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Comment lui dire qu’on l’aime et qu’on est poly sans lui faire peur ?

Romantisme
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ScottBuckley

le jeudi 17 janvier 2013 à 08h05

Bonjour à vous toutes et tous,

Voilà l’une des grandes questions que je me pose en ce moment : parmi mes amies, et parmi les femmes que je croise ici ou là, il y en a plusieurs qui m’attirent beaucoup, et avec lesquelles j’ai des relations pour l’instant uniquement sociales, amicales, platoniques, et dont j’aimerais me rapprocher, petit à petit, en finesse, sentimentalement, tendrement, tout en pouvant, à un moment ou à un autre, gagner leur coeur, et laisser entendre que je suis poly (ce qui ne veut pas dire que j’exige qu’elle ou que notre relation doive obligatoirement l’être, tout dépendra du contexte, de nos échanges).

Vaste menu n’est-ce pas ? ;)

En effet, il me semble de plus en plus évident que je ne pourrai pas passer ma vie (30 à 50 années ou + avec une seule et même personne, dans le même lit, durant un milliard de secondes, fichtre!), ou de grandes tranches de ma vie, avec une personne qui n’est pas ou ne deviendrait pas au moins poly friendly , c’est à dire une mono portant un regard bienveillant sur les amours plurielles, ou mieux, polyamoureuse, croyante et/ou pratiquante.

Ma question est multiple : il y a notamment le côté ‘ séduction pluri orientée ’, + le côté ‘ faire mon coming out poly subtilement auprès d’elleS ’ , + le côté ‘ Certes je suis poly mais je suis bien ouvert à l’idée d’avoir un enfant et de fonder une famille ’ (comme certains polys le font, par exemple celles et ceux qui ont un ‘ couple de base, parental, avec un enfant ’ et ont parfois ou de façon régulière des relations parallèles, en dehors de ce couple de base.

Car séduire, quand comme moi on est un homme plutôt féministe, égalitariste, créatif, et poly, romantique et funky qui aime danser & cuisiner ;) , la trentaine, ... ce n’est pas pareil que séduire en mode : ‘ je suis un homme mono, possessif, assez traditionnel, aimant la routine, peu créatif, souvent macho, genré, parfois bad boy, et je veux séduire posséder et coucher avec elle ou elle ’ ( c’est fatiguant d’ailleurs parfois de voir de beaux bourgeons de filles ou femmes toutes fraîches, les yeux qui pétillent encore quand on leur parle, ouvertes d’esprit, … mais de voir que leur copain ou mari est parfois beau certes, mais gris, les yeux froids, pas sociable genre ours mal léché, ou macho ou tradi et réac’, et/ou possessif surprotecteur, casanier collé à la télé, pas très rock n’ roll, à mourir d’ennui… :'-( )

A mes yeux les amours plurielles c’est une autre philosophie de vie, ouverte, non trop frontièrisée, différente, épicée, et j’ai envie de faire savoir (par tous moyens possibles) à celles que j’aime ou que je croise que c’est aussi parce qu’elles seront libres d’en regarder et d’en aimer d’autres que moi (ou pas si elles ne veulent pas) que je serai heureux ( la compersion au masculin ;) ) .

Et qu’on a vraiment Beaucoup à gagner de cette liberté nouvelle, au 21ème siècle !

Ce n’est pas forcément uniquement une et des relations polyamoureuses (sentimentales, sexuelles…) que j’ai envie d’avoir elle(s), mais aussi partager avec elle(s) cette philosophie de vie ouverte, polyculturelle, curieuse, cet esprit libre, ludique et lutin de regarder de chatouiller et de jouer à la vie, réinventée à deux et plus !

Et d’une manière plus globale, pour la question de ce que j’appelle parfois le ‘ coming out graphique ’, visuel, j’aimerais parfois porter quelque chose sur moi qui laisse entendre de façon subtile une porte ouverte sur les amours plurielles, genre pin’s ou badge, ou autocollant ou t-shirt dans l’esprit de la chanson ‘ Oh my lover ’ de la musicienne Polly Jean Harvey (la bien nommée ^^) portant les paroles : ‘ Oh my lover / Don’t you know it’s alright / You can love her and you can love me at the same time … ’.

