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Dépasser la trahison

Témoignage
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OMG

le lundi 01 octobre 2012 à 13h13

Bonjour,

Je prends la plume pour la première fois dans un forum et choisi de le faire dans celui-ci car j'ai lu de nombreux échanges qui m'ont touché dans polyamour.info, alors j'ai pensé que je pourrais à mon tour bénéficier de certains éclairages. J'espère que certains d'entre vous prendront le temps de me lire.
Je vais donc vous raconter mon histoire. Excusez d'avance les longueurs. J'ai besoin de parler. J'espère être entendue et conseillée, peut-être ?

Je suis en couple depuis près de 8 ans et nous avons un enfant adorable de deux ans. J'ai eu cet enfant tardivement, en fin de trentaine, car j'ai toujours craint de ne pas pouvoir offrir une famille solide, aimante et paisible à un petit, car j'ai moi-même grandit dans un contexte relativement violent, violence qui s'est essentiellement manifestée lorsque j'ai été violée à 8 ans par un grand cousin adolescent chez qui nous passions régulièrement des vacances.
L'impact de ce viol a été "relativement limité". Au niveau physique en tout cas, il ne m'a pas empêché de découvrir une sexualité désirante et vibrante, avec de l'imagination, de l'abandon et beaucoup de plaisir. Au niveau du lien affectif, par contre, je crois avoir été affectée, notamment en développant une méfiance très forte envers mes amoureux. Etaient-ils vraiment ce qu'ils prétendaient être ? M'aimaient-ils autant qu'ils le disaient ? N'y avait-il pas, derrière tout docteur Jekyll un affreux Mister Hyde n'attendant que l'obscurité pour révéler ses sombres desseins ?
Cette méfiance outrancière m'a conduit à vivre d'immenses jalousies, à faire des scènes épiques à des hommes qui ne le méritaient pas, à souffrir des nuits entières par crainte du mensonge et de la lâcheté ordinaire.

Puis j'ai rencontré "mon" homme. Je le connaissais depuis longtemps, nous étions des amis-amants, il était délicat et ouvert. A cette époque, je doutais de tout et surtout du schéma classique proposé par le couple monogame. Il me semblait que le plus important pour pouvoir vivre un bel amour, capable d'évoluer, de grandir, de s'épanouir, c'était d'avoir la capacité de communiquer, de se dire les choses, y compris les difficiles. Notre histoire a commencé en pointillé, il est parti quelques temps à l'étranger, pendant son absence j'ai rencontré une femme qui m'a beaucoup attiré et puisque rien n'était vraiment installé entre nous, je me suis permis de vivre une aventure légère. Je n'étais pas sûre qu'il considérait que nous formions vraiment un couple aussi, quand il est revenu et qu'il ma fait savoir que je lui avais manqué, qu'il souhaitait me voir au plus vite, qu'il m'a laissé des messages amoureux (alors qu'il avait été presque entièrement silencieux pendant un mois), j'ai compris qu'il considérerait probablement que je l'avais trahi.
J'ai pris mon courage à deux mains et je lui ai dit que j'avais fait une rencontre en son absence. Sa réaction a été d'une telle douceur que j'en ai été complètement déconcertée. Il ne m'en voulait pas ! Il m'a dit qu'il était probable que le fait que cette aventure aie eu lieu avec une femme le menaçait moins et qu'en tous cas, il ne se sentait pas jaloux. Il m'a dit que je pouvais en avoir de temps en temps si je le souhaitais. J'ai ressenti une grande vague d'amour à ce moment là. Il semblait m'accepter pour ce que j'étais ! Il ne demandait rien en échange !

Notre histoire a vraiment commencé à ce moment là. Nous avons emménagé en colocation dans un grand appart avec deux copines, nous avons partagé un moment libertin et amoureux avec l'une d'entre elle et avons su dépasser au mieux la jalousie que cela a crée en moi lorsque je suis partie pour du travail à l'étranger et qu'ils se sont retrouvés sans moi. Par la suite, nous avons vécu dans un autre pays où j'ai eu une nouvelle aventure féminine... Lui et elle se connaissaient et s'appréciaient. Cela semblait lui convenir. Il me disait parfois qu'il avait envie de moments libertins avec moi et d'autres femmes, que c'était cela qui l'inspirait le plus, il ne souhaitait pas d'aventure "sur le coté' ou de relations amoureuses... Nous étions prêt à vivre cela si cela se présentait. Nous ne voulions rien d'organiser, que du spontané. Puis une période compliqué est arrivée. Soucis de boulot, difficulté à penser la suite... Nous sommes rentrés en France.

