmes attributs, actif pour elle, passif pour moi.
Apparaissent alors tous les éléments nécessaires à la vitalité, l’épanouissement et l’embellissement permanent de la relation amoureuse. Le respect d’abord de sa façon de choisir la manière de construire son bonheur et la patience qui me permet de mesurer comment s’installe durablement un sentiment inoxydable au-delà de toutes les péripéties, et comment s’articulent deux rythmes différents, deux visions différentes d’une même histoire, deux parcours divergents et convergents à la fois.
Je l’attends donc, et pendant que je l’attends, je continue de l’aimer, sans faille, sans volontarisme, sans fantasme.
C’est aussi cela la magie du polyamour

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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faustine

le mardi 22 janvier 2013 à 16h44

Chère Pauline,
Je suis un peu dans la situation que tu décris et j'ai traversé des moments bien difficiles. J'ai suivi tous les conseils qui me semblaient bons, sauf celui de chercher des "compensations" parce que je n'en étais pas capable. J'ai peut-être eu tort, mais cette phase où je ne pouvais pas sortir de moi et aller vers les autres (même sur le plan purement social) m'a été nécessaire. Disons que je la ressentais plus profondément et que j'ai dû la prolonger davantage que ne le font d'autres personnes. C'est un travail de deuil de quelque chose qu'on ne sait pas nommer et qu'il faut parfois aller chercher très loin, enfoui dans l'histoire du rapport amoureux.

Les raisons pour lesquelles on se sent en compétition varient d'une personne à l'autre, mais tiennent aussi à la nature de la relation qu'on a avec l'autre. Pour moi, je me suis aperçue que je dépendais beaucoup trop des attentions presque paternelles d'un des deux hommes avec lesquels je suis en relation amoureuse depuis longtemps. Cet ami a toujours eu d'autres liaisons, mais depuis quelque temps, il en a une qui me cause beaucoup de soucis. Il l'a entamée dans le secret, et ne s'en est ouvert que parce que son comportement donnait lieu à mes soupçons et qu'il n'en pouvait plus de mentir. Réaliser qu'il a pu mentir pendant de longs mois m'a fait perdre confiance en lui, mais aussi en moi et c'est cela que j'ai mis du temps à saisir: je me méprisais et me sentais vraiment nulle d'avoir été "trompée". Il m'a fallu du temps pour réaliser que que je m'étais placée en état de dépendance affective et sexuelle à son égard, qu'il le sentait, que cela lui plaisait beaucoup, mais que dans ces conditions, il ne pouvait plus - ni ne désirait plus - pratiquer la transparence avec moi. En fait, pour toutes ces raisons, nous étions enfermés dans un relation de couple des plus traditionnelles.

Aujourd'hui, j'ai pris du recul, je me suis un peu repliée sur moi, pas totalement, mais ce qu'il faut pour secouer son emprise. Cela n'est pas venu tout de suite et même si le résultat que j'anticipe est semblable à ce que décrit Bouquetfleuri - "continuer à l'aimer, sans faille, sans volontarisme, sans fantasme" - j'ai encore de terribles chutes de confiance en moi. Je ne désespère pas d'atteindre la sérénité, mais je sais que je ne dois plus la placer en lui mais en moi-même, et c'est déjà une grande victoire.

C'est vrai qu'il y a de la magie dans le polyamour, mais c'est aussi une terrible ascèse en dépit du nom !

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pauline (invité)

le lundi 28 janvier 2013 à 02h08

faustine, c'est très beau ce que tu écris, je dois dire que ça me donne un peu de courage

il y a effectivement à chercher dans les profondeurs d'une relation pour en comprendre les mécanismes et transformer ceux qui perturbent l'équilibre pour finalement le retrouver. je ne sais pas encore si, dans cette relation, je suis capable de faire le travail long d'introspection de cette entité troublante qu'est une relation d'amour, d'autant que je me sens un peu seule à le faire, ma partenaire étant je crois trop fragile pour le faire avec moi.

je me sens un peu perdue ce soir, mais tes mots m'ont apaisée, merci !

bonnes nuits à toutes et tous

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