Un truc qui graphiquement, porté sur soi dans la rue au café ou chez des ami-es ou ailleurs (plus petit et plus facile à porter en permanence que le ‘guide des amours plurielles’, même si je l’aime beaucoup ! ;) ), me permettrait d’être ‘ pris en flagrants délices ’ d’envies, de paroles libres sans tabou, et de vies polyamoureuses <3 !

Qu’en pensez-vous ? Comment voyez-vous ou ressentez-vous les choses ?
Comment vous y êtes-vous pris-e, vous, pour vous approcher, séduire, et indiquer votre caractère poly, ou comment imagineriez-vous cela ?

* Nb : si votre réponse, votre histoire personnelle ou ressenti ou message est trop intime ou autre pour être publiée ici devant tout le monde sur un site internet, n’hésitez pas à m’envoyer un message privé via mon profil ici, ça marche aussi pour sûr, et on aura du coup un échange différent, sans le côté parfois délicat du “ j’écris devant tout le monde ”, pour vous.. comme pour moi lorsque je vous répondrai ;)

Merci par avance pour vos futures réponses !
Chaleureusement,

GreenPixie

... Ah, et si ce n’est pas déjà fait, je vous souhaite une 13 amoureuse et polyphonique nouvelle année, pleine de nouvelles rencontres, défis, sensations inédites et rebondissements agréables !

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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bouquetfleuri

le jeudi 17 janvier 2013 à 10h12

Cher Green Pixie que j'ai la chance de rencontrer de temps en temps, j'aime beaucoup tes interrogations, celles qui prennent corps au fond de ton honnêteté.
D'habitude, je ne dis jamais ce que je pense des interrogations d'autrui, cela les regarde, mais là, je vais faire une exception.
Il me semble que tes interrogations se répondent elles-mêmes. Je veux dire par là que ce n'est pas tant la communication formatée et nécessaire pour envisager de dialoguer avec les autres, de croiser des femmes ou des hommes capables de faire un bout de chemin avec toi qui est importante, mais bien plutôt la posture philosophique qui permet cela.
Il ne sert à rien de chercher comment dire telle ou telle chose, tout ce que l'on peut trouver comme procédé, comme idée et comme mot ne sera jamais que le produit d'une construction intellectuelle interne, rebondissant sur les envies et les incapacités que l'on offre aux autres.
En revanche, cette communication, son efficacité, la teneur exacte des éléments importants sera toujours dévoilée dans des dialogues hétéroclites, des actes et des rapports fabriqués directement sur le socle de ce que l'on est, de ce que l'on pense, de ce que l'on vit.
À mon avis, tu n'auras jamais besoin de dire que tu es poly, capable de vivre un peu différemment, ni que tu es féministe, ni que tu es animé par un esprit égalitariste, ni que tu aimes faire la cuisine etc. Et celles et ceux qui ne le comprendront pas sans des mots particuliers ne le comprendraient pas avec non plus.
Continue de t'interroger, mais n'essaie pas de traduire en mots des choses indicibles.

Bon d'accord, passé ce stade les mots permettent de complexifier et d'augmenter le bonheur qui s'annonce, mais dire qui on est n'est jamais que le symptôme du moment où l'on est encore seul.
Tout va bien se passer !

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ScottBuckley

le jeudi 17 janvier 2013 à 16h51

Hum, merci cher Bouquet fleuri pour cette première réponse, il y a une partie qui résonne en moi ...

... Mais désolé je ne suis pas d'accord avec toi, notamment quand tu dis : “ À mon avis, tu n'auras jamais besoin de dire que tu es poly, capable de vivre un peu différemment, ni que tu es féministe, ni que tu es animé par un esprit égalitariste, ni que tu aimes faire la cuisine etc.”

Et je m’en explique à vous toutes et tous :

Pour moi, les amours plurielles ce n’est pas juste avoir le droit de façon franche et honnêtes d’ avoir plus de partenaires simultanées, et continuer à vivre comme d’habitude :
>> c’est surtout et même peut-être avant tout bousculer renverser les rôles établis, les genres “femmes” “hommes”, pimenter et créer, et réinventer les règles du jeu, les relations sociales, sentimentales, amoureuses, sexuelles, presque chaque jour (aussi épuisant que cela puisse paraître parfois), dans l’espace public (presque partout ailleurs que chez soi) comme dans l’espace privé (chez soi, et chez les autres), mais aussi réinventer beaucoup d’autres choses en parallèle, les modes d’approche, de séduction, les habitudes, les conventions, les éternels “c’est Mon-copain / Ma copine-à-moi” .
Et y’a du boulot, comme vous le voyez j’imagine.