Après quelques mois ici, j'ai fait une rencontre très émouvante avec une femme. Si émouvante que j'ai pensé que le polyamour était peut-être la voie pour moi car j'éprouvais des sentiments vifs pour elle. Il m'a laissé la liberté de vivre cette histoire, de partir en week-end avec elle... tout le monde était informé même s'ils ne se connaissaient pas. Elle ne le souhaitait pas et a commencé à être un peu jalouse. Si bien qu'il s'est également senti menacé. Comme elle partait à l'étranger, cette relation a été naturellement mise sur pause. Mais je le sentais déstabilisé et je détestais le voir souffrir ainsi. J'ai donc expliqué à cette femme adorable mais complexe que je préférais ne pas rester en contact avec elle pendant ses trois mois d'absence car nous avions besoin de nous pencher sur notre couple. Par la suite, quand je l'ai revu, mon attirance pour elle a changé et notre relation s'est transformée en amitié. Elle aussi a réalisé que cela ne lui convenait pas.
Dans mon couple, les choses ont évolué à l'aune de cette histoire qui était venue nous questionner. Et ce que nous avons découvert sur nous à ce moment là a renforcé notre conviction que nous nous aimions et que nous n'allions pas vivre le schéma monogame classique, même si nous n'allions pas non plus dans une direction diamétralement opposée puisque nous restions organisés sur une sorte d'unité centrale. En tout cas, il nous semblait clair à ce moment là que nous aurions dans le futur des contacts sexuels et sentimentaux avec d'autres personnes et que ce qui comptait avant tout, c'était de nous parler en toute sincérité, d'oser la franchise, d'oser l'honnêteté. En ce qui me concerne elle est essentielle. Il me disait que pour lui aussi.

Nous avons décidé de faire un enfant. Peu de temps auparavant, il me confiait avoir envie de contacts avec une autre femme, aussi ai-je été assez surprise quand il m'a dit qu'il tenait à ce que cette période de grossesse ne soit consacrée qu'à nous deux, avant que nous ne soyons trois. Je l'en ai remercié car j'étais heureuse de pouvoir me replier sur ce cocon en construction et je lui ai assuré qu'après la naissance du bébé et les premiers temps très prenants que nous allions traverser, nous pourrions de nouveau envisager d'autres partenaires. Je savais que la dernière histoire que j'avais vécue avec cette femme l'avait troublé et qu'il en avait conçu une certaine jalousie qui avait aussi pour fond son propre désir de vivre une histoire avec une autre. Je savais que ce désir allait le poursuivre et que la naissance d'un enfant n'allait probablement pas changer cela. J'ai cependant été heureuse d'entendre qu'il voulait se consacrer à nous pendant cette période pré et post naissance. Je le désirais aussi.
J'étais si heureuse !
J'avais l'impression d'être guérie de ma méfiance, confiante enfin en l'amour, en la vie. Je trouvais mon homme formidable, si ouvert, si franc. Je savais que j'allais devoir accepter de le laisser "partir" avec une autre un jour, mais la qualité de notre dialogue me donnait l'impression que j'en aurais la force. Lui me l'avait permis, d'une part et nous avions tellement échangé, l'un et l'autre, que je nous sentais suffisamment solide pour ne pas être mis en danger par une nouvelle rencontre... Je m'étais en tous cas fait la promesse d'essayer et de combattre pied à pied la jalousie qui viendrait probablement me tourmenter.

