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Quelle limite entre "relation" et "amitié"?

Engagement
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(compte clôturé)

le samedi 20 octobre 2012 à 15h22

Salut à tous,

Si je regarde mes dernières relations, je vois que, dans beaucoup de cas, je ne sais pas comment les définir: souvent il s'agissait de quelque chose de plus que des amitiés, mais moins que des relations de couple.

Parfois il y avait du sexe, parfois de l'amour, parfois de la jalousie, parfois on vivait ensemble, parfois on s'aimait et respectait, parfois on se détestait cordialement, parfois on se connaissait à peine... bref, j'ai beaucoup de peine à trouver un élément discriminant à partir duquel on puisse dire "de ce côté c'est de l'amour, de cet autre côté c'est de l'amitié".

Donc, quel est pour vous l'élément discriminant?

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Apsophos

le samedi 20 octobre 2012 à 16h08

Tiens, encore une question de vocabulaire.

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Paul-Eaglott

le samedi 20 octobre 2012 à 17h39

C'est une question que je résous en refusant de ranger mes relations dans des catégories.
Ca oblige à des périphrases quand j'en parle à d'autres gens, mais puisqu'une relation peut assez aisément fluctuer entre plusieurs modes, je ne tiens pas à distinguer les différentes phases qu'elle traverse. Ce sont des relations, voilà tout. Et du coup, je n'ai pas d'élément discriminant qui permette de distinguer entre amitié et amour. Avec telle personne, envers qui j'ai aujourd'hui quelque chose que tout le monde s'accorderait à appeler de l'amour, il se peut que la relation se mette à ressembler à de l'amitié un jour (et inversement) sans que la relation cesse jamais, ni qu'on décide de lui donner une place différente dans notre vie. A certains moments, me poser la question "est-ce de l'amitié ou de l'amour" me semblerait plus de nature à parasiter la relation qu'à la nourrir en quoi que ce soit.

Pour moi, à partir du moment où on a une intention positive à l'égard de quelqu'un, ça relève de l'amour. Qu'il s'agisse de lui donner un conseil, de vouloir son bonheur, d'avoir envie de lui donner de la tendresse ou du plaisir sexuel, ou qu'on ait envie de construire un avenir commun, je préfère considérer qu'il s'agit de mille nuances possibles d'amour, et ne pas chercher à distinguer les limites entre les nuances.

Mais je trouve que le vocabulaire n'offre pas de façon satisfaisante de parler de ça...

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Lili-Lutine

le samedi 20 octobre 2012 à 17h49

Coucou Marco,
Je me souviens bien d’une de tes conversations en juin où tu exposais à plusieurs personnes ta conception des cases , tu disais que tu rangeais chacune de tes relations justement dans une case précise , ce qui te permettais alors de savoir ce que tu vivais avec chacune . Et tu disais aussi qu’une personne par exemple dans la case « Amies/Amantes » pouvait un jour passer dans celle « Amours » et tu pouvais faire ainsi l’inventaire des cases vides restantes. Pour moi cela m’avait pour un temps permit de faire quelques rangements que j’estimais bien nécessaire pour comprendre précisément ce que je vivais avec certaines de mes relations, mais seulement sur un instant précis. Mais très vite je n’ai pas trouvé cela confortable, ni même très pratique et même avec tous les passages que tu proposais entre chaque case, et de plus je n’aimais pas l’idée d’avoir des cases vides :-( Je préfère aujourd’hui parler d’un curseur qui va de l’amitié à l’amour, cela me permet d’osciller d’un état à un autre et même d’un moment à un autre sans remettre en question forcement cette relation qui de par sa nature va toujours évoluer d’un coté ou de l’autre. Cela donne beaucoup plus de chance à chacune de mes relations de s’installer et d’évoluer à son rythme et surtout je n’ai plus l’impression de vide. Je ne crois pas possible il me semble, et cela pour toutes nos relations que nous pouvons rester le curseur coincé à un endroit, ni même le souhaiter. Ce que j’aime avec l’idée du curseur c’est qu’avec la même personne je vais pouvoir vivre plus sereinement les quelques changements qui parfois ne sont seulement que provisoire avec beaucoup plus de sérénité car je sais bien que demain mon curseur me portera vers d’autres ressenties.
De l’amitié à l’amour il n’y a qu’un pas ou qu’un curseur !
Et puis toi seul tu peux savoir si tu as aimé ou pas d’amour, souvent dans une relation les deux ne vivent pas de la même façon leurs sentiments, chacun ayant son propre curseur. Je sais plus comment Françoise Simpère l’avait écrit (désolée je ne retrouve pas la phrase exacte :-( ) c’était quelque chose comme cela ou elle disait qu’elle ne saura qu’au moment de sa mort qui elle à vraiment aimé et qui l’a vraiment aimé et que peut être le constat sera que peu ou même qu'aucune des personnes concernées a aimé au même moment la même personne… Si vous avez la bonne phrase je suis prenante ! :-)
Et j'aime bien ce que tu dis Paul-Eaglott :-)

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Siestacorta

le dimanche 21 octobre 2012 à 16h36

Et, comme souvent cité sur ce site... Henri Tachan (l'idole pas jeune)

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(compte clôturé)

le dimanche 21 octobre 2012 à 21h03

Merci à tous et à toutes!