En matière de séductions, de romantismes, de visibilité de mes valeurs pluriamoureuses et féministes, égalitaristes (pour lesquelles j’ai Vraiment aussi besoin de faire mon coming out, de savoir mieux comment les exprimer, de vive voix, graphiquement, par courriel @...), il faut changer les règles du jeu, des jeux, et donc pour ma part je ne peux pas / et ne veux pas faire abstraction de la société actuelle (continuer à faire “comme si de rien n'était”), ou des règles dominantes monogames qu'elle diffuse, ni de l'hypocrisie d'une grande partie de structures et personnes qui mettent de la nudité de l'érotisme du sexe de la frustration et de la culpabilité partout dans l’espace public et dans le moindre média ou espace publicitaire (souvent sexiste, présentant la femme comme une marchandise), mais qui ensuite vont nous dire "Soyez monogames et fidèles et vous serez heureux".
(c’est un peu comme demander à des habitants des Etats-Unis de “Ne pas tuer” tout en leur laissant la liberté d’avoir des millions d’armes à feu + la peur de se faire tuer massivement présente dans leur culture dominante et globalisée, et chez eux, … et ensuite de se plaindre officiellement des serial killers et tueries de masse qui ont lieu chez eux régulièrement, et du taux d’échec du slogan “Ne pas tuer” : c’est contradictoire et hypocrite, c’est sans fin)

Nous vivons dans un pays (là je parle de la France) où l'on peut et où l'on doit changer les choses. Or pour nous autres les polys, et pour les personnes polyfriendlys (nombreuses et qui s’interrogent sur leur vie actuelle, et il y en a de plus en plus), les choses ne sont pas simples.

Dois-je rappeler que “polyamour” n’existe pas dans le dictionnaire de la langue française, et que presque tous les sites de rencontres francophones actuels sont orientés "par défaut" vers la monogamie ? Sauf quelques uns, dont un clairement dédié aux relations adultèrines, ou aux relations “PC / Plan Cul” d’un soir ? Voulez-vous tester la visibilité et le résultat d’une petite annonce polyamoureuse (masculine ou féminine) sur des sites monogames ou sur ces autres sites pas polyfriendlys ?

Elle est là l'hypocrisie et la culture dominante, de tout son poids , et moi ça me pèse. Dois-je rappeler ou informer que sur 100 sites internet dans le monde, 20 sont dédiés à la pornographie ? Je n’ai rien contre le porno, mais je dis juste : des personnes qui auraient des vies relationnelles, sentimentales, amoureuses, plus libres, plus variées, plus honnêtes, moins exclusives, moins formatées, plurielles, pourraient (conditionnel) peut-être avoir moins besoin de se ( bip ) devant internet ou d’autres écrans, en rendant hommage à l’onanisme, et autres plaisirs solitaires ?

C’est quoi cette société qui ne veut pas se regarder en face ni assumer le taux d’échec faramineux (50 à 75%) de son moule et logiciel unique : Monogamie_1.0 (ou Adultèrogamie_1.2) ? Regardez en parallèle le nombre de personnes divorcées, séparées, déchirées, souvent par des relations monos donc exclusives (pour celles qui sont en couple), sans compter, rien que pour la France, le nombre de millions de personnes célibataires (pas en couple) et qui pour beaucoup en souffrent ? Au final, combien de millions et + en souffrent, de ce moule et carcan producteur d’échecs ?

Autre point et question, sur le thème toujours de ‘ Quelle(s) séduction(s) dans une société monogame ? ’, que je n'avais pas évoquée ci-dessus (et qui explique pourquoi je précise ci-dessus que je suis féministe et égalitariste) : → Qui doit faire le premier pas dans l’approche et dans la séduction, entre l'homme et la femme (dans notre société patriarcale qui ne dit pas son nom) ? Pourquoi une grande majorité (+ de 80% ?) répondent souvent : " c'est l'homme ", ou, en version hypocrite " C'est l'homme qui invite à danser, à boire un verre, qui paie le resto, et c'est la femme qui reste libre de dire non ". Je refuse cet état de fait. Plus d’un siècle de luttes féministes depuis au moins le 19ème siècle, pour en arriver là au 21ème ? On se moque de qui ?