Notre enfant est né. Notre bonheur était immense. Il ne cessait de me dire à quel point il m'aimait. Je n'en revenais pas de cet amour. J'avais l'impression d'avoir compris la recette : la confiance, le dialogue, la délicatesse.
Nous nous sommes retrouvés un soir dans le cadre d'un vernissage pour une exposition de ses travaux. Je l'avais beaucoup aidé à mettre en place cet événement. Notre bébé était là. Il y avait une chanteuse. Belle, pulpeuse, exactement son genre. Je l'ai trouvé jolie. J'aimais bien son sourire. Elle avait l'air saine. Parce que je savais qu'elle lui plairait physiquement, parce qu'avant que je tombe enceinte il m'avait confié plusieurs fois son désir d'un "plan à trois", je lui ai dit qu'avec ce genre de fille, je ne serais pas contre. J'avais envie de rouvrir le dialogue, de lui faire savoir que ce dont nous avions parlé n'était pas lettre morte.
Je l'ai trouvé froid et tendu ce soir là. A peine aimable avec les musiciens d'ailleurs. Je me suis dit que c'était un évènement important pour lui, avec près de trois cent personnes, c'était sa première expo et ça avait une certaine ampleur...
Quand la chanteuse a terminé de chanter, elle est venue vers le buffet pour parler avec diverses personnes. Puis elle s'est dirigée vers moi. Je l'ai félicité, elle m'a répondu que c'était un "plaisir de soutenir un artiste de talent". Notre enfant était là. Elle s'est penchée vers lui, m'a demandé quel âge il avait, a dit qu'il était mignon.
Vous devinez la suite, n'est-ce-pas ? J'ai découvert des mois plus tard qu'il avait eu une aventure avec elle alors que j'étais enceinte de 7 mois. Alors que je m'occupais du chat de son frère, de ses amis à la maison, que je le soutenais dans son travail sans compter mes heures, que j'acceptais ses absences parce qu'il était stressé par la venue du bébé et que je sentais qu'il avait besoin d'espace...
Je me suis sentie trahie à un point ! C'était horrible. J'ai eu l'impression que le ciel s'effondrait sur ma tête. J'ai toujours craint d'être avec quelqu'un qui ne me respecte pas. Qui soit capable de me trahir. Pour qui je ne compte pas.
Quand je l'ai senti absent, pendant une courte période de la grossesse, je me suis demandé s'il ne voyait pas quelqu'un d'autre. Je le lui ai demandé et il m'a dit que non. Je n'ai pas insisté. Je me suis dit qu'il ne pourrait pas faire cela. Pas à ce moment là. Pas au moment où nous étions en train de lier nos deux vies pour toujours avec la venue d'un enfant. Pas alors que nous avions ouvert des possibles pour le futur, pas quand nous avions tant échangé autour de la possibilité d'autres voies, d'autres chemins... Pas alors qu'il savait à quel point l'honnêteté était importante pour moi...

Cette découverte a eu lieu il y a 8 mois. Depuis, nous avons beaucoup échangé. Mais c'est comme si une plaie ancienne s'était réouverte et était plus à vif que jamais. Une vieille croyance que j'avais a été réactivé et emporte tout sur son passage : "il ne faut jamais faire confiance à personne". J'entends constamment des phrases de ce genre, elles résonnent dans ma tête à chaque fois que je ressens un semblant de complicité avec lui : "Ne te leurre pas, pour lui, tu ne comptes pas", etc... Mon énergie s'est envolée. La vie me semble moche, j'ai l'impression d'en être dépossédée. Ma première envie a été de prendre l'avion et de m'envoler en Inde où j'ai vécu près d'un an pour faire du yoga et méditer. Pour m'isoler. Mais nous avons un bébé ensemble et je ne peux me résoudre à partir loin de son père avec lui. D'ailleurs, je ne pense pas en avoir le droit. Je n'ai pas non plus envie d'élever un enfant seule.
Bref, ça a été le chaos.
Et maintenant, cela fait 8 mois. Bientôt 9.
Je sens qu'il faut que j'accouche d'autre chose. Ma relation telle que je l'imaginais est morte. Cet homme que je croyais sincère n'a pas su ou n'a pas voulu attendre. Quand il a été sur le point de devenir père, il a eu besoin de vivre autre chose. Il m'a menti car il s'était engagé à ce que rien de se passe à ce moment là. Il n'a pas voulu attendre. Il s'est dit qu'après tout, moi, je ne m'étais pas gêné !
Aujourd'hui, nous sommes perdus.
Le polyamour, ou une variante du polyamour, enfin bref, une forme d'union à la fois ouverte et honnête me semblait la meilleure option pour nous. Il est vrai que jusqu'alors j'avais toujours été celle qui avait bénéficié de cette ouverture sur les autres, si ce n'est lors de cet unique épisode de trio avec une de nos meilleures amies. Mais je voyais que nous y allions, je me disais que la vie était longue, que j'allais réussir à combattre ma jalousie grâce à l'honnêteté réciproque dont nous ferions preuve...

