Polyamour.info

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Ma présentation et ma peur actuelle

Bases
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Cendre

le vendredi 19 octobre 2012 à 16h06

J'ai toujours été polyamoureuse.
Je ne m'en aperçois qu'aujourd'hui, à la lecture de vos témoignages, et j'en suis complètement bouleversée.

Ma première expérience explicite (en ce que mes deux partenaires ont su à un moment ou un autre) est une relation platonique qui est venu s'ajouter au premier grand amour de ma vie. Le couple primaire s'est disloqué peu après qu'il m'ait avoué une infidélité : il s'en voulait à mort alors que je prenais la chose très joyeusement (Compersion comme vous l'appelez). Le couple secondaire n'a pas survécu à la rupture du couple primaire et cela m'avait laissé un goût d'amertume.
C'était il y a 12 ans. Je n'avais pas particulièrement envie de recommencer. Je me suis alors rangée dans les cases classiques et mieux socialement véhiculées de la monogamie.
Je suis maintenant mariée depuis quelques mois à mon deuxième grand amour. ça fait 7 ans qu'on s'aime. (J'ai 33 ans)

Avant, mon polyamour ne m'embêtait pas trop : j'ai toujours aimé flirter gentiment avec les hommes de mon entourage que j'appréciais, c'est-à-dire imaginer des relations plus intime et complice, et oser être un peu plus tactile avec eux (rien d'extraordinaire : poser une main sur une épaule est extrêmement chargé émotionnellement pour moi)
Mais la plupart du temps, l'homme en question n'y répond pas. D'abord parce qu'il n'y a aucune forme appuyée de séduction de ma part, ensuite parce que je parle de mon amour pour mon "officiel" avec une facilité déconcertante en telle situation. Donc ça en reste là. Je reste sur le désir d'une intimité qui ne se fait pas, et la vie un jour nous sépare. Et continue joyeusement.

Mais là, il y a bientôt deux mois, je suis tombée sur un autre polyamoureux (Enfin, je suppose : il est marié et aime sa femme). Je vais l'appeler D.
D a répondu à mes sous-entendus, il s'est confié à moi, il a posé ses lèvres dans mon cou, et depuis tout s'est enchaîné très très vite.
Avec lui, les règles ont été explicites tout de suite, sur la base de tout ce que j'ai pu lire ici : Spontanéité, confiance totale, sincérité, et tout le bonheur qui en découle. L'évidence pour nous a été que nous formions un couple secondaire là où nos mariages formaient deux couples primaires.
On se contacte par messagerie presque tous les jours, on se voit quelques heures par semaine. Je n'ai jamais été si heureuse de ma vie.

Avant de tomber sur votre site, je savais pas trop où me mettre.
J'ai passé le premier mois à vérifier chaque matin que j'étais toujours profondément amoureuse de mon mari, que je le désirais toujours, que mon nouvel amour ne le privait pas de mon attention. J'ai constaté qu'au contraire, étant plus heureuse et disposant de plus d'énergie, mon couple allait mieux (sexuellement entre autre).
Je m'étais dit que pour ne pas « tromper » mon mari, il fallait à minima ne pas coucher avec D, mais je sentais bien qu'il pouvait y avoir trahison avant même ce passage à l'acte, et la seule pensée de trahir la confiance de mon mari me fait souffrir.
Je lui ai un peu parlé, à mots couverts : j'ose pas vraiment. On a évoqué ce que pouvait être un amant. La réponse qu'il m'a faite alors m'avait littéralement transporté de joie :
« Avoir un amant, c'est préférer faire l'amour à un autre que moi. »
Ce à quoi il avait ajouté :
« Tu me le dirais, hein ? Il vaut mieux être prévenu plutôt que de le découvrir par soi-même. »
Mais depuis mon amour pour D a encore grandi. Entre autre parce qu'il me répète qu'il trouve normal que mon mari soit plus important dans mon coeur que lui. Je souhaite pouvoir l'aimer des années. Et peut-être même sexuellement.
Et je sais que mon petit jeu de semi-vérités sous le manteau avec mon mari n'est pas stable pour des années. Il va falloir lui dire explicitement que je suis tombée folle amoureuse d'un autre que lui (sans cesser de l'aimer lui). C'est autre chose que de lui dire « Ne m'attend pas pour manger, je passe la soirée avec D »

Je n'ai aucune idée de son état d'esprit.
Je vous entends dire que les couples Mono/Poly ont des tendances instable, et cela me fait peur : Si jamais mon mari ne supporte pas ma nature de poly, qu'est-ce qu'on fait ? On fout tout par terre ? Tous nos projets (enfants / maison / etc ...) ?
J'entends d'ici vos réponses : tu ne sauras pas tant que tu ne l'auras pas demandé.