Et pourquoi ce ne serait pas plus souvent les femmes, de façon plus équilibrée ? Un début d’explication : beaucoup d’amies de la gente féminine m’ont dit avoir peur de (gros) malentendus, du genre : “ Si j’invite un garçon à boire un verre ou à danser, il peut facilement croire que je suis une fille facile, et que j’attends autre chose après la danse, par exemple du sexe ”. C’est vraiment ce qu’elles m’ont dit ! D’ailleurs dans beaucoup de danses, c’est l’homme qui la mène (et pas seulement au tango ou dans les danses latinos). Ce n’est pas un hasard. Les cultures aussi sont souvent atteintes par le virus “société patriarcale” et par la domination masculine.

Je n'ai pas choisi ces règles de jeux traditionnels sexistes, qui font de la femme une personne trop souvent passive qui doit “attendre” assise “le prince charmant”, ne pas aller l’aborder, le séduire, le draguer et l'inviter à danser. Et ces règles-là ne sont pas “naturelles”, “biologiques”, mais culturelles.

Et pour info (non négligeable pour comprendre ma situation précise) : mes amies et les autres femmes qui m’attirent sont la plupart dans une génération et tranche d'âge de 23 à 33 ans (environ), elles cherchent souvent (ou ont trouvé) une personne (souvent un homme) avec qui fonder un couple (mono ou poly ou autre), puis peut-être ont envie d’avoir un ou des enfants, de louer ou d’acheter un logement, elles savent qu’elles auront souvent une vie professionnelle “CDDisée”, morcelée, ou délocalisée (y compris dans l’enseignement, l’éducation nationale), et une retraite à 63 ou 65 ans (ou plus tard) sans doute minable (ou même inexistante), et durant cette période de la vie, les attentes ne sont pas les mêmes qu'à d'autres tranches de vie, qui arriveront plus tard.

Beaucoup d'entre elles ont des parents divorcés, et beaucoup d’entre elles ont à l’approche de la trentaine la peur de "rater le bon moment" et de pas pouvoir trouver "The one" pour "se caser" ou s'installer, + l'horloge biologique qui tourne pour elles (beaucoup moins vite pour les hommes), + la pression de la mère, des parents et proches et des copines qui disent “c’est quand que toi aussi tu te maries, avant de virer vieille fille ?”.

Et beaucoup risquent d’être (au moins au départ, voire après également) inquiétées et pas rassurées du tout par une personne polyamoureuse… qui leur annonce tout de go assez tôt (voire tard) franchement qu’elle (et l’autre partenaire) ne sera sans doute pas la et les seules membres du couple, dans sa vie, qu’elle devra sans doute “partager” son chéri, et donc prendre le risque explicite de le perdre, et/ou d’être laissée seule (abandonnée par un “libertin”) une fois enceinte ou jeune maman.

Elles savent ou se souviennent parfois (mais pas toujours) que “ un job + un partenaire + un logement tous les trois pour la vie ”, c’est fini (ça appartenait au 20ème siècle, dans certains pays, pendant les “30 Glorieuses”). Alors se rapprocher d’un polyamoureux, qui va introduire peut-être encore plus de fragilité dans tout cela, c’est pas gagné du tout.

Et moi, en tant qu’homme poly, je dois apprendre à composer et à tricoter avec cela, à improviser souvent, et c’est loin d’être facile ni agréable. Surtout quand je vois des machos “monos” me doubler et au final faire souffrir des copines. C’est dur.

Les monogames, et les personnes pluriamoureuses âgées de 20 ans, de 30 ans, ou de 40 ans et +, ont des vécus et des parcours, des cultures, des peurs et des vies professionnelles bien différentes de celles d’hier. Certain-es ont un ou plusieurs enfants.

Voilà pourquoi je cherche non pas des réponses généralistes qui se voudraient rassurantes, mais plutôt des réponses adaptées à ce questionnement précis, générationnel, et des vécus, des pistes, des idées, des récits, et des aventures de ce que vous autres, les personnes polyamoureuses, et les monos polyfriendlys, défrichez, vivez, créez.

On doit vraiment réinventer les formes de séduction, et de relations amoureuses, il y a encore des (r)évolutions à faire à ce niveau-là aussi , voilà pourquoi j'invite votre mémoire et votre imaginaire débridés à participer à cette conversation.
Toutes vos idées, même folles, sont les bienvenues !