Je voudrais lui pardonner. J'aimerais être capable de balayer tout cela d'un geste. De voir que c'était une faiblesse passagère, que ça n'a pas eu beaucoup d'importance. Mais l'enfant blessée que j'ai été hurle à chaque fois que je l'envisage. Je ne sais pas comment apaiser cette enfant. Je voudrais pouvoir grandir et être capable de dépasser tout cela. Il n'a cessé de s'excuser, a entrepris une thérapie pour comprendre... Moi aussi je vois quelqu'un mais ma déprime reste importante. Ca doit sembler absurde de faire un tel plat de cette histoire, mais la nuit je rêve qu'on a tatoué le nuage d'Hiroshima sur ma peau... Oui, je rêve de ça...

Enfin, voilà... Si quelqu'un a réussit à me lire jusqu'au bout... si quelqu'un à quelque chose à me renvoyer... je suis preneuse.
Merci.

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Katouchka

le lundi 01 octobre 2012 à 14h41

OMG, ton histoire est très touchante et je trouve tout à fait normal que tu réagisses ainsi, que tu te sentes trahie.
Certains diront qu'il a fait l'erreur de s'engager un peu trop vite sur cette période. Il a commis une erreur certes. Maintenant, c'est sûr qu'il n'y a que toi qui peut voir si tu peux lui faire confiance à nouveau, si tu peux pardonner. Et avec ton histoire c'est d'autant plus compliqué. Malgré ce qu'il a fait peux-tu imaginer vivre sans lui? Ce qu'il t'apporte ne vaut-il plus la peine d'être pris? Autant de questions qui doivent tourner en boucle dans ta tête, pas étonnant que tu veuilles partir loin. Sans aller en Inde, vous pourriez peut-être faire une pause chacun de votre côté en faisant tout de même en sorte que l'enfant voit ses deux parents. Cela te laisserait l'espace nécessaire pour réfléchir.
Lorsque j'ai appris que mon amoureux en aimait une autre, j'étais enceinte et j'ai beaucoup souffert qu'il ait choisi ce moment là, celui auquel je m'y serais le moins attendu, celui où justement il ne fallait surtout pas que ça arrive parce que tout comme toi je suis ouverte et je suis capable d'accepter pas mal de choses mais là je voulais qu'il se concentre sur nous. J'ai souvent voulu fuir, j'ai pensé brièvement à partir pour de bon, j'ai pensé des trucs horribles. Cela n'en aurait pas voulu la peine il me semble. Et puis je me suis raccrochée à mes deux loulous et à ce qu'il m'apporte chaque jour de bonheur et à son amour. Je n'ai pas pardonné et je serais toujours un peu méfiante c'est sûr mais je veux dépasser ça.
Bon courage dans ta réflexion.

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Apsophos

le lundi 01 octobre 2012 à 15h33

Une vie si longue, tant de rencontres...

Sinon euh... je dirais qu'il n'y a pas de dialogue sans manipulation. (et moi je discute beaucoup avec moi-même, mais je ne sais pas si c'est le sujet)

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(compte clôturé)

le lundi 01 octobre 2012 à 18h31

Comment as-tu appris ce que tu nommes sa trahison ?
C'est très difficile comme toujours de donner quelque conseil que ce soit à distance et sans connaître les gens.
Bien évidemment, ce qu'il a fait est très maladroit - et surtout parfaitement incohérent, puisque si je te suis, il t'a promis une exclusivité que toi-même tu ne lui demandais pas au moment même où il s'apprêtait à enfreindre cette même exclusivité.
Pourquoi a-t-il senti le besoin de te promettre une telle chose, surtout au vu de votre parcours de couple qui ne paraissait pas aller dans cette direction ? Et pourquoi n'a-t-il pas pu te dire de suite qu'en fait, il présumait de lui-même et que ça ne se passait pas exactement comme prévu ?
Trouver l'apaisement quand on se sent trahi est difficile. Il faudrait déjà débroussailler exactement ce qui s'est passé et injecter un peu d'objectivité froide et analytique dans tout cela, avant d'espérer y arriver. Pour le moment tu es encore sous le choc (et oui, un choc ça peut durer 9 mois, ce n'est pas contradictoire...)
Bon courage...

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Evavita

le lundi 01 octobre 2012 à 21h31

Bonsoir OMG,

Je pense qu'il pourrait être utile de comprendre pourquoi ton conjoint a voulu de cette période d'exclusivité pendant ta grossesse. Cela pourrait sans doute vous aider à comprendre pourquoi il n'en a plus eu envie en cours de route et surtout pourquoi il ne t'en a pas parlé à ce moment là au lieu de le cacher.