Juste, j'ai affreusement peur.
Je sais parfaitement que ce qui me fait peur (la possibilité que mon mariage soit un échec) ne sera aucunement modifié par mon silence, au contraire. Et pourtant, je prends tout et n'importe quel prétexte pour ne pas amorcer la discussion (dernier prétexte en date : mon mari se referme sur lui depuis mercredi car son grand père décline : ce ne serait donc pas le « bon » moment). Et les jours tournent.

Je vous ai écrit tout cela pour me donner du courage.
Parce que je les aime tous les deux sincèrement, dans leurs différences dans ce qu’ils m’apportent.

Au moins, maintenant, je me sens moins seule.

Désolé pour la longueur du témoignage, mais j'avais besoin de parler.
Et merci de tout ce que vous pourrez me répondre.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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LittleJohn

le vendredi 19 octobre 2012 à 17h15

Une solution radicale et en même temps très simple : tu envoies le lien de cette discussion à ton mari en lui disant que Cendre, c'est toi. Tu as bien exprimé ce que tu ressens, ce serait un bon point de départ pour la conversation-révélation .. ;)

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Cendre

le vendredi 19 octobre 2012 à 17h45

Heu.. Oui, bien sur.
Je me déclare poly bien parce que tout ce que je dis en public quelque part (et même nombre de ce que j'écris en privé) dois pouvoir être lu par ceux que j'aime. (note : mon premier amour a lu -a postériori- le journal intime que je tenais sur ma relation secondaire de cette époque)

J'aurais même pas besoin de lui dire que c'est moi : l'avatar et le nom sont explicites.

Mais là ! heu. Non. ça serait trop brutal. Enfin. ZUT.

Mais de quoi j'ai aussi peur SALOPERIE !

Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l'esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale. J'affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu'elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n'y aura plus rien. Rien que moi.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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LittleJohn

le vendredi 19 octobre 2012 à 17h51

Je ne crois pas qu'il existe de méthode vraiment douce... ^^

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Siestacorta

le vendredi 19 octobre 2012 à 19h20

Cendre
Mais là, il y a bientôt deux mois, je suis tombée sur un autre polyamoureux (Enfin, je suppose : il est marié et aime sa femme).

J'ai tiqué sur ce bout-là : lui-même, il dit quoi à sa femme ?

Sinon, ben tu as l'air de bien savoir te comprendre toi-même, de bien pouvoir expliquer tes ressentis, mais je distingue moins le caractère de ton mari, dans l'histoire. Comment dirais-tu qu'il a vécu tes jeux de séduction ?

Autre point, je cherche un peu la petite bête, mais si j'ai bien suivi, tu as rencontré D. et commencé à être excitée depuis deux mois. Et tu t'es mariée il y a quelques mois. Est-ce que le contexte du mariage récent (contrat, engagement public) n'a pas joué sur ton ouverture à l'aventure, et, au moins, sur ta peur ?

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Cendre

le vendredi 19 octobre 2012 à 20h39

D'abord merci pour vos réponses.

Je ne sais pas ce qu'il dit à sa femme.
Je sais qu'il a déjà eu une amante, mais je ne voulais pas ce rôle d'amante. Je lui ai dit. Il l'a compris je crois.
Comme je disais pas grand chose à mon mari, je me voyais mal lui demander ce qu'il disait à sa femme...
Maintenant, grâce à vous, j'ai un peu de vocabulaire, un peu de vos expériences, je pourrais lui en parler.

...
Pour mon mari. Je viens de lui dire. J'en tremble encore.
...