Et j'aimerais aussi des points de vue et ressentis féminins, de tous âges, pour savoir comment vous, en tant que femmes, vous voyez les choses , notamment les règles de jeux d’approches et de séductions, de comportements.

Qu'en pensez-vous ?
Voyez-vous mieux de quoi je parle ainsi ? (désolé si j’ai été un peu long, mais j’ai peur de ne pas être compris si je ne reprécise pas la situation particulière de mes questions)

A bientôt de vous lire…

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Clown_Triste

le jeudi 17 janvier 2013 à 17h34

Bonjour GreenPixie,

Ton message me donne envie de réagir. D'abord parce que depuis quelques temps tu publies beaucoup de choses intéressantes et participe à rendre le forum vivant et joyeux, ce qui est très agréable.
Ensuite parce que je pense saisir à la fois ton point de vue, tes interrogations, et ce que bouquetfleuri a voulu te dire.

Comme ton message est très riche, on pourrait développer beaucoup de points. Mais le temps me manque pour ça, donc mon retour sera plutôt synthétique.

"Comment dire qu'on l'aime et qu'on est poly sans lui faire peur ?".

Bonne question. Mais il faut admettre que dans l'histoire il y a deux personnes. Evidemment, on n'a pas envie de faire fuir l'autre (surtout si c'est quelqu'un qui nous plaît ou qu'on aime) mais il faut accepter dès le départ que cela peut se produire. Que l'autre est libre de ses émotions, de ses réactions, de ses convictions, de son adhésion plus ou moins forte au modèle dominant, à l'imagerie monogame, à la séduction hétéronormée à l'ancienne, etc.
Tu peux faire preuve de sensibilité, de diplomatie, d'astuce... mais pas contrôler ce que l'autre ressent.
Il faut donc déjà affronter ta peur de voir l'autre mal réagir, développer le courage nécessaire pour accepter que cela puisse se passer ainsi. Et donc résister à la tentation de la dissimulation et du mensonge. Jusqu'à être à l'aise avec cette idée (mais pas aigri, du genre "de toute façon personne ne voudra de moi, je suis polyamoureux").
Ça c'est un travail que tu peux mener. Mais changer l'autre, ou plutôt les autres, non. Il faut donc accepter que ce soit leur décision.

Pour ma part, avec le temps et l'expérience, j'ai choisi de me laisser guider par le principe de l'honnêteté et du respect.
Mais l'honnêteté ne signifie pas balancer tout ça à la figure de la personne dès la premier tête-à-tête. C'est là, je crois, ce dont nous parle bouquetfleuri : si tu as intégré tes valeurs et convictions, si tu es à l'aise avec elles, avec ton identité, que tu ne vis pas ta différence comme une "anomalie" qu'il faudrait absolument justifier, expliquer, décortiquer, alors elles seront sensibles dans toutes tes paroles, tous tes actes, tous tes choix. Discrètes mais présentes partout.

Tu n'as sans doute pas besoin d'expliquer que tu aimes cuisiner : à la place, tu cuisines un plat délicieux pour le partager avec d'autres.
Tu n'as pas besoin d'expliquer que tu aimes danser : tu vas dans les endroits où l'on danse, ou tu invites les autres à danser quand l'occasion se présente.

Mêmes choses pour tes valeurs féministes ou égalitaires, je suis sûr qu'elles se ressentent dans ta manière d'agir, de parler, de penser.

Ce sont bien sûr des sujets potentiellement très intéressants à discuter... si la personne en face en a envie. Si elle se pose des questions, ou si la situation s'y prête (un film, un livre, un événement d'actualité, une anecdote racontée...).
Dans ce cas, c'est l'occasion de faire connaître tes valeurs sans avoir l'air de vouloir absolument te raconter, te justifier.

Oui, la monogamie sous-entendue dans les relations nous complique la tâche. Si vraiment tu sens que tu t'attaches à quelqu'un, que tu as peur de "mener cette personne en bateau" parce qu'elle espère sans doute une relation monogame, tu peux tenter quelque chose du genre : "tu sais, je suis un garçon très fidèle mais pas du tout possessif ni exclusif" (emprunté au Guide des amours plurielles).
Et répondre ensuite aux questions qui suivront... Ou pas.
Il y a aussi des femmes qui captent très bien les choses sans souhaiter les expliciter. Dans mon cas, par exemple, je me suis aperçu que quand je raconte des expériences de ma vie, des souvenirs, des projets, il est souvent questions d'amies, au féminin. Je ne précise généralement pas plus. Mais ça ne tombe pas dans l'oreille de sourdes, bien entendu.
Pareil quand je lance une plaisanterie sur le thème de "mes innombrables amantes" (qui compliquent mon calendrier, m'empêchent de dormir ou je ne sais quels autres commentaires pas sérieux).

