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Perte, peur de la perte, fatalisme et cyclothymie (TIMMMYYYY!!!)

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Apsophos

le mercredi 16 janvier 2013 à 01h44

Je l'ai encore lu sur une discussion récente, et ça revient souvent dans les conversations sur la non-exclusivité : "peur de l[ae] perdre".

Alors bien sûr, on sait très bien qu'on ne perd pas une personne, on n'"a" jamais une personne, une personne est un être doué d'une conscience propre et réputé libre de ses choix et de ses actes. Ce qu'on perd, dans le sens où à un instant on l'a et à un instant ultérieur on ne l'a plus, c'est une relation avec cette personne. Lorsque cette relation (les choses qu'on partage avec cette personne) est agréable, on peut comprendre qu'on redoute sa fin, qu'on peut considérer comme définitive car si une nouvelle relation se crée avec cette même personne, elle sera façonnée par l'expérience commune.
Pour autant, selon moi, la peur n'existe que face à l'inconnu, l'incertitude. Si je sais que, par exemple, me piquer le doigt avec un compas (ne cherchez pas, ok) est douloureux mais pas dangereux et que j'ai décidé pour une raison quelconque de le faire (vulgairement, on appelle ça faire le con) je n'ai pas peur, je sais ce qui va m'arriver, aïe, ça pique, deux minutes plus tard c'est passé.
De même si je sais (là on en vient au fatalisme) que ma relation n'est pas éternelle, et que j'ai déjà vécu une rupture et l'inconfort qui s'ensuit, je sais que j'y survivrai, que je me rappellerai des bons moments, et que je pourrai envisager le reste de ma vie. Reste il est vrai l'incertitude quant au quand et au comment.
Pourquoi cyclothymie ? Hé bien parce que quand comme moi on n'a pas besoin de rupture pour vivre de petits épisodes dépressifs passagers, on a l'habitude, on sait que ça va passer, on sait même que ça va revenir après, et on arrive même à le sentir arriver quelques jours avant.

Mon message ? Juste un petit mot rassurant pour celles et ceux qui ont peur. Osez ne pas vous accrocher (je n'ai pas dit de couper tout lien, et encore moins de le faire au moindre cahot), n'ayez pas peur de la fin si l'expérience a été plaisante. Vous allez souffrir, l'autre personne aussi sans doute, d'ailleurs si vous avez peur de l[ae] perdre vous souffrez déjà. Cette souffrance est une expérience, je ne vous conseille pas d'y trouver du plaisir, mais sans doute un enseignement sur vous-même et votre rapport à votre environnement, et une certaine fierté de l'avoir vécue.

Et on pourrait croire que ce message provient d'une personne qui trouve facilement de nouveaux partenaires et peut donc se défaire de relations sans abandonner longtemps le plaisir et le confort qu'elles procurent. Les un ou deux qui passent ici qui me connaissent savent que rien ne saurait être plus faux.
(ce message ne fait pas non plus écho à une expérience récente dans ma vie, d'ailleurs)

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Goldmund

le mercredi 16 janvier 2013 à 14h40

En lisant ton article, que je trouve fort intéressant, m’est venu à l’esprit une autre dimension qui me semble venir compléter ton analyse. Oui, la peur existe face à l’inconnu, face à l’incertitude elle existe aussi me semble-t-il plus fondamentalement face à la solitude.
Pourtant la solitude peut-être belle, pleine et féconde quand elle est choisie. En général elle l’est pour un temps car l’Homme, je crois, n’est pas fait pour vivre seul. Il porte en lui ce désir de l’Autre, ce désir d’être reconnu par l’Autre, ce désir d’être Aimer. Il ne vit que dans cette attente là, il n’existe que dans cette reconnaissance là. C’est l’Autre qui me révèle et qui me fait exister. L’Autre devient alors essentiel à mon accomplissement. Sans lui je ne suis pas sans pourtant n’être rien. Perdre son regard c’est perdre ma raison d’être. Perdre son amour c’est presque me perdre moi. Alors ma peur est grande de me retrouver seul, sans amour, sans reconnaissance, sans pouvoir offrir à l’autre de lui dire ce qu’il est, sans lui permettre de me dire qui je suis . Choisir de quitter quelqu’un, quand il n’y en a pas d’autres, n’est jamais simple, toujours douloureux parce que le risque de se retrouver seul est alors vécue comme une perte d’être. En cela, je pense que les personne qui vivent les relations exclusives, les relations fusionnelles sont plus exposées à cette peur de perdre , parce que tout leur amour est concentré sur l’un. Par contre la souffrance que génère la fin d'une relation est une réalité que tout être vivant partage quelque soit ses choix mono ou poly et elle doit être vécue, elle n'est pas négative.