De mon point de vu, il n'y a pas eu de jeux de séduction. Juste une relation amoureuse qui a grandi, et que je ne pouvais garder dans l'ignorance vis à vis de ma relation principale.

Oui, le mariage a surement joué un rôle dans l'ouverture. L'arrêt de la pilule aussi. Très certainement. Mais pas que. Mon nouveau boulot dans lequel je suis bien plus épanouie aussi.
Et les faits sont là.
Et en examinant mon histoire, j'ai constaté que ce n'était pas la première fois que j'étais amoureuse de deux hommes. J'ai constaté que le principe de non-exclusivité a toujours fait parti de toutes mes relations amoureuses. (En particulier, ça c'est très mal passé avec un type qui était très exclusif)
Donc oui, le mariage a joué un rôle dans le fait que j'ai sauté le pas, mais peut être plus parce que j'étais intimement convainque de mon amour pour mon mari, que cette aventure n'était pas le produit d'une faille dans notre couple.
C'était mon soulagement en arrivant ici : partout ailleurs, on dit que les infidélités sont liées à un couple qui va mal.

Donc je viens de lui dire.
Il m'aime vraiment.
Je me sens sincèrement honorée de cet amour qu'il me porte.
Je l'ai rassuré sur deux points :
1/ je ne pars pas
2/ je n'aurais pas de doutes sur la paternité de nos enfants (chose réglée depuis longtemps avec D)

Le reste, il ne sait pas encore. Il faut qu'il réfléchisse.
Il me trouve belle et désirable, il comprend qu'un autre ait pu être attiré par moi.
Je ne l'inviterais pas ici car pour l'instant, il ne veut pas savoir qui c'est. (J'aurais du lui dire plus tôt : à parler à mots couverts, il a largement les moyens de savoir aujourd'hui)
Il dit qu'il est heureux que je lui ai dit. Et il me comble de bonheur en reconnaissant tout cela.
Il m'a demandé de veiller sur lui : il ne veut pas être jaloux, il me fait confiance pour que je le sache avant lui.

2012 aura été une année exceptionnelle pour moi. Sur énormément de points.
Encore une nouvelle page qui s'ouvre.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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(compte clôturé)

le samedi 20 octobre 2012 à 12h24

Bravo pour ta capacité à t'assumer en tant que poyamoureuse, pour ton envie de sincérité, et pour le courage d'en parler avec ton mari! <3 <3 <3

Et bienvenue par ici! :-)

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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bouquetfleuri

le samedi 20 octobre 2012 à 12h46

C'est bon la peur. C'est juste le signe que l'action imminente qui permet de survivre va se déclencher. Si elle ne se déclenche pas, on meurt. Et tu viens de le démontrer encore une fois.
Ton histoire est belle, et je souhaite que votre histoire, à tous les deux, à tous les trois, à tous les quatre soit aussi belle.
Continuez d'avoir peur pour être sûrs de faire le nécessaire afin de garder vos relations dans le meilleur état possible et vous épanouir, individuellement et collectivement.
Et reviens nous dire de belles choses.
Oui, c'est bon, la peur.

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Cendre

le samedi 20 octobre 2012 à 20h03

Merci pour votre accueil.

J'aime, je ressens, mais en vous lisant, je chasse cette culpabilité si mauvaise conseillère et la remplace par des réflexions plus pragmatique avec pour unique but : que nous soyons tous les quatre heureux.

Et cela me libère pour agir, moi, si habile habituellement à la procrastination, hier, je me suis surprise moi même.
La peur m'a donné l'énergie nécessaire.
Je me suis persuadée qu'il n'y aurait aucun autre meilleur moment, je l'ai prévenu, en excluant toute possibilité de bonne nouvelle.
Mes paroles n'ont correspondu à aucun texte que j'ai pu préparer avant (celui-ci plus haut, ou d'autre imaginés à voix basse), mais faites de phrases courtes, progressives, à l'écoute du ressenti de mon mari et de sa capacité à accepter (ou non) la chose.
Je lui ai dit que je m'étais laissée tombé amoureuse d'un autre que lui.