Un homme honnête, qui assume pleinement ses choix et semble en paix avec ses valeurs inspire généralement la confiance, il en devient même attirant aux yeux de beaucoup. Y compris si ces valeurs semblent bizarres ou décalées à première vue.
Tu seras peut-être surpris de constater que finalement peu de femmes s'enfuient en hurlant à la mention du polyamour. Et rappelons que c'est à elles de savoir si cela peut leur convenir, mais que ce n'est pas une argumentation intellectuelle en béton de ta part qui changera les choses (tu peux avoir une légère influence, au mieux, à mon avis).

Beaucoup de mes relations - bien développées ou esquissées - se terminent à cause d'une incompatibilité de convictions et d'attentes liées à l'exclusivité et la non-exclusivité. Mais (sauf exceptions souvent dues à des erreurs de ma part) c'est rarement dans la colère ou la perte de respect, contrairement à l'impression que me donnent beaucoup de relations plus traditionnelles autour de moi.
Sachant que j'ai été honnête avec elles, que je respecte leur personne et leurs choix, ces femmes me quittent (amoureusement parlant) sans acrimonie et, dans de nombreux cas, nous restons en contact. Certaines me confient d'ailleurs leurs réflexions, leurs doutes. Certaines aussi reviennent vers moi des mois ou des années après, quand le "prince charmant" monogame n'a pas tenu ses promesses et parce qu'elles savent que, n'étant pas dans le schéma de la relation unique qui interdit les autres, je reste à l'écoute, disponible, ouvert sur d'autres schémas de relations potentielles.

Pour ce qui est des règles du jeu de la séduction, je pense qu'il est intéressant de les étudier et de les comprendre... afin de mieux se les approprier et les réécrire dans certains cas. Par ailleurs, il est probable que tes valeurs te mèneront vers des personnes qui en partagent au moins certaines et qui, sans doute, n'attendront pas de toi que tu te comportes comme le premier séducteur macho venu (lesquels ont quand même souvent le mérite d'oser affronter la peur du râteau, ne les vilipendons pas trop vite).

Je ne veux surtout pas dresser un portrait "tout est beau, tout est rose" de la situation. Être polyamoureux dans un monde empli de monogames est fichtrement compliqué et frustrant. Mais le joie d'arpenter le chemin que tu sais être le tien aide à faire passer cette pilule.
Et je ne veux pas non plus me donner en exemple : ma vie polyamoureuse est loin d'être une éclatante réussite et je n'ai pas toujours su me tenir aux conseils que je donne ici.
Mais j'espère ceci dit que tout ceci t'aidera au moins un petit peu... :)

C.T.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Siestacorta

le jeudi 17 janvier 2013 à 18h05

Clown : super bon post, faudrait que je me souvienne de ça quand je veux me rassurer...

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Clown_Triste

le lundi 21 janvier 2013 à 11h31

@Siestacorta : merci, je suis heureux de pouvoir indirectement participer à te rassurer à l'occasion ;- )

@GreenPixie : j'avais oublié de jouer les Maître Capello en précisant que l'on parle en fait de la "gent féminine" ou de la "gent masculine" mais qu'on laisse le -e final à la "gente dame"... ou aux jantes de voiture.

C.T.