Petite question concernant "l'enfant blessée" que tu as été. Ce qui lui fait peur c'est que ton conjoint puisse encore te trahir si tu baisses ta garde? Ou est-ce le fait que s'il trahissait à nouveau ta confiance, tu te retrouverais à t'en vouloir et/ou avoir honte de t'être "faite avoir" alors que ça ne tenait qu'à toi de ne plus lui faire confiance?

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juliette invitée (invité)

le lundi 01 octobre 2012 à 23h47

bonsoir OMG,
je comprends tout à fait cette douleur d'enfant que tu as et qui a refait surface suite à la "tromperie" de ton conjoint. c'est un peu comme si tout ton travail effectué depuis tant d'année avait été mis à mal en un claquement de doigt.

mes douleurs d'enfants sont semblables aux tiennes avec pour moi une douleur d'abandon très présente, il m'est très difficile de faire confiance aux gens sans cesser d'imaginer qu'un jour eux aussi ils m'abandonneront....moi, cette enfant abandonnée jadis, alors que j'avais besoin d'amour. je ne suis plus cette enfant et j'en suis consciente mais ma construction s'est faite ainsi, basée sur un manque profond et destructeur d'amour, alors chaque situation qui me confronte à cette même douleur me chamboule et me plonge, comme toi, dans un grosse déprime voire dépression, des angoisses me viennent, mes peurs deviennent incontrôlables et mon "pardon" devient extrêmement difficile.

aujourd'hui le travail à faire serait d'après de moi de guérir de cette douleur passée, finalement l'accident de parcours de ton conjoint n'a fait que raviver un problème qui n'a jamais été réglé, tout comme moi tu t'es "accommodée" de ce problème en te nourrissant de ce que la vie t'offrait mais dans le fond nous n'avons encore jamais vraiment traité le problème dans son abîme. il est peut etre temps....

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LuLutine

le mardi 02 octobre 2012 à 01h07

Bonsoir OMG,

Je te comprends très bien.
J'ai vécu quelque chose de très similaire :
- ton partenaire te fait une promesse alors que tu ne lui demandais rien,
- résultat, tu lui fais confiance puisque s'il n'avait pas voulu promettre, il ne l'aurait pas fait (rien ne l'y obligeait !),
- au final, il te trahit,
- pourtant, si pour commencer il n'avait pas fait de promesse, vous n'en seriez pas là (tu n'aurais pas compté sur lui - du moins, pas de la même façon - et tu ne te serais pas sentie trahie) !

Les avantages que tu as quand même dans ta situation (par rapport à la mienne), c'est que visiblement ton partenaire est conscient d'avoir "merdé", qu'il s'est excusé et qu'il veut réparer !

Il est normal que tu aies besoin de temps pour lui refaire confiance, et ce temps se mesurera sans doute en mois voire en années. Cependant je pense que vu l'attitude de ton conjoint (excuses, travail sur lui-même etc.) c'est chose tout-à-fait faisable !

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etoile (invité)

le mardi 02 octobre 2012 à 12h02

J'ai lu attentivement ton histoire, étrangement similaire à la mienne,
viol par un cousin, en vacances chez ma grand mère(8ans), ça ne s'est jamais su, des taiseux à la campagne.
Viol de nouveau à l'adolescence dans ma ville.
Ma relation, par rapport aux hommes s'en est trouvée perturbée
Je n'avais plus confiance en moi et en eux
peur de l'abandon, peur de l'amour, je ne donnais rien.

J'ai rencontré un homme qui m'a redonné ma confiance en moi(pas encore au top), appris à gérer la jalousie(au top), à lui faire confiance(je m'améliore), bref, revivre.

Vis ce que tu as à vivre, dans le présent sans blesser personne, le futur te donneras raison.

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bouquetfleuri

le mardi 02 octobre 2012 à 14h25

Que faut-il garder de cette relation ? Tout, la douleur, le bonheur, les dialogues et les fantasmes qui font votre histoire.
Mais, comme tu le dis toi-même, la relation que tu imaginais est morte. Le bilan, vu de ma place, est que tu as pu être heureuse et lui aussi, peut-être.
C'est donc la relation réelle, ancrée dans les imperfections du dialogue et dans les méandres des promesses intenables ou mal pensées qu'il vous faut vivre.
Occupez-vous du bonheur qui s'annonce et non de celui qui vous aurait échappé. La réalité donne le sens exact des choses que l'on vit et elles sont différentes pour chacun.
Vivez et continuez de parler ensemble, vous avez l'air bien armés pour cela. Ce serait dommage de ne pas en profiter

Je rejoins totalement "étoile" : vivez ce que vous avez à vivre

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Paul-Eaglott

le mercredi 03 octobre 2012 à 17h19

OMG, pour te proposer un point de vue potentiellement éclairant pour toi, je vais dire des choses un peu "froidement", en prenant volontairement une forme de distance avec ton histoire.