Ses réponses du genre « J'ai du mal à t'imaginer dans les bras d'un autre » m'ont bien montré que si l'adultère à proprement parler est un state confirmé de trahison, celle-ci intervient bien avant l'acte sexuel en tant que tel.

Ce qui m’inquiète plus, c'est quand il m'a dit « Je ne souhaite pas devenir un P. bis. »
P. est ce garçon exclusif que j'ai eu tant de mal à quitter. Je l'avais trompé avec mesquinerie. Mais j'étais complètement empêtré dans ses filets et c'est mon mari actuel qui m'en a définitivement libérée.
Il m'a sortie de là exsangue, chétive, peureuse, doutant de tout et surtout de soi. Il a eu confiance en moi et il était très satisfait de voir mon assurance grandir aussi bien (en particulier professionnellement)
Maintenant, j'espère qu'il ne regrette pas.
Je ferais tout pour qu'il ne regrette pas.
Il est hors de question qu'il fasse plus de concessions que moi dans l'affaire.

Car bien sur, accepter une relation sur les bases de la non-exclusivité amoureuse, c'est renégocier toutes sortes de règles tellement tacites que nous n'en avions pour la plus part à peine conscience.
Je me pose la question de quand, et à quelle fréquence, remettre ce genre de choses sur le tapis. Car on a vraiment fait qu'effleurer le sujet. Mais cela viendra en temps et en heure.

Pour l'instant, je suis infiniment heureuse.
Je me sentais mal à l'aise dans mes limites précédemment établies, car je sentais qu'elle ne pourraient tenir au long cours (mon amour pour D grandissant, je me mets à désirer ce que j'excluais au départ avec facilité)
Maintenant, je me sais au sein d'un processus évolutif, où je sais que le jour où je serais sur le bord d'élargir les limites, je pourrais en parler à mon mari, et décider, conjointement, si cela nous semble acceptable pour nous deux ou non.

Nous avons vécu la journée d'aujourd'hui en couple heureux que nous étions, parmi des amis communs, et intimement aussi, et j'avais oublié combien la certitude d'être en phase avec lui, était si douce à mon coeur, peut être encore plus rassurante que la vibration que j'éprouve pour D.

Je suis aimée de deux hommes que j'aime.

Quelle fin plus heureuse pouvait-il exister ?

PS : je reviendrais à une autre occasion sur le quatuor. Je connais très peu de choses la quatrième. D m'assure « qu'elle ne veut pas savoir », mais il a envisagé de me la présenter (un jour). Je verrais, mais sans la connaître, je lui souhaite d'être heureuse églement, très sincèrement et depuis le début.

PPS : j'ai enfin trouvé de quoi j'avais tellement peur hier soir : c'était de les perdre tous les deux.
En effet, Je n'ai accepté moralement ma relation avec D que dans la mesure où elle était parfaitement symétrique : aucun de nous ne pourrais jamais faire chanter l'autre pour prendre la place de "légitime" puisque nous étions tous deux très heureux de nos mariages.
Donc, si mon mari avait réagi violement à la déclaration, entrainant la séparation comme unique solution, je perdais de facto les bases de ma relation avec D.
Je m'étais donc préparée : en cas de réaction violente, je sacrifiais ma relation avec D et tout ce qui lui était lié. Solution extrême pour cas extrêmes.
C'est en envisageant le pire que l'on arrive à vivre le meilleur.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Apsophos

le dimanche 21 octobre 2012 à 12h24

Cendre
C'est en envisageant le pire que l'on arrive à vivre le meilleur.

Message d'espoir pour les gens comme moi qui envisagent le pire et ne vivent pas grand chose :D

Mais sinon on ne perd pas une personne comme on perd un parapluie, les parapluies sont beaucoup trop intelligents pour ça.

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coquelicot

le dimanche 21 octobre 2012 à 13h56

C est aussi en envisageant le pire.......qu il finit par arriver!

A force d envisager le meilleur et de baigner dedans ,on occulte
le pire qui lui finit pae disparaitre au detriment du meilleur.

Pour ce qui est des parapluies tu ne te rend compte qu il te manque que quand il pleut..