Moi aussi je raisonne beaucoup en terme de "curseur", et j'ai toujours eu du mal à mettre mes relations dans des cases: du coup, la plupart de mes relations se situaient dans une "zone grise", où les sentiments étaient trop intenses par une simple amitié, et pas assez pour une relation amoureuse.

Et j'ai été souvent confronté avec des partenaires qui cherchaient à remplir leur cases: ici les amis, là bas les amours, chacun à sa place et une place pour chacun.

Du coup, pour moi il a été toujours difficile de nommer les choses, d'ici tous mes doutes: "on est ensemble?" on n'est pas ensemble?" "suis-je toujours célibataire?"

Donc, pour trouver une réponse à mes questions, une autre piste intéressante me semble la carte de la non-monogamie. Pour donner une réponse synthétique, on pourrait dire: voilà, nous sommes ici!

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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JoliMatin

le dimanche 21 octobre 2012 à 22h56

Même si l'idée du curseur est particulièrement adaptée et pratique pour un certain nombre d'analyses, il n'est pas nécessaire de rejeter l'idée des étiquettes ou de sa variante "les cases".
Le concept reste intéressant, il a ses limites bien sûr, mais il aide à appréhender le monde de manière efficace et rapide et permet de communiquer efficacement avec autrui. Mon dieu qu'il serait difficile de s'exprimer s'il fallait à chaque fois que l'on veut parler d'un arbre réexpliquer ce que j'entends par le mot arbre. Autre exemple, certains d'entre nous ne se définissent ils pas comme étant des poly ? Ne se colle t-on pas une étiquette ?

Mais ce concept souffre d'un piège, c'est de penser que je cerne un individu en face, parce que je lui ai posé une étiquette ou que j'ai pu le ranger dans une case à l'instant T… Grossière erreur.
L'autre est en mouvement perpétuel, il faut être apte à retirer l'étiquette, réviser son jugement aussi rapidement que l'on a pu la mettre.

Bon c'était juste une réflexion en passant

En ce qui concerne la réflexion de départ et toujours dans cet esprit de cerner les choses de manière grossière dans un premier temps, puis de les affiner et outre le fait que l'amitié est une forme particulière de l'amour, j'ai souvent pensé que lorsque l'on est amoureux, la séparation physique est longue, pénible, douloureuse etc…
Dis autrement : Je sais que je suis amoureux, si je veux être avec l'autre tout le temps….Ce qui est pas forcement vrai avec mes amis, ou avec la famille, dont le lien est encore une forme particulière de l'amour.
Je trouve que cette résistance à l'absence permet un bon diagnostic et peut même le cas échéant servir de thermomètre.

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LuLutine

le dimanche 21 octobre 2012 à 23h20

JoliMatin
Je sais que je suis amoureux, si je veux être avec l'autre tout le temps….

Tu peux préciser cette idée de "vouloir être tout le temps avec l'autre" ?
J'ai un ressenti assez proche je crois, mais je n'en suis pas sûre.

Ca peut faire très exclusif comme idée : "Si tu es avec A, tu ne peux pas être avec B en même temps, en général". Du coup, comment tu concilies ce sentiment avec des relations plurielles ?
Ou plutôt, comment tu expliques ta façon de concilier ça avec la pluralité de tes relations ?
J'avoue que c'est quelque chose que j'ai beaucoup de mal à expliquer aux personnes exclusives, même si je le ressens très nettement...

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Plusssdamour

le lundi 22 octobre 2012 à 00h22

jolimatin
" j'ai souvent pensé que lorsque l'on est amoureux, la séparation physique est longue, pénible, douloureuse etc…
Dis autrement : Je sais que je suis amoureux, si je veux être avec l'autre tout le temps….Ce qui est pas forcement vrai avec mes amis, ou avec la famille, dont le lien est encore une forme particulière de l'amour.
Je trouve que cette résistance à l'absence permet un bon diagnostic et peut même le cas échéant servir de thermomètre."