Ce qui peut guérir l’Homme de cette peur de perdre c’est qu’il parvienne à penser que l’un n’est jamais tout et ne dois jamais l’être. Perdre l’un n’est pas tout perdre. Perdre l’un c’est se donner la chance de gagner tous ces autres qui n’attendent que ça.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Apsophos

le mercredi 16 janvier 2013 à 18h20

Goldmund
car l’Homme, je crois, n’est pas fait pour vivre seul.

L'Homme serait fait pour quelque chose ?

La solitude c'est quoi ? Vouloir partager quelque chose avec quelqu'un mais n'avoir personne avec qui le faire ? Alors la solitude est plus ou moins permanente, quel que soit le nombre de personnes dont on est entouré.

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Goldmund

le mercredi 16 janvier 2013 à 20h03

C'est une vraie question .
Pour moi Oui, l'Homme est fait pour quelque chose, il n'existe pas pour rien.
Mais qu'elle est cette chose me diras-tu? pour moi c'est à chacun de le découvrir, de l'inventer de le créer s'il en a le désir, ou s'il en sent la nécessité. Elle est propre à chacun, elle leur appartient, c'est un véritable choix. Ce quelque chose donne un sens à sa vie On peux donc choisir de n'en avoir pas. Personnellement je ne peux vivre sans penser que ma vie n'a aucun sens, j'ai besoin de m'en créer un pour avancer et m'épanouir.
Tu as raison l'Homme est fondamentalement seul, parce qu'aucun Homme n'est semblable à un autre et ne se reconnaît totalement en l'autre. Mais son aspiration profonde, dans ce que je crois, reste la rencontre de l'autre pour mieux comprendre qui il est , pourquoi il est et pour ne pas s'enfermer dans cette solitude qui lui pèse. Mais l'homme peut aussi bien choisir de ne pas comprendre qui il est ni de vouloir répondre à la question du pourquoi. Il peut même penser que cette question est vaine et ne mène à rien. Il peut encore choisir de ne pas penser. C'est là sa liberté et elle est précieuse. L'essentiel, pour moi, dans cette vie que nous n'avons pas décidé de vivre est que nous ayons cette chance et cette liberté de pouvoir la choisir ou non et lui donner un sens ou non.

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gdf

le mercredi 16 janvier 2013 à 20h56

Je suis assez d'accord avec l'analyse de la peur de l'inconnu : une fois qu'on a survécu à une épreuve, on la craint moins. On le voit bien sur les enfants : les grosses punitions sont dissuasives...jusqu'à ce qu'on les applique. Une fois qu'on a appliqué deux ou trois fois, et que le gamin se rend compte qu'il vit très bien avec (ou sans le jouet confisqué...), ça marche plus (bon, c'est peut être un exemple un peu loin du sujet, mais je me comprends ;)

Ceci dit, concernant les ruptures, je suis circonspect. Parce que le risque, si on s'habitue aux ruptures, c'est de ne même plus lutter pour le maintien des relations. C'est de se dire, bah, de toute façon, si je quitte celle là, j'en trouverai une autre (et même plusieurs, si je suis poly !).
Entre les deux extrêmes (je refuse catégoriquement la rupture ou je banalise la rupture), il y a bien sur un juste milieu, mais, au vu de la vitesse à laquelle on s'habitue au coup de compas ou au jouet confisqué, je pense qu'il faut bien faire attention à ne pas griller trop vite ses cartouches "ruptures".

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