D'abord, et c'est fondamental, il pourrait être utile de reconnaître que tu es seule "responsable" de tes sentiments. Tu t'es sentie trahie face à un comportement de ton conjoint, mais c'est TOI qui te sens trahie, davantage que lui n'a commis de réelle trahison. Il a certes eu des contacts avec une autre femme, certes il avait dit qu'il ne le ferait pas, mais au fond, il ne t'a rien enlevé, il n'a pas cessé de t'aimer, il ne t'a pas quittée, il ne t'a pas nui par ses actes. Et il est probable que lorsqu'il t'a fait cette promesse, il ne s'est pas dit "je lui promets ça, comme ça elle ne se méfiera pas et je vais pouvoir m'organiser tranquillement ma double vie, hin hin hin..."

Les raisons pour lesquelles il n'a pas été capable de mettre en cohésion ses mots et ses actes, ça signale une faiblesse de sa part, un truc pas totalement clair, mais ce n'est très probablement pas pour te nuire qu'il a agi comme il l'a fait.
Plus probablement, il a cherché à ménager des forces contradictoires qui agissaient en lui et que je ne peux que deviner plus ou moins : attirance envers une femme ; peur de te décevoir, ou peut-être même de te perdre, sachant ton histoire, et ayant sans doute perçu l'importance à tes yeux de l'engagement qu'il avait cru pouvoir prendre pour toute la durée de ta grossesse ; peur de te ressentir comme un "obstacle" et de concevoir du ressentiment envers toi s'il renonçait à l'occasion qui s'offrait à lui, etc...) Mais là n'est pas la question importante pour toi. (Pour lui, peut-être davantage : il lui sera utile de comprendre ce qui l'a conduit à se mettre en contradiction avec lui-même.)

Pour toi, ce qui importe davantage, c'est de prendre conscience que c'est toi qui te sens trahie. Ce sentiment est légitime, et ta vie passée te prédispose peut-être à ce genre de ressentis. Mais si tu acceptes d'en situer l'origine en toi et non en lui, il devient plus facile de travailler à le résoudre (ce que conseille Juliette-invitée me semble sensé), et ça rend surtout beaucoup plus facile de pardonner et de "dépasser la trahison".
Si tu lui dis "quand tu me dis que tu vas faire un truc et que tu fais le contraire, je me sens trahie", c'est plus facile à surmonter pour vous deux, que si tu lui dis "tu m'as trahie et il faut que tu regagnes ma confiance" par exemple. (Et si regagner ta confiance doit passer par une série de "sacrifices expiatoires" sensés prouver ce que la force de son amour pour toi est capable de lui faire faire, il va souffrir et ça risque de laisser des traces négatives...)

La question de la confiance est réelle, et sans doute se travaillera-t-elle le mieux en vous acceptant mutuellement avec vos faiblesses et vos failles, plutôt qu'en attendant de lui qu'il soit responsable de ta protection contre tes propres fragilités, et qu'il se comporte en super-héros irréprochable.

Mais je reviens sur ton sentiment de trahison. Je dis que son origine est en toi, dans le sens ou face à une même situation, d'autres que toi auraient réagi tout-à-fait différemment, selon leurs histoires, leur passé, leur tempérament, etc.
Ton ressenti a été "je me sens trahie". Pour quelqu'un d'autre, ça aurait pu être "je suis déçu(e) : il n'est pas aussi responsable que je croyais" ou "je suis triste pour lui : il doit souffrir beaucoup, pour arriver à ce genre d'incohérence" ou "je jubile : il a fauté avant moi, et je gagne un point !" ou "je le comprends : vu la femme en question, j'aurais fait pareil si l'occasion s'était présentée ; et je suis fière qu'il soit resté avec moi quand même !" ou "je suis en colère car face à un mensonge je ne me sens pas considéré(e) comme un(e) adulte", ou pourquoi pas "je suis soulagé(e) : nous voici à égalité dans nos escapades, et j'aurai moins de scrupules la prochaine fois..."