Le concept du curseur est un bon baromètre, lililutine le dit très bien, les relations évoluent et les mettre dans des cases bloquent leur croissance...
L'amour murit, grandit et le curseur peut s'affoler au point maximum..
La case, elle reste stagnante, sauter de cases en cases peut déstabiliser !
@ LuLultine,
Vouloir être avec l'autre tout le temps, n'est pas exclusif, c'est un sentiment de plénitude,une envie de partager des moments ensemble, et si tu es avec A, tu vis ces moments privilégiés et peut être que B est moins disponible(marié, travail...), et quand tu es avec B, tu vis ces mêmes moments de partage, mais peut être plus intenses,du fait qu'ils sont plus rares...
Je n'arrive pas très bien à l'expliquer comme je le ressens... les amours pluriels s'adaptent en fonction de chacun, de notre disponibilité, du désir de se voir, pourvu qu'il y ait de l'amour....
@ Jolimatin,
personnellement c'est idem !
La séparation physique est douloureuse, l'absence, le manque de l'autre, là, on dira que mon curseur du manque (de 0 à 10) s'affole jusqu'au N° 10...

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Cendre

le lundi 22 octobre 2012 à 10h36

Avec l'amour vient le manque, en effet.

Même si je fais la forte, même si je suis assurée de leurs amours à tous les deux, et même parfois quand je suis avec mon mari, le manque m'enserre la poitrine et la fait exploser.
C'est le prix à payer.
D'autant plus que vu nos situations, on sait qu'on vivra toujours avec. (Dans des amours classiques, c'est la vie commune qui est la réponse à ce mal)

Heureusement, ça n'arrive pas trop souvent, le bonheur est bien plus souvent au rendez-vous !

Pour revenir à la question première :
Sans mettre mes relations dans des cases, j'ai du mal à considérer une continuité entre l'amitié et l'amour. Pour moi, il y a quand même un saut, une révélation, quand une relation passe de l'un à l'autre. Qui se caractérise par l'intensité des émotions ressenties ; la perte de la raison et l'ivresse.
Je le ressens d'autant plus que j'ai essayé, vainement, de classer mon polyA dans les cases de l'amitié et que cela s'est révélé absolument impossible !

Et dans l'autre sens, c'est pareil.
Je suis toujours amoureuse de mon premier amour, même si on ne se voit plus, même si je n'ai plus d'élans amoureux pour lui, mon coeur bat encore trop quand il m'écrit des mots tendres.
Et les autres sont tous redescendu au stade des souvenirs que je peux évoquer sans émotions.

Après, je ne me considère pas franchement comme un exemple du point de vu social ! Mais c'était l'occasion pour moi de prendre du recul sur ce manque qui peut me faire tant souffrir.

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bouquetfleuri

le lundi 22 octobre 2012 à 10h50

bonjour Marco,

fondamentalement, je ne fais pas, je ne veux pas faire de différence entre l'amitié et l'amour. Je souscris à ce que dit LiliLutine qui développe l'idée d'un curseur sur une même mécanique.
J'ai le sentiment que ces deux types de relation naissent et s'installent de la même façon. C'est dans la négociation avec mes envies et mes besoins que cela diffère.
Par exemple, je suis toujours avec mon amoureuse, en permanence, même quand nous ne sommes pas réunis, mais mes amies sont également convoquées dans ce couple parfois symbolique, elles lui donnent même une consistance particulière historique, expérimentale, hypothétique, dans les analyses que je peux en faire.
Et, pour les mêmes raisons, mon amoureuse agrandit l'espace de mes amies.

L'amitié et l'amour, si je veux les distinguer artificiellement, est donc chacun le laboratoire respectif de l'autre. Et la recherche fondamentale dans ce domaine peut aussi se faire en dehors de l'expérimentation. Mais seule l'expérience valide les avancées.

La réponse à ta question est donc que je ne vois pas d'élément discriminant entre les deux, et je crois que c'est salutaire, dans la mesure où cet élément pourrait bien définir et l'un et l'autre et les cantonner arbitrairement à des places qui n'existent pas.

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(compte clôturé)

le lundi 22 octobre 2012 à 18h09

Peut-être que la clé de mon incertitude réside justement dans le concept de "manque": je vois que ceux qui font la différence entre amour et amitié ressentent un manque fort quand la personne aimée est loin d'eux.

Ma vie est plutôt sur "ici et maintenant": j'arrive à des pics de bonheur après des rencontres particulièrement heureuses (j'ai passé la dernière semaine sous un coup de foudre phénoménal, et j'étais dans un état de bonheur absolu!), mais je suis trop concentré sur le moment présent pour que je puisse sentir un manque pour quelque chose de passé ou de futur.

En plus, mes coups de foudre sont assez indépendants du type de relation que je peux avoir avec l'objet de mon amour (j'ai eu plus de coups de foudre pour mes amies que pour les femmes avec qui j'avais une relation), donc je commence à comprendre les causes de ma confusion!

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