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Apsophos

le dimanche 21 octobre 2012 à 14h13

Un parapluie ne me manque jamais, même quand il pleut.

Il y a une différence entre envisager le pire et n'envisager QUE le pire, mais je n'apprendrai à personne ici qu'il y a une différence entre aimer une personne et la positionner dans son esprit de telle façon qu'on se persuade de n'aimer QUE cette personne :D

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Plusssdamour

le dimanche 21 octobre 2012 à 16h34

Apsophos
" Il y a une différence entre envisager le pire et n'envisager QUE le pire, mais je n'apprendrai à personne ici qu'il y a une différence entre aimer une personne et la positionner dans son esprit de telle façon qu'on se persuade de n'aimer QUE cette personne :D

Se persuader de n'aimer qu'une personne, c'est envisager que le pire, trop d'obstacles se dressent sur la route...
Etre certain(e) d'aimer plusieurs personnes, ouvre la route et alors on n'envisage plus le pire, et le meilleur est à venir...

Quant au parapluie, je suis comme toi, il ne me manque jamais, même s'il pleut :-/ , trop encombrant :-D ...

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Cendre

le lundi 29 octobre 2012 à 16h20

Ce fil pourrait devenir le journal de bord de ma relation principale.
Parce que mine de rien, pour ce qui est de D, je croule sous les souvenirs, renforcé par la multitude de textes échangés (mails/IM) que je relis avec délectation.
Et de l'autre coté, pas grand chose. Rien d'autre que ce bonheur tranquille de partager nos jours ensemble, nos joies et nos plaisirs. Si peu, en somme, que je ne prends pas la peine d'en noter l'essence. Et pourtant !

Il y a plus d'un mois, donc, a éclos un amour fusionnel comme jamais je n'aurais osé espérer le revivre. En particulier, je me sens complètement libre avec lui, libre de dire, de faire ou de refuser, le tout en accord avec mon être profond, le tout explicité par le dialogue permanent. C'est du bonheur pur.

Mon seul souci, c'est le manque. Je redoute les samedi matins où il est le plus marqué (Je cogite alors que mes deux amours dorment !). C'est une transition difficile, entre la semaine où je suis très en contact avec D, et le week-end, que je consacre principalement à mon mari. C'est une période où trainent encore des doutes, sur ce que vis mon mari, sur ce bonheur que j'étais sensée lui transmettre.
D me soutient dans ces transitions. Il me dit d'aimer mon mari, de lui dire, de lui montrer. (j'adore quand il fait ça !).

Au delà de la simple démonstration, j'ai eu l'impérieux besoin d'être sincère, d'informer mon mari sur la réalité des choses. J'ai sauté le pas il y a dix jours maintenant.
La première euphorie du moment, c'était de constater qu'il acceptait l'idée de la relation amoureuse supplémentaire, avec ses conséquences physiques plus larges que je ne les avais moi même envisagées (jusqu'aux relation sexuelles protégées pour être explicite). Mais la zone la plus dangereuse est-elle celle du terrain physique ?
Depuis, j'essaye d'en reparler avec lui, histoire de sonder, de prévoir, mais surtout dans l'attente de mettre en place cette liberté de parole qui m'est si chère avec D. Mais c'est pas facile.
A petites doses, j'essaye de revenir dessus. On parle de l'étrangeté de la situation (pas exactement douloureuse, mais bizarre) de ce qui me rend si heureuse, de l'indécence de ma conduite. Le sujet reste effleuré seulement. Je suis persuadée que le silence est mauvais, mais comment ne pas en dire trop ?

Alors, nous parlons de notre amour. De ma confiance en lui, en l'avenir que nous construisons ensemble, à ces enfants que nous souhaitons élever ensemble, aux différences entre les garçons et les filles, et cela dérive vite sur tout un tas d'autres futilités que nous aimons partager.

Il s'est étonné, le mois dernier, de me trouver si démonstrative. Pourquoi l'aimerais-je plus en ce moment qu'en mai, au moment de notre mariage ? Je lui avait répondu que mon amour pour lui était toujours aussi intense ; juste, j'avais plus besoin de lui montrer. Aux demi-vérités que je lui avais servies alors (changement hormonal) il peut maintenant ajouter la présence de l'autre.
Comment le rassurer ? Comment être sur que ces démonstrations sont bien le fruit de mon amour inchangé (voire amplifié) pour lui, et non une façade pour lui faire passer le fait que je vois un autre homme ? ou pire, une compensation du manque ?