C'est donc bien toi qui te sens trahie. Lui, objectivement, il a simplement dit des choses un jour et plus tard il a fait quelque chose qui ne correspondait pas à ce qu'il avait dit. Point. Tu peux lire de la trahison dans ces actes, mais tu peux tout aussi bien y lire autre chose.

Ca, s'était pour éclairer autrement ton ressenti, et peut-être te permettre de trouver un angle d'attaque pour le résoudre.

Ce qui importe, aussi et avant tout, c'est de savoir si vous pouvez être heureux ensemble. Ca dépend sans doute de votre capacité à dépasser ton ressenti et à refermer ta blessure.
Je te souhaite que ce soit possible assez rapidement.
Mais si ça ne l'est pas, une séparation, même avec un enfant, n'est pas une catastrophe absolue. Et tu ne dois pas t'interdire d'envisager cela comme une solution.

Bon courage, en tout cas !

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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tentacara

le jeudi 04 octobre 2012 à 08h54

Fée Bohwaz, il est où le boutonn "like"?

Paul Eaglott : (+) encore une fois, tu m'impressionnes

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(compte clôturé)

le jeudi 04 octobre 2012 à 19h32

(+) C'est clair, précis, bienveillant... Suis d'accord avec Tentacara.

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JoliMatin

le samedi 06 octobre 2012 à 09h16

Curieux !
Je vois surtout un moment de faiblesse, peut être un moment de doute, de la part de votre conjoint dans une période qui n'est pas facile pour lui non plus. Votre grossesse et le passage du couple au couple avec enfant.
OMG, vous vous sentez trahie ? Une ligne blanche a été franchie avec le non respect de son engagement ? Mais reconnaissez que son engagement s'est fait sur quelque chose que vous vous autorisiez l'un et l'autre avant votre grossesse. Cela en diminue fortement la portée.

A mon sens l'envie d'un enfant avec vous est un engagement bien plus fort, que celui de ne pas avoir d'aventures extra "couple" pendant une période donnée.

Pour soigner votre douleur, orientez différemment votre regard sur l'évènement et acceptez l'idée que c'est une faiblesse qui a guidé votre ami, et non la volonté de fuir ou de nuire.

Puisse le soutien d'un inconnu vous réconforter.

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Paul-Eaglott

le vendredi 12 octobre 2012 à 20h43

OMG, je complète un peu ce que je disais ci-dessus il y a quelques jours.

L'intérêt de parvenir à considérer que ton ressenti t'appartient et que tu en es responsable, ce n'est pas de te faire culpabiliser ! (J'ai bien dit "responsable", pas "coupable" ;-) ) L'intérêt, c'est de pouvoir mettre en place avec ton compagnon un dialogue de coopération. Même en acceptant de te considérer comme responsable de tes ressentis, tu peux demander à ton entourage -- et en particulier à ton compagnon -- de t'aider à surmonter ton ressenti. Mais tu peux t'en douter : demander à ton compagnon de t'aider à dépasser ton sentiment d'avoir été trahie, c'est très différent de lui demander de réparer une faute que tui lui attribuerais. Par exemple, ça lui permet de choisir d'accepter de t'aider, et d'endosser ainsi un rôle positif (positif à la fois à ses propres yeux et aux tiens.)

Et de son côté, ça peut aussi lui rendre plus facile de se confier à toi sur ce qui l'a conduit à être incohérent, et de chercher à en élucider les mécanismes, plutôt qu'à en souffrir comme d'une faute dont il se sentirait coupable et qu'il préférerait chercher à oublier et à faire disparaître de vos conversations...

Ce faisant, en vous connaissant mieux, vous pouvez mettre en place des façons d'éviter de nouveaux "accidents", et de construire une confiance mutuelle plus solide car mieux fondée.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Katouchka