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Apsophos

le lundi 21 janvier 2013 à 13h57

Je vais parler de ma "méthode", mais peut-être que c'est plutôt un exemple de ce qu'il ne "faut" (bêrk) pas faire.
Moi, au contraire de ce qui a été dit un peu plus haut, je balance tout à la gueule de tout le monde et de n'importe qui, parfois dès la première rencontre voire dès les premiers mots, parfois à coups de "le couple est une secte et la fidélité c'est pour les chiens". Le résultat est que je me retrouve dans la quasi-totalité des cas dans une case "fou-bizarre enragé" (case dans laquelle je serais sans doute tombé plus tard de toutes façons mais là n'est pas la question), et que ces relations resteront du coté "facile" de la Grande Muraille de Copinage.
Pourquoi je fais comme ça ? Peut-être pour me rendre intéressant, comme ces gamins qui foutent le bordel en classe, parce qu'après tout il faut bien sortir du lot d'une façon ou d'une autre. Peut-être que je réagis à l'extrême face à la douloureuse violence des ruptures causées par le fait que je n'avais pas été assez "clair" sur ce point, oui parce que quand on dit mollement "oui alors moi je conçois tout à fait pouvoir aimer plus d'une personne" on risque d'avoir pour réaction "hmoui bien sûr c'est ça" voire "ah ouais, moi aussi en fait" jusqu'au moment où cette conception se rapproche de la réalisation, et là c'est l'apocalypse. Ou peut-être que je me sens agressé par la norme monogame omniprésente et que j'essaie de lui rendre, oui agresser des murs en pierre à coup de tête c'est mon truc. Peut-être que j'oublie des pistes d'analyses, aussi.

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ScottBuckley

le lundi 21 janvier 2013 à 13h58

Merci cher Clown_pas_si_triste, cher maître capello des bons mots ;)
A force de vouloir féminiser tous les mots qui "par défaut" sont au masculin dans notre sacrée langue phallocratique (métiers, pronoms, conjugaisons, grammaire...), j'ai donc féminisé "gent" sans le savoir... Mais je tâche de m'en souvenir, merci !
( hummmm ... de la bienveillance , et sans troll lapidaire (pléonasme) , sur ce forum, hum miam c'est bon ! <3 )

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Siestacorta

le lundi 21 janvier 2013 à 17h15

Apsophos
je balance tout à la gueule de tout le monde et de n'importe qui, parfois dès la première rencontre voire dès les premiers mots, parfois à coups de "le couple est une secte et la fidélité c'est pour les chiens". Le résultat est que je me retrouve dans la quasi-totalité des cas dans une case "fou-bizarre enragé" (case dans laquelle je serais sans doute tombé plus tard de toutes façons mais là n'est pas la question),

Ca peut l'être... Présenter la facette poly dépend aussi de ce qu'on est globalement, je pense.
Moi, je suis quelqu'un qui se fâche pas, qui provoque qu'à mi-voix, je reste souvent en retrait en société... balancer tout de go ma relation à l'exclusivité, sans le faire par la bande (comme lulutine quand elle parle de ses mecs, CT quand il reconnaît des gens qui n'ont pas besoin d'explicite), ce serait me montrer très différent de ce que je suis sur les autres aspects que le poly. Je défends mes libertés, mais - pour l'instant - je vis plutôt discrètement.
Avec une certaine douceur de caractère (ce qui n'est pas de la souplesse, hélas... ), mettre trop de provoc' dans un rapport de séduction sonnerait faux pour moi.

Donc, du coup, GreenPixie, j'espère que tu auras plusieurs échos, parce que ta manière te sera sûrement propre.

Sinon, il y a beaucoup de gens que tu rencontreras qui n'auront pas peur... Parce qu'ils n'ont pas peur de grand chose. Et surestimer la peur dans le regard des autres, ça peut contribuer à faire naître les réactions méfiantes. Je dis pas qu'il n'y a aucune question à se poser, mais si t'es un minimum à l'aise avec tes désirs, besoins, cet obstacle "de départ" pourra être facilement dépassé.
L'étape suivante, "est-ce que tu n'as pas peur de rester", c'est encore autre chose. Mais l'intention aimante pourra être entendue malgré la peur éventuelle, je crois.

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(compte clôturé)

le lundi 21 janvier 2013 à 17h20

Ben déjà en écoutant la personne, en allant vraiment à sa rencontre, en cessant de ne s'intéresser qu'à son nombril - ho que je suis un type bien, ho comme je suis un révolutionnaire, ho comme je suis en avance, ho comme c'est moi le plus beau le plus libre le plus génial - et donc en accueillant la possibilité de la relation AVANT de se jeter à sa tête, soi et tout ce qu'on est (ou ce qu'on pense être, c'est souvent assez différent).

Si tu rencontres une personne en ayant une seule chose à l'esprit : "comment je vais lui faire voir ce que je suis", non seulement ça va être effectivement compliqué, mais en plus tu risques de passer à côté de la personne en question. Parle moins et écoute plus, si tu veux vraiment un conseil ;-)

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