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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LuLutine

le mercredi 31 octobre 2012 à 10h04

Cendre
Comment être sur que ces démonstrations sont bien le fruit de mon amour inchangé (voire amplifié) pour lui, et non une façade pour lui faire passer le fait que je vois un autre homme ? ou pire, une compensation du manque ?

J'ai envie de dire : c'est toi qui le sais, non ?

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Cendre

le lundi 05 novembre 2012 à 13h46

En théorie, oui, c'est moi qui sait. En pratique, si je pouvais être aussi pleinement convaincue...

Siestacortaune introspection existentielle et un agenda tordu

Merci à Siestacorta pour cette formulation que je trouve excellente. Elle montre bien combien la voie que j'ai prise n'est pas la plus simple.
D'un coté, je nage dans un bonheur complet, d'être ainsi aimée de deux hommes, de profiter de l'épanouissement que cela me procure, du gain de confiance en soi.
De l'autre, bah, j'ai pas fini de me poser des questions. Et aussi bien purement matérielles sur l'agenda (où et quand va-t-on pouvoir se revoir ? ) qu’existentielle (Comment puis-je m'assurer que la coexistante de ces deux amours ne nuise pas à long terme sur mon mariage)

En ce moment, les réponses que je donne à ces deux types d'interrogations ne sont pas très folichonnes.

Paul-EaglottCe choix du polyamour, si on le fait, entraîne de multiples questions auxquelles on n'est généralement pas préparés par la culture dominante que la société nous a plus ou moins efficacement inculquée. D'où la nécessité d'un forum pour les aborder...

Je vous lis, j'essaye de comprendre, de me comprendre en premier lieu. De déterminer au fond de moi si ma situation actuelle me convient, dans quel sens je dois la faire évoluer pour qu'elle nous reste profitable à nous quatre.
Mais y'a un truc qui buggue. (je bosse dans l'informatique)
Un truc non reproductible, une boucle infinie dans un coin qui me sape mon attention, ma concentration, et qui depuis peu (une semaine tout au plus) commence à saper mon bonheur également.
Une boule dans la gorge, crispation. Un truc indéfinissable dont je ne connais pas la raison.
Je vais tâcher d'en expliciter une partie. Mes excuses par avance, je vais avoir du mal à être claire...

Gardons la dichotomie commencée plus haut, j'ai somme toute deux sujets principaux de mécontentements. Réduisons nous à ces deux là et voyons ce que cela donne.

En premier, purement matériel, la question de l'agenda. Où, quand, comment.
Mon amour pour D grandi toujours plus, et avec lui un désir nouveau, celui de l'intimité, de nous offrir des parenthèses de temps à l’abri de tout regard, et combler au passage les désirs de nos corps.
Oui mais voilà. Où, quand, comment ? Comment entretenir une garçonnière sans plomber significativement ce qui est contractuellement "l'argent du ménage" (Je suis mariée sous le régime de la communauté de biens). Il nous faut nécessairement inclure des protagonistes dans la confidence (ne serais-ce que des employés d'établissement) et alors, comment échapper au cliché sordide de l'adultère ? Qui préférer entre des employés anonymes ou des complices ?
Et j'ai envie de crier sur tous les toits qu'il ne s'agit pas là d'un adultère ordinaire... Triste vanité de ma part. Quel amoureux ne s'est-il jamais persuadé que son amour est intrinsèquement original ?