le mercredi 17 octobre 2012 à 09h05

Admettons qu'effectivement chacun est responsable de ses ressentis et qu'une fois ceci admis, un dialogue de coopération est possible. Admettons qu'il n'y ait que des "responsabilités" et non des "culpabilités". Je suppose quand même, pour que ce dialogue ait lieu, que les personnes qui ont provoqué ce sentiment se sentent également responsables de l'avoir provoqué, non? (Surtout quand ils savent à l'avance que c'est comme ça que les choses seront ressenties)
Dans l'exemple d'OGM, son partenaire n'est-il pas responsable de quelque chose?
Cette histoire m'interroge sur la question de la confiance. Certains diront qu'il n'aurait pas du s'engager. Certains diront même qu'en amour, on ne devrait pas s'engager. Je l'ai lu plusieurs fois sur d'autres fils. La question de l'engagement revient souvent. Mais sans parler de quelque chose d'aussi fort que l'engagement, je me pose cette question: "Si l'on considère évidemment que les actes comptent plus que les paroles, sur quoi repose la confiance, qui me semble nécessaire (sauf si quelqu'un me prouve le contraire) entre deux êtres qui s'aiment, si lorsque l'une de ses personnes ne fait pas ce qu'elle a dit qu'elle ferait?"
Et sans vouloir rentrer dans un débat stérile sur qui est plus responsable de quoi dans cette histoire, je constate que le travail que doit accomplir OGM à la suite de "cet acte malencontreux" est très difficile, il lui faut dépasser ce sentiment de trahison. Ce qui pourrait provoquer un autre sentiment, celui d'injustice, car après tout elle n'a rien fait.
Du coup, je conclus par : pour dépasser ce sentiment de trahison, qui peut être personnel, il faut qu'il y est reconnaissance par l'autre parti de sa propre responsabilité. C'est un minimum non?
Dans le message de Paul Eaglott, qui a été une révélation pour moi (merci (+) ) la seule chose qui me gène c'est ça, on a l'impression qu'OGM porte à elle seule la responsabilité de ce sentiment là.

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Siestacorta

le mercredi 17 octobre 2012 à 11h30

Katouchka
le travail que doit accomplir OGM à la suite de "cet acte malencontreux" est très difficile, il lui faut dépasser ce sentiment de trahison. Ce qui pourrait provoquer un autre sentiment, celui d'injustice, car après tout elle n'a rien fait.

Ben si on dépasse le sentiment de trahison pour arriver à un sentiment d'injustice, le progrès sera pas flagrant !

Il s'agit pas d'éliminer le sentiment de trahison, hein ? mais d'en mesurer les causes réelles, de prendre conscience que celui qui se sent trahi a créé une part de la trahison.

Pour le sentiment d'injustice... Je ne sais pas si je tombe juste avec ma remarque, mais pour moi la justice n'est pas une question sentimentale, et l'amour pas une question de Droit. On aime pas l'autre parce que c'est juste, on ne cesse pas de l'aimer injustement.
C'est valable aussi quand on nous aime ou cesse de nous aimer.

C'est donc bien la confiance, qu'on garde, entretient, répare, qui permet de connaître nos pouvoirs et nos limites. La confiance en l'autre, qu'on peut affirmer et ré-affirmer par principe, et la confiance en soi.
Et la responsabilité, c'est comment par les actes on permet cette confiance mutuelle.

(pfou, je suis lourd ce matin...)

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OMG

le lundi 19 novembre 2012 à 11h17

Bonjour,
Plus d'un mois a passé depuis que je me suis confiée sur le site et je voulais simplement vous dire que vos diverses réponses m'ont beaucoup touché et qu'elles m'ont donné matière à réfléchir pendant ces quelques semaines.
Merci à chacun d'entre vous, vos messages m'ont donné du courage, de la force et j'en avais grandement besoin. Je ne sais pas trop ce qu'il adviendra de nous, mais le dialogue reste ouvert dans mon couple et les moments d'abattements diminuent. Lui et moi continuons de partager beaucoup de choses et son attitude m'aide à aller de l'avant. Mon sentiment amoureux n'est plus aussi fort par contre. Disons que je ressens toujours de l'amour pour lui, mais je ne suis plus aussi amoureuse... J'ai été déçue par son manque d'ouverture, j'ai beaucoup de difficultés à accepter le mensonge, mais je sais aussi que je ne suis pas parfaite, loin s'en faut. J'essaie donc de relativiser et de ne pas trop le juger... en me souvenant par exemple que je suis sacrément rancunière et que ce n'est pas une qualité. Enfin... tout le monde peut faire une erreur (en ce qui me concerne, l'erreur consiste à ne pas me dire qu'il se sent enfermé et qu'il a du désir pour une autre quand c'est le cas). Donc, puisque l''amour suit des cycles, je peux affirmer que nous sommes dans le creux de la vague... et j'attend de voir si ça remonte. Wait & see. En tout cas, merci à tous!

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CEZAR (invité)

le mercredi 22 janvier 2014 à 20h09

Votre histoire me touche énormément. Je compati, car moi-moi-même je suis un homme trompé, nous vivant ensemble depuis 8 ans avec des hauts et des bas, mais l'amour était notre devise.

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