Et voilà que cela rejoins la deuxième question qui me tatillonne. Avant de le crier sur les toits, un de mes rôles est de m'assurer que la situation convient également à mon mari.
Oui mais voilà. On en parle presque pas.
C'est un sujet qu'il évite, sur lequel il n'aime pas s'attarder, qui le met mal à l'aise.
Du coté de D, c'est pas glorieux non plus. Il m'a écrit un jour qu'il redoute qu'un de nos conjoints ne se révolte de cette situation.
C'est somme toute que nous n'avons ni l'un ni l'autre l'assurance du consentement de nos conjoints. N'est-ce pas un chantage, que l'on leur pose ?
« T'as pas le choix, je suis amoureux(se), maintenant. Soit tu m'acceptes tel que je suis, soit tu renonces à notre amour, et à tous nos projets de vie en commun. Car je te connais, tu m'aimes trop pour m'imposer de rompre cette liaison qui me rend si heureux(se) »
Mais existe-t-il des relations sociale sans ce type de « chantage » ? Et à l'inverse, est-ce vraiment un chantage que de demander à ceux qui nous aiment de nous accepter tel que nous sommes ?

Au contraire, je suis persuadée qu'aimer quelqu'un, c'est l'accepter dans sa globalité, dans son être, au delà de ses actions concrètes.
Conviction intime ou paravent pour justifier ma conduite à mes propres yeux ?

Je me suis promise de nous réserver un temps pour parler à mon mari ce soir. Le moment est bon.
Je voulais lui parler de l’absence de concurrence entre eux. Qu'il n'a rien à me prouver, qu'il ne doit pas se sentir obligé de faire « mieux ». Que je souhaite avant tout qu'il soit heureux avec moi, et récolter les fruits spontanés de ce bonheur.

...

« une introspection existentielle et un agenda tordu »
Je suis pas encore sortie de l'auberge, moi...

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Cendre

le mardi 06 novembre 2012 à 14h14

Je n'ai pas su ouvrir la discussion avec mon mari hier, et puis, il semblait vraiment heureux avec moi.
Petit échec sur soirée merveilleuse et matinée plus belle encore.
Graines de bonheur, pleines de promesses, qui méritent hautement les quelques efforts à fournir.

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LuLutine

le jeudi 08 novembre 2012 à 04h56

Cendre
Au contraire, je suis persuadée qu'aimer quelqu'un, c'est l'accepter dans sa globalité, dans son être, au delà de ses actions concrètes.

Oui, j'ai une opinion assez proche, et pour ma part je m'en suis rendue compte avant tout en apprenant à aimer l'autre tel qu'il était, dans ses imperfections, ses faiblesses...

Alors, je ne pense pas que ce soit juste un moyen de se justifier, parce que j'ai fait le chemin inverse du tien.
J'ai d'abord accepté l'autre tel qu'il était, parce que je voyais bien que je ne pouvais pas le changer, avant de me dire : "Ben tiens, moi aussi l'autre pourrait peut-être m'accepter telle que je suis...non ? Ca marche bien dans un sens, ça peut marcher dans l'autre."

Je ne parle pas des petits détails ("mauvaises habitudes" par exemple) qu'on peut changer, mais bien de l'essence de qui nous sommes (je ne sais pas si je suis claire), de ce qui fait partie de nous, ce qui nous est nécessaire réellement pour nous épanouir. On peut tous faire l'effort de ne plus laisser traîner nos chaussettes sales ^^ , mais devenir exclusif alors qu'on est poly, par exemple, c'est mission impossible.

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Cendre

le lundi 12 novembre 2012 à 00h28

Merci Lulutine de continuer à me répondre ici.

Travailler dans l'autre sens, les accepter tels qu'ils sont.

Accepter de l'un qu'il tempère nos ardeurs, qu'il modère nos échanges à distance, qu'il souhaite nous protéger d'une passion que l'on ne saurait retenir par la suite, même si j'en étais arrivée à la souhaiter de tout mon être, esprit et corps.

Accepter de l'autre ses faiblesses et ses doutes, les absorber, les faire mien, et les combattre avec lui ; et consolider encore ce foyer que nous partageons.

C'est moins exaltant mais plus constructif.
Malheureusement, nous ne pouvons rester éternellement dans l'euphorie de la nouvelle rencontre.

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LuLutine

le mardi 13 novembre 2012 à 01h03

Cendre
Accepter de l'un qu'il tempère nos ardeurs

Hmmm oui bien vu j'accepte qu'on me tempère, mais pas qu'on me limite par contre.
La différence peut sembler ténue à certains, elle ne l'est pas tant que ça.

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